Tag Archives: littérature

Québec, lis!

20 Oct

Elle nous a lu Dans ma maison de Jacques Prévert.

 

Dans ma maison vous viendrez

D’ailleurs ce n’est pas ma maison

Je ne sais pas à qui elle est

Je suis entré comme ça un jour

Il n’y avait personne

Seulement des piments rouges accrochés au mur blanc

Je suis resté longtemps dans cette maison

Personne n’est venu

Mais tous les jours et tous les jours

Je vous ai attendu

(…)

J’ai été captivée, charmée, intriguée par les piments rouges accrochés au mur blanc. Elle l’a lu avec son français impeccable, son timbre convenable et sa justesse indéniable. Je me souviens qu’à la fin, quand elle eut fini de réciter Prévert, il eut un grand silence dans la classe. Nous étions tous en admiration, envoûtés par ses mots qui nous ont amenés plus haut que nous. Lire la suite

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« Marée montante »: À la dérive

9 Mar

Marée montante, c’est l’histoire d’un homme qui se noie de chagrin, après que sa fille, toute jeune, soit morte emportée par les flots. C’est une descente hypnotique dans les abysses du deuil, qu’on suit, bouche bée, englouti par les émotions à fleur de peau qui se dégagent de la plume limpide et douce de Charles Quimper.

 

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant ce petit bouquin, sinon à lire quelque chose d’horriblement triste -mais ça ne me faisait pas peur: les histoires tristes, c’est ce que je préfère.

Je ne m’attendais certainement pas au raz-de-marée d’émotions qui m’a submergée.

C’était si violent, si brusque, comme une vague énorme qui m’aurait percutée de plein fouet. Je restais là, avec ce livre d’apparence insignifiante entre les mains, abasourdie, incapable de faire autre chose que tourner les pages, emportée par la plume agile de Quimper, qui peint sur la page des images évocatrices et fortes.

Et puis, il y a la mer.

J’aime la mer. Le son des vagues. La couleur de l’eau qui change avec le ciel. L’odeur salée du vent lorsqu’il survole l’onde.

Mais la mer, ici, est destructrice: c’est par l’eau que la petite Béatrice meurt, échappant à la surveillance de ses parents juste assez longtemps pour se noyer; c’est par l’eau, aussi, que la vie de sa famille s’effondre; par l’eau, encore, que son père, meurtri jusqu’au fond de sa chair, tente d’échapper au drame.

Portrait de deuil, de la folie qu’il entraîne, Marée montante est l’histoire d’un homme qui, s’il ne s’est pas noyé, finira pas se perdre lui aussi. Dans toutes les gouttes d’eau, il cherche sa fille. Parce que si chaque goutte d’eau cherche la mer, l’une d’entre elles finira bien par l’emmener jusqu’à Béatrice, n’est-ce pas?

« Je te cherche dans chaque goutte, je t’espère comme on espère une ondée en pleine canicule, comme on espère un dégel au printemps. » 

Ce sont ces détails qui chavirent: le bocal rempli d’eau que conserve le narrateur, résultat de milliers de gouttes d’eau solitaires amassées pour avoir aperçu dans leurs reflets quelque chose de sa fille disparue; le bruit d’eau qu’il entend en permanence, comme si sa maison elle-même était peu à peu envahie par la marée.

Et au fil des pages, cette obsession de l’eau, cette traîtresse qui lui a volé son enfant, va s’accroissant. Elle est là, la Marée montante: dans l’obsession qui guette le personnage, cette obstination sans bornes, dénuée de sens, à retrouver sa fille. À un moment, on se demande si tout est bien réel ou plutôt le résultat d’un esprit tordu par le deuil.

Pour un premier roman, c’en est tout un: il nous arrache à notre petit confort, nous lance dans l’inconnu, nous secoue comme de vulgaires poupées oubliées dans un tsunami et nous ramène sur la berge, enfin, désorienté mais satisfait.

Longue vie à Charles Quimper et à sa plume poignante.

Et à vous, bonne lecture. 😉

Anne-Sophie

Le plongeur

20 Fév

Dans la vie, une des choses que j’aime le plus, c’est de manger…particulièrement dans les (très) bons restaurants. Tout y est parfait. Les nappes ultra blanches et la coutellerie qui scintille, le maître d’hôtel tiré à quatre épingles et son personnel aussi efficace que quasi invisible….et ça c’est sans parler de la bouffe! Or, aujourd’hui, je propose d’entrer dans l’envers du décor.

Ce qui se passe de l’autre côté des portes battantes alors que la pression est à son comble, que les clients attendent et que la seule solution, c’est d’aller toujours plus vite, de crier toujours plus fort, bref, de produire toujours plus. Je parle ici de Le plongeur de Stéphane Larue, un coup d’envoi impressionnant pour ce dernier puisque c’est son premier roman.

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Résumé

L’histoire se déroule au début des années 2000. Notre protagoniste est un jeune homme de 18-19 ans, étudiant au Cégep en graphisme dont la vie est à un point tournant. Accro au jeu (aux machines de loteries dans les bars pour être exacte), il n’a désormais plus rien: plus de coloc, plus d’argent, plus d’amis proches, plus de session. Devant l’ultimatum que la vie met devant lui, il prend une job de plongeur au restaurant La Trattoria en espérant, à quelque part, que les choses s’arrangent. On y découvre alors le rythme effréné des cuisines d’un restaurant ainsi qu’une foule de personnages qui donneront vie à ce roman où tout se déroule surtout la nuit. Le personnage principal devra désormais jongler avec sa dépendance et l’enfilade des quarts de travail et des nuits folles qui s’ensuivront.

Personnages principaux

Narrateur: L’histoire est écrite au « je » comme s’il faisait un genre de témoignage documentaire de son existence, sans jamais se nommer. Dévoré par les dettes de jeu, ses échecs et son incapacité à être tout simplement honnête avec lui-même et les autres, il s’enfonce tranquillement. Les exigences de la vie pèsent sur lui et il devra éventuellement se prendre en main et réparer les erreurs qu’il a commises.

Bébert: Cuisinier à La Trattoria, il prend de la place. Toujours à parler fort, à chialer, à dire, à qui veut bien l’entendre, tout ce qui lui passe par la tête. Il est aussi un fêtard invétéré, qui enfile les doubles shifts et les nuits blanches et qui, finalement, tient le coup en avalant du speed comme des bonbons. Personnage aussi attachant, qui prendra, à sa façon, notre protagoniste sous son aile.

