Archive | CINÉMA RSS feed for this section

Big Little Lies: Succès mérité

19 Oct

Si vous avez vécu sous une roche toute l’année, vous avez peut-être raté la magnifique minisérie Big Little Lies/Petits secrets, grands mensonges, réalisée par le Québécois Jean-Marc Vallée. Avant d’être une production télévisuelle saluée par de nombreux prix Emmys, c’était un roman de l’Australienne Liane Moriarty. Alors, puisque la série m’a fascinée, j’ai dévoré le roman d’une seule traite… pour mieux vous en parler, bien sûr!

Lire la suite

Publicités

Billet commun d’octobre: Un film d’horreur marquant

3 Oct

Les feuilles tombent, le mercure baisse (ou pas?), les bonbons d’Halloween font leur apparition sur les tablettes des supermarchés… voilà octobre! Inspirées par le méga-succès de Ça, adapté du roman de Stephen King et par l’Halloween qui arrive, on vous offre une liste des films d’horreur qui nous ont marquées. Prêts à vous rappeler de mauvais souvenirs? (Nous, on n’est pas prêtes!)

Lire la suite

Moana: Princesse des mers

12 Déc

J’ai dit « princesse »? J’aurais aussi pu dire « future cheffe de son clan. » Ou « navigatrice hors pair et rebelle dans l’âme. » Car Moana n’a rien à voir avec les fragiles princesses qu’a créées Disney au fil du temps: elle s’inscrit définitivement dans la lignée des Merida, Elsa et compagnie -pour notre plus grand bonheur.

Moana, c’est l’histoire d’une jeune fille, héritière de son clan, qui sent l’appel de l’océan depuis son plus jeune âge. Toutefois, sur l’île paradisiaque où elle habite, l’océan est vu comme un danger: au-delà du récif, il n’y a rien d’autre qu’une mort certaine. Après la mort de sa grand-mère, qui lui a confié le coeur de la déesse Te-Fiti, responsable de l’équilibre du monde, Moana quitte son île pour rejoindre le demi-dieu Maui (à prononcer Ma-o-wi) et le forcer à rendre son coeur à la déesse. Si elle échoue, le monde sera bientôt englouti par les ténèbres et son peuple mourra.

Le scénario semble assez classique: le héros part dans une quête initiatique, contre l’avis de ses parents et de sa communauté, pour une grande mission dont dépend l’équilibre du monde. Oui, on a déjà vu ça quelque part: mais de cette manière-là, non.

D’abord, Moana compte sur l’encadrement de ses deux parents -fait ô combien rare dans les films de princesse. Elle a été élevée dans le respect de la terre et de son peuple, pour répondre aux besoins de chacun sans fatiguer les ressources. Ensuite, elle est courageuse, un peu têtue, parfois totalement maladroite: on s’y reconnaît facilement. Enfin, Moana n’a pas peur non plus de montrer ses émotions: elle trouve l’équilibre entre sa force de future cheffe de clan et sa fragilité tout à fait humaine.

Ce qui fait aussi le caractère unique de Moana, c’est l’environnement dans lequel elle évolue: alors qu’on a souvent vu les princesses confinées à leur château, elle est libre, suivant les vagues là où elles l’emmènent, se guidant à l’aide des étoiles. C’est ce qui m’a le plus touchée dans ce film: la liberté absolue qu’incarne Moana, et son rapport avec l’océan, qui l’a choisie pour ramener le coeur de Te-Fiti et la protège tout au long du film.

moana-gif

Une minuscule Moana salue l’océan. Quoi de plus mignon ? Image : images.m-magazine.com

Ah! J’allais oublier : un film de Disney n’en serait pas un sans une bonne trame sonore, n’est-ce pas? Les chansons sont magnifiques, inspirées de la tradition polynésienne. La chanson de Moana, How Far I’ll Go, est franchement prometteuse, et sa version française (celle que j’ai vue au cinéma) m’est longtemps restée en tête. Un nouveau Let It Go/Libérée, Délivrée, peut-être? Je ne crois pas, mais un ver d’oreille à coup sûr.

Alors, si vous cherchez un bon film familial à voir ces jours-ci, pour vous faire oublier l’hiver qui nous enveloppe tranquillement, allez donc voir Moana: le soleil et l’océan vous feront oublier le froid.

