Archive | LECTURE RSS feed for this section

Québec, lis!

20 Oct

Elle nous a lu Dans ma maison de Jacques Prévert.

 

Dans ma maison vous viendrez

D’ailleurs ce n’est pas ma maison

Je ne sais pas à qui elle est

Je suis entré comme ça un jour

Il n’y avait personne

Seulement des piments rouges accrochés au mur blanc

Je suis resté longtemps dans cette maison

Personne n’est venu

Mais tous les jours et tous les jours

Je vous ai attendu

(…)

J’ai été captivée, charmée, intriguée par les piments rouges accrochés au mur blanc. Elle l’a lu avec son français impeccable, son timbre convenable et sa justesse indéniable. Je me souviens qu’à la fin, quand elle eut fini de réciter Prévert, il eut un grand silence dans la classe. Nous étions tous en admiration, envoûtés par ses mots qui nous ont amenés plus haut que nous. Lire la suite

Publicités

Big Little Lies: Succès mérité

19 Oct

Si vous avez vécu sous une roche toute l’année, vous avez peut-être raté la magnifique minisérie Big Little Lies/Petits secrets, grands mensonges, réalisée par le Québécois Jean-Marc Vallée. Avant d’être une production télévisuelle saluée par de nombreux prix Emmys, c’était un roman de l’Australienne Liane Moriarty. Alors, puisque la série m’a fascinée, j’ai dévoré le roman d’une seule traite… pour mieux vous en parler, bien sûr!

Lire la suite

Une histoire à la fois

7 Juin

J’aime les livres. L’objet qu’ils sont, l’odeur, la texture, la page couverture et bien évidemment, le texte. Le travail des artisans est chéri lorsqu’il se retrouve entre mes mains. Plusieurs ouvrages jonchent les meubles de la maison et même si le temps accordé à ce grand plaisir qu’est la lecture est parfois réduit, j’y trouve toujours autant de bonheur.

Mon travail m’a fait découvrir le merveilleux monde de la littérature pour enfants il y a déjà bon nombre d’années. Ma bibliothèque a alors accueilli un grand nombre d’albums jeunesse, pour mes élèves d’abord. C’est maintenant avec un grand bonheur que je peux partager ces trésors littéraires avec mon Mini.

Il se crée de bien belles choses en matière de littérature jeunesse. Les albums, cartonnés ou non, regorgent d’oeuvres d’art visuel et de textes adaptés, mais bien écrits. Je vous partage donc mon trio préféré du moment.

« Mélange-moi », de Michio Watanabe (éditions Hélium)

Un livre méli-mélo cartonné, parfait pour la manipulation de bébé. On retrouve dans ce livre quatorze personnages colorés, des actions loufoques et des scènes cocasses à mélanger les unes aux autres, créant ainsi un cadavre exquis. J’ai craqué pour le look un peu vintage du livre, mais également pour la possibilité de création de voix qu’apportent les différents personnages. De plus, le carton robuste résiste bien à la délicatesse en devenir des tout-petits. L’enseignante en moi a également un faible pour le vocabulaire, particulièrement les adjectifs: c’est si agréable de faire découvrir les mots!

Crédit : Vimeo

« Petite Tache », de Lionel Le Néounanic (éditions Les Grandes personnes)

Une petite tache noire, l’héroïne d’une histoire d’amitié, de différence et d’ouverture. Le style TRÈS épuré des illustrations m’a tout de suite plu, et, à ma grande surprise, à bébé aussi. Il était encore minuscule la première fois que je lui ai lu cette histoire. Il en était (et est encore) fasciné! Le style noir et blanc, les lignes pures et les contrastes y sont probablement pour quelque chose. Une courte histoire dans laquelle Petite tache vivra du rejet pour ensuite faire valoir sa différence aux yeux des autres. De belles valeurs à transmettre. Je crois que la simplicité de ce livre a tout pour plaire, et les enfants s’y reconnaissent.

Crédit : Renaud-Bray

« Tous les soirs du monde », Dominique Demers, Nicolas Debon (Éditions Imagine)

Bien que j’adore ce magnifique album, il se retrouve dans ce premier palmarès de coup de cœur pour l’amour que mon homme lui porte. C’est le premier livre que papa et bébé ont partagé, ce dernier étant encore au chaud dans ma bedaine. Une simple histoire de complicité papa, fiston : Simon doit se coucher et, comme chaque soir, son papa, dans une douce routine, doit endormir tour à tour les pays du froid, les cieux, l’Afrique, les mers, etc. afin que son fils trouve le sommeil. Le texte est poétique et les illustrations magnifiques. Les pages du monde imaginaire sont imagées en entier, et les pages se déroulant dans la réalité de la routine beaucoup plus sobres avec une seule image encadrée, ce qui accentue la démarche imaginaire du papa. Un livre doux, rempli d’amour, bref, un coup de cœur pour tomber dans les bras de Morphée.

Crédit : Renaud-Bray

Un top trois bien exhaustif de mes idylles du moment. Il s’agit là d’ouvrages qu’il faut partager avec l’enfant, qui permet de prendre le temps. La lecture est si importante dans le développement d’un petit humain, il n’est jamais assez tôt pour apprécier les livres. Vous vous demandez à quel âge commencer les livres avec bébé? Je vous dirais maintenant. C’est un plaisir à partager, un moment de qualité à s’offrir, en plus de tous les bénéfices éducatifs qu’apporte cette activité. Les bibliothèques publiques ont d’ailleurs un programme nommé « Une naissance, un livre ». En abonnant votre enfant avant son premier anniversaire, on vous remettra un sac contenant un livre, des fiches d’activité de lecture et un album de chansons. Le mien contenait également des petits chaussons tricotés par le Cercle des fermières de la région. Un abonnement à une bibliothèque, c’est gratuit, divertissant les jours de pluie, ça permet la découverte, mais surtout, de diversifier aussi souvent que souhaité les histoires à partager.

Je ne sais pas si fiston sera un grand lecteur, même si les livres font partie de son espace de vie depuis le début, mais je sais que nous aurons partagé d’innombrables doux moments entre ces pages et que les souvenirs, c’est précieux.

