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Big Little Lies: Succès mérité

19 Oct

Si vous avez vécu sous une roche toute l’année, vous avez peut-être raté la magnifique minisérie Big Little Lies/Petits secrets, grands mensonges, réalisée par le Québécois Jean-Marc Vallée. Avant d’être une production télévisuelle saluée par de nombreux prix Emmys, c’était un roman de l’Australienne Liane Moriarty. Alors, puisque la série m’a fascinée, j’ai dévoré le roman d’une seule traite… pour mieux vous en parler, bien sûr!

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« Marée montante »: À la dérive

9 Mar

Marée montante, c’est l’histoire d’un homme qui se noie de chagrin, après que sa fille, toute jeune, soit morte emportée par les flots. C’est une descente hypnotique dans les abysses du deuil, qu’on suit, bouche bée, englouti par les émotions à fleur de peau qui se dégagent de la plume limpide et douce de Charles Quimper.

 

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant ce petit bouquin, sinon à lire quelque chose d’horriblement triste -mais ça ne me faisait pas peur: les histoires tristes, c’est ce que je préfère.

Je ne m’attendais certainement pas au raz-de-marée d’émotions qui m’a submergée.

C’était si violent, si brusque, comme une vague énorme qui m’aurait percutée de plein fouet. Je restais là, avec ce livre d’apparence insignifiante entre les mains, abasourdie, incapable de faire autre chose que tourner les pages, emportée par la plume agile de Quimper, qui peint sur la page des images évocatrices et fortes.

Et puis, il y a la mer.

J’aime la mer. Le son des vagues. La couleur de l’eau qui change avec le ciel. L’odeur salée du vent lorsqu’il survole l’onde.

Mais la mer, ici, est destructrice: c’est par l’eau que la petite Béatrice meurt, échappant à la surveillance de ses parents juste assez longtemps pour se noyer; c’est par l’eau, aussi, que la vie de sa famille s’effondre; par l’eau, encore, que son père, meurtri jusqu’au fond de sa chair, tente d’échapper au drame.

Portrait de deuil, de la folie qu’il entraîne, Marée montante est l’histoire d’un homme qui, s’il ne s’est pas noyé, finira pas se perdre lui aussi. Dans toutes les gouttes d’eau, il cherche sa fille. Parce que si chaque goutte d’eau cherche la mer, l’une d’entre elles finira bien par l’emmener jusqu’à Béatrice, n’est-ce pas?

« Je te cherche dans chaque goutte, je t’espère comme on espère une ondée en pleine canicule, comme on espère un dégel au printemps. » 

Ce sont ces détails qui chavirent: le bocal rempli d’eau que conserve le narrateur, résultat de milliers de gouttes d’eau solitaires amassées pour avoir aperçu dans leurs reflets quelque chose de sa fille disparue; le bruit d’eau qu’il entend en permanence, comme si sa maison elle-même était peu à peu envahie par la marée.

Et au fil des pages, cette obsession de l’eau, cette traîtresse qui lui a volé son enfant, va s’accroissant. Elle est là, la Marée montante: dans l’obsession qui guette le personnage, cette obstination sans bornes, dénuée de sens, à retrouver sa fille. À un moment, on se demande si tout est bien réel ou plutôt le résultat d’un esprit tordu par le deuil.

Pour un premier roman, c’en est tout un: il nous arrache à notre petit confort, nous lance dans l’inconnu, nous secoue comme de vulgaires poupées oubliées dans un tsunami et nous ramène sur la berge, enfin, désorienté mais satisfait.

Longue vie à Charles Quimper et à sa plume poignante.

Et à vous, bonne lecture. 😉

Anne-Sophie

« Je t’aime, Rosie »: meilleurs amis, mais…

3 Oct

Quand votre meilleur-e ami-e vous dit « Regarde ce film-là, ça me fait penser à nous! », vous faites quoi? Bien sûr, vous regardez le film en vous disant « Ça va être tellement bon! ». C’est ce que j’ai fait pour Je t’aime, Rosie, adaptation cinématographique du roman La Vie est un arc-en-ciel, de Cecelia Ahern (au cas où ça vous rappelle quelque chose, elle a aussi écrit P.S. Je t’aime). Évidemment, j’ai aussi lu le roman; inévitablement, j’ai comparé les deux, et voilà ce que ça donne.