Marie Lou: Amie du secondaire qui trippe également sur le métal. Elle est le lien entre la vie d’avant le jeu et celle d’après. Travaillant dans un bar, elle est la confidente, le point de focus du narrateur lorsque ça va mal, elle est peut-être finalement, sa seule véritable amie.

On aime

  • La page couverture, évidemment. Elle est cool, noire, intrigante, un peu trash et très metal. Comme le roman!
  • Le rythme des scènes qui se déroulent au restaurant. Elles sont décrites avec justesse et aplomb, en faisant des moments vifs et soutenus qui nous font lire à une vitesse incroyable.
  • Le sujet du roman, qui est peut-être moins le milieu de la restauration que les dessous de la dépendance. Il y a d’abord le personnage principal, qui est accro au jeu, mais aussi, plusieurs des cuisiniers et employés de La Trattoria ont des problèmes de consommation de drogue et d’alcool. Un phénomène beaucoup plus présent que ce qu’on pourrait croire de l’extérieur.

Bonne lecture!

Camille xxx

 

 

 

Article commun d’août: Nos livres québécois préférés – Édition 2016

2 Août

Le 12 août est une date sacrée pour les Rockalouves: celle de l’événement Le 12 août, j’achète un livre québécois! Juste assez à l’avance pour que vous ayez le temps de faire vos choix, voici une liste des livres québécois que nous avons adorés ou qu’on a ajoutés à notre Pile À Lire (communément appelée PAL). Bonne lecture! 🙂

 

Véronique: Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours eu une grande attirance pour les belles choses. J’aime être entourée de beaux objets. J’aime l’histoire des objets, leur bagage! J’aime les couleurs, les paillettes, le brillant. J’aime que ma maison ait une vibe enjouée et positive. Toujours à la recherche de nouvelles inspirations, j’ai craqué pour le livre 300 trucs pour une déco parfaitement imparfaite de Damask et Dentelle dernièrement… Bon sang, je ne regrette pas mon achat! Un livre dynamique, beau, efficace, comme je les aime. Et que dire du talent de l’auteure, Vanessa Sicotte, qui anime présentement Marché Conclu!, une émission dans laquelle elle restaure et donne une nouvelle vie à des objets de seconde main. Je suis fan! 🙂

 

Crédit photo: Compte Instagram de Damask et Dentelle

Crédit photo: Compte Instagram de Damask et Dentelle

Anne-Sophie: Quoi de mieux qu’un bon roman? Un bon roman inspiré de faits réels. À ce titre, La Femme qui fuit, d’Anaïs Barbeau-Lavalette, me semble particulièrement prometteur. L’auteure explore la vie de sa grand-mère Suzanne Meloche, signataire du Refus global et épouse du peintre Marcel Barbeau, ayant abandonné ses enfants lorsqu’ils étaient très jeunes, dans un récit sensible et efficace, dit-on. Je ne l’ai pas encore lu, mais ça semble un incontournable! 😉

Lisa Marie: Je ne suis pas très à jour dans la littérature québécoise, mais il n’y a pas si longtemps, j’ai relu toute la série Maud Graham par Chrystine Brouillet. Je lis ses romans depuis que je suis petite (elle écrivait pour la Courte Echelle, vous vous rappelez?) et je l’ai suivie en grandissant. En plus, il y a toujours des chats dans ses histoires! 🙂

Andrée-Anne : J’aime les romans qui me permettent de voyager entre deux voyages que je fais «dans la vraie vie». C’est pourquoi j’ai eu un gros coup de coeur pour le premier roman adulte de Marie Demers : In Between. On suit Ariane, jeune adulte qui vit difficilement le décès subit de son père et qui décide de s’en aller loin, de prendre une pause de la vie. On embarque avec elle direction l’Argentine, le Cap-Vert, l’Inde et l’Irlande, pour ne nommer que ces destinations. En quelque part, je pense que nous avons tous déjà eu le goût de tout laisser derrière soi pour essayer de se reconstruire… ou de se construire tout simplement 🙂

Vanessa: Je me suis découvert, il y a de cela quelques années, une profonde, très profonde, attirance envers les bandes dessinées québécoises. Une série a particulièrement attiré mon attention, d’abord pour son contenant et par la suite pour son contenu, bien sûr. La série Paul du bédéiste Michel Rabagliati a su occuper plusieurs de mes journées, de façon entière (je veux dire, j’en traînais une dans ma grosse sacoche!). Bourrée de situations réalistes et de faits historiques, la série nous envoûte en nous amenant carrément à vivre en symbiose avec les personnages. Un must, si vous ne l’avez pas déjà dévorée! 😉

 

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Paul à Québec – Michel Rabagliati

Laurie : L’an dernier, pour cette fête du livre québécois, je m’étais procuré Six degrés de liberté de Nicolas Dickner. Et je ne fus pas déçue! Sincèrement, l’oeuvre est complète et complexe, mais je l’ai quand même dévorée. Évidemment, ça nous sort illico de la chicklit (que j’apprécie aussi à l’occasion), mais ça vaut le coup. Une histoire de conteneurs, d’inventions, de non-dits et d’enquête. Bref, je reste vague, à vous de le lire!

Voilà! On espère que nos propositions vous plaisent et vous inspirent. Le Québec regorge d’auteurs talentueux. À nous de célébrer ce talent, le 12 août prochain!

Bonne lecture les lou-loups!

Vos louves

Ensemble, c’est tout

21 Juil ensemble c'est tout

Après l’horreur des événements survenus à Nice la semaine dernière et mon écœurement général de tout ça, j’ai eu envie de vous partager une histoire qui m’a fait du bien ce week-end.

Une de mes collègues se sépare de plusieurs de ses livres et nous offre de nous servir dans sa bibliothèque improvisée au bureau. Très nice!

Je suis tombée sur le bouquin français Ensemble, c’est tout d’Anna Gavalda publié en 2004 aux Éditions Le Dilettante. Le nom me disait quelque chose, sans plus.

«Leur histoire, c’est la théorie des dominos, mais à l’envers. Au lieu de se faire tomber, ils s’aident à se relever.»

– Anna Gavalda

ensemble c'est tout

 

C’est un de ces romans où on retrouve des personnages brisés, qui crèvent de solitude et de peur. Peur de se laisser aller, d’être amoureux, d’être heureux. Jusqu’ici ça semble lourd, je l’admets.  😉

Ce qui est beau, c’est que ces trois personnes complètement différentes vont se trouver et se réparer petit à petit.

Camille qui ne dessine plus et qui semble avoir un sombre passé, Frank qui s’épuise dans le travail pour oublier que sa grand-mère se meurt à l’hospice et Philibert qui semble sorti d’une autre époque et qui peine à trouver sa place dans la société.

«Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences…»

C’est une histoire d’amitié, d’amour et d’épanouissement. Comme s’ils ne faisaient que survivre chacun de leur côté mais qu’ensemble, ils retrouvaient un sens à leurs vies.

«Ils ne demandaient rien d’autre que d’être heureux ensemble. Même pas heureux d’ailleurs, ils n’étaient plus si exigeants. D’être ensemble, c’est tout.»

Bien sûr, j’ai eu envie de regarder le film sorti en 2007 et réalisé par Claude Berri, avec entre autres Audrey Tautou. J’ai trouvé les personnages et les dialogues assez fidèles au roman, mais je n’ai pas ressenti d’émotions aussi fortes que lors de ma lecture. Mais dans mon cas, c’est presque toujours ainsi avec les livres qui sont portés à l’écran.

Michèle

 

« Allégeance »: Peu convaincant

19 Juil

De retour à mes vieilles habitudes, je vous parle aujourd’hui de l’adaptation cinématographique du roman Allégeance, de Veronica Roth. Ultime tome de la trilogie Divergence, il sera adapté en deux films, dont le premier est maintenant disponible en DVD. C’est donc l’heure du duel: dans le coin gauche, le livre; dans le coin droit, le film!

En bref

Le chaos règne à Chicago maintenant que les habitants ont trouvé le secret des fondateurs de la ville: les citoyens font partie d’une expérience visant à améliorer la génétique humaine. Tris Prior, son copain Quatre et quelques autres quittent la cité pour voir ce qui se cache à l’extérieur. Ils y découvrent le siège d’une organisation scientifique visant à « purifier » l’ADN humain. Dans ce nouvel environnement, les défis sont nombreux pour Tris et Quatre: alors que leur valeur réside entièrement dans leurs gènes, qui sont-ils vraiment? Comment peuvent-ils sauver leurs amis restés à Chicago?

Allégeance livre

Source: archambault.ca

La critique

Vous le savez, je suis une fan de la série Divergence. J’ai adoré les deux premiers tomes, que j’ai relus plusieurs fois. Or, le troisième m’a laissée sur ma faim: je suis franchement déçue de cette idée de l’expérience scientifique et de l’explication des Divergents. En fait, les Divergents, que l’on admire depuis le début pour leur force de caractère, ne sont rien d’autre que des anomalies génétiques, qui démontrent qu’il est possible de guérir l’humain de ses tares. Donc, toute la faute humaine serait une affaire de biologie. Que fait-on du libre arbitre, de la responsabilité individuelle? En bref, les salauds sont des salauds parce qu’ils ont de mauvais gènes, pas parce qu’ils sont méchants. Hors de question que j’achète cette explication boiteuse. Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé ce roman, mais, puisque je vous ai déjà parlé des deux premiers tomes, je me fais un devoir de critiquer aussi le dernier. 😉

La troisième partie de l’adaptation cinématographique n’est pas meilleure que son scénario original: pire encore, on a étiré le roman pour en faire deux films! Lorsqu’on parle d’oeuvres denses comme Harry Potter et les Reliques de la mort, ça passe bien et permet de plonger plus en profondeur dans les détails de l’histoire. Avec Allégeance, ça rend le tout pénible, surjoué, et plate par moments. Sincèrement, même Shailene Woodley, plus que convaincante en Tris depuis le début, semble s’ennuyer. Les effets spéciaux, utilisés à outrance, sont mal faits, laissant à l’ensemble un air artificiel qui nous distrait. Les dialogues sont tout sauf efficaces, alors… Vraiment pas de quoi se réjouir ici.

Qui gagne? Le roman

Malgré tout, le roman sort vainqueur de cette confrontation, d’abord parce qu’il tient en une partie, et aussi parce qu’il est sans doute plus intéressant que le film -dont la suite, Ascendance, sortira le printemps prochain -en téléfilm, s’il vous plaît, tant les recettes ont été décevantes.

Bref, si vous étiez fan de la série, vous pouvez regarder Allégeance, sans avoir trop d’attentes, parce qu’elles risquent fort d’être déçues. Sinon, franchement, je ne vous le conseille pas. Lisez-le donc pour commencer. 😉

Anne-Sophie
xx

Pour le lire

Allégeance, Veronica Roth, éditions Ada

Allegiant, Veronica Roth, HarperCollins

Pour le voir

Allégeance / Allegiant, avec Shailene Woodley et Theo James, en DVD, Blu-ray et numérique

 

J’ai un cœur d’ado

5 Mai

J’ai 27 ans et je m’assume : je trippe sur les émissions de télé comme Le Chalet ou Jérémie à Vrak.tv. Des émissions où le public cible est pas mal plus autour de 16 ans que de la fin vingtaine, je dirais… 😉

Je ne crois pas que ce soit parce que je refuse de vieillir ou que je vive dans le passé, mais plutôt que j’ai encore des petits restants de mon cœur d’adolescente quelque part.

Je m’identifie et m’attache aux personnages : à leur fouge, à leur humour et à leur franc-parler, qui me rappelle mes propres soirées entre amis, mes histoires avec les garçons, mon regard sur l’amour…

Je suis rêveuse et il y a cette envie chez moi de vivre intensément, de ressentir des émotions fortes et vraies, qui se rapproche peut-être justement de la période de l’adolescence ou du début de la vingtaine. Et aussi, ce sont des émissions hyper bien écrites et réalisées qui ont tout pour plaire aussi aux adultes.

J’ai assisté au Dernier soir de coutellerie le 22 avril dernier, une lecture de certains textes de Sarah-Maude Beauchesne, auteure du blogue Les Fourchettes, des livres Cœur de slush et Lèche-vitrines (et certains épisodes/lignes du Chalet!) par plusieurs comédiennes comme Sarah-Jeanne Labrosse, Laurence Leboeuf, Catherine Brunet, etc., le tout accompagné au piano par la talentueuse Fanny Bloom.

🌹 Fuck you je t'aime. Les photos à couper le souffle de @cindyboyce en ligne sur son blogue: cindyboycephoto.com #derniersoirdecoutellerie

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Les textes de Sarah-Maude, ses forks comme elle les appelle, me font sourire et me touchent beaucoup. Je connaissais déjà un peu son univers sur Instagram mais je n’avais jamais assisté à une lecture publique de ses écrits. C’était drôle, cru, poignant. Plein de réalisme et de pensées qui sont parfois très éloignées des miennes, et d’autres fois bien collées à mon univers.