Une citation sans source dit : « Un enfant qui lit est un adulte qui pense ». La lecture semble être le cadeau d’une vie!

Mariève

« Marée montante »: À la dérive

9 Mar

Marée montante, c’est l’histoire d’un homme qui se noie de chagrin, après que sa fille, toute jeune, soit morte emportée par les flots. C’est une descente hypnotique dans les abysses du deuil, qu’on suit, bouche bée, englouti par les émotions à fleur de peau qui se dégagent de la plume limpide et douce de Charles Quimper.

 

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant ce petit bouquin, sinon à lire quelque chose d’horriblement triste -mais ça ne me faisait pas peur: les histoires tristes, c’est ce que je préfère.

Je ne m’attendais certainement pas au raz-de-marée d’émotions qui m’a submergée.

C’était si violent, si brusque, comme une vague énorme qui m’aurait percutée de plein fouet. Je restais là, avec ce livre d’apparence insignifiante entre les mains, abasourdie, incapable de faire autre chose que tourner les pages, emportée par la plume agile de Quimper, qui peint sur la page des images évocatrices et fortes.

Et puis, il y a la mer.

J’aime la mer. Le son des vagues. La couleur de l’eau qui change avec le ciel. L’odeur salée du vent lorsqu’il survole l’onde.

Mais la mer, ici, est destructrice: c’est par l’eau que la petite Béatrice meurt, échappant à la surveillance de ses parents juste assez longtemps pour se noyer; c’est par l’eau, aussi, que la vie de sa famille s’effondre; par l’eau, encore, que son père, meurtri jusqu’au fond de sa chair, tente d’échapper au drame.

Portrait de deuil, de la folie qu’il entraîne, Marée montante est l’histoire d’un homme qui, s’il ne s’est pas noyé, finira pas se perdre lui aussi. Dans toutes les gouttes d’eau, il cherche sa fille. Parce que si chaque goutte d’eau cherche la mer, l’une d’entre elles finira bien par l’emmener jusqu’à Béatrice, n’est-ce pas?

« Je te cherche dans chaque goutte, je t’espère comme on espère une ondée en pleine canicule, comme on espère un dégel au printemps. » 

Ce sont ces détails qui chavirent: le bocal rempli d’eau que conserve le narrateur, résultat de milliers de gouttes d’eau solitaires amassées pour avoir aperçu dans leurs reflets quelque chose de sa fille disparue; le bruit d’eau qu’il entend en permanence, comme si sa maison elle-même était peu à peu envahie par la marée.

Et au fil des pages, cette obsession de l’eau, cette traîtresse qui lui a volé son enfant, va s’accroissant. Elle est là, la Marée montante: dans l’obsession qui guette le personnage, cette obstination sans bornes, dénuée de sens, à retrouver sa fille. À un moment, on se demande si tout est bien réel ou plutôt le résultat d’un esprit tordu par le deuil.

Pour un premier roman, c’en est tout un: il nous arrache à notre petit confort, nous lance dans l’inconnu, nous secoue comme de vulgaires poupées oubliées dans un tsunami et nous ramène sur la berge, enfin, désorienté mais satisfait.

Longue vie à Charles Quimper et à sa plume poignante.

Et à vous, bonne lecture. 😉

Anne-Sophie

Le plongeur

20 Fév

Dans la vie, une des choses que j’aime le plus, c’est de manger…particulièrement dans les (très) bons restaurants. Tout y est parfait. Les nappes ultra blanches et la coutellerie qui scintille, le maître d’hôtel tiré à quatre épingles et son personnel aussi efficace que quasi invisible….et ça c’est sans parler de la bouffe! Or, aujourd’hui, je propose d’entrer dans l’envers du décor.

Ce qui se passe de l’autre côté des portes battantes alors que la pression est à son comble, que les clients attendent et que la seule solution, c’est d’aller toujours plus vite, de crier toujours plus fort, bref, de produire toujours plus. Je parle ici de Le plongeur de Stéphane Larue, un coup d’envoi impressionnant pour ce dernier puisque c’est son premier roman.

poly11_plongeur_c1_rgb_300dpi

Résumé

L’histoire se déroule au début des années 2000. Notre protagoniste est un jeune homme de 18-19 ans, étudiant au Cégep en graphisme dont la vie est à un point tournant. Accro au jeu (aux machines de loteries dans les bars pour être exacte), il n’a désormais plus rien: plus de coloc, plus d’argent, plus d’amis proches, plus de session. Devant l’ultimatum que la vie met devant lui, il prend une job de plongeur au restaurant La Trattoria en espérant, à quelque part, que les choses s’arrangent. On y découvre alors le rythme effréné des cuisines d’un restaurant ainsi qu’une foule de personnages qui donneront vie à ce roman où tout se déroule surtout la nuit. Le personnage principal devra désormais jongler avec sa dépendance et l’enfilade des quarts de travail et des nuits folles qui s’ensuivront.

Personnages principaux

Narrateur: L’histoire est écrite au « je » comme s’il faisait un genre de témoignage documentaire de son existence, sans jamais se nommer. Dévoré par les dettes de jeu, ses échecs et son incapacité à être tout simplement honnête avec lui-même et les autres, il s’enfonce tranquillement. Les exigences de la vie pèsent sur lui et il devra éventuellement se prendre en main et réparer les erreurs qu’il a commises.

Bébert: Cuisinier à La Trattoria, il prend de la place. Toujours à parler fort, à chialer, à dire, à qui veut bien l’entendre, tout ce qui lui passe par la tête. Il est aussi un fêtard invétéré, qui enfile les doubles shifts et les nuits blanches et qui, finalement, tient le coup en avalant du speed comme des bonbons. Personnage aussi attachant, qui prendra, à sa façon, notre protagoniste sous son aile.

Marie Lou: Amie du secondaire qui trippe également sur le métal. Elle est le lien entre la vie d’avant le jeu et celle d’après. Travaillant dans un bar, elle est la confidente, le point de focus du narrateur lorsque ça va mal, elle est peut-être finalement, sa seule véritable amie.

