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Mon chien va à la garderie

20 Nov

Eh oui, vous avez bien entendu… tous les matins je prépare un petit sac de jouets, une couverte et une portion de nourriture. J’embarque ma Molly dans la voiture et je fais un détour dans le trafic pour aller la reconduire à la garderie où ses petits amis l’attendent. Le soir, mon chum fait le trajet inverse! Après, vous me direz qu’avoir des enfants et un chien, c’est pas si pareil haha! (ben non, je le sais que c’est pas la même chose!)

Un changement de vie, changement de routine

Quand mon chum et moi on a décidé d’adopter un chien en ce beau matin de février 2015, notre situation familiale était quelque peu différente de maintenant. À l’époque, il n’était pas question d’avoir un chien pour le laisser poireauter tout seul à la maison 5/7, 40 heures semaine. Heureusement, notre condition faisait en sorte qu’on pouvait apporter toutou au travail car mon conjoint possède sa propre entreprise et je travaillais avec lui à ce moment-là. C’était parfait! Molly passait ses journées avec nous au bureau, donc les moments où on la laissait seule à la maison lui passaient sincèrement 10 pieds par-dessus la tête, ça ne l’angoissait pas une miette.

Quand j’ai eu une offre pour travailler ailleurs, la question s’est posée : «Qu’est-ce qu’on fait avec Molly?» Notre chien faisant partie de la famille, la laisser aller dans une autre famille n’a jamais été une option. J’ai donc négocié avec mon futur employeur un horaire flexible en l’avertissant bien que c’était pour mon chien (peu importe les opinions et jugements des gens à cet effet, pour nous c’était mordicus). Le problème, c’est qu’entre les faits et la pratique il y a une marge, mes journées au bureau se rallongeaient de plus en plus et le temps que Molly passait seule aussi.

Et puis, un jour, c’est arrivé. Les voisins ont commencé à se plaindre car Molly jappait dans la journée! On la sentait plus angoissée à nos départs le matin et elle refusait même de manger son Kong rempli de beurre de peanut que je retrouvais plein à mon retour en fin de journée.

Les chiens souffrent en notre absence, point barre!

Ce que je savais déjà me pétait en pleine face. Les chiens sont des êtres sociables qui ont besoin d’avoir une présence constante, sinon ils souffrent! Je pèse mes mots en me fiant à un éducateur canin en qui j’ai confiance, Jean Lessard qui en parle parfois dans ses émissions et il utilise lui-même le terme «ils souffrent». Parfois, ils le font en silence et sans faire de dégât mais heureusement, dans mon cas, Molly nous l’a fait savoir assez clairement (coin de mur grugé à l’appui).

Les options qui s’offraient à nous? Démarrer un programme de désensibilisation à nos départs, qui dans mon cas, avait été conçu par ma ressource par excellence en comportement canin Danielle Godbout. On ne se le cachera pas, l’anxiété de séparation peut être un sérieux problème qui ne se règle pas en une semaine et qui demande un investissement de temps considérable. Non pas que nous ne voulions pas nous investir, mais d’un côté, je n’aimais pas l’idée d’habituer mon chien à quelque chose qui dans le fond était contre sa nature! Et puis, nous avions une autre option en tête, la garderie!

Cet endroit génial où les chiens sont traités aux petits oignons

Dans mon cas, on parle de l’Auberge des 4 pattes à Wendake dans la région de Québec. Une place absolument géniale où les animaux sont traités comme il se doit. Ce sont des passionnés, amoureux des bibittes à poils, peu importe leur comportement, leurs habitudes, leurs caprices, leurs bobos, leur niveau d’énergie, la race ou la grosseur… aucune discrimination!

Les employés accueillent Molly les bras ouverts le matin comme si c’était leur propre chien, on a toujours l’impression que notre animal est leur préféré (même si on sait qu’ils les aiment tous d’amour). Quand je reviens la chercher le soir, elle est toujours hyper de bonne humeur et surtout, vidée de son énergie. On arrive à la maison et elle est relax… contrairement à avant où elle avait un trop-plein à dépenser qui pouvait se transformer en angoisse ou en énervement exagéré!

