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Footloose: Dynamique et efficace

3 Août

J’ai assisté samedi dernier à la comédie musicale Footloose, mise en scène par Serge Postigo et mettant en vedette Philippe Touzel (anciennes fans de Phénomia, vous le reconnaîtrez sans doute…) et Éléonore Lagacé. Je m’attendais à du mouvement, de l’énergie, et je n’ai pas été déçue.

Avouons-le dès le départ, je suis une fan de Footloose. J’adore le film, j’aime la trame sonore (que j’écoute souvent à fond avec mon meilleur ami en voiture), alors j’étais plus qu’excitée à l’idée de voir les personnages s’animer devant moi sur la scène du Théâtre Saint-Denis.

L’histoire du citadin Ren McCormack, condamné à emménager dans la petite ville de Beaumont, a quelque chose d’universel: alors que toutes les portes devraient s’ouvrir devant lui à l’approche de l’âge adulte, il voit se rétrécir le monde qui lui était promis. Incapable de se résigner aux règles strictes de Beaumont, dont l’interdiction de danser, il essaie de changer les lois de la ville, se heurtant au révérend et à l’étroitesse d’esprit des habitants mais comptant sur l’amitié du maladroit Willard et de l’impulsive Ariel.

Les chansons de la comédie musicale, pour la plupart traduites, sont rendues avec énergie et de façon efficace: la mise en scène de Serge Postigo permet de bien faire avancer l’histoire au fil des chansons. Notamment, Somebody’s Eyes était parfaitement réussie à ce chapitre: les danseurs et personnages surgissaient des casiers d’école pour invectiver Ren ou le punir, rendant l’atmosphère oppressante, quasi insupportable.

Les interprètes font tous un travail formidable. Éléonore Lagacé, particulièrement, est incroyable dans le rôle d’Ariel, énergique et rebelle, parfaitement à l’aise avec sa voix et son corps. D’ailleurs, elle aurait mérité un plus grand rôle que simplement celui de potentielle blonde de Ren: après tout, elle vit aussi un grand bouleversement avec la fracturation de sa famille après la mort de son frère. J’aurais aimé qu’on plonge davantage dans la psychologie de son personnage, mais bon, on a préféré s’intéresser à la crise existentielle de son père révérend.

Footlose 2

Photo Huffington Post Québec

Quelques bémols

Je me permets aussi de souligner deux éléments qui m’ont agacée. D’abord, les chansons ne sont pas toutes traduites en français, sans que l’on comprenne pourquoi. À la limite, ne pas traduire Footloose peut se justifier: après tout, c’est la chanson-titre. Mais pourquoi ne pas faire l’effort de traduire I Need A Hero, Almost Paradise ou Somebody’s Eyes? Il y a sans doute une raison, mais quand on regarde le spectacle, elle n’est pas évidente.

Par ailleurs, la quantité de dialogues parlés m’a souvent fait un peu décrocher : une comédie musicale, c’est fait pour chanter, non? Ça me paraissait tout à fait illogique de briser le rythme des chansons, qui nous donnaient envie de chanter, de danser, et surtout d’en entendre d’autres, avec de longs dialogues qui pourraient fort bien être chantés -après tout, si Frollo peut condamner Esmeralda à mort dans Notre-Dame-de-Paris en chantant, je suis sûre que le révérend Moore peut envoyer promener Ren de la même manière.

Malgré ces deux bémols, Footloose vaut la peine d’être vu, si ce n’est que pour la scène finale du party de Beaumont: les chorégraphies étaient magnifiques et l’énergie palpable. Une belle fin, comme un point d’exclamation géant ponctué de confettis et d’un rappel génial.

Si vous voulez le voir, il y a deux représentations par jour jusqu’au 5 août au théâtre Saint-Denis à Montréal.

Pour information: http://www.hahaha.com/fr/show/footloose

Anne-Sophie

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Pourquoi aller voir la pièce Une mort accidentelle?