On aime

  • La page couverture, évidemment. Elle est cool, noire, intrigante, un peu trash et très metal. Comme le roman!
  • Le rythme des scènes qui se déroulent au restaurant. Elles sont décrites avec justesse et aplomb, en faisant des moments vifs et soutenus qui nous font lire à une vitesse incroyable.
  • Le sujet du roman, qui est peut-être moins le milieu de la restauration que les dessous de la dépendance. Il y a d’abord le personnage principal, qui est accro au jeu, mais aussi, plusieurs des cuisiniers et employés de La Trattoria ont des problèmes de consommation de drogue et d’alcool. Un phénomène beaucoup plus présent que ce qu’on pourrait croire de l’extérieur.

Bonne lecture!

Camille xxx

 

 

 

Autour d’elle

28 Jan

Aujourd’hui je vous présente quelque chose d’un peu différent. En effet, Autour d’elle de Sophie Bienvenu n’a pas d’histoire ni de personnages principaux à proprement parler. Qu’est-ce que se passe dans ce livre alors, me direz-vous? Eh bien, beaucoup de choses! C’est un livre construit pour te faire réaliser qu’une histoire ou une vie peut être racontée par la multitude de personnes qui la composent.

 

Avez-vous déjà entendu parler du roman choral? C’est un livre dont la narration est confiée à plusieurs personnages et qui, au fil de la lecture, rend l’histoire enrichissante de par les différents points de vue que chaque témoignage apporte.

 

9782924491171_original

 

Résumé

Chaque chapitre correspond donc à un personnage différent. On nous y présente une personne, un moment volé dans son existence. Or, ce moment vient  nous éclairer sur l’évolution de l’histoire et de nos protagonistes.

En effet, on est devant une histoire à « deux vitesses » où l’on suit d’abord le personnage de Florence Gaudreault. Cette dernière tombe enceinte alors qu’elle est adolescente et doit faire le choix le plus difficile de sa vie: garder le bébé ou le donner en adoption. D’un autre côté, on découvre l’histoire de son fils Adrien qui naît, grandit, s’épanouit au fil du livre. C’est, finalement, la suite de leur vie qui constitue le cœur du roman.

 

Personnages

La chose qui est vraiment étonnante ici, c’est qu’en fait, on ne rencontre vraiment les protagonistes qu’à la fin, pour le dénouement de l’histoire. Ainsi, on les découvre chapitre après chapitre à travers l’histoire de gens qui ont croisé leur vie: amoureux, vendeur dans un magasin, voisin, etc.

 

On aime :

  • L’audace d’avoir construit un roman avec un vingtaine de personnages !!
  • Que chaque chapitre nous présente un état d’esprit différent, ce qui en fait un roman rempli de découvertes.
  • La justesse de la narration qui nous donne des personnages crédibles et vivants.

 

Bonne lecture!

Camille xxx

 

Jamais assez maigre, journal d’un top model

23 Oct

Je vous présente aujourd’hui quelque chose de différent. J’ai longuement hésité pour diverses raisons avant d’acheter ce livre. Tout d’abord, parce qu’en général, je préfère les romans et les histoires. Ensuite, parce que j’avais peur que ce soit un témoignage vindicatif et dramatisé. Quelque chose de négatif qui manquerait de finesse et surtout de perspective.

Finalement, ce qui m’a convaincu de l’acheter, outre le fait que je suis mille curieuse, c’est la préface de Charlie Paillé, ex-mannequin. En voici un extrait:

Je ne dénonce aucunement le monde du mannequinat puisque c’était MON choix d’y entrer. […] J’ai l’impression que la bagarre au sujet du poids idéal ne finira jamais. J’ai pris environ 30 livres depuis que je suis partie de New York, et on me dit encore parfois que je suis trop mince. Aujourd’hui les gens trouvent normal de critiquer les autres sur leur apparence. On se cache derrière nos écrans et on se permet de juger les autres, sans pour autant montrer son vrai visage.

Dans un monde où la beauté se mesure trop souvent en kilos, voici donc, Jamais assez maigre, journal d’un top model de Victoire Maçon Dauxerre.

jamais-assez-maigre

 

Résumé

Repérée dans la rue à Paris à l’âge de 17 ans, Victoire se fait propulser dans le fabuleux monde de la mode Haute Couture où elle deviendra mannequin. Dès son premier rendez-vous chez l’agence Élite, on lui dit qu’elle devra perdre du poids. Elle qui fait une taille 36 (du petit) pour 5′ 10 pieds devra entrer dans du 32 (du très très petit) dans quelques mois pour la semaine de la mode de New York. S’en suit un régime draconien à base de fruits et une longue descente vers l’inanition, les sautes d’humeur, la fatigue et la maladie. Tout cela est tout de même ponctué de moments magiques, de triomphes et d’une gloire prochaine.

On aime:

  • Que ce soit tout simplement un récit des événements selon sa perspective. On ne sent pas de manipulation des faits: ce qui est beau est beau et ce qui est laid est laid.
  • Le fait que le livre parle de lui-même. Le but n’était pas fustiger ou de se plaindre, mais d’amener le lecteur à tirer des conclusions tout seul.
  • Qu’elle ait pris le temps de remercier toutes les personnes qui l’ont aidé et épaulé lors de sa carrière de mannequin: des bonnes personnes il y en a partout.

Vous l’aurez compris, mes craintes ne se sont pas réalisées. Maintenant, il faut dire qu’il s’agit d’une personne, d’une histoire, bref d’une seule perspective. N’empêche qu’il s’agit d’un témoignage bouleversant qui donne beaucoup à réfléchir sur notre perception de la norme et de la beauté en tant que société.

Bonne lecture!

Camille xxx

Vous êtes superbes. Et il est temps que vous le sachiez

13 Oct

J’ai terminé le livre, l’ai fermé et me suis sentie soulagée. J’avais le sentiment que je n’étais plus seule.

Léa Clermont-Dion et Marie Hélène Poitras ont lancé la semaine dernière le livre «Les Superbes – une enquête sur le succès et les femmes». La prémisse de cet ouvrage est la question suivante : pourquoi les femmes qui ont du succès dérangent autant?

