Tag Archives: Laura Maltais-Provençal

Louis Riel, le porteur d’hommes

31 Juil

La production principale du Festival de l’Opéra de Québec qui a lieu du 24 juillet au 5 août est l’Opéra Louis Riel, une occasion rare d’assister à un opéra canadien. Composé en 1967 par Harry Somers pour le centenaire de la Confédération, le voilà repris aujourd’hui  pour le 150e. Sur la scène du Grand Théâtre de Québec, on retrouve plus d’une centaine d’artistes mettant tout en oeuvre pour dresser une fresque historique canadienne unique!

 

Un peu d’histoire

Loin d’être à l’eau de rose, l’Opéra Louis Riel révèle une partie de l’histoire du controversé leader métis et l’épopée de la conquête de l’Ouest canadien. Avant de vous asseoir confortablement dans l’un des sièges de la Salle Louis-Fréchette et de vous laisser conquérir pendant 2h30, je vous conseille fortement de vous informer un peu sur ce personnage moustachu. Question de savoir à qui vous aurez affaire! Justement voici quelques faits, qui seront d’ailleurs surement relatés par l’anthropologue Serge Bouchard avant les représentations:

  • Louis «David» Riel est né en 1844 et décédé en 1885 pendu pour trahison;
  • Il est le chef du peuple métis dans les Prairies canadiennes et le fondateur de la province du Manitoba;
  • Il dirigea une première révolte, celle de la rébellion de la Rivière Rouge en 1869 et 1870, à la suite de laquelle il réussit à négocier l’entrée du Manitoba dans la Confédération canadienne;
  • Exilé aux États-Unis à la suite de ce premier mouvement, c’est là qu’il commence à souffrir de troubles mentaux le menant à se convaincre qu’il est prophète du peuple métis et fondateur d’une nouvelle chrétienté. Après une violente crise, il est amené à Montréal chez un oncle qui prendra soin de lui, mais qui finira par le faire interner. Louis Riel fera un séjour à l’hôpital psychiatrique de Beauport à Québec sous le nom de Louis Larochelle.
  • La deuxième résistance, connue sous le nom de rébellion du Nord-Ouest, à laquelle prend part notre protagoniste, a lieu en 1884 sur le territoire de l’actuelle Saskatchewan et se conclut tristement par l’arrestation, le procès et enfin la pendaison de Riel.
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Crédit photo: Lise Breton


L’Opéra Louis Riel a beau avoir été créé il y a cinquante ans, il est toujours actuel. Sans aucun doute perçu d’abord comme une illustration (de plus) sur le conflit anglo-franco, il est, 50 ans plus tard, porteur d’une réflexion beaucoup plus profonde: Chercher, forger et assumer son identité dans un contexte de société en révolution constante.

Chercher

Riel cherchait à comprendre les raisons du conflit pour lequel il se dévoua. Il était à l’écoute et au service de ceux qu’il défendait tout en continuant de questionner la cause. Puis Riel se cherchait. Il a dû s’exiler pour se trouver. Et il s’est perdu.

Forger

D’un bout à l’autre du pays, Riel a fait résonner sa voix et celle du peuple métis. Il n’a pas seulement été la voix, il a été la tête, les bras, les mains empreintes de sang. Il a été au devant pour faire entendre raison à ceux qui gagnaient le plus de voix. Il s’est battu contre les hommes à cravate, contre les hommes en robe, contre les hommes, contre les démons, contre lui-même. Et il a perdu.

Assumer

Riel s’est donné tout entier à sa mission. Il avait une foi inébranlable, c’est ce qui lui a donné la force de croire en son rôle de sauveur et de porter une nation tout entière sur ses épaules. Il a assumé son devoir, il en a fait sa prophétie, et ce, jusqu’à la fin de sa vie. Et il l’a perdue.

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Crédit photo: Lise Breton

Se perdre quand tout semble clair. Quand ta destinée est dessinée. Dans sa grande force humanitaire, c’est l’homme qui s’est égaré. Égaré dans plus grand que lui, plus haut et plus fort. Même si l’homme s’est perdu, le nom est resté. Notre peuple a besoin de grands noms, de grands hommes comme Louis Riel, car des fois, ce peuple a besoin d’être porté pour trouver son identité.