Le préambule est assez simple: Rosie et Alex sont meilleurs amis depuis la maternelle, et ne se sont jamais lâchés d’une semelle, jusqu’au grand départ d’Alex pour Boston. Ô malheur! Enceinte, Rosie doit rester en Irlande. Commence alors une longue séparation, durant laquelle les deux amis ne se perdront jamais de vue, sans jamais se révéler les véritables sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. Les années passent, et la vie semble résignée à les éloigner, mais… qui sait ce qui pourrait se passer? 😉

C’est une histoire d’amour, vous l’aurez compris. Ce qui m’a le plus touchée dans cette histoire, c’est la conviction inébranlable d’Alex et Rosie qu’ils doivent faire ce qui est le mieux pour l’autre. Ils ne se posent pas de questions: l’important, c’est que l’autre aille bien, que sa vie soit la meilleure possible, et s’il faut pour cela qu’ils soient séparés, ils l’acceptent tous les deux. Tous les courriels qu’ils échangent, les moments qu’ils passent ensemble sont autant de traces de la force de leur amitié, qui ne se brise jamais malgré tout.

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Source: static.fnac-static.com

Au début, je dois l’avouer, la forme du roman m’a un peu prise par surprise: tout du long, on ne lit que des lettres. Entre Rosie et Alex, principalement, mais aussi entre Rosie et plusieurs membres de sa famille, Alex et son frère… Au début, c’est bizarre, mais on s’habitue.

En général, le roman m’a déçue. Les péripéties sont innombrables, tout comme les problèmes de Rosie -et ses complaintes. Ça ne sert pas nécessairement l’histoire qui, à la longue, semble franchement invraisemblable. Qui attendrait son « âme-soeur » pendant quarante ans? À la longue, on n’y croit plus, et on a hâte qu’ils se décident. Au début, toutefois, il y a plusieurs beaux moments, touchants et sincères, qui nous font continuer à lire jusqu’à la fin malgré les rebondissements parfois invraisemblables.

Le film, pour sa part, va directement à l’essentiel. On a droit à une belle histoire qui ne semble pas forcée ni exagérée, et qui laisse toute la place aux sentiments profonds entre Alex et Rosie, qui sont évidents dès le départ. En regardant le film, j’avais vraiment envie qu’ils finissent ensemble. C’était touchant et drôle à la fois, et ça sonnait vrai -comme les meilleurs passages du roman. Et la fin nous laisse le coeur léger, content. Ça fait du bien.

Vous l’aurez compris, c’est le film qui gagne, pour plusieurs raisons évidentes. Toutefois, si vous êtes vraiment une romantique dans l’âme et que les histoires d’amour qui-seraient-possibles-mais-qui-ne-fonctionnent-pas vous passionnent, ne vous gênez pas, je suis sûre que vous adorerez. Pour ma part, je vais revoir le film… plusieurs fois peut-être? 😉

Bonne lecture et/ou bon visionnement!

 

 

Anne-Sophie

Pour le lire

En français: La vie est un arc-en-ciel, ou Je t’aime, Rosie, chez J’ai lu

En anglais: Where Rainbows End, ou Love, Rosie, chez Harper Collins

Pour le voir

Je t’aime, Rosie / Love, Rosie, en DVD et Blu-Ray, avec Lily Collins (Rosie) et Sam Claflin (Alex).

Six degrés de liberté

23 Sep

Je ne sais pas vous, mais personnellement j’ai trouvé cette rentrée très difficile. Probablement, parce que j’ai complètement décroché durant l’été. Relisant des vieux livres que je connais par coeur, des classiques de mon adolescence que je lis depuis que j’ai 14 ans…genre. Un été au soleil à boire du vin sur mon balcon et à me baigner dans la piscine familiale quand mon appart devenait une vraie bouilloire.

Bref, quand il a été temps de me remettre au boulot, le choc a été monumental. Et là, je me suis sérieusement demandée comment j’arriverais à lire un roman au complet. Donc, on est un après-midi et je fouille dans ma bibliothèque et je trouve un ouvrage que j’ai acheté au Salon du Livre et qui s’appelle Six degrés de liberté de Nicolas Dickner et je me dis… why not?