Pour étudier le phénomène, les deux auteures ont rencontré des femmes d’horizons différents : la gameuse Miss Harvey, la chanteuse Coeur de Pirate, l’ex-première ministre Pauline Marois et la présidente de Médecins sans frontières Joanne Liu, entre autre.

À travers la lecture de ces entretiens, on réalise que la réussite des femmes suscite du négatif, autant dans leur entourage que sur la place publique. Trop de femmes sont encore victimes de paternalisme, de jalousie et de sexisme malgré, ou plutôt à cause, du succès qu’elles rencontrent dans leur domaine. N’est-ce pas aberrant?

Certains passages du livre «Les Superbes» m’ont fait grincer des dents. Je réalisais à quel point les femmes se font poser des questions que jamais on n’oserait poser aux hommes. Trop souvent, plutôt que de discuter des idées ou des compétences des femmes, on les attaque à propos de leur corps et de leur sexualité. Ferait-on la même chose avec les hommes? Permettez-moi d’en douter…

img_0337

Les deux auteures ont elles-mêmes été victimes de leur succès par le passé. Après avoir lancé un livre qui a généré une grande attention médiatique, Marie Hélène Poitras s’est mise à recevoir des commentaires empreints de jalousie et de méchanceté de la part de ses collègues. Léa Clermont-Dion, quant à elle, s’est déjà fait dire qu’elle était trop mignonne pour être crédible. Et nous sommes en 2016…

Encore aujourd’hui, c’est deux poids, deux mesures. Pourquoi est-ce que quand on dit d’une femme qu’elle est ambitieuse, le qualificatif sonne comme un défaut, alors qu’on vénère un homme qui a beaucoup d’ambition? Les relations entre femmes ne sont pas toujours harmonieuses non plus. Au lieu de supporter nos collègues féminines, il est parfois plus facile de jalouser leur succès dans leur dos. Nous sommes aussi à blâmer mesdames.

Ce livre est important. Il a semé plein de petites graines en moi. Depuis sa lecture, je prends plus conscience de mes réactions face aux réussites des femmes autour de moi. Je veux être celle qui s’élève au lieu de niveler vers le bas. Je veux être celle qui célèbre les victoires des Superbes autour de moi et qui grandit à leur côté, devenant toujours plus forte et affirmée.

Ce recueil de témoignages et d’échanges nous fait prendre conscience du chemin souvent ardu parcouru par des femmes qui ont toutes du succès à leur façon dans leur domaine. Il nous fait aussi réaliser tout le chemin qu’il reste à parcourir. J’invite les hommes à lire cet ouvrage pour en apprendre sur les combats quotidiens de leur comparses féminines. Et j’invite les femmes à dévorer ces pages afin de réaliser que non, elles ne sont pas seules. Que nous sommes toutes Superbes.

Et qu’il est temps qu’on s’en rappelle.

Andrée-Anne Brunet

« Je t’aime, Rosie »: meilleurs amis, mais…

3 Oct

Quand votre meilleur-e ami-e vous dit « Regarde ce film-là, ça me fait penser à nous! », vous faites quoi? Bien sûr, vous regardez le film en vous disant « Ça va être tellement bon! ». C’est ce que j’ai fait pour Je t’aime, Rosie, adaptation cinématographique du roman La Vie est un arc-en-ciel, de Cecelia Ahern (au cas où ça vous rappelle quelque chose, elle a aussi écrit P.S. Je t’aime). Évidemment, j’ai aussi lu le roman; inévitablement, j’ai comparé les deux, et voilà ce que ça donne.

Le préambule est assez simple: Rosie et Alex sont meilleurs amis depuis la maternelle, et ne se sont jamais lâchés d’une semelle, jusqu’au grand départ d’Alex pour Boston. Ô malheur! Enceinte, Rosie doit rester en Irlande. Commence alors une longue séparation, durant laquelle les deux amis ne se perdront jamais de vue, sans jamais se révéler les véritables sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. Les années passent, et la vie semble résignée à les éloigner, mais… qui sait ce qui pourrait se passer? 😉

C’est une histoire d’amour, vous l’aurez compris. Ce qui m’a le plus touchée dans cette histoire, c’est la conviction inébranlable d’Alex et Rosie qu’ils doivent faire ce qui est le mieux pour l’autre. Ils ne se posent pas de questions: l’important, c’est que l’autre aille bien, que sa vie soit la meilleure possible, et s’il faut pour cela qu’ils soient séparés, ils l’acceptent tous les deux. Tous les courriels qu’ils échangent, les moments qu’ils passent ensemble sont autant de traces de la force de leur amitié, qui ne se brise jamais malgré tout.

je-taime-rosie-livre-francais

Source: static.fnac-static.com

Au début, je dois l’avouer, la forme du roman m’a un peu prise par surprise: tout du long, on ne lit que des lettres. Entre Rosie et Alex, principalement, mais aussi entre Rosie et plusieurs membres de sa famille, Alex et son frère… Au début, c’est bizarre, mais on s’habitue.

En général, le roman m’a déçue. Les péripéties sont innombrables, tout comme les problèmes de Rosie -et ses complaintes. Ça ne sert pas nécessairement l’histoire qui, à la longue, semble franchement invraisemblable. Qui attendrait son « âme-soeur » pendant quarante ans? À la longue, on n’y croit plus, et on a hâte qu’ils se décident. Au début, toutefois, il y a plusieurs beaux moments, touchants et sincères, qui nous font continuer à lire jusqu’à la fin malgré les rebondissements parfois invraisemblables.

Le film, pour sa part, va directement à l’essentiel. On a droit à une belle histoire qui ne semble pas forcée ni exagérée, et qui laisse toute la place aux sentiments profonds entre Alex et Rosie, qui sont évidents dès le départ. En regardant le film, j’avais vraiment envie qu’ils finissent ensemble. C’était touchant et drôle à la fois, et ça sonnait vrai -comme les meilleurs passages du roman. Et la fin nous laisse le coeur léger, content. Ça fait du bien.