Voyez l’Opéra Louis Riel les 1er et 3 août pendant le Festival d’Opéra de Québec à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec.

Laura

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Faire du camping autrement

6 Juil

Envie d’un petit séjour sauvage? Orphelin de tente? Pourquoi ne pas essayer un hébergement insolite? Ça sort un peu de l’ordinaire. Ça fait changer d’air. Le Québec nous offre une nature riche et des sites bucoliques pour en profiter. Les petits villages n’attendent que ça, de nous voir arriver un peu endimanchés, le sourire aux lèvres, prêts à changer de décor. Cet été, partez sur les routes du Québec pour du camping qui sort des sentiers battus!

 

Aux Tipis de la Rivière Sauvage, St-Romain

Quand s’évader rime avec simplicité! Les tipis de la Rivière Sauvage, c’est un peu le tout-inclus du camping. Dès notre arrivée, on nous a enveloppés. C’était doux, chaleureux et pas compliqué. Petite visite des sentiers, du poulailler avant de nous diriger vers notre terrain. Spacieux, intime et accessible, on ne peut pas demander mieux. Le soleil levant, c’est le p’tit nom de notre tipi. On sait déjà qu’on va être bien ici. Un lit suspendu, un petit futon, une table de bois sculptée des mains du papa de la propriétaire, un petit coin pour faire sa toilette et c’est tout. Tout propre. Parsemé de petits objets porteurs d’histoire, plumes, capteurs de rêve, fourrures, encens, ça réchauffe le coeur. Hiver comme été, Les Tipis de la Rivière Sauvage nous accueillent dans un lieu de ressourcement et nous chouchoutent pour nomadiser sans tracas. Tout est à portée de main pour cuisiner, ils ont même pensé à l’eau pour s’hydrater. Un gazebo pour s’installer loin des bestioles, un coin feu pour prolonger la soirée, puis un accès à la rivière qui coule doucement et qui n’attend que l’envie folle de s’immerger.

Vous pouvez les suivre sur Facebook ici!

 

Yourte Domaine Ô naturel, St-Léon-de-Standon

Du camping en plein hiver, oui, à la condition que ce soit chaud, douillet et facile d’accès. Les Yourtes du Domaine Ô naturel répondent en tout point aux conditions essentielles pour passer un séjour loin des fracas de la ville. En mettant les pieds dans la yourte, c’est comme si on s’était tissé un cocon. On s’est enveloppés, on a mis du bois dans le foyer, puis on a fait l’éloge encore une fois de la simplicité qui nous permet de nous évader. On s’est patenté une fondu qu’on a mangé presque tout nu tellement la combustion se faisait aller. Entouré de sentiers, on a enfilé nos raquettes pour une promenade entre pins et sapins. En gros, c’est la recette parfaite pour passer du bon temps en amoureux ou en famille sans se casser le bolo et renouer avec l’hiver. Il faut simplement aimer vivre avec proximité dans 150 pieds carrés (ou plutôt ronds)!

 

Quelques idées d’hébergements insolites qui vous feront oublier la monotonie de votre lit:

  • Une maison de hobbit aux Écogites en forêt de Entre Cîmes et Racine, Laurie vous en avait parlé ici !

  • Une cabane dans un arbre chez Kabania, pour les grands enfants et les plus petits!

  • Une bulle vitrée dans un arbre, chez Canopée-Lit!

  • Un camion romanichel, au Rond Coin de St-Élie-de-Caxton…le village de Fred Pellerin!

 

Et vous, avez-vous déjà essayé ce genre d’hébergement?

Bon camping!

Laura

Le gazon est toujours plus vert… au parc!

31 Mai

Et s’il y avait autre chose que les Plaines d’Abraham et ton petit carré de cours comme espace vert dans notre belle capitale? Et si l’urbanisme de Québec était si bien conçu que peu importe où tu te trouves dans la ville, il y a un parc près de chez vous? En voici trois que tu dois absolument visiter cet été.

 

À la claire fontaine m’en allant promener….

