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Le bouchon

28 Sep

Quelques mètres à la fois, on avance tranquillement, un à la suite de l’autre. Captifs, des milliers d’humains vivent la même chose au même moment sans aucune relation entre eux. Plus rien ne bouge. À l’horizon défilent à perte de vue les feux de circulation.  Respire. Le temps défile sous mes yeux, le sentiment d’impuissance est bien présent. Respire.

On fait tous des choix. Des grands, des petits, des impulsifs et des réfléchis. Il y a ceux qui ne changent rien, et ceux qui changent tout, sans même qu’on le sache. Le choix de l’endroit où l’on habite, le choix de carrière, le choix des enfants et de la vie de famille, autant de choix passés qui influencent nos matins, nos soirs, nos nuits.

Nous avons fait le choix de la banlieue, il y a déjà quelques années. Après la ville d’une époque et la grande nature isolée par la suite, il était impensable pour nous de nous séparer totalement de l’une ou de l’autre. Une petite maison, le fleuve tout près, aucun voisin et quelques minutes de route nous séparant de la ville. Ça semblait parfait. Idéal. Au départ, les heures et lieu de travail nous protégeaient du fléau circulatoire… rien n’est durable.

Nombreuses sont les matinées qui comportent inévitablement une séance de lenteur où l’impression d’être dépossédé de précieuses minutes est trop présente dans l’habitacle de la voiture. Otage de la route, j’observe les autres humains autour de moi, certains visages affichant stress et frustration, d’autres, beaucoup plus zen, semblant profiter d’un moment de solitude.

Photo par 云 陌 on Unsplash

Nous aurions pu faire le choix de la ville, utiliser pour la conscience personnelle et collective le transport en commun. Nous pourrions avoir choisi un autre travail, faire usage du vélo pour les déplacements. Malheureusement, le choix du lieu d’habitation a décidé du reste, les alternatives sont nulles. Coincée, le suis-je vraiment?

Respire. Les minutes défilent. Le retard semble inévitable. Un matin pire que les autres sur le trajet routinier. Monte le volume de la musique. Fais des étirements sommaire du cou. Réfléchis. Combien de fois dans une journée, dans une semaine suis-je réellement seule avec moi-même? Combien de temps est consacré à penser, à réfléchir et à ne faire rien d’autre que cette activité cérébrale? Trop peu.

Chaque choix apporte des conséquences. Dans la balance de ma vie, les quelques minutes de circulation pèsent-elles si lourd? Non. Mes priorités sont limpides. Je dois donc faire contre mauvaise fortune bon cœur, prendre ce temps et le transformer en temps de qualité avec moi-même. Musique, café (idéalement chaud) et contrôle de mes pensées. Focus sur ce que je contrôle vraiment, mon humeur, mes priorités, ma respiration, mon travail, mes choix, mon temps… ah ça!

Oh, ça avance! Remettre le discours intérieur à plus tard… le trafic sera encore là au retour.

Mariève

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Le temps d’un concert

16 Fév

Février. Rude et court mois d’hiver, mois de l’amour si l’on en croit la publicité rouge de cœur et de passion qui nous inonde. Bien que cette fête me laisse indifférente (comme en témoigne ce billet commun), le temps de qualité demeure précieux à mes yeux.

On nous avait prévenus : «Quand bébé sera là, prenez soin de votre couple, c’est important. » Eh bien oui, ça l’est. Le temps s’accélère, et à travers ce grand changement, il y a ce que nous étions, puis ce que nous sommes. Le couple, c’est la base de notre famille, c’est comme ça qu’elle a commencé.

Les moments de couple, depuis que ce dernier a évolué en famille, sont rarissimes. Il devient donc essentiel que ceux que nous ayons soient de grande qualité, et nous permettent de retrouver le je et le tu qui forment le nous que nous sommes. Puisque ces occasions sont plus planifiées que spontanées, nous choisissons avec soin l’activité de couple en question. La semaine dernière, c’est un concert qui nous a permis d’être ensemble, de capturer un instant.

Crédit : My Happy Culture

Crédit : My Happy Culture

 

Le groupe montréalais Groenland était de passage à l’Anglicane de Lévis pour une prestation d’un soir. Nous avons profité de l’occasion afin de vivre une soirée au son du groupe indie-pop dans cette salle magnifique à l’acoustique remarquable. La première partie était assurée par l’artiste Lydia Képinski, une découverte pour nous. Sa musique hypnotique et ses textes surprenants ont suffi à se laisser envahir par l’ambiance feutrée du moment. L’auteure-compositrice-interprète a ensuite fait place aux têtes d’affiche. Groenland a rapidement charmé nos oreilles en amorçant le spectacle avec des chansons tirées de leur nouvel album paru en septembre, A Wider Space. J’appréciais déjà les mélodies de leur premier album The Chase, je savoure tout autant celles-ci, une note de gaieté en plus. La complicité des membres du groupe était palpable, la bonne humeur des spectateurs contagieuse. Une ambiance douce et joyeuse,  une soirée remarquable.

C’est un moment idéal que j’ai passé avec mon homme, le rythme joyeux de la musique dans la tête. Les concerts sont définitivement une de mes activités préférées de couple, ils nous permettent de nous plonger dans une tout autre ambiance, de sortir de notre routine, de discuter du moment présent, uniquement.  Être ensemble au son de la musique, ça nous crée des souvenirs durables, car à chaque écoute de l’album, on revit un peu l’instant partagé.

Mariève

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