Vous l’aurez compris, c’est le film qui gagne, pour plusieurs raisons évidentes. Toutefois, si vous êtes vraiment une romantique dans l’âme et que les histoires d’amour qui-seraient-possibles-mais-qui-ne-fonctionnent-pas vous passionnent, ne vous gênez pas, je suis sûre que vous adorerez. Pour ma part, je vais revoir le film… plusieurs fois peut-être? 😉

Bonne lecture et/ou bon visionnement!

 

 

Anne-Sophie

Pour le lire

En français: La vie est un arc-en-ciel, ou Je t’aime, Rosie, chez J’ai lu

En anglais: Where Rainbows End, ou Love, Rosie, chez Harper Collins

Pour le voir

Je t’aime, Rosie / Love, Rosie, en DVD et Blu-Ray, avec Lily Collins (Rosie) et Sam Claflin (Alex).

Six degrés de liberté

23 Sep

Je ne sais pas vous, mais personnellement j’ai trouvé cette rentrée très difficile. Probablement, parce que j’ai complètement décroché durant l’été. Relisant des vieux livres que je connais par coeur, des classiques de mon adolescence que je lis depuis que j’ai 14 ans…genre. Un été au soleil à boire du vin sur mon balcon et à me baigner dans la piscine familiale quand mon appart devenait une vraie bouilloire.

Bref, quand il a été temps de me remettre au boulot, le choc a été monumental. Et là, je me suis sérieusement demandée comment j’arriverais à lire un roman au complet. Donc, on est un après-midi et je fouille dans ma bibliothèque et je trouve un ouvrage que j’ai acheté au Salon du Livre et qui s’appelle Six degrés de liberté de Nicolas Dickner et je me dis… why not?

2015-05-25-1432571993-9545721-dickner420x673

Résumé

Lisa habite avec son papa, un rénovateur de maisons de banlieue. On est dans un petit bout du Québec proche des lignes américaines. Il ne s’y passe pas grand chose, mais cela n’empêche pas Lisa et son ami Éric de se distraire, d’apprendre, de faire des projets… bref, de grandir. Un jour, Éric doit partir et Lisa se retrouve seule, déroutée par la vie qui continue d’avancer, soumise aux nombreuses obligations qui pèsent sur l’adulte qu’elle devient. Jay, de son côté, purge sa peine comme agente civile au GRC. Cela fait plus de sept ans que sa vie s’est transformée. Désormais, elle ne peut même plus sortir de Montréal sans fournir un itinéraire à son agente de probation. Alors que fait une criminelle réformée lorsqu’un conteneur disparaît et que ses collègues se mettent frénétiquement à sa recherche? Facile : elle s’amuse.

Personnages

Elisabeth Routier-Savoie, dite Lisa: L’histoire commence alors qu’elle est adolescente. L’histoire se termine, elle est une femme. Une femme qui vient de faire le tour du monde! Débrouillarde, curieuse et déterminée, elle étudie l’électricité et s’occupe de son père de plus en plus malade.

Éric Le Blanc: Meilleur ami de Lisa. Il est atteint de claustrophobie et ne va même plus à l’école. Pour passer le temps, il s’essaie à hacker des appareils électroniques. Éventuellement, il quitte le Québec pour s’installer au Danemark où son beau-père travaille.

Jay, dite la Pequeña: La fin trentaine et complètement désabusée par sa situation, Jay survit. Elle compte les dodos qui la séparent de la liberté. Or, compter les dodos pendant huit ans c’est long.  Traiter des données pour la GRC dans un département oublié de tous, ça aussi c’est long.

On aime:

  • Comment les deux histoires se rejoignent. Car, au final c’est ce qui donne à ce roman toute sa direction. Il faut qu’il y ait un but à ces histoires parallèles.
  • Que les deux récits soient tout aussi intéressants et évolutifs. Dans un cas, comme dans l’autre, on est tenu en haleine.
  • Qu’on finisse par vraiment bien connaître et comprendre les personnages. On sait qui ils sont, comment ils pensent et ce qu’ils ressentent.

Un beau roman québécois qui mérite vraiment d’être lu et relu!

Bonne lecture!

Camille xxx

 

 

Une comédie romantique rafraîchissante

22 Août

Parfois, on regarde un film par hasard, et on tombe sur un truc génial. C’est ce qui m’est arrivé lorsque j’ai visionné Partie de pêche au Yémen (Salmon fishing in the Yemen), une comédie romantique qui n’a rien à voir avec les autres films du genre. Or, ce qui est encore plus merveilleux que de tomber par hasard sur un film génial, c’est d’apprendre que le film en question est tiré d’un roman! Quel bonheur! Voyons comment se comparent les versions littéraire et cinématographique.

D’abord, résumons l’affaire : Alfred Jones, spécialiste des pêches, s’ennuie à mourir dans son bureau du ministère des Pêcheries lorsqu’il reçoit un courriel lui demandant de participer à un projet d’introduction de la pêche au saumon au Yémen, financé par un cheik à la fortune considérable. D’abord réticent, Alfred se lance dans le projet, aidé d’une jeune conseillère financière optimiste, Harriet Chetwode-Talbot. Au fil du temps, Alfred et Harriet commencent à croire à l’impossible, alors que le projet avance et que leurs vies se transforment à vitesse grand V. Bien sûr, Fred tombe amoureux de Harriet (vous vous en doutiez, n’est-ce pas?), mais là n’est pas l’essentiel: le roman et le film n’ont définitivement rien à voir avec une comédie romantique traditionnelle, d’autant plus que la fin, pour le premier, est loin d’être réjouissante.

Le roman est construit comme un rapport de commission concernant le projet « Saumon du Yémen. » On a donc droit à un ensemble de documents plus ou moins disparates, allant du journal intime de Fred aux échanges de courriels entre le Premier ministre et son directeur des communications. Je dois avouer que cette formule, si elle est audacieuse, est un peu difficile : il faut rester très concentré et, parfois, on se demande pourquoi l’auteur a jugé bon d’ajouter telle ou telle partie. L’ensemble est tout de même très bon, avec des personnages bien campés, aux voix propres, et une fin douce-amère, qui nous laisse triste et optimiste à la fois –presque incroyable, non? C’est le miracle de Partie de pêche au Yémen: malgré une fin tragique, on a l’impression que tout va s’arranger, que la vie continue malgré les drames, et qu’on peut trouver de la force même lorsque tout s’écroule.