11 Fév

 

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C’est l’histoire de :

Philippe Désormeaux, un jeune chanteur connu du public, qui commet un crime de manière involontaire. Après avoir faussé les pistes, il quitte les lieux et court se confier à ses parents, qui, devant cet aveu, auront une réaction pour le moins inattendue. Jeff Dubois, un enquêteur dépressif fasciné par le cirque médiatique entourant l’événement et peu pressé à élucider l’affaire, est chargé de l’investigation. Comment garder contact avec la réalité lorsqu’on est pris dans la spirale du mensonge ? 

Pssst: Il reste encore des supplémentaires les samedis 11, 18 et 25 février à 20h + dimanche 12 février à 15h au théâtre La Licorne.

La pièce en un gif:

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On va voir la pièce, parce que:

  1. Les comédiens défendent leur personnage impeccablement. Parfois, on entend «le jeu était inégal». Là, c’est le contraire. Chacun amène sa petite twist. Qui plus est, on remarque souvent leur écoute (ça c’est quand les comédiens sont pas en train de dire des lignes, mais qu’ils écoutent…). C’est petit, mais c’est précis.
  2. François Archambault réussit à trouver un bel équilibre entre l’humour, l’intrigue et l’intelligence. Parfois, on se surprend à grimacer et à grincer des dents et on éclate de rire tout de suite après. Assez pour se demander à plusieurs reprises «c’est-tu correct si je ris?» Il faut savoir bien manier sa plume pour manipuler aussi bien ses spectateurs.
  3. La mise en scène colle parfaitement à la vision de l’auteur. Les deux vivent en parfaite harmonie. On a particulièrement aimé la simili-conférence de presse où le public est littéralement devenu un public. Et aussi, voir le fameux contour tracé blanc des victimes se faire tracer devant nous.
  4. L’intégration des réseaux sociaux au sein de l’intrigue et le personnage de l’animatrice toujours sur place afin de mettre la main, en premier et en exclusivité, sur les nouvelles. Ça nous rappelle une certaine ère…
  5. Pour toutes ces raisons, une mort accidentelle n’est pas une pièce de Théâââââââââtre, mais vraiment un univers dans lequel on se fait inviter et prendre au jeu.

Mention spéciale:

Il n’y a rien de plus magnifique lors d’une pièce que les réactions spontanées des spectateurs. En fait, je dois préciser: il n’y a rien de plus magnifique que ceux qui partagent, sans se rendre compte, leur réactions spontanées.

«Ben voyons donc !»  « Elle, je l’a trust pas. »  «Qu’est-ce qu’y’a dit? »

 

Bon spectacle.

 

Jani

 

Plein les oreilles…et les yeux!

23 Nov

J’ai un crush musical pour le duo féminin Milk & Bone.

Quand leurs voix se mêlent, qu’elles atteignent des notes aiguës et que le beat électro-pop embarque, il m’arrive d’avoir carrément la chair de poule.

Je me devais donc d’assister au dernier spectacle de la tournée Little Mourning au Théâtre Maisonneuve le 10 novembre dernier.

Un spectacle présenté une seule fois, avec un visuel et des jeux de lumière hallucinants!

Quand projections interactives, lumières, voix et sons se fusionnent à merveille, ça crée une ambiance juste électrisante.

Les filles ont aussi repris All the things she said du groupe t.A.T.u. avec l’approbation de la foule, qui visiblement vivait un moment de nostalgie propre à une génération. 😉

En première partie, j’ai découvert le groupe Ghostly Kisses. D’une beauté et d’une douceur qui font du bien, je me suis empressée d’acheter leurs chansons sur Itunes.

Mon seul bémol est que j’aime tellement mieux les shows debout, le moment est plus magique!

Michèle

 

Cette soirée-là. En toute intimité avec Matt Holubowski

28 Sep

Il me semble que ça fait longtemps. Assez long pour ne plus me souvenir de la dernière fois où j’ai pris le temps de m’arrêter et d’écrire ici. Ce n’est pas que je n’avais pas envie. Mais peut-être un peu oui. Tout ça pour dire que je pense que je m’ennuyais et que de prendre ce temps me fera du bien. Autant de bien que le spectacle de Matt Holubowski de vendredi dernier au Vieux Bureau de Poste à St-Romuald.