Bon cinéma! 😉

Anne-Sophie

Intimidation 2.0

17 Oct

Fini le temps où tu pouvais avoir un peu de répit une fois rendu à la maison, les mots qui blessent te suivent à toute heure du jour ou de la nuit, au son des notifications de ton téléphone, bien au-delà des murs de l’école.

Multipliés par les Facebook, Instagram et Snapchat de ce monde, ça en devient complètement obsédant. Laissant une trace sur le Web en plus de celles qui écorchent l’âme.

Je suis sortie assez troublée de la projection du film 1:54 de Yan England la semaine dernière. Ouf, me suis-je dit, quel soulagement de ne pas avoir vécu le secondaire à l’ère des réseaux sociaux!

Dès les premières secondes du film, on est transporté à l’époque de l’adolescence avec le plan des autobus jaunes en file indienne, une image tellement forte. Sauf que dans mon cas, ce sont de beaux souvenirs qui refont surface.

C’est l’histoire de deux amis, isolés, qui subissent les railleries d’une gang populaire de l’école depuis plusieurs années, constamment aux aguets d’être victime d’une «joke» comme le mentionnera l’un des intimidateurs à la fin du film. On comprend rapidement qu’au-delà de l’amitié, c’est une histoire d’amour entre les deux jeunes hommes qui tourne rapidement en tragédie. Et puis la course devient une façon de se venger, une façon d’oublier et de retrouver une certaine paix. Alors qu’on croit que tout ira pour le mieux, le partage d’une vidéo sur les réseaux sociaux donnera le coup fatal, sera la «blague» de trop. On est aussi confronté à la triste réalité d’un père et d’un coach qui veulent aider mais qui sont au bout du compte bien impuissants face au désespoir et à l’angoisse causés par la cyberintimidation.

Le jeu des acteurs Antoine Olivier Pilon, Lou-Pascale Tremblay et Robert Naylor est tellement juste et vrai. On est d’ailleurs loin du stéréotype de l’homosexuel efféminé, le film nous présentant des personnages beaucoup plus près de la réalité.

Le film est difficile, percutant, mais nécessaire. On a envie de dire au personnage principal de ne pas lâcher, d’attendre quelques années et que tout finira par rentrer dans l’ordre. Sauf que pour un adolescent, c’est son monde qui s’écroule. Et ce, devant un public qui ne se gêne pas pour en rajouter à coup de commentaires violents.

Bon visionnement, bonne réflexion!

Michèle

Des docus à voir

26 Août Demain

Le mois d’août aura été pour moi celui du documentaire. Ça fait changement de Netflix, c’est loin d’être ennuyeux et on se couche un peu moins niaiseux. 😉 J’ai visionné Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent au Cinéma Beaubien et Parfaites de Jérémie Battagila à la Cinémathèque québécoise.

Demain

Demain

Crédit photo : www.demain-lefilm.com

Un film qui parle de l’avenir de la planète et qui n’est pas déprimant, ça se peut? Demain présente certes des statistiques accablantes sur l’état de nos ressources alimentaires, environnementales, financières, etc., mais les réalisateurs ont décidé de présenter des solutions et des idées innovantes qui se développent en ce moment même un peu partout dans le monde pour pallier les problématiques. Tout ça bien vulgarisé sur les thèmes de l’agriculture, de l’économie, de l’éducation, de l’énergie et de la démocratie.

Ça fait réfléchir sur notre consommation et notre mode de vie, ça donne envie de participer au mouvement et je suis certaine que ça inspirera de nouveaux projets et de nouvelles collaborations à travers le monde. À voir absolument!

 

Parfaites

Avec les Olympiques de Rio qui viennent de se terminer, le visionnement de ce docu tombait à point. On y suit le travail acharné de l’équipe canadienne de nage synchronisée, de la sélection des nageuses aux qualifications pour les Jeux. Un sport difficile et exigeant qui va bien au-delà des mimiques et des paillettes.

On y aborde la subjectivité des notes du jury, les blessures physiques, les troubles alimentaires… C’est crève-cœur de voir les nageuses travailler si fort alors qu’on sait dès le début qu’elles ne se qualifieront pas pour les JO. Un sport démystifié qui rend hommage au dur labeur de ces athlètes.