Promenade romantique au pied d’une fontaine qui éclabousse doucement sur quelques pivoines. Le bois de Coulonges, c’est le mini Versailles de Québec. Surplombant le fleuve, son décor est tout simplement enchanteur et grandiose. Au quatre vents, c’est la sérénité qui règne, le parc idéal pour prendre une pause. Sentiers, espaces verts,  modules de jeux, gazebo, personne n’est laissé pour compte.

Voyage dans le temps

En bordure des remparts, le Parc Montmorency est un arrêt incontournable dans le brouhaha du Vieux-Québec pris d’assaut par les touristes. D’un côté le fleuve, de l’autre le majestueux Séminaire de Québec puis l’inestimable Château Frontenac, c’est en marchant sur les gigantesques racines des arbres  et en contemplant la vue entre deux canons que l’on se voit plonger directement au 18e siècle.

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Parc Montmorency

32 km de paix

D’un bout à l’autre du Parc linéaire de la Rivière St-Charles, le décor change à tous les kilomètres. Un bain de nature en plein cœur de la ville, ce parc est l’idéal pour les joggeurs et les marcheurs peu importe la distance à parcourir. Que ce soit par le Lavigueur, le Scott ou le Dorchester vous traverserez la rivière quand vous serez rendus à l’un des multiples ponts. Suite à la revitalisation des berges de la rivière, les citoyens ont enfin pu se réapproprier ces sentiers praticables autant en hiver qu’en été.

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Parc linéaire de la Rivière St-Charles

Cet été, prends le temps de mettre les pieds dans un des parcs de ta ville. À quoi ça sert de t’étendre sur l’asphalte quand tu peux te laisser crouler dans le gazon vert te laissant bercer par les branches des arbres qui dansent doucement au-dessus de ta tête? Assis en indien dans l’herbe qui te chatouille les cuisses arrachent les brins un à un, prends le plus gros puis souffle dedans, prends le temps.

Et vous, quel parc aimeriez-vous nous faire découvrir?

Laura

Petit lexique pour maîtriser l’art de l’Avare

25 Avr

Il y a ceux qui feraient tout par amour. Ceux pour qui l’amour rend aveugle. Et il y a celui pour qui l’argent rend aveugle. Dans L’Avare de Molière présenté au Théâtre La Bordée jusqu’au 6 mai prochain, Harpagon interprété brillamment par Jacques Leblanc est tout simplement rebutant.

Le pingre déshériterait sans regret ses propres enfants pour amener avec lui son butin dans sa tombe. Parlons-en de ces enfants! Tous deux amoureux, ambitieux et un brin malicieux. Elise n’a d’yeux que pour Valère, l’intendant d’Harpagon. Déterminée à vivre son amour au grand jour, mais prise dans cette époque où la permission du paternel est essentielle et où la dote a la cote, elle patiente languissante que son Valère convainque son père. Mademoiselle Picknell toute en pastel est de toute beauté et dégage une effervescence qui émane dans toute la salle. Cléante quant à lui fastueux amoureux de la belle Mariane danse entre l’extravagance et la résistance pour faire chanter son père dont il est tout le contraire, charismatique et sybarite :

« Je voudrais bien savoir, sans parler du reste, à quoi servent tous ces rubans dont vous voilà lardé depuis les pieds jusqu’à la tête (…) »

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Crédit: Nicola-Frank Vachon

 

Celle qui nous enjôle, nous ensorcelle c’est sans aucun doute la plantureuse Fronsine. Voluptueuse entremetteuse, elle allume les coeurs de ceux qui sont sur son chemin et titille les corps les plus éteints. La grande Frédérique Bradet, je l’admets, nous en met plein la vue à chaque présence sur scène. Convaincante, surprenante, provocante, on ne peut qu’avoir hâte à sa prochaine apparition.