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Résumé

Lisa habite avec son papa, un rénovateur de maisons de banlieue. On est dans un petit bout du Québec proche des lignes américaines. Il ne s’y passe pas grand chose, mais cela n’empêche pas Lisa et son ami Éric de se distraire, d’apprendre, de faire des projets… bref, de grandir. Un jour, Éric doit partir et Lisa se retrouve seule, déroutée par la vie qui continue d’avancer, soumise aux nombreuses obligations qui pèsent sur l’adulte qu’elle devient. Jay, de son côté, purge sa peine comme agente civile au GRC. Cela fait plus de sept ans que sa vie s’est transformée. Désormais, elle ne peut même plus sortir de Montréal sans fournir un itinéraire à son agente de probation. Alors que fait une criminelle réformée lorsqu’un conteneur disparaît et que ses collègues se mettent frénétiquement à sa recherche? Facile : elle s’amuse.

Personnages

Elisabeth Routier-Savoie, dite Lisa: L’histoire commence alors qu’elle est adolescente. L’histoire se termine, elle est une femme. Une femme qui vient de faire le tour du monde! Débrouillarde, curieuse et déterminée, elle étudie l’électricité et s’occupe de son père de plus en plus malade.

Éric Le Blanc: Meilleur ami de Lisa. Il est atteint de claustrophobie et ne va même plus à l’école. Pour passer le temps, il s’essaie à hacker des appareils électroniques. Éventuellement, il quitte le Québec pour s’installer au Danemark où son beau-père travaille.

Jay, dite la Pequeña: La fin trentaine et complètement désabusée par sa situation, Jay survit. Elle compte les dodos qui la séparent de la liberté. Or, compter les dodos pendant huit ans c’est long.  Traiter des données pour la GRC dans un département oublié de tous, ça aussi c’est long.

On aime:

  • Comment les deux histoires se rejoignent. Car, au final c’est ce qui donne à ce roman toute sa direction. Il faut qu’il y ait un but à ces histoires parallèles.
  • Que les deux récits soient tout aussi intéressants et évolutifs. Dans un cas, comme dans l’autre, on est tenu en haleine.
  • Qu’on finisse par vraiment bien connaître et comprendre les personnages. On sait qui ils sont, comment ils pensent et ce qu’ils ressentent.

Un beau roman québécois qui mérite vraiment d’être lu et relu!

Bonne lecture!

Camille xxx

 

 

« Allégeance »: Peu convaincant

19 Juil

De retour à mes vieilles habitudes, je vous parle aujourd’hui de l’adaptation cinématographique du roman Allégeance, de Veronica Roth. Ultime tome de la trilogie Divergence, il sera adapté en deux films, dont le premier est maintenant disponible en DVD. C’est donc l’heure du duel: dans le coin gauche, le livre; dans le coin droit, le film!

En bref

Le chaos règne à Chicago maintenant que les habitants ont trouvé le secret des fondateurs de la ville: les citoyens font partie d’une expérience visant à améliorer la génétique humaine. Tris Prior, son copain Quatre et quelques autres quittent la cité pour voir ce qui se cache à l’extérieur. Ils y découvrent le siège d’une organisation scientifique visant à « purifier » l’ADN humain. Dans ce nouvel environnement, les défis sont nombreux pour Tris et Quatre: alors que leur valeur réside entièrement dans leurs gènes, qui sont-ils vraiment? Comment peuvent-ils sauver leurs amis restés à Chicago?

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Source: archambault.ca

La critique

Vous le savez, je suis une fan de la série Divergence. J’ai adoré les deux premiers tomes, que j’ai relus plusieurs fois. Or, le troisième m’a laissée sur ma faim: je suis franchement déçue de cette idée de l’expérience scientifique et de l’explication des Divergents. En fait, les Divergents, que l’on admire depuis le début pour leur force de caractère, ne sont rien d’autre que des anomalies génétiques, qui démontrent qu’il est possible de guérir l’humain de ses tares. Donc, toute la faute humaine serait une affaire de biologie. Que fait-on du libre arbitre, de la responsabilité individuelle? En bref, les salauds sont des salauds parce qu’ils ont de mauvais gènes, pas parce qu’ils sont méchants. Hors de question que j’achète cette explication boiteuse. Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé ce roman, mais, puisque je vous ai déjà parlé des deux premiers tomes, je me fais un devoir de critiquer aussi le dernier. 😉

La troisième partie de l’adaptation cinématographique n’est pas meilleure que son scénario original: pire encore, on a étiré le roman pour en faire deux films! Lorsqu’on parle d’oeuvres denses comme Harry Potter et les Reliques de la mort, ça passe bien et permet de plonger plus en profondeur dans les détails de l’histoire. Avec Allégeance, ça rend le tout pénible, surjoué, et plate par moments. Sincèrement, même Shailene Woodley, plus que convaincante en Tris depuis le début, semble s’ennuyer. Les effets spéciaux, utilisés à outrance, sont mal faits, laissant à l’ensemble un air artificiel qui nous distrait. Les dialogues sont tout sauf efficaces, alors… Vraiment pas de quoi se réjouir ici.