Partie de pêche images-booknode.com

Image: booknodes.com

Le film, pour sa part, compte sur des dialogues ciselés et efficaces, une facture visuelle audacieuse et une chimie palpable entre Alfred (Ewan McGregor -mon acteur préféré et la raison principale pour laquelle je voulais voir le film au départ) et Harriet (Emily Blunt). Ici, je dois faire une confidence: habituellement, les comédies romantiques m’ennuient, et les finales 100% heureuses me rendent folle. Mais, cette fois, c’est bien fait, tout en subtilité et en demi-teintes: un succès total en ce qui me concerne. On finit le film avec le coeur content, rempli d’espoir en l’humanité, avec le goût de lancer des projets improbables et de faire confiance à tout le monde. Si vous aimez les comédies romantiques, vous serez servis!

Si vous lisez le livre d’abord, vous serez peut-être déçus du film : on a modifié légèrement la trame pour transformer le scénario original en véritable comédie romantique (même si le principal n’est pas l’histoire d’amour mais bien le projet de pêche). En plus, on a supprimé plusieurs personnages secondaires pour donner un peu plus de panache à Fred, et franchement, ça fait du bien!

Qui gagne? Tout le monde!

Hé non, je n’arrive pas à me décider. Même s’ils nous laissent dans un état d’esprit légèrement différent, le roman et le film sont aussi bons l’un que l’autre. Sous toutes ses formes, Partie de pêche au Yémen est un divertissement efficace et intelligent, mêlant science, politique et histoire d’amour. Peu importe la fin, l’histoire est brillante, bien menée, portée par des personnages authentiques par leurs faiblesses et leurs espoirs.

Bref, n’hésitez pas et plongez! Vous ne le regretterez pas! 🙂

Anne-Sophie

Pour le lire

En français : Partie de pêche au Yémen, de Paul Torday, aux éditions 10-18

En anglais : Salmon fishing in the Yemen, chez Orion Books

Pour le voir

Partie de pêche au Yémen / Salmon fishing in the Yemen, de Lasse Hallström, avec Ewan McGregor, Emily Blunt et Kristin Scott Thomas, en DVD et Blu-ray.

Article commun d’août: Nos livres québécois préférés – Édition 2016

2 Août

Le 12 août est une date sacrée pour les Rockalouves: celle de l’événement Le 12 août, j’achète un livre québécois! Juste assez à l’avance pour que vous ayez le temps de faire vos choix, voici une liste des livres québécois que nous avons adorés ou qu’on a ajoutés à notre Pile À Lire (communément appelée PAL). Bonne lecture! 🙂

 

Véronique: Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours eu une grande attirance pour les belles choses. J’aime être entourée de beaux objets. J’aime l’histoire des objets, leur bagage! J’aime les couleurs, les paillettes, le brillant. J’aime que ma maison ait une vibe enjouée et positive. Toujours à la recherche de nouvelles inspirations, j’ai craqué pour le livre 300 trucs pour une déco parfaitement imparfaite de Damask et Dentelle dernièrement… Bon sang, je ne regrette pas mon achat! Un livre dynamique, beau, efficace, comme je les aime. Et que dire du talent de l’auteure, Vanessa Sicotte, qui anime présentement Marché Conclu!, une émission dans laquelle elle restaure et donne une nouvelle vie à des objets de seconde main. Je suis fan! 🙂

 

Crédit photo: Compte Instagram de Damask et Dentelle

Crédit photo: Compte Instagram de Damask et Dentelle

Anne-Sophie: Quoi de mieux qu’un bon roman? Un bon roman inspiré de faits réels. À ce titre, La Femme qui fuit, d’Anaïs Barbeau-Lavalette, me semble particulièrement prometteur. L’auteure explore la vie de sa grand-mère Suzanne Meloche, signataire du Refus global et épouse du peintre Marcel Barbeau, ayant abandonné ses enfants lorsqu’ils étaient très jeunes, dans un récit sensible et efficace, dit-on. Je ne l’ai pas encore lu, mais ça semble un incontournable! 😉

Lisa Marie: Je ne suis pas très à jour dans la littérature québécoise, mais il n’y a pas si longtemps, j’ai relu toute la série Maud Graham par Chrystine Brouillet. Je lis ses romans depuis que je suis petite (elle écrivait pour la Courte Echelle, vous vous rappelez?) et je l’ai suivie en grandissant. En plus, il y a toujours des chats dans ses histoires! 🙂

Andrée-Anne : J’aime les romans qui me permettent de voyager entre deux voyages que je fais «dans la vraie vie». C’est pourquoi j’ai eu un gros coup de coeur pour le premier roman adulte de Marie Demers : In Between. On suit Ariane, jeune adulte qui vit difficilement le décès subit de son père et qui décide de s’en aller loin, de prendre une pause de la vie. On embarque avec elle direction l’Argentine, le Cap-Vert, l’Inde et l’Irlande, pour ne nommer que ces destinations. En quelque part, je pense que nous avons tous déjà eu le goût de tout laisser derrière soi pour essayer de se reconstruire… ou de se construire tout simplement 🙂

Vanessa: Je me suis découvert, il y a de cela quelques années, une profonde, très profonde, attirance envers les bandes dessinées québécoises. Une série a particulièrement attiré mon attention, d’abord pour son contenant et par la suite pour son contenu, bien sûr. La série Paul du bédéiste Michel Rabagliati a su occuper plusieurs de mes journées, de façon entière (je veux dire, j’en traînais une dans ma grosse sacoche!). Bourrée de situations réalistes et de faits historiques, la série nous envoûte en nous amenant carrément à vivre en symbiose avec les personnages. Un must, si vous ne l’avez pas déjà dévorée! 😉

 

PaulàQuébec

Paul à Québec – Michel Rabagliati

Laurie : L’an dernier, pour cette fête du livre québécois, je m’étais procuré Six degrés de liberté de Nicolas Dickner. Et je ne fus pas déçue! Sincèrement, l’oeuvre est complète et complexe, mais je l’ai quand même dévorée. Évidemment, ça nous sort illico de la chicklit (que j’apprécie aussi à l’occasion), mais ça vaut le coup. Une histoire de conteneurs, d’inventions, de non-dits et d’enquête. Bref, je reste vague, à vous de le lire!