Bien que la prose puisse parfois nous rendre les choses plus compliquées qu’elles ne le sont en réalité, nous étourdir, nous perdre, la mise en scène de Bertrand Alain permet de démystifier la plume de Molière, la rendre efficace, nous amener droit au but. Les mots virevoltent si naturellement qu’on en oublie les rimes et les tirades pour laisser place à un théâtre presque contemporain. L’amalgame de musique, de chorégraphie et de costume font de ce folklore classique français un récit intemporel. L’action prend place dans la cour intérieure défraîchie de la demeure d’Harpagon. Lieu de confidence aux mille secrets où les quiproquos s’enchaînent, la cour est à l’image de son propriétaire, déchue et austère. Mais l’on vient lui redonner sa couleur et sa fraîcheur en se servant de ses niveaux comme d’un podium où les personnages défilent sur une musique électro-pop avec quelques mouvements savamment chorégraphiés. Et hop! on se retrouve dans une parade de notre siècle passé à surconsommer.

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Crédit: Nicola-Frank Vachon

Merci à La Bordée de mettre de l’avant le talent indéniable de la relève théâtrale à Québec, je pense entre autres à Paul Fruteau De Laclos qui interprète Valère. C’est d’ailleurs un des objectifs principaux du nouveau directeur artistique, Michel Nadeau. Pour la 41e saison du théâtre, il tient aussi à encourager davantage la création, se donne un devoir de médiation culturelle et souhaite exploiter encore plus le répertoire contemporain québécois. La saison 2017-2018 du Théâtre La Bordée est empreinte d’humanité et de bienveillance et célèbre l’humain dans ses parts d’ombre et de lumière. Pour connaître la programmation complète : http://bordee.qc.ca

Courez voir L’Avare, car il ne reste qu’une semaine et les billets s’envolent. Je vous promets un moment de pur plaisir! Pour vous procurer des billets, c’est ici! 

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Crédit: Théâtre La Bordée

Pingre: D’une avarice sordide et mesquine.

Languissante: Qui est dans un état d’affaiblissement physique, qui dépérit.

Fastueux: Qui témoigne d’un grand luxe, somptueux.

Sybarite: Qui recherche les plaisirs raffinés d’une existence passée dans le luxe.

Plantureuse: Qui est bien en chair, qui a des formes pleines, rebondies.

Voluptueuse: Qui a un penchant marqué pour les plaisirs érotiques.

Quiproquos: Méprise par laquelle une personne, une chose est prise pour une autre.

Austère: Qui est dépourvu de tout ornement, de tout agrément ; sévère.

Source : http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais

 

Bon théâtre !

Laura

Réflexion sur l’amitié : Je n’ai pas beaucoup d’amis…

24 Mar

Je crois que je suis sauvage. Je n’ai pas beaucoup d’amis. Je suis plus solitaire que solidaire. Je ne vis pas de relation fusionnelle avec d’autres que mon amoureux et ma fille. Je n’ai pas vraiment de gang. Les amis que j’ai se connaissent à peine entre eux, mais les amis que j’ai me connaissent bien. Les amis que j’ai ne me mettent pas de pression.  Les amis que j’ai ne m’en veulent pas si je disparais quelques temps. 

 

Je ne suis pas l’amie type. L’amie avec qui tu parles au téléphone pendant des heures. L’amie que tu ne déranges jamais. L’amie que tu as depuis la maternelle. Des fois, je ne te donne pas de nouvelle pendant un bout. Des fois, je n’ai pas envie d’écouter tes problèmes, j’ai assez des miens. Des fois, je n’ai pas de conseil à te  donner, je ne trouve pas les mots. Malgré tout ça, je suis là. Je ne m’attends pas à plus de toi. Je ne suis pas exigeante. Tu peux vivre ta vie comme tu l’entends. J’ai construit la mienne à coup de petites briques de relations et d’expériences. J’ai choisi chacune de ces briques pour en faire mes murs. Ma maison est grande, il y aura toujours de la place pour d’autres murs, d’autres briques. Toutes ces personnes qui font partie de ma vie, mes amis, sont parfaitement à leur place là où ils sont. Si mes murs ne s’effritent pas, ça doit être parce que je les entretiens quand même bien. Toutefois, je dois être honnête avec toi, ce que j’entretiens c’est le vrai, le brute. À 26 ans, maman, amoureuse, je ne cours pas après personne. Je n’ai pas d’énergie ni de volonté pour des amitiés faux-nez.