Qui gagne? Le roman

Malgré tout, le roman sort vainqueur de cette confrontation, d’abord parce qu’il tient en une partie, et aussi parce qu’il est sans doute plus intéressant que le film -dont la suite, Ascendance, sortira le printemps prochain -en téléfilm, s’il vous plaît, tant les recettes ont été décevantes.

Bref, si vous étiez fan de la série, vous pouvez regarder Allégeance, sans avoir trop d’attentes, parce qu’elles risquent fort d’être déçues. Sinon, franchement, je ne vous le conseille pas. Lisez-le donc pour commencer. 😉

Anne-Sophie
xx

Pour le lire

Allégeance, Veronica Roth, éditions Ada

Allegiant, Veronica Roth, HarperCollins

Pour le voir

Allégeance / Allegiant, avec Shailene Woodley et Theo James, en DVD, Blu-ray et numérique

 

Action à l’américaine

18 Juin

Pour moi, l’été, c’est synonyme de films d’action et de lectures en série. Pour ceux et celles qui chercheraient une série de romans et/ou de films, je vous propose ce mois-ci la série Jason Bourne/Dans la peau, écrite par Robert Ludlum et Eric van Lustbader et portée à l’écran par divers réalisateurs depuis le début des années 2000.

En bref

Jason Bourne serait l’agent secret parfait: il parle couramment plusieurs langues, met K.-O. un adversaire en cinq secondes, sait passer inaperçu en toutes circonstances, ne montre aucune émotion… Or, il a perdu la mémoire. Lorsqu’on fait sa connaissance dans La Mémoire dans la peau, il n’est rien d’autre qu’un amnésique avec pour seul indice de son identité une puce intégrée sous sa peau. C’est là que s’engage une véritable course contre la montre pour comprendre qui il est, et ce qu’il doit faire, avant que ses ennemis le rattrapent. Au fil de la série, Bourne refait sa vie aux États-Unis, mais la tranquillité est toujours de courte durée: inévitablement, le passé revient le hanter, alors que ses vieux ennemis cherchent vengeance.

www.livredepoche.com

Crédi photo : livredepoche.com

Cela pourrait ressembler à n’importe quelle trame de roman d’espionnage. Or, Jason Bourne n’est pas un autre James Bond. S’ils partagent les mêmes initiales, ils n’ont pas grand-chose d’autre en commun. Bourne n’est pas le héros unidimensionnel auquel on s’attend : dans son esprit se côtoient deux personnalités distinctes, héritages d’un passé trouble. D’un côté, David Webb, diplomate, dont l’épouse et les enfants ont été tués par un raid de l’armée américaine. De l’autre, Jason Bourne, agent secret sans scrupules créé de toutes pièces par le gouvernement américain pour les opérations les plus périlleuses qui soient. Les deux personnalités se confrontent sans cesse, et le lecteur assiste, fasciné, aux dialogues intérieurs entre Bourne et Webb, alors que chaque décision peut causer sa mort ou celle d’un autre.

Les films, pour leur part, vont droit au but: Jason Bourne est un agent secret de la CIA, dangereux à souhait, et surtout, incontrôlable. Il fait un merveilleux personnage de film d’action, en effet, mais ça manque de profondeur comparé au roman. Toutefois, les amateurs de poursuites haletantes et de combats musclés ne seront pas déçus: il y en a des tonnes.

Mon verdict: Le roman, 100 fois

Voyez-vous, le problème de cette « adaptation », c’est que ce n’en est pas une. En fait, ça donne plutôt l’impression que le réalisateur a pris le personnage de Bourne -uniquement Bourne- et lui a donné son propre film. Pour le premier volet, ça passe: les divergences roman/film sont trop minces pour qu’on soit franchement outré. Mais pour la suite… Si vous avez lu les romans d’abord, attachez vos tuques, parce que vous allez vous arracher les cheveux. (Expérience vécue.)