Je peux donc faire le souper tranquille, faire mes trucs et si l’horaire m’adonne, on va marcher ensemble sans qu’elle tire ou en demande plus. Le bonheur!

À l’Auberge, ils sortent plusieurs fois par jour pour faire des besoins et peuvent avoir des activités supplémentaires comme marcher, jouer avec d’autres chiens ou avec le personnel. Les jeux entre chiens sont supervisés et contrôlés pour que les personnalités canines s’accordent bien ensemble. Leurs installations sont vraiment adaptées pour les animaux, un espace de jeu intérieur au 2e étage pour les journées pluvieuses ou trop froides, différentes surfaces pour les pipis capricieux et même un écran avec un film de souris pour la section des chats (celle-là m’a bien fait rire).

Pas pour tous les chiens et les budgets

Il peut y avoir deux obstacles majeurs à ce genre de décision. La première, le budget. Pour les avoir magasiné dans la région de Québec, les prix tournent autour de 15$/jour pour le tarif de base. Moi, je paye pour une activité supplémentaire, donc un 6$ de plus! À trois fois par semaine plus les taxes, faites le calcul. Quand on ramène ça par année, on parle d’un investissement de 3600$ par année (sans retour d’impôt 😉 ). Un pensez-y-bien, mais ce n’est pas pour rien que j’appelle ça un investissement car votre chien vous en sera reconnaissant fois 1000 et, de votre côté, vous achetez la paix d’esprit.

Pour nous, il n’y a pas eu d’hésitation! On se disait que ça faisait partie de la game, on voulait un chien et bien voilà, c’est la vie. Parfois, on change de mode de vie et on ne voulait pas que notre chien en souffre… donc sors les bidous ma grande! Après tout, c’est pas sa faute à elle si j’ai changé d’emploi hein!

Deuxième, le tempérament du chien. Il faut aussi dire que j’ai THE chienne parfaite pour le concept de la garderie. Elle adore les autres chiens, elle adore les gens et s’adapte très bien aux situations. Molly pourrait être catapultée dans une zone de guerre en pleine jungle du Yucatan, du moment que quelqu’un peut jouer avec elle!

Maintenant qu’elle connait sa nouvelle routine, elle joue avec les mêmes chiens chaque semaine et reconnait ses animaliers… c’est le bonheur!

Si votre chien est pot de colle à vos baskets, qu’il n’aime pas tant les inconnus ou les autres chiens peut-être que la garderie pourrait lui causer plus d’angoisse. Par contre, il faut dire que dans des endroits comme L’Auberge des 4 pattes, ils feront tout pour que votre ami poilu se sente bien et c’est même possible de lui louer un espace VIP! Say whaaaat!

Source : Giphy

Bref, mon chien va à la garderie et ça crée toute sorte de réactions autour de moi. Peu importe les opinions, ça fait réagir à tout coup! J’espère changer un peu la perception des gens sur l’importance de bien traiter nos animaux. Et je souhaite aussi qu’un jour notre société québécoise soit plus pet-friendly en autorisant les chiens à plus d’endroits et aussi en augmentant le nombre de ressources accessibles pour améliorer le bien-être de nos petits poilus, emboîtant ainsi le pas d’autres pays plus avancés à ce niveau!

Marianne

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25 festivals aux États-Unis et en Ontario pour célébrer le printemps et l’été

20 Avr

Amateurs de musique et de voyage, quoi de mieux qu’un roadtrip vers un festival d’envergure? Afin de vous inspirer et vous faire danser tout le printemps et l’été, voici une liste de 25 festivals musicaux qui se déroulent sur la côte Est, de Toronto à Miami en passant par Atlanta.

Deux suggestions pour oublier les tempêtes de neige de MARS (on le sait, mars est passé, mais L’AN PROCHAIN!)

  1. Ultra à Miami. Les amoureux de musique électronique se donnent rendez-vous à ce festival en fin mars qui accueille les DJs les plus reconnus. En 2018, il s’agira de leur 20e édition. La marque événementielle Ultra existe depuis 1999 où elle a organisé sont premier festival à Miami. Désormais, Ultra connait une grande expansion et organise des événements à travers le monde tel qu’en Argentine, à Ibiza, au Japon et en Afrique du Sud.
  2. Okeechobee en Floride. En début mars se tient ce festival qui porte le nom de la ville où il se déroule. De la musique électronique de Flume, en passant par le rap de Wiz Khalifa, au rock folk du groupe Lumineers, sa programmation est diversifiée. L’évènement se déroule sur le bord d’un lac et offre plusieurs activités telles que des séances de yoga et de médiation.