 

Notifications

Oui j’ai 563 «amis» Facebook. Pis? Ça m’engage à quoi? Rien. Ton message privé… pas obligée d’y répondre, tu m’identifies dans une publication de « Tu es né dans les années 90 si… »… et pourtant je ne me sens pas interpelée du tout, tu me pokes mais je ne ressens pas le moindre pincement. Entre nous deux, c’est virtuel, artificiel.

 

On s’appelle et on déjeune

« Il faudrait faire quelque chose! », « on devrait aller prendre un verre! », « on arrête de le dire, pis on le fait! ». Le problème c’est que c’est rarement moi qui vais faire les premiers pas. Puis si je ne les fais pas, ça m’étonnerait que tu les fasses. Alors on fait quoi? On attend la prochaine fois qu’on va se croiser par hasard et le manège recommencera. Mais tu sais quoi? C’est ok pour moi. Je pense à toi, à ta vie occupée; université, travail dans un café, ta blonde (la nouveauté), corvées. Tu en as assez pour ne pas en plus me rajouter. C’est ma façon de me déresponsabiliser? De me déculpabiliser? Ça se fait à deux l’amitié.

 

Ce n’est plus la cour de récré. Attendre la cloche pour s’y retrouver. C’était si simple. Je suis ton amie parce qu’on aime les mêmes affaires, on joue tous les deux à la corde à danser, nos pupitres sont un à côté de l’autre, t’as des beaux autocollants dans ton cahier, tu viens jouer chez nous la fin de semaine, mais l’année prochaine tu ne seras plus mon amie parce que tu vas doubler… on ne sera plus assises à côté.

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Ça me prend encore un pupitre à côté de toi pour continuer. Un projet, une motivation, qui nous garde animés et qui trace deux chemins parallèles. Tant qu’il y a ça je serai là. Tant qu’on peut faire le trajet ensemble parce qu’on a une destination commune. Tant que nos vies se chevauchent. Tant qu’«ensemble» veuille encore dire quelque chose pour nous deux. Ça se peut que tu prennes un détour. Ça se peut que je sois tannée de marcher. Ça se peut qu’on arrive à un embranchement puis que nos chemins ne soient plus les mêmes. S’il n’y a rien, pour moi, au bout de ce chemin-là, je ne te suivrai pas. N’insiste pas. Je vais te laisser poursuivre la route tout seul. Et peut-être qu’on se retrouvera. Différents, plus forts de ce qu’on aura chacun vu et vécu. Veux-tu qu’on fasse un bout de chemin ensemble?

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Crédit : Giphy

Si tu entres dans ma vie aujourd’hui c’est parce que j’ai une place à côté de moi. C’est parce qu’on a les mêmes valeurs. Tu es mon coup de coeur. J’ai envie de te connaître plus en profondeur. J’ai du temps pour toi, pour nous. J’ai envie de bâtir un mur avec toi, je sens que ça peut être solide. J’ai envie de prendre la route avec toi, on pourrait se rendre loin. (Puis quand ce ne sera plus le cas… mais ne m’en veux pas.)

Et vous, vous êtes quel genre d’ami?

Laura

Ouvrir ses yeux pour l’art

24 Fév

Quand prendre une marche devient un moment de contemplation. Quand ta ville devient musée. Quand le trottoir devient galerie. Savais-tu que ta ville est remplie d’oeuvres d’art et que bien souvent tu passes devant sans même t’en rendre compte?

 

L’art qu’on ne voit plus

L’art fantôme fait maintenant partie de notre ville, ton trajet d’autobus, ton quartier, ton parcours de jogging. Et si on s’arrêtait une minute devant la fresque, le buste ou la sculpture qui agrémente le coin de la rue? Je me suis surprise l’autre après-midi à marcher sur l’avenue Cartier comme si de rien n’était. Voyez-vous, dorénavant on ne peut plus marcher sur Cartier comme si de rien n’était. Les oeuvres de Rita Letendre et Jacques Hurtubise bordent les trottoirs et transforment l’avenue par leur lumière unique et leurs couleurs.