 

⌚️❤️ #lesfourchettes #promispromis #derniersoirdecoutellerie

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Dommage que c’était la dernière lecture de ses fourchettes, je suivrai assurément ses autres projets. Son roman Cœur de slush sera d’ailleurs adapté au cinéma, j’ai hâte! #jai16ans

Michèle

L’angoisse du poisson rouge

12 Fév

Vous souvenez-vous que, le 12 août dernier, c’était la journée « j’achète un livre québécois » ? Pour l’occasion, je suis allée avec une amie à la librairie Pantoute sur la rue St-Jean afin de fouiller, fouiner et acheter une petite perle littéraire québécoise.

Après réflexion (et m’être cachée derrière une colonne pour ne pas être interviewée par Radio-Canada) j’ai arrêté mon choix sur le roman L’angoisse du poisson rouge, un roman de Mélissa Verreault paru aux Éditions La Peuplade. Bon, évidemment il s’est passé un petit laps de temps entre l’achat et l’article, mais c’est que je l’ai commencé pendant les Fêtes!

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Résumé

Manue ne voit pas vraiment le point de sa vie actuelle. Il lui arrive toujours une foule de mésaventures et elle fait souvent des choix douteux. Elle n’entretient aucune vraie relation avec personne, seul son poisson rouge semble la comprendre. Or, la journée où il disparaît, elle part en croisade pour le retrouver. À la place, elle trouvera Fabio, un jeune italien qui a immigré au Québec il y a quelques années.

Sergio n’a pas eu le choix de s’engager dans l’armée. C’est la guerre et les Italiens comme lui sont affectés en Russie. Il ne sait pas s’il reverra un jour son village. Il ne sait pas s’il survivra à l’hiver de la step soviétique. Il ne sait pas s’il résistera au goulag.

Personnages

Manue: jeune graphiste de 28 ans. Elle n’a pas vraiment d’amis et elle entretient avec sa mère une relation aseptisée. Elle pense que sa vie est « digne d’un scénario hollywoodien ».

Fabio: cinéaste italien raté de 32 ans. Il a déménagé à Montréal dans l’espoir que les grands espaces et l’air froid de l’hiver l’aideraient à se trouver.

Sergio: jeune soldat de l’armée italienne pendant la Seconde Guerre mondiale. Obligé de quitter son petit village et la cuisine de sa « mamma! », il se fait capturer par les Russes très peu de temps après s’être engagé. Sa résilience et ses qualités de meneur l’aideront-ils à s’en sortir?

On aime

  • Ces histoires humaines qui parlent des diverses relations qui composent nos vies et de la manière qu’elles évoluent
  • Les échanges de lettres entre Sergio et sa promise, Luisa. Elles sont empreintes d’optimisme et d’une franche dose de réalité
  • Le dénouement. Comme si, tout au long de la lecture, on arrivait plus ou moins à se détendre, car on cherche toujours de quelle manière l’histoire va évoluer. Puis, tout reprend sa place et on peut respirer à nouveau

Bonne lecture!

Camille xxx

Des Oscars à la page

12 Fév

Les Oscars, c’est pour les films. Mais oui, je sais. Toutefois, si la littérature n’était pas là pour fournir une bonne dose d’inspiration aux réalisateurs de ce monde, la cérémonie aurait une toute autre allure cette année. Tour d’horizon des finalistes aux racines littéraires.

Room, Emma Donoghue

Nominations : Meilleur Film, Meilleure Actrice (Brie Larson), Meilleur Réalisateur (Lenny Abrahamson), Meilleur scénario adapté

En bref : Jack, 5 ans, habite seul avec sa mère. Dans une seule pièce. Depuis toujours. Sa mère lui fait croire que le monde se résume à cette pièce, jusqu’à ce qu’elle décide de lui donner sa chance et de l’aider à s’échapper.

Brooklyn, Colm Toibin

Nominations : Meilleur film, Meilleure actrice (Saoirse Ronan)

En bref : Une jeune Irlandaise se retrouve à New York en quête de travail, rencontre un Italien dont elle tombe amoureuse, s’habitue tranquillement à sa nouvelle vie, jusqu’à ce qu’elle soit rappelée au pays à cause de la mort de sa sœur. Choix déchirants en vue.

The Revenant / Le Revenant, Michael Punke

Nominations : Meilleur film, Meilleur acteur (Leonardo DiCaprio), Meilleur réalisateur (Alejandro G. Inàrritu), Meilleure photographie, Meilleur acteur de soutien (Tom Hardy)

En bref : 1832, Missouri. Hugh Grass, trappeur, est blessé par un ours lors d’une expédition plus que périlleuse. Abandonné par les deux hommes qui avaient promis de veiller sur lui, le trappeur doit se débrouiller seul pour survivre, avec sa soif de vengeance pour alliée.

Steve Jobs, Walter Isaacson

Nominations : Meilleur acteur (Michael Fassbender)

En bref : La biographie du fondateur d’Apple. Faut-il que j’explique davantage? 😉

Danish Girl, David Ebershoff

Nominations : Meilleur acteur (Eddie Redmayne), Meilleure direction artistique, Meilleure actrice de soutien (Alicia Vikander)

En bref : Pour aider sa femme à terminer le tableau d’une cantatrice, Einar accepte de se vêtir comme une femme pendant quelques heures –quelques heures qui vont changer sa vie. Lentement, Einar se transforme en Lily, mettant en péril son mariage et remettant en question son identité même. Inspiré d’une histoire vraie.

The Price of Salt / Carol, Patricia Highsmith

Nominations : Meilleure actrice (Cate Blanchet), Meilleure bande originale (Carter Burwell), Meilleure photographie, Meilleure actrice de soutien (Rooney Mara)

En bref : Therese, employée de magasin, rencontre Carol, une femme mariée en instance de divorce, dans le magasin où elle travaille. Elles ne devraient rien ressentir l’un pour l’autre, et pourtant des sentiments forts se développent entre elles. Mais, avec Carol qui craint de perdre la garde sa fille si on venait à découvrir leur relation, les choses ne sont pas simples.

The Martian / Seul sur Mars, Andy Weir

Nominations : Meilleur acteur (Matt Damon), Meilleur scénario adapté, Meilleure direction artistique

En bref : Après une violente tempête qui force ses coéquipiers à quitter la planète Mars, Mark se retrouve seul et sans ressources, coupé de tout. Il devra trouver les moyens d’affronter les problèmes apparemment insurmontables qui se posent sur son chemin dans une tentative désespérée de revenir sur Terre.