Si vous n’avez pas lu la série et que vous voulez regarder un film d’action, par contre, allez-y sans réserve: vous ne serez pas déçu. On casse des gueules, on détruit de la carrosserie, et on fait exploser plein de choses.

Il se peut donc que vous deveniez fan de la série, que ce soit en version cinématographique ou littéraire. Sachez toutefois que les deux sont comme l’été et la pluie: ils se mélangent mal, même si, isolément, ils peuvent être agréables. 😉

Pour le lire

En français

La série Dans la peau, chez Grasset

Premier tome: La Mémoire dans la peau (Ludlum, 1980)

Dernier tome en date: La Traque dans la peau (Lustbader, 2011)

En anglais

La série Bourne chez Grand Central Publishing

Premier tome: The Bourne Identity

Dernier tome en date: The Bourne Ascendancy (Lustbader, 2014)

Pour le voir

The Bourne Supremacy / Jason Bourne: L’Héritage, dernier film en date, en DVD et Blu-Ray (et il y aura un autre film en 2016)

 

Bonne écoute/lecture!

Anne-So

Lectures d’un jour: Barbe bleue

16 Avr

En ce vendredi 17 avril j’ai décidé de partir une espèce de petite chronique qui aura pour titre « Lectures d’un jour » et qui mettra en vedette des livres qui se lisent très rapidement (genre 200 pages et moins…un peu comme Le vieil homme et la mer dont j’ai déjà parlé).

Le soleil revient, le printemps s’installe tranquillement et la neige sur votre balcon assez fondue pour que vous songiez à sortir votre chaise de patio dehors…c’est le temps de sortir votre couverte, un bon roman, vos lunettes fumées et de lire toute la fin de semaine au soleil 🙂 Ainsi donc, petite suggestion lecture rapide: Barbe bleue d’Amélie Nothomb. Bon, je sais, la plupart d’entre nous avons été marqués par son roman Stupeur et tremblement au secondaire, mais si vous n’avez pas réessayé de lire cette talentueuse auteure belge depuis, je vous conseille de retenter le coup avec ma suggestion du mois!

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Saturnine vient d’emménager à Paris, car elle a eu le poste de ses rêves. Elle travaille donc maintenant au centre-ville et habite sur le sofa d’une amie en banlieue…en attendant de trouver mieux. Or, un jour, elle voit une annonce dans le journal expliquant qu’un homme très riche cherche une colocataire pour le modique somme de 500 euros par mois: l’aubaine du siècle. Ce qu’elle apprendra lors de sa première visite des lieux c’est que toutes les colocataires précédentes ont disparues. Un fait très étrange, entendons-nous, surtout que, selon le propriétaires des lieux, « la femme est la colocataires idéale »…

Personnages:

Saturnine: Nouvellement en poste à l’école du Louvre, notre protagoniste est une jeune femme élégante, cultivée qui malgré qu’elle n’ait pas la langue dans sa poche, saura toujours trouver la tournure élégante pour exprimer sa pensée.

Don Elemirio: Aristocrate espagnol de la vieille école. Obsédé par les vieilles choses, l’inquisition et la couleur jaune, il n’est pas sorti de chez lui depuis très…très…très longtemps.

On aime:

– Les nombreux liens avec le conte éponyme qui continue à nous choquer à chaque fois qu’on y fait mention.

– Les conversations entre Saturnine et Don Elemirio. Superbement écrites, elles représentent le fond de la relation entre les deux colocataires: une entente improbable sur fond de rhétorique.

– Le dénouement de l’histoire qui est différent quoique tout aussi glauque que le conte dont le roman est inspiré.

Bonne lecture et vive le printemps!

Camille xxx

Insurgés: Adaptation libre

25 Mar

Insurgés, second volet de l’adaptation cinématographique de la série Divergence, est sorti en salles le 20 mars dernier. Je le dis tout de suite : j’avais très hâte, parce qu’Insurgés est mon roman préféré de cette trilogie dystopique écrite par Veronica Roth. Retour sur le roman et son adaptation cinématographique.

En bref

Après l’attaque des Altruistes, le système des factions est sur le point de s’écrouler: les Érudits ont pris le pouvoir, les Altruistes sont décimés, et les Audacieux divisés entre loyaux et traîtres à la solde de la faction dominante. Après la mort de ses parents et de son meilleur ami, Tris peine à trouver ses repères, mais devra stopper la quête de pouvoir de Jeanine Matthews, qui cherche maintenant à assurer son contrôle sur l’ensemble de la population, par n’importe quel moyen. Pour l’arrêter, Tris est prête à tout – même sacrifier sa vie.