On ne peut pas non plus descendre la Côte de la Montagne sans admirer pour la mille et unième fois l’impressionnante fresque des Québécois et y découvrir encore de nouveaux personnages. Passer dans le parc en face de la Gare du Palais après avoir fait ton marché et  prendre une pause assis sur une chaise de l’oeuvre « Rêver le Nouveau Monde » de Michel Goulet devient un incontournable. Dorénavant, grâce à l’organisme ExMuro, ceux qui passent par la côte de la Pente-Douce ont l’impression d’être dans « une salle d’exposition à ciel ouvert », comme le dit bien le directeur de l’organisme. Cet art public dans Québec nous incite à prendre le temps de nous arrêter, de regarder ce qui nous entoure, de voir le beau et surtout le travail derrière ce beau.

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Le ciel est un peu moins gris sur l’avenue Cartier!

 

L’art se manifeste

Depuis vendredi, l’art a pris la ville d’assaut dans le cadre de Manif d’art 8 pour La biennale de Québec. Rues, parcs, galeries, bibliothèques et vitrines laissent la place aux œuvres portant toutes le même thème: L’art de la joie. Thème qui fait du bien dans notre hiver gris, voire noir, qui met de la lumière sur le beau. Pas le beau propre, mais le beau qui fait du bien à l’âme, qui amène le cerveau ailleurs, qui le fait voyager, le fait se questionner. C’est devant la vitrine du Simons Vieux-Québec que je me suis arrêtée. Prendre quelques minutes pour admirer, observer, analyser et questionner le travail d’un artiste, c’est prendre le temps de faire appel à l’imagination. Ces quelques minutes figent le temps, une bulle se crée autour de moi et de l’oeuvre, pour un moment il n’y a plus de passants, plus de voitures, plus de bruit. Je ressens ce même effet quand je me retrouve au musée devant une oeuvre, mais là je suis dans la rue.

 

L’art public, c’est l’art qui vient à toi. C’est un musée gratuit. Ce sont des oeuvres qui sont mises à ta disposition, exigeant pour seul prix ton interprétation et ta réflexion. Jusqu’au 14 mai, Manif d’art 8 vous offre plusieurs expositions dont la centrale se trouve au Pavillon Pierre-Lassonde du Musée national des Beaux-arts du Québec (MNBAQ), mais vous offre surtout l’opportunité de vous arrêter devant ses multiples oeuvres bordant certains édifices de la ville. Des parcours vous sont proposés juste ici : http://manifdart.org/manif8/infos-pratiques/ pour vous encadrer un peu plus dans vos découvertes, mais quoi de mieux que de tomber par hasard sur une oeuvre qui n’était pas là la dernière fois que vous avez passé ce coin de rue et qui n’y sera peut-être plus lors de votre prochain passage? Ouvrez l’oeil, car l’art est à votre portée plus que jamais.

Cliquez sur les photos pour plus de détails

Pour plus d’infos sur la Biennale de Québec: http://manifdart.org

Pour connaître l’oeuvre au coin de la rue: http://www.ville.quebec.qc.ca/culture_patrimoine/art_public/repertoire_oeuvres/

 

Et vous, quelle oeuvre d’art public avez-vous envie de nous faire découvrir?

Laura 

Les chaleurs du Nord

27 Jan

Alors qu’il tombait l’équivalent de deux hivers en neige et en verglas sur le Québec, l’amoureux, Minie et moi étions partis nous geler dans le Grand Nord canadien. Je sais qu’habituellement les Québécois prisent davantage les destinations soleil pendant les vacances de Noël, mais pourquoi faire comme tout le monde?

Et qui a dit que le Yukon n’est pas une destination soleil? Bon ok il a fait froid… je dirais plus frette! Avec une moyenne de -30, les combines sont indispensables à ta garde-robe, les « hotpads » deviennent tes meilleurs alliés et les grosses Sorel prennent la place de la petite botte cute de chez Aldo! Au lieu d’apporter six maillots de bain, j’ai plutôt mis une dizaine de paires de bas de laine dans ma valise! Oui, il a fait froid, même les arbres ont revêtu leur plus beau manteau de givre, mais le soleil ne m’a jamais fait autant d’effet, pas pour sa chaleur mais pour sa lumière. Au Yukon, au mois de janvier, il y a environ cinq heures d’ensoleillement, c’est très peu mais ô combien satisfaisant. Le soleil du nord, c’est un soleil de 16h, un soleil bleu, puis jaune, puis orange, puis rose, un soleil bas qui se pointe le bout du nez à travers les montagnes, comme une cerise sur le sundae, un soleil qui réchauffe les joues rouges et fait fumer la Yukon River, un soleil qui fait briller la neige et les yeux de ses habitants pour en faire du monde fier.