Hé bien! Maintenant, vous pourrez regarder les Oscars en sachant que, sans le génie des auteurs de romans, la cérémonie aurait une toute autre allure. 😉

Anne-Sophie

 

Le maître des illusions

19 Oct

Il y a un petit bout temps, je vous présentais le dernier livre de Donna Tartt, Le Chardonnet que j’avais absolument adoré. Or, aujourd’hui je vais vous parler de son grand frère: Le maître des illusions que j’ai encore plus aimé. Bon, sûrement que quelques-uns vont me dire qu’un roman sorti il y a plus de vingt ans ne consiste pas en une nouvelle en soi. Mais il faut comprendre que lorsque j’ai acheté ce livre au Archambault il y avait une promotion 2 pour 25 $ et que franchement, je ne m’attendais à rien. Donc vous voyez sûrement où je m’en vais avec ce billet: c’est un livre incroyable dont je devais absolument vous partager et si vous aimez le style mystère/suspense vous allez apprécier!

Résumé

Richard vient d’un milieu pauvre de la Californie. Ses parents sont propriétaires d’une station-service, et pour eux, la vie de leur fils est toute tracée: il doit travailler dans l’entreprise familiale et voilà! Mais Richard voit les choses différemment. Pour lui il est très important de changer de milieu social et de se démarquer. Cette volonté devient si grande qu’il décide de s’inscrire dans une université privée de la côte est. Arrivé là-bas, il compte continuer ses études en grec ancien, mais n’entre pas qui veut dans ce programme à l’université d’Hampden. Seulement six étudiants ont droit à l’enseignement de l’illustre Julian. Qu’est-ce que ce groupe élitiste et fermé peut bien avoir de si spécial? Et surtout, qu’est-ce qu’ils peuvent bien cacher à leur nouveau camarade de classe?

Personnages 

Richard: jeune universitaire à la recherche de nouvelles expériences. Il souhaite devenir quelqu’un et tente d’y parvenir en faisant des études supérieures. Boursier, le milieu Université de Hampden le fait toutefois paraître comme un parvenu provincial.

Henri: l’étudiant le plus brillant de la classe de grec ancien. Un homme de type très cérébral qui passe des heures à lire et qui est plus intéressé par ce qui se passe dans les livres et dans la grande Histoire de l’humanité, que par les événements qui se déroulent sous yeux.

Bunny: c’est l’obligation qui a emmené Bunny à faire des études et le fait que sa famille en ait les moyens financiers. Il passe plus de temps à manger, boire et s’assurer que les autres font les choses à sa place qu’à réellement faire quelque chose de sa vie.

On aime

  • Le fait que l’auteure révèle le ton de son roman dès le début. Elle nous choque en partant et nous invite à découvrir toutes les ficelles de son histoire.
  • Le fait que Richard ne soit pas un héros typique. Il n’est jamais question de justifier ou de magnifier les événements. Il narre le tout avec détachement…ce qui rend le tout encore plus flippant!
  • La progression de l’histoire. Dans la première partie, l’auteure démystifie la situation et dans la deuxième, elle nous présente les conséquences des événements de la première partie.

Bonne lecture!

Camille xxx

 

 

Billet commun – Mon livre québécois préféré!

1 Août

Avez-vous entendu parler de l’événement le 12 août, j’achète un livre Québécois? Dans le cadre de cette initiative, nous avons décidé de se prêter au jeu et de vous proposer nos coups de coeur littéraires 100% faits au Québec. Parce que la Belle Province regorge d’auteurs de talent! #Kapow!

Là ouù la mer commence - Dominique Demers

❤ Lisa Marie: Quelle belle occasion pour vous plugger le livre La vie au pas de course, le premier roman de Julie Grenier. Un livre parfait pour l’été, sans compter que c’est ma cousine qui l’a écrit!

❤ Nadia: Difficile de faire un choix, mais la brise estivale me fait vous proposer  L’art presque perdu de ne rien faire , de Dany Laferière, où à travers réflexions, émotions, anecdotes, nous réapprenons à vivre. À prendre le temps. À se laisser aller. À profiter. C’est doux pour l’âme et ça fait sourire.

❤ Anne-Sophie: Pour agrémenter votre été, je vous suggère l’excellent ouvrage de Jean-François Lépine, Sur la ligne de feu. Dans une écriture efficace et imagée, Lépine nous entraîne à travers le globe durant ses années de correspondant à l’étranger, nous faisant vivre de l’intérieur plusieurs grands moments de l’Histoire. De quoi meubler les longues journées à la plage, ou les soirées de pluie.

❤ Suzie : J’adore les histoires d’époque qui se déroulent au Québec. Ça me donne l’impression de mieux comprendre d’où viennent mes parents, dans quelle réalité ils ont grandi. Le premier livre qui m’a réellement donné le goût de la lecture est Les années du silence, Tome 1: La Tourmente  de Louise Tremblay D’Essiambre. L’histoire débute dans la Beauce des années 40, on rencontre Cécile qui vit une grossesse non désirée (hors mariage) alors que son fiancé disparaît sans laisser de trace à la suite du débarquement sur les plages de la Normandie. Sortez vos mouchoirs!

❤ Camille: J’ai hésité vraiment longtemps avant de me décider. Mon coeur était déchiré entre plusieurs magnifiques ouvrages, mais finalement j’ai choisi un classique. Je vous suggère donc  La grosse femme d’à côté est enceinte  de Michel Tremblay. Premier tome de ses Chroniques du plateau Mont-Royal , cet ouvrage est en quelque sorte la genèse de toute son oeuvre. Un début qui choque par ses mœurs et qui attendrie par son humanité.

❤ Stéphanie: Quoi de mieux que la saison estival pour entreprendre de beaux projets. Je vous propose ici   Le guide du travailleur autonome 3.0, de Jean-Benoît Nadeau. La plume à la fois humoristique mais réaliste de l’auteur m’a conquise dès le premier coup d’oeil. En passant par des conseils en matière de négociation ou bien par les b.a. -ba d’un plan d’affaires, cet ouvrage saura vous guider vers la réalisation de vos projets.

❤ Laurie: Je lis principalement des romans québécois mais comme c’est l’été, j’ai envie de vous parler de deux lectures ULTRA MÉGA légères. Premièrement Ma vie amoureuse de marde, d’Anne-Marie Dupras. Sérieusement, l’humoriste et auteur est tellement réaliste dans ces propos, c’est du bon et j’étais crampée tout le long de ma lecture. Dans un deuxième temps, la BD La Célibataire d’India Desjardins est tellement drôle et réaliste, que toutes vos copines se reconnaîtront. (N-B : Je semble désespéré de l’amour vite comme ça, cependant que je suis nouvellement en couple, mes lectures ayant probablement aidé mon cheminement… lol joke).