Tous les matins j’écoute Old Man. L’album complet. Son premier. Sa voix fait fuir tous mes soucis et elle me donne la concentration nécessaire à la réussite de ma journée. Je crois que c’est un peu inexplicable. Quand j’ai appris la sortie de son deuxième album et la tournée qui allait suivre, je m’étais promis d’y aller et pas n’importe où. Je pensais à une salle intime, toute simple avec une scène qui nous donne l’impression qu’il est dans notre salon. Je pensais alors au Vieux Bureau de poste.

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Le Vieux Bureau de Poste – Crédit : Stéphanie Allard

J’ai écrit à la responsable de la salle qui m’a offert, sans le savoir, le plus beau des moments de septembre, mais aussi d’août et probablement de juillet. J’avais un billet pour le 23 septembre, j’irai seule avec ma solitude. Mais quelle agréable solitude. J’en avais besoin. La semaine avait été tourmentée. Ma vie se bousculait et la voix de Matt allait apaiser le tout.

J’ai recherché des appartements une bonne partie de la semaine dernière. Je dis des, mais un me suffira. Juste avant la première partie de Coco Méliès, je tombe sur THE appartement. Le spectacle commence, il fait noir et je n’arrive pas à me connecter sur Kijiji. Je stresse. Je sais qu’il ne faut pas que je stresse. Je ne veux pas rater l’occasion. Je pense que c’est le mien. J’y pense encore plus fort et je ne suis plus là. Je veux dire, je n’écoute plus.

Je me lève et décide de régler cette histoire. Je pousse une porte et je tombe face à face avec lui. Matt Holubowski. Je suis gênée, je me sens comme la fille qui ne peut pas attendre avant la fin de spectacle pour répondre à ses messages textes. Je me sens conne et je lui dis « Je viens de voir un appartement que je veux vraiment » et lui de me répondre. « Oui c’est important » Merci, j’ai sa bénédiction, malgré mon manque de respect. Je finis pas demander de l’aide à mon amie Sarah. J’ai l’impression d’être en gestion de crise. N’importe quoi. Au final, j’ai manqué une chanson, mais je me sens mieux. J’irai le visiter le lendemain. Tout va bien.

Je capote sur le naturel des membres de Coco Méliès. Deux voix, des guitares, un seul micro.  Je ne m’attendais à rien, mais pas à ça. J’ai acheté les deux albums et j’en ai encore des frissons.

Et puis il est arrivé sur scène. Il nous a jasé, il était vrai et sympathique et drôle. Toute la semaine, j’avais écouté en boucle le dernier record, comme il aime bien l’appeler, et je me suis laissée bercer. J’ai souvent fermé les yeux, j’ai chanté, j’ai même crié. J’ai applaudi fort. J’étais juste vraiment heureuse. Et j’ai pris une seule photo. Vite vite, croche et surtout floue parce que personne ne le faisait et que c’était parfait ainsi.

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La seule photo de cette parfaite soirée. Tout est dans ma tête et mon coeur.

 

J’ai adoré ses histoires, surtout celle de St-Raymond, de l’orage et du petit Humf… Wild Drums, je ne me tannerai jamais.

Il parcourra le Québec dans les prochaines semaines pour venir jour dans votre solitude le temps d’une soirée. Et il vous racontera les siennes. Tout un privilège.

Un gros merci  à Ann-Julie du Vieux-Bureau de poste pour l’invitation. C’était le premier spectacle de la saison. Voici les prochains.

Sarah xx

Une chance qu’on n’a pas d’enfants.

26 Mar
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Crédit photo: Google Image

AVERTISSEMENT

Ce billet peut contenir un manque d’objectivité et s’adresse à des lecteurs de tous âges. Ce texte a été écrit avec un grand amour et une admiration profonde pour la comédienne Sophie Cadieux. L’opinion d’un tiers est recommandée.

LA QUESTION QUI TUE

En ces temps d’austérité, d’incertitude politique et de changements climatiques, est-ce vraiment une bonne idée de mettre quelqu’un au monde?

NOTRE CRITIQUE EN UN GIF

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DES ARBRES

Texte : Duncan MacMillan

Traduction : Benjamin Pradet

Mise en scène : Benoît Vermeulen

Assistance à la mise en scène: Ariane Lamarre

Avec:  Sophie Cadieux et Maxime Denommée

Théâtre La Licorne

Durée: 1 h 25

Est-ce que tout le monde a le droit de faire des bébés ?