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Aux abords de la Yukon River, Whitehorse. Crédit: Eric Robitaille

Je n’ai jamais autant respiré l’hiver que pendant ces deux semaines. Ce qu’il y a de mieux à faire à Whitehorse à ce temps-là de l’année, c’est bien de profiter de monsieur soleil. Une journée sans aller dehors, c’est un peu comme s’asseoir dos à l’écran de cinéma. Pourquoi tu ferais ça? Pourquoi tu dirais non aux montagnes grandioses qui t’entourent et à la rivière qui s’y fraie un chemin?

Un roadtrip vers Skagway en Alaska dévoile une route enneigée entre les Rocheuses qui laissent passer une douce lumière pastel. Skagway est un petit village portuaire complètement désert pendant la saison froide. Un vrai Far West du nord avec des trottoirs en bois, une locomotive arrêtée sur la track derrière le magasin général, des boutiques qui vendent de l’or (du vrai) et le son du vent qui s’infiltre entre les bâtiments.

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Port de Skagway, Alaska Crédit: Eric Robitaille

Une randonnée sur la Upper Canyon Trail avec l’amoureux et la Minie en portage m’a fait réaliser qu’il n’y a pas que le sable, la plage et les pina colada qui relaxent. Après 4 km de bonheur, les pieds au chaud avec mes semelles d’alpaga, mon sandwich gelé et la vue sur mon chum et ma fille devant le reflet brillant et fumant du soleil dans la Yukon river, le voilà qu’il me demande : « T’es heureuse combien sur cent ? ». Mon cœur a fondu à -20. J’étais heureuse.

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Le ciel bleu de Chadburn Lake, Whitehorse. Crédit: Eric Robitaille

 

La famille. C’est la famille de l’amoureux qu’on est venus voir ici. Cet après-midi qu’on a passé à la cabine, petit chalet rudimentaire. Deux heures de route bleue pour s’y rendre. Stationnés sur le bord de la route, on sort nos sacs qui contiennent notre lunch, on se monte le foulard jusqu’en-dessous des yeux puis on part. Une demi-heure de marche à -30 en sentier pour arriver aux abords d’un lac. Un lac pas très grand, le Rainbow Lake, mais un lac qui porte merveilleusement bien son nom. Les rayons du soleil dans nos faces rouges nous en font voir de toutes les couleurs. On traverse le lac gelé sur les traces de motoneige en direction du chalet. En arrivant, on chauffe le poêle à bois, on se cuisine de la soupe et des grilled cheese directement sur la fonte chaude, on sèche nos bas puis on prend le temps de se regarder dans le blanc des yeux pour imprimer ce moment-là dans nos têtes. Sur le chemin du retour, en plein milieu du lac, on s’arrête pour regarder autour de nous. Le ciel est rose-orange, les montagnes nous encerclent, on se sent tellement petits au milieu de ce lac-là, on est comme pris en otage par le paysage. Ça fait qu’on est juste bien.

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Rainbow Lake et sa lune, Haines. Crédit: Eric Robitaille

Finalement, le froid du Yukon, ça fait autant de bien à l’âme que la chaleur de Cancun. Le froid, ça réchauffe les cœurs.

Les incontournables de Whitehorse:

Une boutique: The Collective Good

Un petit café: Baked

Une randonnée: La Upper Canyon Trail de Chadburn Lake

Une envie de bouger: Canada Game Center

Une sortie de famille: Yukon Wildlife Preserve 

Une soirée en amoureux: G & P steakhouse

Une bonne bière ou plusieurs : Les microbrasseries Yukon Brewing et/ou Winterlong

Un besoin de plus d’idées : Les employés sympathiques de l’office touristique

 

Ça vous donne le goût, non? Bonne rêverie hivernale ❤

Laura

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