❤ Chloé: L’année dernière, justement lors de la journée  Le 12 août, j’achète un livre québécois, je me suis procuré les deux tomes du livre Le Vide écrit par Patrick Senécal. Un drame policier qui nous fait assurément réfléchir quant à l’insouciance de notre génération et la vie moderne dans laquelle nous vivons. Le besoin et le désir de passer à des émissions de téléréalité simplement pour se sentir vivant, important aux yeux des autres. Simplement pour que l’on se fasse soit respecter, soit reconnaître. J’ai adoré ce suspense pour son jugement de notre monde futile à l’ère du 2.0 et les besoins illusoires que notre population continue de croire. Un livre un petit peu harsh, certes, mais totalement passionnant ! Bref, le genre de livre que tu ne peux te lasser de lire, peu importe le moment de la journée !

❤ Véronique: Même si je ne passe pas beaucoup de temps à lire, je suis de celles qui adore ça! Aujourd’hui, j’ai envie de vous partager mon amour pour une écrivaine en littérature jeunesse. Il s’agit de Dominique Demers. Après des succès tels que Maïna, Ta voix dans la nuit ou la fameuse suite Marie-Tempête, on n’a plus besoin de présenter l’auteur. 😉 Les oeuvres de Dominique Demers ont joué un rôle très important dans ma vie d’adolescente. Mon préféré, Là où la mer commence est une histoire d’amour entre la une belle… et une bête, au Québec, dans les années 1900. Il m’a fait rire, pleurer, réfléchir. À lire, si comme moi, vous êtes une grande romantique.

Voilà qui termine notre liste de livres québécois à lire/acheter le 12 août prochain… et tout le reste de l’année! Et vous, participerez-vous à l’événements? Avez-vous des livres québécois à nous proposer?

Bonne lecture 🙂

Vos Rockalouves
xx

Mon livre parfait: Du bon usage des étoiles

27 Juil

Je prends le relai de Camille Mathieu, notre LittéraLouve favorite, pour vous présenter cette semaine mon livre parfait : Du bon usage des étoiles, de Dominique Fortier. Une histoire de courage et d’amour impossible, et un fascinant voyage au bout du monde -et au bout de soi.

Image: editionsalto.com

Image: editionsalto.com

En bref

Du bon usage des étoiles, c’est un récit d’aventures et de solitude. Une histoire d’amour subtile et poignante. Tout au long du roman, deux histoires se déploient en parallèle : celle du capitaine Francis Crozier, parti en mer pour découvrir le passage du Nord-Ouest, et celle de Sophia Cracroft, dont il est éperdument amoureux –mais qui ne partage pas ses sentiments. Avec Crozier, on observe émerveillé les étendues sauvages de l’Arctique, la mer et la glace, et on assiste pétrifié à la longue agonie de l’expédition; avec Sophia, on s’oublie dans d’interminables réceptions, et on se plonge dans la vie mondaine typique de l’époque. Entre les deux, le temps de respirer quelques pages, avec un extrait du journal de bord du commandant de l’expédition, sir John Franklin, un dialogue à propos des aurores boréales ou une réflexion poétique sur le blanc insondable qui entoure les navires.

Pourquoi c’est mon livre parfait

Parce que rien n’est laissé au hasard : ce qui semble au départ un ramassis de scènes disparates prend finalement un sens si dense qu’on en a le souffle coupé, ébloui par tant de finesse. Au fil des pages, les histoires parallèles de Crozier et de Sophia se dévoilent; peu à peu, on retrouve çà et là des échos de l’un dans la vie de l’autre, subtils indices qui s’accumulent pour former un entrelacs délicat dévoilant lentement tout ce qui les lie.

C’est mon livre préféré de tous les temps aussi parce que les personnages évoluent subtilement, au gré des saisons qui se succèdent. Parce que les paysages glacés sont décrits avec poésie et originalité.

Une autre grande force de ce roman, c’est l’humour qui teinte chacune de ses pages: la plume de Fortier est habile, et l’humour parfois grinçant dont elle pare ses personnages les rend sympathiques et attachants. Certaines réflexions féministes de Sophia et de sa tante lady Jane Franklin, inhabituelles pour l’époque, nous font applaudir, et la timidité insurmontable de Crozier nous attendrit à coup sûr, particulièrement lorsqu’il tente de séduire (bien maladroitement) une Sophia sarcastique à souhait.

Partout, le style est fluide, gracieux, plein de souffle et de vie : on relirait certaines phrases encore et encore, simplement pour la poésie des mots agencés à la perfection dans une prose habile. Tout au long du roman, on sent que l’auteure s’amuse : avec les personnages, avec les mots, avec la forme (on retrouve même un poème, une recette de plum-pudding et une partition de Bach…).

Les icebergs qui dérivent lentement au large forment un décor mouvant dont on ne connaît point de semblable en Angleterre, ni d’ailleurs où que ce soit sur la terre ferme, où les montagnes ne se déplacent pas et restent sagement là où elles sont. Ce paysage arctique a ceci de particulier que c’est nous, qui le regardons, qui demeurons le plus souvent immobiles, emprisonnés par les glaces, tandis que lui avance, recule, se déploie et se resserre en une continuelle métamorphose, comme s’il était de quelque mystérieuse manière plus vivant que nous.

Comme si ce n’était pas assez, Dominique Fortier fait de ce roman une véritable fresque historique: la plupart des événements se sont passés dans la vraie vie (je le sais, parce que j’ai lu la biographie de Crozier). Alors, en lisant, dites-vous bien que Crozier a existé -ça rendra le tout encore plus dramatique. 😉

Avec Du bon usage des étoiles, Dominique Fortier réussit un véritable tour de force: entremêlant drame et humour, elle fait d’un récit tragique une histoire où l’espoir brille en filigrane, comme l’étoile Polaire au-dessus de l’Arctique. On referme le roman non pas triste, mais heureux d’avoir pu partager, ne serait-ce que quelques heures, le destin de ces hommes et de ces femmes plus grands que nature.

Anne-Sophie

 

P.S.: Au cas où vous aimez le roman autant que moi, réjouissez-vous: Jean-Marc Vallée a acheté les droits pour en faire un long métrage… ça promet! 🙂 Plus d’infos ici.

Le Monde de Charlie : comme un parfum de collège

20 Mai

Que vous soyez au cégep ou à l’université, les vacances sont à portée de main –si elles n’ont pas déjà commencé. Ces effluves de fin d’année scolaire m’ont donné envie de parler d’un roman américain au parfum entêtant de collège, Le Monde de Charlie. Porté à l’écran en 2012 avec pour têtes d’affiche Logan Lerman, Emma Watson et Ezra Miller, c’est un incontournable, tant sous sa forme littéraire que cinématographique.