Quatre destinations musicales pour célébrer le printemps en MAI

  1. SunFest en Floride. Situé à West Palm Beach, ce festival du 3 au 7 mai 2017 présentera une cinquantaine d’artistes pour tous les goûts musicaux sur trois scènes près d’un quai, accompagnées de trois bars flottants et du fameux spectacle de feux d’artifice sur l’eau le dernier soir de l’événement.
  2. Movement à Detroit. Ce festival célèbre la musique électronique du 27 au 29 mai.
  3. Hangout en Alabama. Vous rêvez de jouer au volleyball de plage et d’observer le paysage haut d’une grande roue, tout en étant au cœur d’un festival de musique? Hangout qui se déroule du 19 au 21 mai dans la ville de Gulf Shore transformera ce rêve en réalité!
  4. Shaky Knee à Atlanta. Du 12 au 14 mai se tiendra la 15e édition de ce festival rock qui accueille plus de 60 bands chaque année.

7 festivals pour célébrer l’arrivée de l’été en JUIN

  1. Bonnaroo à Manchester. Un des plus grands festivals de musique aux États-Unis au côté de Coachella, ce festival d’art et de musique du 8 au 11 juin offre la possibilité de camper sur place et présentera sur 10 scènes plus de 130 artistes tels que U2, The Week-end, Red Hot Chili Peppers, Cage the elephant et Major Lazer. Vous pourrez apprécier la disco silencieuse, du cinéma et des activités comme le yoga et la course de cinq kilomètres.
  2. Mysteryland dans l’État de New York : Ce festival de musique électronique se déroule dans la petite localité de Berthel dans l’État de New York à 6 h de Montréal. Bethel Woods Center of Arts est l’endroit où le fameux Woodstock en août 1969 s’est déroulé accueillant un demi-million de spectateurs avec de grands noms tels que The Who, Janis Joplin et Jimi Hendrix. Eh oui! Vous pourriez mettre le pied à l’endroit même d’un des plus grands moments de l’histoire de la musique populaire.
  3. Escapade à Ottawa. Le 24 et 25 juin prochain, Tiesto, Oliver Heldens, Zeds Dead, Steve Aoki et d’autres DJs seront réunis dans la capitale pour vous faire vibrer au son de l’électro.
  4. Firefly à Detroit. Du 15 au 18 juin, plus de 140 artistes comme The Weekend, Twenty One Pilots, Chance the Rapper, Weezer et Galantis performeront sur neuf scènes. La meilleure façon de profiter de ce festival est de camper sur place et de participer aux activités comme les compétitions sportives et les séances de yoga avec plus de 70 000 autres mélomanes. N’oubliez pas de déguster la bière exclusive au festival, «Firefly Ale», servie par une brasserie artisanale ou encore de siroter un café en écoutant une pièce de théâtre au Coffee House.
  5. MMVA à Toronto. Ce n’est pas un festival, mais plutôt des récompenses, les MuchMusic Video Awards, présentées annuellement sur la chaîne de télévision canadienne anglophone MuchMusic depuis 1990 pour honorer les meilleurs vidéoclips de l’année. Vers la fin juin (l’an dernier c’était le 19 juin), quelques scènes sont installées dans les rues de Toronto le temps d’une soirée. Si vous aimez les artistes populaires, c’est l’occasion parfaite d’errer dans la ville afin d’assister gratuitement à l’enregistrement des scènes extérieures.
  6. Governers ball à New York City. Du 2 au 4 juin, la Grosse Pomme accueille plus de 60 artistes de tous genres sur 4 scènes. Reconnus pour la qualité de la nourriture sur place et ses activités comme le mini-golf, la disco silencieuse et ses artistes de rues, c’est impossible de s’ennuyer!
  7. Electric Forest à Rothbury. Durant deux week-ends soit du 22 au 25 juin et du 29 juin au 2 juillet vous pourrez apprécier ce festival de musique électronique et ses installations artistiques éclairées qui transforment la forêt en un lieu enchanté au cœur du Michigan.