C’est bien de se poser des questions. D’être conscient. De s’informer. De douter. On veut être « des bonnes personnes », on veut croire qu’on est « des bonnes personnes ». Mais est-ce qu’il ne faut pas savoir trouver un équilibre entre conscience et inconscience si on veut rester bien ?

Mettre un enfant au monde : un cadeau empoisonné ?

Au moment où le bruit des applaudissements s’éteint et que les lumières se rallument, on ne réussit pas à tirer une seule conclusion de cette pièce. Un peu comme dans la vie. Un mélange de beauté, de tristesse, d’abandon, de questionnements, de colère. La vie, la mort, pis toute ça.

En rafale

Le texte ?

Des pensées qui se bousculent et ne se taisent jamais. Le reflet de toute une génération.

La mise en scène ?

Des sauts temporels, mais d’une simplicité désarmante. On peut imaginer, on peut visualiser, on peut se projeter, selon chacune de nos réalités.

Les comédiens ?

Une symbiose. Naturels, justes, complices, magnifiquement touchants. (Relire notre avertissement au tout début) La tendresse dans la tension. L’engagement dans l’abandon.

Le rythme ?

Un débit rapide. Le couple traverse, sous nos yeux humides de larmes et de rires, toutes les étapes de la parentalité, jusqu’à ce que le temps, la vieillesse et enfin, la mort les rattrapent. Une finale qui rappelle d’ailleurs celle de la série Six Feet Under.

Les référents culturels ?

Attendre et espérer les circonstances parfaites. Reprocher à son chum d’avoir toujours besoin de consignes.  

Les phrases punchs ?

« Chaque fois que j’me suis imaginé avoir un bébé, le père était toujours un homme flou, en background. »

« On dirait que tu viens de me donner un coup de poing et que tu me pose une question de calcul mental pendant que je suis encore à terre. »

« Si tu te préoccupes vraiment de l’avenir de l’humanité, bein suicide-toi. »

« Ouin, j’suis menstruée. Mais ça veut pas dire que j’ai pas raison. »

« J’ai besoin de pleurer comme un bébé ou rire comme une folle. »

Planter des arbres pour aider à faire respirer la planète

Des arbres, c’est avant tout une histoire drôle et attachante. Le texte de Duncan Macmillan aborde la question de la responsabilité sociale et aussi celle d’une relation amoureuse entre deux personnes, imparfaites bien sûr. Mais profondément humaines.

J & O

Tête à tête avec Philippe Roy sur l’Ambassade Culturelle

27 Mai

facebook_1432736340847Avec le lancement de leur nouvelle programmation dimanche dernier au bar Le Petit Chicago dans la région de l’Outaouais, l’Ambassade Culturelle, l’initiative de trois entrepreneurs gatinois, nous en a mit plein la vue avec la présence du groupe montréalais Secret Sun. Déterminé à faire refléter la région de par la mise en place de spectacles à prix modiques, Philippe Roy, Steven Boivin et Philippe Gaudreault se sont unis avec l’intention de rendre l’Outaouais un portail musical pour les artistes d’ici et d’ailleurs.

Steven Boivin et Philippe Roy, faisant partie pour la deuxième année consécutive de la cohorte du Festival de l’Outaouais Émergent (FOÉ) (Half Moon Run, Milk and Bone, Kandle, Ill Scarlett, Alaclair Ensemble, Philippe B et +) ont, depuis la dernière année, pris l’habitude de nous faire groover grâce à leurs nombreux spectacles musicaux offerts pour tous les types de mélomanes. (On vous en parlait d’ailleurs ici et ici!)

Les Grosses Soirées présentées majoritairement les samedis soir au bar Le Petit Chicago et dans quelques bars de la région auront comme invités des groupes établis nationalement qui donneront certainement un vent de renouveau sur la région. Notamment avec Pif Paf Hangover, Alaclair Ensemble, Pandaléon, Les Anticipateurs et bien plus.