Bons docus!

Michèle

Une comédie romantique rafraîchissante

22 Août

Parfois, on regarde un film par hasard, et on tombe sur un truc génial. C’est ce qui m’est arrivé lorsque j’ai visionné Partie de pêche au Yémen (Salmon fishing in the Yemen), une comédie romantique qui n’a rien à voir avec les autres films du genre. Or, ce qui est encore plus merveilleux que de tomber par hasard sur un film génial, c’est d’apprendre que le film en question est tiré d’un roman! Quel bonheur! Voyons comment se comparent les versions littéraire et cinématographique.

D’abord, résumons l’affaire : Alfred Jones, spécialiste des pêches, s’ennuie à mourir dans son bureau du ministère des Pêcheries lorsqu’il reçoit un courriel lui demandant de participer à un projet d’introduction de la pêche au saumon au Yémen, financé par un cheik à la fortune considérable. D’abord réticent, Alfred se lance dans le projet, aidé d’une jeune conseillère financière optimiste, Harriet Chetwode-Talbot. Au fil du temps, Alfred et Harriet commencent à croire à l’impossible, alors que le projet avance et que leurs vies se transforment à vitesse grand V. Bien sûr, Fred tombe amoureux de Harriet (vous vous en doutiez, n’est-ce pas?), mais là n’est pas l’essentiel: le roman et le film n’ont définitivement rien à voir avec une comédie romantique traditionnelle, d’autant plus que la fin, pour le premier, est loin d’être réjouissante.

Le roman est construit comme un rapport de commission concernant le projet « Saumon du Yémen. » On a donc droit à un ensemble de documents plus ou moins disparates, allant du journal intime de Fred aux échanges de courriels entre le Premier ministre et son directeur des communications. Je dois avouer que cette formule, si elle est audacieuse, est un peu difficile : il faut rester très concentré et, parfois, on se demande pourquoi l’auteur a jugé bon d’ajouter telle ou telle partie. L’ensemble est tout de même très bon, avec des personnages bien campés, aux voix propres, et une fin douce-amère, qui nous laisse triste et optimiste à la fois –presque incroyable, non? C’est le miracle de Partie de pêche au Yémen: malgré une fin tragique, on a l’impression que tout va s’arranger, que la vie continue malgré les drames, et qu’on peut trouver de la force même lorsque tout s’écroule.

Partie de pêche images-booknode.com

Image: booknodes.com

Le film, pour sa part, compte sur des dialogues ciselés et efficaces, une facture visuelle audacieuse et une chimie palpable entre Alfred (Ewan McGregor -mon acteur préféré et la raison principale pour laquelle je voulais voir le film au départ) et Harriet (Emily Blunt). Ici, je dois faire une confidence: habituellement, les comédies romantiques m’ennuient, et les finales 100% heureuses me rendent folle. Mais, cette fois, c’est bien fait, tout en subtilité et en demi-teintes: un succès total en ce qui me concerne. On finit le film avec le coeur content, rempli d’espoir en l’humanité, avec le goût de lancer des projets improbables et de faire confiance à tout le monde. Si vous aimez les comédies romantiques, vous serez servis!

Si vous lisez le livre d’abord, vous serez peut-être déçus du film : on a modifié légèrement la trame pour transformer le scénario original en véritable comédie romantique (même si le principal n’est pas l’histoire d’amour mais bien le projet de pêche). En plus, on a supprimé plusieurs personnages secondaires pour donner un peu plus de panache à Fred, et franchement, ça fait du bien!

Qui gagne? Tout le monde!

Hé non, je n’arrive pas à me décider. Même s’ils nous laissent dans un état d’esprit légèrement différent, le roman et le film sont aussi bons l’un que l’autre. Sous toutes ses formes, Partie de pêche au Yémen est un divertissement efficace et intelligent, mêlant science, politique et histoire d’amour. Peu importe la fin, l’histoire est brillante, bien menée, portée par des personnages authentiques par leurs faiblesses et leurs espoirs.