Source photo : Abcey

6 raisons pour danser sous le soleil de JUILLET

  1. NXNE à Toronto. Pour les amateurs d’indie, de hip-hop et de soul, ce festival du 16 au 25 juillet saura vous plaire.
  2. Digital Dream à Toronto. Le 7 et le 8 juillet, le port de la plus grande ville du Canada vibrera aux sons de la musique électronique.
  3. Bluesfest à Ottawa. Même si le festival se veut principalement une célébration de la musique blues et roots, je remarque depuis quelques années une programmation diversifiée avec des artistes pop, rock, country et électro. N’hésitez pas à jeter un coup d’œil, car peut-être que votre artiste favori y figure.
  4. Summerfest à Milwauki. Près du lac Michigan, ce festival dit « the world’s largest music festival» se déroule sur 11 jours et 11 scènes avec plus de 1000 performances du 28 juin au 9 juillet.  Cette année, il célèbre son 50e anniversaire, ça promet!
  5. Panorama à New York City. Dans le Randall’s Island Park, du 28 au 30 juillet se retrouveront Frank Ocean, Solange, MO, Alt-J, Nine Inch Nails et bien d’autres à l’occasion de ce festival. Une particularité à visiter absolument est l’installation, «The Lab», un dôme qui présente une collection d’arts interactifs, technologiques et innovateurs créés par des artistes new-yorkais.
  6. Wayhome à Oro-Medonte. Du 28 au 30 juillet plusieurs artistes variés comme Imagine Dragons, Frank Oceasn, Vance Roy, Solange, Marshmellow et Tegan & Sara sont réunis lors de ce festival en Ontario.

2 occasions de lâcher son fou en AOÛT

  1. Veld à Toronto. Le 5 et 6 juillet, plus de 30 DJs reconnus internationalement vous feront danser lors de ce festival de musique électronique.
  2. Lollapalooza à Chicago. Ce festival de musique rock, punk, métal, pop, hip-hop et électro itinérant depuis 1991 se déroule au Grant Park du 3 au 6 août. À noter que Lollapalooza a pris de l’expansion et offre également une programmation en Amérique du Sud et plus récemment à Paris. Un fait intéressant est qu’il s’adresse à toute la famille avec sa zone Kidzapalooza.

Apprécier la fin de l’été en 4 temps en SEPTEMBRE

  1. Electric Zoo à New York City. Célébrer de la musique électronique du 1er au 3 septembre dans une atmosphère où la scène principale est en forme de cobra et où des sculptures d’animaux exotiques sont visibles un peu partout sur le site.
  2. North Coast Music Festival à Chicago. Ce festival célèbre la musique émergente électro du 1er au 3 septembre avec 3 scènes et 2 discos silencieuses.
  3. Made in America à Philadelphie. Le 2 et 3 septembre, plusieurs artistes de tous genres vous feront vibrer.
  4. Turf à Toronto. Ce festival «urban roots» se déroule à la mi-septembre.

En espérant vous avoir inspiré à faire des roadtrips à destination de festivals au cours des prochains mois, n’hésitez pas à me partager vos festivals favoris!

Catherine xxx

Famine ou festin

19 Avr

L’année avait commencé lentement; normal. En janvier, on a tous l’esprit embrumé par les parfums de menthe poivrée et les restants de dinde farcie. En février, ça a décollé. Les mandats rentraient à la pelle, si bien que mon chiffre d’affaires a dépassé mes plus folles attentes. Ça y est, ma grande, t’es partie pour la gloire, que je me suis dit. Puis, le mois de mars est arrivé, et j’ai déchanté.

 

T’sais, t’as beau rouler à 120 km/h et avoir assez d’essence pour te rendre à destination, t’es jamais à l’abri d’une crevaison. Ben c’est un peu ça qui est arrivé.