Affiche : Guillaume Perreault | guillaumeperreault.com

Également organisé par l’Ambassade, les soirées découvertes Trash ta vie aux deux dimanches permettent aux groupes locaux d’accompagner des artistes de la province pour des prix modiques (5$/ la soirée). Nous avons récemment pu découvrir Kroy (2e projet de Camille Poliquin de Milk & Bone), Eldorado (groupe local et gagnants de l’Omnium du rock), Harfang et une panoplie d’artistes.

Affiche : Guillaume Perreault | guillaumeperreault.com

J’ai eu la chance de m’entretenir avec Philippe Roy concernant l’Ambassade afin d’y poser quelques questions:

Bonjour Philippe tu vas bien?

Salut Chloé, il fait chaud, c’est l’été. Oui ça va bien!

Alors, comment l’idée de l’Ambassade vous est-elle venue et qu’est-ce qui vous a poussé à concrétiser ce projet dans la région?

Steven Boivin et moi avons fait le Festival de l’Outaouais Émergent (FOÉ) ensemble l’an dernier et on a pris sur nos épaules ce que peu d’entrepreneurs avaient fait jusqu’à présent dans la région de l’Outaouais : une entreprise de gestion d’événements musicaux à récurrence hebdomadaire. En gros, ça veut juste dire qu’on en fait tout le temps [rires]… Phil Gaudreault s’est joint à nous et on s’est lancé dans notre passion.

En trois mots, comment décrieriez-vous l’Ambassade?

BONNE MUSIQUE, BONNE BIÈRE, BONNE COMPAGNIE.

Où voyez-vous votre entreprise dans 5 ans?

Disons qu’on décolle présentement avec une formule assez intense avec près de 50 shows dans la première année, avec des gros noms (Anti Flag, Odd Future, Loud Lary Ajust, Dance Laury Dance, Pépé et Sa Guitare, Ill Scarlett). On fait embarquer tout le monde dans le projet et ensuite on veut leur rendre la pareille avec des plus gros shows dans le centre-ville. On regarde pour ouvrir une salle où il sera possible de faire entrer de 600 à 800 personnes, salles qui se font très rares [ou qui coûtent très cher] dans la région. On a deux grands centres culturels autour de nous avec Montréal et Ottawa… On va s’inspirer et mettre notre touche pour créer des projets funky et intéressants pour le artsy people de la région. On met en place des événements auxquels on aurait le goût d’aller. Dans cinq ans, certains projets seront de plus grande envergure, on aura fait des partenariats et les autres villes seront envieuses de la vie culturelle à Gatineau.

Quels groupes aimeriez-vous booker si vous aviez un budget des plus extravagant?

Steven voudrait [je réponds pour lui sans son consentement] fort probablement voir Incubus, mais très certainement qu’on s’entendrait pour que Radiohead remplisse le Parc La Baie ou une future giga salle en Outaouais. Si on pouvait mettre Radiohead, Brand New, Incubus, Oasis, Bon Iver, Beyoncé, CCR, Slayer et Justin Timberlake ensemble le temps d’un weekend, on pourrait tous et toutes mourir en paix. Je n’aurais pas le choix d’inviter Kenny Rogers pour faire plaisir à mes parents, je leur dois bien ça.

Quels spectacles vous ont le plus marqué lors de vos soirées et pourquoi?

J’ai l’impression que les groupes et spectateurs comprennent que nos événements c’est la place pour se vider la tête et faire le party. Le set de Solids (groupe de Montréal) est l’un des meilleurs shows que j’ai vu. Des gens qui sautent partout, bière à la main, qui se pendent au chandelier en chantant de leur best par-dessus la loudness du spectacle. Sinon, le show sold-out d’Anti Flag au Bistro, ce n’est pas à négliger! Tout le monde avait l’air tellement heureux d’être là!

Alexandre Voyer | iamnophotographer.com

Et dans le summum de la relaxation lors de nos soirées découvertes, que dire de Chupacabras, deux gars de la région, qui ont apporté leur sofa et leur fondue au bœuf pendant leur performance, fondue dans laquelle les spectateurs pouvaient se gâter et se faire leur propre collation.