Voilà! On espère que nos propositions vous plaisent et vous inspirent. Le Québec regorge d’auteurs talentueux. À nous de célébrer ce talent, le 12 août prochain!

Bonne lecture les lou-loups!

Vos louves

Ensemble, c’est tout

21 Juil ensemble c'est tout

Après l’horreur des événements survenus à Nice la semaine dernière et mon écœurement général de tout ça, j’ai eu envie de vous partager une histoire qui m’a fait du bien ce week-end.

Une de mes collègues se sépare de plusieurs de ses livres et nous offre de nous servir dans sa bibliothèque improvisée au bureau. Très nice!

Je suis tombée sur le bouquin français Ensemble, c’est tout d’Anna Gavalda publié en 2004 aux Éditions Le Dilettante. Le nom me disait quelque chose, sans plus.

«Leur histoire, c’est la théorie des dominos, mais à l’envers. Au lieu de se faire tomber, ils s’aident à se relever.»

– Anna Gavalda

ensemble c'est tout

 

C’est un de ces romans où on retrouve des personnages brisés, qui crèvent de solitude et de peur. Peur de se laisser aller, d’être amoureux, d’être heureux. Jusqu’ici ça semble lourd, je l’admets.  😉

Ce qui est beau, c’est que ces trois personnes complètement différentes vont se trouver et se réparer petit à petit.

Camille qui ne dessine plus et qui semble avoir un sombre passé, Frank qui s’épuise dans le travail pour oublier que sa grand-mère se meurt à l’hospice et Philibert qui semble sorti d’une autre époque et qui peine à trouver sa place dans la société.

«Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences…»

C’est une histoire d’amitié, d’amour et d’épanouissement. Comme s’ils ne faisaient que survivre chacun de leur côté mais qu’ensemble, ils retrouvaient un sens à leurs vies.

«Ils ne demandaient rien d’autre que d’être heureux ensemble. Même pas heureux d’ailleurs, ils n’étaient plus si exigeants. D’être ensemble, c’est tout.»

Bien sûr, j’ai eu envie de regarder le film sorti en 2007 et réalisé par Claude Berri, avec entre autres Audrey Tautou. J’ai trouvé les personnages et les dialogues assez fidèles au roman, mais je n’ai pas ressenti d’émotions aussi fortes que lors de ma lecture. Mais dans mon cas, c’est presque toujours ainsi avec les livres qui sont portés à l’écran.

Michèle

 

« Allégeance »: Peu convaincant

19 Juil

De retour à mes vieilles habitudes, je vous parle aujourd’hui de l’adaptation cinématographique du roman Allégeance, de Veronica Roth. Ultime tome de la trilogie Divergence, il sera adapté en deux films, dont le premier est maintenant disponible en DVD. C’est donc l’heure du duel: dans le coin gauche, le livre; dans le coin droit, le film!

En bref

Le chaos règne à Chicago maintenant que les habitants ont trouvé le secret des fondateurs de la ville: les citoyens font partie d’une expérience visant à améliorer la génétique humaine. Tris Prior, son copain Quatre et quelques autres quittent la cité pour voir ce qui se cache à l’extérieur. Ils y découvrent le siège d’une organisation scientifique visant à « purifier » l’ADN humain. Dans ce nouvel environnement, les défis sont nombreux pour Tris et Quatre: alors que leur valeur réside entièrement dans leurs gènes, qui sont-ils vraiment? Comment peuvent-ils sauver leurs amis restés à Chicago?

Allégeance livre

Source: archambault.ca

La critique

Vous le savez, je suis une fan de la série Divergence. J’ai adoré les deux premiers tomes, que j’ai relus plusieurs fois. Or, le troisième m’a laissée sur ma faim: je suis franchement déçue de cette idée de l’expérience scientifique et de l’explication des Divergents. En fait, les Divergents, que l’on admire depuis le début pour leur force de caractère, ne sont rien d’autre que des anomalies génétiques, qui démontrent qu’il est possible de guérir l’humain de ses tares. Donc, toute la faute humaine serait une affaire de biologie. Que fait-on du libre arbitre, de la responsabilité individuelle? En bref, les salauds sont des salauds parce qu’ils ont de mauvais gènes, pas parce qu’ils sont méchants. Hors de question que j’achète cette explication boiteuse. Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé ce roman, mais, puisque je vous ai déjà parlé des deux premiers tomes, je me fais un devoir de critiquer aussi le dernier. 😉

La troisième partie de l’adaptation cinématographique n’est pas meilleure que son scénario original: pire encore, on a étiré le roman pour en faire deux films! Lorsqu’on parle d’oeuvres denses comme Harry Potter et les Reliques de la mort, ça passe bien et permet de plonger plus en profondeur dans les détails de l’histoire. Avec Allégeance, ça rend le tout pénible, surjoué, et plate par moments. Sincèrement, même Shailene Woodley, plus que convaincante en Tris depuis le début, semble s’ennuyer. Les effets spéciaux, utilisés à outrance, sont mal faits, laissant à l’ensemble un air artificiel qui nous distrait. Les dialogues sont tout sauf efficaces, alors… Vraiment pas de quoi se réjouir ici.

Qui gagne? Le roman

Malgré tout, le roman sort vainqueur de cette confrontation, d’abord parce qu’il tient en une partie, et aussi parce qu’il est sans doute plus intéressant que le film -dont la suite, Ascendance, sortira le printemps prochain -en téléfilm, s’il vous plaît, tant les recettes ont été décevantes.

Bref, si vous étiez fan de la série, vous pouvez regarder Allégeance, sans avoir trop d’attentes, parce qu’elles risquent fort d’être déçues. Sinon, franchement, je ne vous le conseille pas. Lisez-le donc pour commencer. 😉

Anne-Sophie
xx

Pour le lire

Allégeance, Veronica Roth, éditions Ada

Allegiant, Veronica Roth, HarperCollins

Pour le voir

Allégeance / Allegiant, avec Shailene Woodley et Theo James, en DVD, Blu-ray et numérique

 

Juste une page

30 Mai

Les journées rallongent. En sortant de mon studio d’entraînement, il faisait encore soleil. Avec cette belle luminosité, je ne me résignais pas à rentrer à la maison pour me doucher et me mettre en pyjama. Je voulais profiter des quelques rayons et de l’air vivifiant. Je me suis rendue à la marina, près du studio où je sue trois fois par semaine.