Bref, n’hésitez pas et plongez! Vous ne le regretterez pas! 🙂

Anne-Sophie

Pour le lire

En français : Partie de pêche au Yémen, de Paul Torday, aux éditions 10-18

En anglais : Salmon fishing in the Yemen, chez Orion Books

Pour le voir

Partie de pêche au Yémen / Salmon fishing in the Yemen, de Lasse Hallström, avec Ewan McGregor, Emily Blunt et Kristin Scott Thomas, en DVD et Blu-ray.

Je déteste ce que mes vêtements représentent

16 Août

Hier soir, ma vision des vêtements a complètement changé. J’ouvre ma garde-robe et je déteste ce que mes vêtements représentent. Hier soir,  j’ai regardé le documentaire The True Cost. Ce film démontre l’envers du décor de l’industrie du vêtement. Dans ce documentaire coup-de-poing, on démontre comment, en exigeant de toujours payer moins cher pour nos vêtements, nous sommes responsables des conditions de travail critiques des travailleurs dans les usines. En voulant toujours payer moins pour obtenir plus, nous encourageons ce système qui met en danger la santé et la vie de travailleurs en Asie et au Moyen-Orient.

1462469765059

Affiche du documentaire The True Cost

The True Cost est un film qui ouvre les yeux, sans être moralisateur. Nous devenons conscients de l’impact de la culture du coton sur nos sols et de l’usage excessif de pesticides. Nous réalisons l’équilibre précaire entre le bien-être de notre environnement et nos besoins toujours grandissants de produire en masse des vêtements que nous portons le temps qu’une nouvelle collection arrive sur les tablettes des magasins. On consomme nos T-shirts comme on consomme de la malbouffe. J’en ai des frissons.

Ce documentaire est un cri d’alerte. C’est une claque en plein visage. Je ne peux plus faire comme si je ne savais pas à quel point les vies de milliers d’individus sont affectées par notre besoin maladif de garnir notre garde-robe jusqu’à la faire exploser. Il est question ici de gens qui habitent à l’autre bout de la planète et dont la vie a autant de valeur que la mienne. Qui suis-je pour leur imposer des conditions de travail précaires, dangereuses et inhumaines dans le simple but de payer mon chandail le moins cher possible?

TrueCost_FilmStill_16

Une jeune travailleuse de l’industrie du vêtement dont on découvre l’histoire dans The True Cost.

Il existe des solutions écologiques et humaines à ce problème de consommation maladive caractéristique de notre siècle. Le documentaire présente des compagnies éthiques qui créent de superbes vêtements tout en s’assurant que, dans toute la chaîne de création, la vie et le talent des gens impliqués sont respectés. De mon côté, je fréquente depuis un peu plus de six ans la charmante boutique Folle guenille située dans Hochelaga. Depuis ma rencontre avec Isabelle, la propriétaire, je magasine presqu’exclusivement mes vêtements dans ce paradis du designer québécois et du vêtement recyclé. J’aime encourager le talent d’ici et j’aime encore plus savoir que je porte du tissu auquel on a donné une seconde vie.  Même si j’ouvre un peu plus grand mon portefeuille, je suis heureuse de tenter de faire ma petite part pour notre belle planète!

Malgré les petits gestes que je pose depuis quelques années, je suis sortie bouleversée du visionnement de The True Cost. Malgré mes efforts pour acheter local et recyclé, je suis loin d’être parfaite. Tout comme n’importe qui, j’aime payer le moins cher possible pour ce que je consomme. Or, après avoir regardé The True Cost, je suis à un carrefour dans mon mode de consommation. Je peux continuer à acheter des chandails à des prix ridiculement bas et continuer d’encourager une industrie qui n’a pas à coeur le bien-être de ses employés. Ou je peux accepter de payer plus cher pour mon t-shirt afin d’avoir la conscience tranquille.

Mon choix est clair. Mon portefeuille n’aimera pas, mais mon coeur me remerciera.

Visionnez The True Cost sur Netflix ou en le louant sur iTunes.
Cliquez ici pour voir la bande-annonce.

Andrée-Anne Brunet

Ensemble, c’est tout

21 Juil ensemble c'est tout

Après l’horreur des événements survenus à Nice la semaine dernière et mon écœurement général de tout ça, j’ai eu envie de vous partager une histoire qui m’a fait du bien ce week-end.

Une de mes collègues se sépare de plusieurs de ses livres et nous offre de nous servir dans sa bibliothèque improvisée au bureau. Très nice!