Alexandre Voyer | iamnophotographer.com

Alexandre Voyer | iamnophotographer.com

Vous avez une excellente brochette d’artistes à nous faire découvrir lors des prochains mois, quels sont vos coups de cœur à ne pas manquer?

Merci! Vraiment, on book ce que l’on aime, donc c’est difficile de répondre, mais j’avoue que les albums de Chérie, Jesse Mac Cormack, Alaclair Ensemble et Fire/Works jouent à répétition dans ma voiture par les temps qui courent. Un petit clin d’œil à The Pinsents, qui n’ont pas d’enregistrement encore, mais qui feront fureur, j’en ai un bon pressentiment [rires].

J’ai entendu des rumeurs comme quoi vous faisiez quelque chose de particulier pour accueillir les artistes lors de vos soirées, serait-ce possible d’élaborer à ce sujet?

On s’est assagi un peu dernièrement, parce que ça s’en venait dangereux [rires] mais on offrait toujours une noix de coco aux artistes, sans outils pour l’ouvrir… et on regardait ce qu’il se passait. Est-ce qu’on va la ramener cet été? Peut-être…

Qu’est-ce qui vous différencie des projets musicaux offerts par la Ville de Gatineau?

Notre projet vise les 16-35 ans, pas mal comme la Scène1425, projet de musique émergente guidé par la Ville de Gatineau. Nos événements se distinguent particulièrement par l’ambiance, au sens où ce n’est pas pareil dans un bar (offert par l’Ambassade) que dans une salle de spectacles (offert par la Ville de Gatineau). Nos prix sont généralement plus modiques et on fait en moyenne cinq spectacles pour les 16-35 ans par mois, dans tous les styles musicaux. On aime bien les projets de la ville, ce serait cool de s’associer dans un avenir rapproché. On offre nos services aux entreprises ou organismes qui désireraient avoir des artistes de renoms lors de leur(s) événement(s).

Quelles demandes d’artistes vous a le plus étonné jusqu’à présent et pourquoi?

Les artistes québécois ne sont pas trop compliqués en général. Parfois, je dois courir 4-5 places pour trouver la bonne marque d’eau de noix de coco, mais bon… ça c’est juste moi qui suis dévoué à la tâche de faire plaisir à nos artistes. Certains demandent des sous-vêtements… j’ai toujours le goût d’en acheter des vraiment laids, mais non, des Calvin Klein noir, tu ne te trompes pas. J’ai vu des demandes du style : Un sofa en forme de cœur avec un spa et trois roulottes, mais on n’est pas rendu là…encore!

Finalement, je n’ai pas le choix de faire un lien à la gastronomie puisque habituellement, c’est mon sujet d’article alors si l’Ambassade était un plat culinaire, que serait sa recette?

Une pizza 8-fromages [mozzarella, roquefort, brie, emmental, cheddar, suisse, chèvre et feta] parce que du fromage c’est tout le temps bon et tu n’es jamais déçu, peu importe la variété du cheeeeese. Tu manges la pizza, t’es heureux, tu sors de l’un de nos shows, t’es heureux. Calcul fort simple [rires].

Photo : Melik Benkritly | melikbenkritly.com

Pour plus d’information, visiter la page Facebook ou le site Internet de L’Ambassade Culturelle.

Chloé

Québec dans ton presque salon

24 Juin

D’abord, 24 juin, une heureuse fête nationale au monde entier.  Comme on fête généralement le 23 pour récupérer au lendemain férié, j’annonce que c’est encore le fun la St-Jean. Ce n’est plus le gros fun noir remplie d’Histoire, de patriotes et d’indépendance, certes. J’y étais hier, sur les Plaines. Elles étaient moins impressionnantes qu’à ma dernière visite en 2008, mais j’étais plus petite faut dire. J’avais encore quelques trois pommes à faire mûrir. Bref, encore parfait pour ceux qui ont envie d’y être. Un spectacle gratuit d’artistes d’un répertoire familier, une belle scène, une bonne énergie. Et, rendu là, le peuple s’en balance de l’interdiction de camping, d’alcool,  de bouteilles en vitre et de seins à l’air. On chante, on danse, on crie, on se souhaite bonne-saint-jean parce que nos épaules se frôlent ou que tu as échappé ta bière à 6$ sur moi. Hey, j’ai deux piasses d’alcool qui me glisse sur l’épaule, mais on récite les paroles en riant. Pas de problème avec ça.