Des garçons faisaient des tours de BMX dans le stationnement, un couple de touristes prenait les bateaux en photo. Je me suis assise sur un banc au bout du quai et j’ai regardé l’horizon.  Je me sentais étrangement zen. Comme si j’étais un peu décalée.

Et puis, sorti de nulle part, cette question m’est venue en tête : «Si tout devait s’arrêter demain, que regretterais-tu de ne pas avoir fait?».

Ayoye. Moi qui voulais juste prendre de grandes bouffées d’air avant d’aller rejoindre ma chatte Rita pour une fin de soirée sous les couvertures. Visiblement, l’ambiance était aux réflexions profondes.

Si aujourd’hui était ma dernière journée, est-ce que je regretterais quelque chose? Je ne regretterais absolument rien de ce que j’ai fait. Sauf peut-être d’avoir brisé le coeur au même garçon deux fois. J’étais au secondaire, je ne savais pas ce que je voulais…

Mais y avait-il une chose que je souhaitais faire et que je n’avais pas encore osé faire? Oui. Vous aussi probablement.

For-the-love-of-books-

Photo provenant du site Flickr.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours souhaité écrire un livre. De quel type et pour quel public? Aucune idée. Mais écrire une histoire qui pourrait intéresser les gens, ça a toujours été un rêve. Or, n’écrit pas qui veut. Il faut de la détermination pour se rendre au bout du projet. Et il faut aussi avoir une histoire à partager. Le projet dormait depuis bien longtemps dans un recoin de ma tête. Le rêve persistait, mais il restait au stade de rêve.

Sauf que depuis mon retour du Bélize, une histoire me trottait en tête. Un petit bout d’histoire qui me hantait doucement mais avec lequel je ne faisais rien. Peut-être que j’avais la frousse de m’asseoir devant mon ordinateur et de commencer quelque chose d’un peu effrayant. Parce qu’écrire, pour moi, c’est un peu comme se mettre à nu. Et la nudité et moi, on s’apprivoise tranquillement.

Lors de cette soirée ensoleillée, assise face à la rivière, j’ai réalisé que je ne voulais pas regretter de ne pas avoir au moins essayé d’écrire. Je ne voulais plus courir le risque que tout s’arrête demain sans avoir fait une tentative de création littéraire. Alors je suis rentrée à la maison, j’ai ouvert mon ordinateur et j’ai commencé à aligner des mots. Sans me juger, sans me mettre de  pression. Je me suis lancée le défi d’écrire une page, une seule. Et puis d’écrire une seconde page le lendemain et une troisième le surlendemain. D’écrire une page par jour et de voir ce qui allait se passer. Que cette expérience se termine en livre ou pas, ce n’était pas important.

Depuis cette première page écrite dans un état d’urgence et de grande libération, j’en ai noircit une dizaine d’autres. Ce soir-là, je ne suis pas devenue écrivaine. Mais je suis devenue la femme qui ose faire un pas vers la concrétisation d’un rêve de fillette. Pour que, si demain tout s’arrête, je puisse dire que j’aurai au moins essayé. Et que je n’ai pas de regret.

Andrée-Anne Brunet

J’ai un cœur d’ado

5 Mai

J’ai 27 ans et je m’assume : je trippe sur les émissions de télé comme Le Chalet ou Jérémie à Vrak.tv. Des émissions où le public cible est pas mal plus autour de 16 ans que de la fin vingtaine, je dirais… 😉

Je ne crois pas que ce soit parce que je refuse de vieillir ou que je vive dans le passé, mais plutôt que j’ai encore des petits restants de mon cœur d’adolescente quelque part.

Je m’identifie et m’attache aux personnages : à leur fouge, à leur humour et à leur franc-parler, qui me rappelle mes propres soirées entre amis, mes histoires avec les garçons, mon regard sur l’amour…

Je suis rêveuse et il y a cette envie chez moi de vivre intensément, de ressentir des émotions fortes et vraies, qui se rapproche peut-être justement de la période de l’adolescence ou du début de la vingtaine. Et aussi, ce sont des émissions hyper bien écrites et réalisées qui ont tout pour plaire aussi aux adultes.

J’ai assisté au Dernier soir de coutellerie le 22 avril dernier, une lecture de certains textes de Sarah-Maude Beauchesne, auteure du blogue Les Fourchettes, des livres Cœur de slush et Lèche-vitrines (et certains épisodes/lignes du Chalet!) par plusieurs comédiennes comme Sarah-Jeanne Labrosse, Laurence Leboeuf, Catherine Brunet, etc., le tout accompagné au piano par la talentueuse Fanny Bloom.

🌹 Fuck you je t'aime. Les photos à couper le souffle de @cindyboyce en ligne sur son blogue: cindyboycephoto.com #derniersoirdecoutellerie

A post shared by Sarah-Maude Beauchesne ✍🏻 (@lesfourchettes) on

 

Les textes de Sarah-Maude, ses forks comme elle les appelle, me font sourire et me touchent beaucoup. Je connaissais déjà un peu son univers sur Instagram mais je n’avais jamais assisté à une lecture publique de ses écrits. C’était drôle, cru, poignant. Plein de réalisme et de pensées qui sont parfois très éloignées des miennes, et d’autres fois bien collées à mon univers.

 

⌚️❤️ #lesfourchettes #promispromis #derniersoirdecoutellerie

A post shared by Sarah-Maude Beauchesne ✍🏻 (@lesfourchettes) on

 

Dommage que c’était la dernière lecture de ses fourchettes, je suivrai assurément ses autres projets. Son roman Cœur de slush sera d’ailleurs adapté au cinéma, j’ai hâte! #jai16ans

Michèle

%d blogueurs aiment cette page :