Je me suis tourné les pouces pendant la quasi-totalité des deux premières semaines du mois, espérant vainement recevoir ZE mandat qui me permettrait de renflouer mes coffres. Au cours de ces 15 jours qui ont semblé durer une éternité, j’ai eu quelques petits contrats, mais rien pour se péter les bretelles ou espérer manger autre chose que du Kraft Dinner la semaine d’après. Et dire que j’avais commandé du resto trois jours de suite au début du mois. Force est de constater qu’ils avaient raison, ceux qui affirmaient que dans ce monde-là, c’est tout ou rien. Famine ou festin.

Crédit : Giphy

Une amie dont j’admire l’optimisme m’a suggéré de voir cette période creuse comme des vacances. Pas fou, comme idée. Sauf que je n’ai guère l’habitude de passer mes vacances à faire des allers-retours entre Netflix et ma boîte courriel, les fesses résolument scotchées à ma chaise d’ordi. Et puis, un moment donné, ça va faire, l’oisiveté. Une journée à se la couler douce, c’est bien. Une dizaine, voire une quinzaine de suite, ça commence à peser lourd sur le moral.

Il fallait que je m’occupe, ou j’allais devenir folle. Au bout de quelques jours, j’ai sorti tout ce qu’il restait de flocons d’avoine dans le garde-manger et j’ai fait une grosse batch de muffins. J’ai proposé mes services à des clients potentiels. J’ai jasé avec une collègue traductrice des enjeux de la profession et j’ai lu pas mal d’articles sur l’actualité locale et internationale. Faute d’être fortunée, j’allais au moins être cultivée.

C’est assez démoralisant de rembourser une bonne partie du montant accumulé sur ta carte de crédit et de devoir la remplir à pleine capacité le mois suivant. Pourtant, c’est une réalité à laquelle sont confrontés de nombreux pigistes, et d’après ce que j’ai pu voir et entendre, l’expérience et les compétences n’ont pas grand-chose à voir là-dedans.

Je ne sais pas trop si ça me rassure ou si ça me décourage de savoir que même les pigistes chevronnés, reconnus comme des sommités dans leur secteur d’expertise, vivent des périodes creuses de temps en temps. Le 8 avril dernier, mon entreprise individuelle a célébré son premier anniversaire. J’ai encore beaucoup à apprendre, autant sur les rudiments de ma profession que sur la gestion budgétaire. C’est tellement tentant de se gâter et de faire des dépenses pas très raisonnables et assez peu rationnelles lorsque le mois a été lucratif et que l’argent rentre à flots. On se dit qu’on le mérite, et avec raison. Mais rien ne garantit que ça ira aussi bien le mois suivant. Dans le merveilleux monde de la pige, un accident est si vite arrivé. Aussi bien jouer de prudence et garder ses économies, aussi modestes soient-elles, pour pallier les imprévus.

Même si je ne changerais ma situation pour rien au monde, je l’avoue; des fois, je suis jalouse de mes amis salariés qui reçoivent leur paie aux deux semaines. Qui n’ont pas à se demander si tel client réglera sa facture avant que le proprio encaisse le chèque du loyer. Ou si tel autre client réglera sa facture tout court.

Aux alentours du 20 mars, le vent a commencé à tourner, et ça a redécollé tranquillement pas vite. Je maintiens grosso modo la même vitesse de croisière depuis le temps. Je suis comme la p’tite mémé qui active le régulateur de vitesse à 70 km/h sur l’autoroute. Ça roule, mais ça roule lentement. Sauf que, contrairement à mémé, j’ai des réflexes bien aiguisés. Je suis prête à enfoncer l’accélérateur n’importe quand. En attendant, je profite du paysage. Et de mes muffins.

Jenny xx

La fois où j’ai gaffé

22 Mar

Les mots me manquent pour décrire la joie que j’ai ressentie lorsque j’ai reçu mes premiers contrats. Au début, on m’envoyait de tout petits textes; ça allait bien. Puis, un jour, un client m’a fait parvenir un méga-document en me demandant d’évaluer le temps nécessaire à la traduction. Trois jours! que j’ai répondu haut et fort dans la minute qui a suivi, sans même prendre le temps de regarder plus loin que les trois premières pages.