Le roman

Insurgés peut compter sur deux éléments majeurs : la complexité de Tris, la narratrice, et la subtilité de sa trame.

Rongée par la culpabilité après la mort de ses parents et de son meilleur ami Will, qu’elle a tué d’une balle dans la tête par légitime défense, Tris est plus vulnérable que jamais, mais refuse de le faire voir. On la suit tout au long du roman alors qu’elle essaie d’y voir clair au milieu du chaos, cherchant la vérité entre trahisons et nouvelles alliances, entre ses impressions et la réalité. Comme dans Divergence, elle évolue tout au long du roman, et c’est ce qui la rend si intéressante.

La trame narrative est elle aussi complexe, entremêlant les histoires mineures qui s’influencent entre elles dans un entrelacs complexe de rebondissements et de dénouements successifs. Entre la soif de pouvoir de Jeanine, la culpabilité de Tris, les hésitations de Quatre et l’allégeance changeante des sans-faction, il y a en masse de stock pour un roman solide.

Image: renaud-bray.com

Image: renaud-bray.com

Le film

Le film perd beaucoup de la subtilité de sa source : pour qui a lu le roman, la trame semble grossière et simpliste. Toutefois, en tant que film, il se tient mieux que le précédent et présente plus d’action.

Dans les ruines du quartier des Altruistes, Jeanine (Kate Winslet) retrouve une boîte contenant un message important pour la population de la ville, laissé par ses fondateurs. Pour l’ouvrir, toutefois, elle doit trouver le Divergent ultime. Tris (Shailene Woodley) étant la plus forte Divergente de la ville, c’est d’elle dont Jeanine a besoin. S’enclenche une course contre la montre pour trouver Tris et ouvrir la boîte qui pourrait bien contenir un message complètement différent de ce que Jeanine espère.

Le film vaut la peine d’être vu, notamment pour les effets spéciaux spectaculaires. Aussi, la performance de Shailene Woodley est tout à fait remarquable, notamment dans la séquence du sérum de Vérité, où Tris est forcée d’exposer tous ses secrets.

Qui gagne? Le roman
Pourquoi?

Parce que… la trame y est plus subtile et plus complexe.

Parce que… les personnages sont denses et pleins de caractère.

Parce que… la relation entre Tris et Quatre est vraisemblable. Ils passent leur temps à se disputer, mais ils trouvent des solutions, et ils restent ensemble.

Le film est un bon divertissement en soi. Ne vous attendez pas toutefois à un reflet très fidèle du roman – c’est plutôt une adaptation libre, même si l’essence de l’intrigue et des personnages est toujours là. Il y a tout de même de quoi satisfaire un plus grand public que le premier volet.

Pour le lire: Insurgés, de Veronica Roth, publié chez Ada

Pour le voir: en salles depuis le 20 mars, en 2D et 3D

Bonne lecture/écoute!

Anne-Sophie

Le dernier banquet

17 Fév

Je ne sais pas si beaucoup d’entre vous ont lu (et aimé) le roman Le parfum de Patrick Süskind, mais personnellement c’est un livre qui se situe dans mon top 5 des meilleurs ouvrages que j’ai lu DE MA VIE! Alors quand j’ai vu que la critique avait qualifié Le dernier banquet de Jonathan Grimwood de « digne héritier du Parfum de Süskind. », je ne me suis pas posée de questions et je l’ai acheté.

Maintenant que je l’ai terminé, je peux affirmer qu’à mon humble avis, c’est une très belle lecture divertissante…mais de là à parler d’héritier…ça reste à voir. Je vous le présente tout de même parce que c’est bon : ça parle de bouffe, d’aventures passionnées, d’espionnage et d’animaux exotiques!

 

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Résumé

Le marquis Jean-Marie d’Aumout n’a pas toujours été l’homme riche et prospère, propriétaire d’un château et très bien marié, qu’il était lorsqu’il est mort. Né de nobles ruinés et trouvé dans le fumier à l’âge de cinq ans par Monsieur le Régent, on ne peut pas dire que le début de sa vie annonce une suite débordante de luxe…mais pourtant notre curieux protagoniste nous réservera plusieurs surprises. Que ce soit par ses amitiés singulières, ses amours ou son penchant unique (je ne saurais pas comment le dire autrement) pour tout ce qui se mange, on suit la vie de cet homme du fumier à la mort.