THE PERKS OF BEING A WALLFLOWER Source : http://trauma.blog.yorku.ca/ Ph: John Bramley © 2011 Summit Entertainment, LLC.  All rights reserved.

Source : trauma.blog.yorku.ca

En bref

Charlie est un étudiant de collège mal dans sa peau. Après le suicide de son meilleur ami, il se retrouve seul à l’école, reclus, avec pour unique compagnie les romans que lui prête son enseignant de littérature. Traînant derrière lui un lourd secret, souffrant de crises d’angoisse, Charlie a du mal à se faire accepter par ses pairs, qui le ridiculisent sans relâche.

Par le plus grand des hasards, il devient ami avec deux étudiants de dernière année, Patrick et Sam. Avec eux, Charlie prend peu à peu le contrôle de sa vie. Au fil de l’histoire, on suit l’évolution de Charlie, qui prend lentement de l’assurance, dans un ton très réaliste, qui rappelle immanquablement l’ado mal dans sa peau que l’on a tous été à un moment ou à un autre de notre vie. Un récit touchant, poignant de vérité, avec des personnages attachants aux multiples facettes.

Mon verdict : Ex æquo

Pourquoi?

Je n’ai pas réussi à trancher entre l’adaptation cinématographique et l’œuvre originale. Les deux sont excellents, adoptant la même approche très humaine pour présenter l’histoire de Charlie. La sensibilité à fleur de peau du personnage principal, évidente dans le roman, est merveilleusement rendue à l’écran par Logan Lerman, très juste dans son interprétation.

La trame narrative est très semblable du roman au film. L’adaptation met de côté certains éléments du roman, mais place à l’avant-plan d’autres détails, qui font qu’on comprend mieux l’histoire. Je n’ai jamais vu une adaptation cinématographique qui approfondisse son œuvre de base à ce point : les deux se complètent parfaitement, trouvant l’équilibre entre la simple répétition du matériel original et sa modification.

Je dois avouer que le film propose une bonne bouffée de nostalgie: si vous n’avez pas envie de vous rappeler les difficiles (ou agréables?) années de secondaire, optez plutôt pour un film de superhéros ou quelque chose du genre (le choix est varié ces jours-ci dans le rayon superhéros et fin du monde, paraît-il).

Vous l’aurez compris, Le Monde de Charlie est une valeur sûre, que vous préfériez le lire ou le regarder. Évidemment, c’est un roman pour adolescents (ou jeunes adultes, si vous voulez), mais il a le mérite d’aborder des thèmes qui nous touchent à tout âge, comme le sentiment d’appartenance et la quête d’identité –la crise de la vingtaine, ça existe, non? 😉

Pour le lire:

En français: Le Monde de Charlie, chez Sarbacane

En anglais: The Perks of Being A Wallflower, chez Pocket

Pour le voir:

The Perks of Being a Wallflower/Le Monde de Charlie, sur DVD et Blu-ray

Bonne lecture (et/ou bon visionnement)!

Anne-Sophie

Lectures d’un jour: Barbe bleue

16 Avr

En ce vendredi 17 avril j’ai décidé de partir une espèce de petite chronique qui aura pour titre « Lectures d’un jour » et qui mettra en vedette des livres qui se lisent très rapidement (genre 200 pages et moins…un peu comme Le vieil homme et la mer dont j’ai déjà parlé).

Le soleil revient, le printemps s’installe tranquillement et la neige sur votre balcon assez fondue pour que vous songiez à sortir votre chaise de patio dehors…c’est le temps de sortir votre couverte, un bon roman, vos lunettes fumées et de lire toute la fin de semaine au soleil 🙂 Ainsi donc, petite suggestion lecture rapide: Barbe bleue d’Amélie Nothomb. Bon, je sais, la plupart d’entre nous avons été marqués par son roman Stupeur et tremblement au secondaire, mais si vous n’avez pas réessayé de lire cette talentueuse auteure belge depuis, je vous conseille de retenter le coup avec ma suggestion du mois!

amelienothombRésumé

Saturnine vient d’emménager à Paris, car elle a eu le poste de ses rêves. Elle travaille donc maintenant au centre-ville et habite sur le sofa d’une amie en banlieue…en attendant de trouver mieux. Or, un jour, elle voit une annonce dans le journal expliquant qu’un homme très riche cherche une colocataire pour le modique somme de 500 euros par mois: l’aubaine du siècle. Ce qu’elle apprendra lors de sa première visite des lieux c’est que toutes les colocataires précédentes ont disparues. Un fait très étrange, entendons-nous, surtout que, selon le propriétaires des lieux, « la femme est la colocataires idéale »…

Personnages:

Saturnine: Nouvellement en poste à l’école du Louvre, notre protagoniste est une jeune femme élégante, cultivée qui malgré qu’elle n’ait pas la langue dans sa poche, saura toujours trouver la tournure élégante pour exprimer sa pensée.

Don Elemirio: Aristocrate espagnol de la vieille école. Obsédé par les vieilles choses, l’inquisition et la couleur jaune, il n’est pas sorti de chez lui depuis très…très…très longtemps.

On aime:

– Les nombreux liens avec le conte éponyme qui continue à nous choquer à chaque fois qu’on y fait mention.

– Les conversations entre Saturnine et Don Elemirio. Superbement écrites, elles représentent le fond de la relation entre les deux colocataires: une entente improbable sur fond de rhétorique.

– Le dénouement de l’histoire qui est différent quoique tout aussi glauque que le conte dont le roman est inspiré.

Bonne lecture et vive le printemps!

Camille xxx

« Gabriel est perdu »: Écho d’une génération

13 Avr

Julien Roy, fondateur du blogue In the 10s, a lancé la semaine dernière son premier roman, Gabriel est perdu. À travers une trame narrative en deux temps, l’auteur propose un récit coup de poing, au style efficace et férocement contemporain. Retour sur le roman et rencontre avec son auteur.

Julien Roy, auteur de "Gabriel est perdu." Photo Anne-Sophie Gobeil

Julien Roy, auteur de « Gabriel est perdu. »
Photo Anne-Sophie Gobeil

En bref

Gabriel aime Fannie. À la folie. Alors qu’il sort à peine d’une rupture libératrice, il se jette corps et âme dans sa nouvelle relation, dans un tourbillon intense qui laisse le lecteur étourdi.

Mais on sait que, pour Gabriel et Fannie, il n’y aura pas de « Ils vécurent heureux »: on devine le drame sous-jacent qui hante Gabriel. On reste sur notre appétit jusqu’à la fin, impatient, angoissé, désespéré de savoir enfin ce qui s’est passé pour que Gabriel soit si malheureux. C’est là le dénouement de l’histoire -dénouement choc s’il en est.