 

T’es sûre? que le client a dit. Déjà, j’aurais dû me méfier. C’est plutôt rare qu’un client demande à son fournisseur de services de lui confirmer le délai de livraison d’un mandat, à moins qu’il ait des motifs raisonnables de penser que ledit fournisseur est complètement dans le champ. Bien entendu, c’était mon cas, et j’aurais tôt fait de le réaliser.

La panique a commencé à me gagner après la première journée, lorsque je me suis rendu compte que j’étais bien loin d’avoir accompli le tiers du travail. En fait, j’étais même très loin d’avoir accompli ne serait-ce que le cinquième du premier tiers du travail. (!) Il fallait se rendre à l’évidence : je n’allais pas y arriver. Bon, affaire réglée. J’avise le client, je lui remets ce que j’ai fait, je ferme le dossier et je passe à autre chose.

… Nah. Ça, c’est ce qu’un amateur aurait fait. Moi, je suis une pro. Et une pro, ça respecte ses engagements.

Que faire, alors? Premièrement, demander un délai supplémentaire au client. Deuxièmement, se répandre en excuses et promettre que ça n’arrivera plus jamais. Les excuses sont acceptées, le délai est accordé, mais le budget alloué pour le projet, lui, restera le même. Ok, c’est de bonne guerre. Maintenant, je dois trouver des collaborateurs, et ça presse.

J’ouvre Facebook et me dépêche d’écrire un message apocalyptique qui trahit ma détresse sur la page professionnelle des travailleurs autonomes du secteur langagier du Québec. Je ne me rappelle plus exactement ce que j’ai écrit, mais en gros, ça voulait dire : je suis dans le trouble, pitié, aidez-moi. Je pousse l’audace jusqu’à mentionner que je ne pourrai même pas payer convenablement ceux qui accepteront de me prêter main-forte, puisque conformément à notre entente, mon client me paiera trois jours de travail, et pas un de plus. Wow. Plus professionnelle que ça, tu meurs.

Je m’attendais à ce qu’on m’envoie promener ou qu’on m’accuse, avec raison, de porter atteinte à la crédibilité de la profession. Il n’en fut rien. Étonnamment, des gens ont répondu à l’appel. J’ai réussi à constituer une équipe de quatre personnes à qui j’ai séparé le travail et, du même coup, la totalité de la rémunération que le client ne m’avait pas encore versée. Tout le monde a travaillé d’arrache-pied, mais malheureusement, ce n’était pas encore suffisant. Il me fallait plus de collaborateurs… que je devrais convaincre de travailler gratuitement.

J’ai réussi à recruter une traductrice chevronnée, qui a consenti à m’aider les soirs de semaine, une fois son travail de la journée terminé. Je l’ai remerciée probablement trop de fois, sans toutefois cacher ma perplexité.

On a échangé quelques courriels, professionnels pour la plupart, mais certains plus personnels, aussi. Le troisième soir, j’ai osé lui poser l’épineuse question : pourquoi? Pourquoi accepte-t-on de se faire esclave d’une débutante alors qu’on roule sa bosse depuis plus de 20 ans, qu’on a une clientèle bien établie et des revenus plus que satisfaisants? C’est simple; parce qu’on s’est déjà vautrée dans le même genre de merdier, jadis. Et parce qu’on aurait bien aimé que quelqu’un nous vienne en aide à ce moment, alors que les réseaux sociaux n’existaient pas et qu’on pleurait seule chez soi en espérant vainement qu’un miracle se produise. J’ai reniflé un peu.

Une semaine plus tard, le mandat est enfin terminé. Le client n’est pas trop content, mais il n’a pas l’air très fâché non plus. Quant à moi, je suis à la fois extrêmement fière et incroyablement honteuse. Ça fait tout drôle en dedans.

La spontanéité et moi, ça n’a jamais fait bon ménage, et j’en ai eu la preuve ce jour-là. Depuis, j’ai appris à respirer par le nez et à modérer mes élans d’enthousiasme. Ce qui ne m’empêche pas, bien sûr, de taper des mains et des pieds comme une gamine devant un plat de bonbons chaque fois qu’on me propose un mandat qui générera des revenus importants. Lorsque ce sentiment d’exaltation m’aura quittée, ce sera le temps de changer de job, que je me dis. Heureusement, ça ne risque pas d’arriver avant longtemps. 😊

Jenny xx

Ouvrir ses yeux pour l’art

24 Fév

Quand prendre une marche devient un moment de contemplation. Quand ta ville devient musée. Quand le trottoir devient galerie. Savais-tu que ta ville est remplie d’oeuvres d’art et que bien souvent tu passes devant sans même t’en rendre compte?