Personnages

Je suis face à un problème. Dans ce roman, il y a plusieurs personnages qui sont d’importance moyenne. Puisque l’histoire tourne autour d’un seul homme, dépendant des phases de son existence (enfance, jeune adulte, etc.), les personnages changent. En voici tout de même un échantillon représentatif:

 Jean-Marie: un peu excentrique, très attachant (surtout quand il est petit), curieux, inventif…tant de caractéristiques qui font de Jean-Marie un personnage principal intéressant. Malgré nous, on a envie de savoir la suite du livre.

Charles: probablement le meilleur ami que Jean-Marie aura dans toute sa vie. Ils se rencontrent à l’adolescence alors qu’ils sont à l’académie militaire. Lui est fils d’aristocrate, non excusez-moi, fils de Duc. Il est donc d’une classe à part dans le cercle de Jean-Marie et sera la cause de bien du bonheur (et du bidou) dans sa vie.

Émile: ami d’enfance de Jean-Marie. Émile est fils d’avocat. Il est riche. Mais son nom n’est pas celui d’un noble (il n’a pas la particule « de » devance son nom. Ainsi, bien que d’origine plus aisée avec des parents aimants pourvoyant à ses besoins, Émile aura toujours plus de difficultés à évoluer dans le même cercle que Jean-Marie.

Tigris: le bébé tigre que Jean-Marie adopte. Tel Jasmine dans Aladin, il a un tigre qui le suit partout et qui l’aime 🙂

On aime

  • Le style biographie romancée du livre. Le dude a vraiment existé et on a vraiment trouvé sa biographie. C’est l’histoire de quelqu’un d’ordinaire…à la vie extraordinaire.
  • Les recettes. hihi. Jean-Marie mange de tout et fait des essais qu’il note dans un cahier. L’auteur nous fait part de quelques-unes de ses expériences qui sont à la fois saugrenues, un peu dégoûtantes et ma foi, bien drôles.
  • Qu’au dos du livre, ils se soient trompés dans le nom du protagoniste, le débaptisant Jean-Charles d’Aumout haha!

Bonne lecture!

Camille xxx

 

Entre faiblesse et grandeur

27 Déc

En ce lendemain de Noël, je me gâte : je vous parle de l’un de mes romans préférés, Ce que le jour doit à la nuit, de Yasmina Khadra (de son vrai nom Mohammed Molessehoul). Un roman déchirant, criant d’humanité, porté à l’écran par le Français Alexandre Arcady.

En bref

Younes est un jeune Arabe dans une Algérie au bord de l’éclatement. Fils d’un agriculteur sans le sou, il part vivre avec son oncle pharmacien, marié à une Française, et prend le nom de Jonas. Toute sa vie, il cherche l’équilibre entre ses origines arabes et son milieu européen, cherchant à forger son identité propre. Alors que la guerre pour l’indépendance éclate, Jonas doit choisir son camp. Entre son peuple qui souffre et son amour pour Émilie, le choix est difficile – voire impossible.

« Un jour, sans doute, on pourrait rattraper une comète, mais qui vient à laisser filer la vraie chance de sa vie, toutes les gloires de la terre ne sauraient l’en consoler. »

Yasmina Khadra

Qui gagne? Le roman

Pourquoi?

Parce que… l’écriture de Khadra est vive, passionnée, fluide. Un vrai bonheur de lecture.

Parce que… l’auteur est un grand humaniste, soulignant les faiblesses et les grandeurs humaines.

Parce que… Jonas est un personnage complexe, plein de doutes, difficile à aimer. Le roman nous le montre attachant malgré tout, comme un petit frère exaspérant dont on souhaite quand même le bonheur.

Le roman gagne haut la main, mais le film est intéressant. L’histoire d’amour entre Jonas et Émilie est bien rendue, et les paysages sont magnifiques. Toutefois, le film échoue à nous rendre Jonas sympathique. Ses motivations restent floues, et on cherche un sens à ce qu’il fait. C’est là une des grandes faiblesses de ce film. Le roman, lui, est à lire absolument.

Pour le lire : publié chez Julliard

Pour le voir : disponible en DVD

Anne-So

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