Pas de problème avec le fait de voir trois Français de France vivre leur premier 24 juin dans une marée de bleu lys. Croiser les gens que tu n’as pas vus depuis que vos routines ne se parlent plus et de se rappeler l’ancien quotidien. Expliquer qu’en 2008, tu t’étais enfuie vers les toilettes pour tomber sur Simon Lepage dans le milieu des vagues, en plein centre des vapeurs. Pour qu’en 2013, à trente secondes d’intervalle de cette conversation, tu croises l’homme qui était assis à tes côtés à ton retour en avion, dix mois avant. Que pour lui, c’est un peu perdu dans le néant de sa mémoire, mais qu’après lui avoir rappelé son livre sur les forêts et la pizza gorgée de sodium, on capote. Cette même personne te raconte que la SAINT-Jean-Baptiste, c’est très religieux comme fête jusqu’à ce qu’en 1968, il y est émeute à Montréal, pendant la Révolution Tranquille, pour s’éloigner des sentiers catholiques. Le souvenir, c’est ça la Saint-Jean. 2008 ou 2013, religion ou patriote, région ou Québec. Se souvenir. Notre souvenir. Ton souvenir.

Pour en revenir à mes moutons théâtraux et tout en gardant une thématique nationale, j’aborde deux spectacles très connus et aux racines très québécoises : Le Moulin à images – une projection extérieure de Robert Lepage, Québécois -fan des TIC dans chacune de ses mises en scènes  etc. + Les Chemins de l’invisible du Cirque du Soleil – entreprise artistique de Guy Laliberté, Québécois – ayant voyagé dans l’espace etc.

Ceci étant annoncé. À Québec encore, à Québec seulement d’ailleurs. Ces deux représentations seront diffusées sur les ondes du réel à maximum peu de temps de chez vous. Gratuit encore, gratuit depuis toujours d’ailleurs. Ce sont deux créations captivantes qui comblent parfaitement le besoin de s’évader un peu du vrai, du concret.

Le MOULIN À IMAGES change de page couverture. Ce n’est plus 400 ans d’histoire; il modernise son discours politique…lui aussi. Robert Lepage, en importante collaboration avec Ex Machina, a choisi de se démarquer pour sa dernière saison. Comme cette aventure est conjointe de l’Office national du film du Canada, elle rendra hommage au réalisateur Norman McLaren. Vu l’œuvre de cet homme, je suis persuadée que son histoire animée sera assez spectaculaire.

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Les CHEMINS DE L’INVISIBLE nous propose le cinquième chapitre de sa grande saga, Le hangar des oubliés. Ils poursuivent leur périple, ajoutent à leur histoire qui se veut dans la tradition du conte québécois. Je me questionne sur le traditionnel de la tradition puisqu’à la base, elle se veut oral alors que la leur est le fruit d’une démarche plutôt visuelle. Cependant, le Cirque du Soleil a cette facilité de communiquer l’aventure et l’extraordinaire. Je refuse, ici et maintenant, de vous narrer le fameux chapitre. Allez vous l’approprier, le vôtre, celui que concoctera votre imagination au fil des acrobaties, des pirouettes et des arabesques.

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À NOTER:

-Toutes les représentations auront lui du 23 juin au 1er septembre 2013, du mardi au samedi seulement. En juin et juillet, Les Chemins de l’Invisible seront présentés à 21h15, suivis par le Moulin à Images à 22h15. Le principe d’une heure d’intervalles reste le même pour août et septembre, excepté que le tout débutera à 20h45. N’oubliez pas que le Cirque du Soleil s’activera dorénavant à l’Agora du Port de Québec.

Déplacez-vous! Dernière année pour ces deux petits bijoux turbo-abordables. Pour épater les amis qui se limitent aux ladie’snight le jeudi, la famille en visite ou l’amour en rechute. C’est grandiose de voir les choses s’animer devant soi, sur une autre plate-forme qu’un écran. D’entendre les gens se taire pour observer le vacarme du spectacle.

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