 

L’art qu’on ne voit plus

L’art fantôme fait maintenant partie de notre ville, ton trajet d’autobus, ton quartier, ton parcours de jogging. Et si on s’arrêtait une minute devant la fresque, le buste ou la sculpture qui agrémente le coin de la rue? Je me suis surprise l’autre après-midi à marcher sur l’avenue Cartier comme si de rien n’était. Voyez-vous, dorénavant on ne peut plus marcher sur Cartier comme si de rien n’était. Les oeuvres de Rita Letendre et Jacques Hurtubise bordent les trottoirs et transforment l’avenue par leur lumière unique et leurs couleurs.

On ne peut pas non plus descendre la Côte de la Montagne sans admirer pour la mille et unième fois l’impressionnante fresque des Québécois et y découvrir encore de nouveaux personnages. Passer dans le parc en face de la Gare du Palais après avoir fait ton marché et  prendre une pause assis sur une chaise de l’oeuvre « Rêver le Nouveau Monde » de Michel Goulet devient un incontournable. Dorénavant, grâce à l’organisme ExMuro, ceux qui passent par la côte de la Pente-Douce ont l’impression d’être dans « une salle d’exposition à ciel ouvert », comme le dit bien le directeur de l’organisme. Cet art public dans Québec nous incite à prendre le temps de nous arrêter, de regarder ce qui nous entoure, de voir le beau et surtout le travail derrière ce beau.

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Le ciel est un peu moins gris sur l’avenue Cartier!

 

L’art se manifeste

Depuis vendredi, l’art a pris la ville d’assaut dans le cadre de Manif d’art 8 pour La biennale de Québec. Rues, parcs, galeries, bibliothèques et vitrines laissent la place aux œuvres portant toutes le même thème: L’art de la joie. Thème qui fait du bien dans notre hiver gris, voire noir, qui met de la lumière sur le beau. Pas le beau propre, mais le beau qui fait du bien à l’âme, qui amène le cerveau ailleurs, qui le fait voyager, le fait se questionner. C’est devant la vitrine du Simons Vieux-Québec que je me suis arrêtée. Prendre quelques minutes pour admirer, observer, analyser et questionner le travail d’un artiste, c’est prendre le temps de faire appel à l’imagination. Ces quelques minutes figent le temps, une bulle se crée autour de moi et de l’oeuvre, pour un moment il n’y a plus de passants, plus de voitures, plus de bruit. Je ressens ce même effet quand je me retrouve au musée devant une oeuvre, mais là je suis dans la rue.

 

L’art public, c’est l’art qui vient à toi. C’est un musée gratuit. Ce sont des oeuvres qui sont mises à ta disposition, exigeant pour seul prix ton interprétation et ta réflexion. Jusqu’au 14 mai, Manif d’art 8 vous offre plusieurs expositions dont la centrale se trouve au Pavillon Pierre-Lassonde du Musée national des Beaux-arts du Québec (MNBAQ), mais vous offre surtout l’opportunité de vous arrêter devant ses multiples oeuvres bordant certains édifices de la ville. Des parcours vous sont proposés juste ici : http://manifdart.org/manif8/infos-pratiques/ pour vous encadrer un peu plus dans vos découvertes, mais quoi de mieux que de tomber par hasard sur une oeuvre qui n’était pas là la dernière fois que vous avez passé ce coin de rue et qui n’y sera peut-être plus lors de votre prochain passage? Ouvrez l’oeil, car l’art est à votre portée plus que jamais.

Cliquez sur les photos pour plus de détails

Pour plus d’infos sur la Biennale de Québec: http://manifdart.org

Pour connaître l’oeuvre au coin de la rue: http://www.ville.quebec.qc.ca/culture_patrimoine/art_public/repertoire_oeuvres/

 

Et vous, quelle oeuvre d’art public avez-vous envie de nous faire découvrir?

Laura 

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