Pour moi, Gabriel est perdu a été une lecture coup de poing. À travers le style vivant, punché et résolument moderne de Julien Roy, je reconnais toute une génération, la mienne, en quête de sensations fortes, rêvant de « pour toujours » mais manquant du courage et de la patience nécessaires pour faire durer le « maintenant ». Une génération d’instantanéité, où les émotions sont intenses, presque étourdissantes, même si elles ne durent pas. Une génération qui se cherche, et a bien du mal à se trouver.

Amours extrêmes

Après une fin de semaine chargée avec le lancement de son roman et sa première participation au Salon du livre de Québec en tant qu’auteur, Julien Roy a accepté d’accorder une entrevue aux Rockalouves.

Le propos du roman, pour lui, est clair : il veut représenter les extrêmes de l’amour. « Aujourd’hui, les amours naissent et meurent rapidement. Ce que je vois, ce sont des relations extrêmement puissantes, mais brèves », remarque le rédacteur publicitaire.

Avec sa trame double, savamment entrecroisée, Julien espérait mettre le lecteur dans la tête de Gabriel et ajouter à la tension dramatique. « Avec le mélange entre les deux temps, on sait que quelque chose va arriver. Je ne voulais pas cacher de grand secret, je voulais que le lecteur voit venir le rebondissement, qu’il soit déjà dans le bain », explique le trentenaire.

De « La Ruche » à la librairie

Gabriel est perdu a vu le jour grâce au sociofinancement, sur la plateforme La Ruche –c’est même l’un des premiers projets littéraires à se financer de cette manière. Maintenant associé à un éditeur, Julien Roy n’aura pas besoin de ce type de financement pour son prochain roman. « Je veux laisser la chance à d’autres. Ça m’a permis de me faire connaître dans le milieu littéraire, et c’est correct pour moi », explique-t-il. Grâce à l’avance de fonds ainsi obtenue, Julien a pu se consacrer entièrement à l’écriture du roman, qui est en librairie depuis le 9 avril.

Et le prochain roman, à quoi ressemblera-t-il ? « Il y a des thèmes secondaires dans Gabriel est perdu qui m’intéressent beaucoup, que je voudrais explorer plus, comme la foi et la mort », affirme le blogueur. Parler de foi en 2015? Surprenant, non? « L’amour amené à l’extrême, c’est une forme de foi. C’est incroyable de voir à quel point les gens blâment la religion, alors qu’ils croient en autre chose qui devient une forme de foi », explique-t-il.

Assurément, Julien Roy est un auteur à suivre.

Pour lire Julien Roy

Gabriel est perdu, publié chez XYZ, disponible en librairie et en version numérique

Son blogue In the 10s

Image: renaud-bray.com

Image: renaud-bray.com

Insurgés: Adaptation libre

25 Mar

Insurgés, second volet de l’adaptation cinématographique de la série Divergence, est sorti en salles le 20 mars dernier. Je le dis tout de suite : j’avais très hâte, parce qu’Insurgés est mon roman préféré de cette trilogie dystopique écrite par Veronica Roth. Retour sur le roman et son adaptation cinématographique.

En bref

Après l’attaque des Altruistes, le système des factions est sur le point de s’écrouler: les Érudits ont pris le pouvoir, les Altruistes sont décimés, et les Audacieux divisés entre loyaux et traîtres à la solde de la faction dominante. Après la mort de ses parents et de son meilleur ami, Tris peine à trouver ses repères, mais devra stopper la quête de pouvoir de Jeanine Matthews, qui cherche maintenant à assurer son contrôle sur l’ensemble de la population, par n’importe quel moyen. Pour l’arrêter, Tris est prête à tout – même sacrifier sa vie.

Le roman

Insurgés peut compter sur deux éléments majeurs : la complexité de Tris, la narratrice, et la subtilité de sa trame.

Rongée par la culpabilité après la mort de ses parents et de son meilleur ami Will, qu’elle a tué d’une balle dans la tête par légitime défense, Tris est plus vulnérable que jamais, mais refuse de le faire voir. On la suit tout au long du roman alors qu’elle essaie d’y voir clair au milieu du chaos, cherchant la vérité entre trahisons et nouvelles alliances, entre ses impressions et la réalité. Comme dans Divergence, elle évolue tout au long du roman, et c’est ce qui la rend si intéressante.

La trame narrative est elle aussi complexe, entremêlant les histoires mineures qui s’influencent entre elles dans un entrelacs complexe de rebondissements et de dénouements successifs. Entre la soif de pouvoir de Jeanine, la culpabilité de Tris, les hésitations de Quatre et l’allégeance changeante des sans-faction, il y a en masse de stock pour un roman solide.

Image: renaud-bray.com

Image: renaud-bray.com

Le film

Le film perd beaucoup de la subtilité de sa source : pour qui a lu le roman, la trame semble grossière et simpliste. Toutefois, en tant que film, il se tient mieux que le précédent et présente plus d’action.

Dans les ruines du quartier des Altruistes, Jeanine (Kate Winslet) retrouve une boîte contenant un message important pour la population de la ville, laissé par ses fondateurs. Pour l’ouvrir, toutefois, elle doit trouver le Divergent ultime. Tris (Shailene Woodley) étant la plus forte Divergente de la ville, c’est d’elle dont Jeanine a besoin. S’enclenche une course contre la montre pour trouver Tris et ouvrir la boîte qui pourrait bien contenir un message complètement différent de ce que Jeanine espère.

Le film vaut la peine d’être vu, notamment pour les effets spéciaux spectaculaires. Aussi, la performance de Shailene Woodley est tout à fait remarquable, notamment dans la séquence du sérum de Vérité, où Tris est forcée d’exposer tous ses secrets.

Qui gagne? Le roman
Pourquoi?

Parce que… la trame y est plus subtile et plus complexe.

Parce que… les personnages sont denses et pleins de caractère.

Parce que… la relation entre Tris et Quatre est vraisemblable. Ils passent leur temps à se disputer, mais ils trouvent des solutions, et ils restent ensemble.

Le film est un bon divertissement en soi. Ne vous attendez pas toutefois à un reflet très fidèle du roman – c’est plutôt une adaptation libre, même si l’essence de l’intrigue et des personnages est toujours là. Il y a tout de même de quoi satisfaire un plus grand public que le premier volet.

Pour le lire: Insurgés, de Veronica Roth, publié chez Ada

Pour le voir: en salles depuis le 20 mars, en 2D et 3D

Bonne lecture/écoute!

Anne-Sophie

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