Je suis tombée sur le bouquin français Ensemble, c’est tout d’Anna Gavalda publié en 2004 aux Éditions Le Dilettante. Le nom me disait quelque chose, sans plus.

«Leur histoire, c’est la théorie des dominos, mais à l’envers. Au lieu de se faire tomber, ils s’aident à se relever.»

– Anna Gavalda

ensemble c'est tout

 

C’est un de ces romans où on retrouve des personnages brisés, qui crèvent de solitude et de peur. Peur de se laisser aller, d’être amoureux, d’être heureux. Jusqu’ici ça semble lourd, je l’admets.  😉

Ce qui est beau, c’est que ces trois personnes complètement différentes vont se trouver et se réparer petit à petit.

Camille qui ne dessine plus et qui semble avoir un sombre passé, Frank qui s’épuise dans le travail pour oublier que sa grand-mère se meurt à l’hospice et Philibert qui semble sorti d’une autre époque et qui peine à trouver sa place dans la société.

«Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences…»

C’est une histoire d’amitié, d’amour et d’épanouissement. Comme s’ils ne faisaient que survivre chacun de leur côté mais qu’ensemble, ils retrouvaient un sens à leurs vies.

«Ils ne demandaient rien d’autre que d’être heureux ensemble. Même pas heureux d’ailleurs, ils n’étaient plus si exigeants. D’être ensemble, c’est tout.»

Bien sûr, j’ai eu envie de regarder le film sorti en 2007 et réalisé par Claude Berri, avec entre autres Audrey Tautou. J’ai trouvé les personnages et les dialogues assez fidèles au roman, mais je n’ai pas ressenti d’émotions aussi fortes que lors de ma lecture. Mais dans mon cas, c’est presque toujours ainsi avec les livres qui sont portés à l’écran.

Michèle

 

« Allégeance »: Peu convaincant

19 Juil

De retour à mes vieilles habitudes, je vous parle aujourd’hui de l’adaptation cinématographique du roman Allégeance, de Veronica Roth. Ultime tome de la trilogie Divergence, il sera adapté en deux films, dont le premier est maintenant disponible en DVD. C’est donc l’heure du duel: dans le coin gauche, le livre; dans le coin droit, le film!

En bref

Le chaos règne à Chicago maintenant que les habitants ont trouvé le secret des fondateurs de la ville: les citoyens font partie d’une expérience visant à améliorer la génétique humaine. Tris Prior, son copain Quatre et quelques autres quittent la cité pour voir ce qui se cache à l’extérieur. Ils y découvrent le siège d’une organisation scientifique visant à « purifier » l’ADN humain. Dans ce nouvel environnement, les défis sont nombreux pour Tris et Quatre: alors que leur valeur réside entièrement dans leurs gènes, qui sont-ils vraiment? Comment peuvent-ils sauver leurs amis restés à Chicago?

Allégeance livre

Source: archambault.ca

La critique

Vous le savez, je suis une fan de la série Divergence. J’ai adoré les deux premiers tomes, que j’ai relus plusieurs fois. Or, le troisième m’a laissée sur ma faim: je suis franchement déçue de cette idée de l’expérience scientifique et de l’explication des Divergents. En fait, les Divergents, que l’on admire depuis le début pour leur force de caractère, ne sont rien d’autre que des anomalies génétiques, qui démontrent qu’il est possible de guérir l’humain de ses tares. Donc, toute la faute humaine serait une affaire de biologie. Que fait-on du libre arbitre, de la responsabilité individuelle? En bref, les salauds sont des salauds parce qu’ils ont de mauvais gènes, pas parce qu’ils sont méchants. Hors de question que j’achète cette explication boiteuse. Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé ce roman, mais, puisque je vous ai déjà parlé des deux premiers tomes, je me fais un devoir de critiquer aussi le dernier. 😉

La troisième partie de l’adaptation cinématographique n’est pas meilleure que son scénario original: pire encore, on a étiré le roman pour en faire deux films! Lorsqu’on parle d’oeuvres denses comme Harry Potter et les Reliques de la mort, ça passe bien et permet de plonger plus en profondeur dans les détails de l’histoire. Avec Allégeance, ça rend le tout pénible, surjoué, et plate par moments. Sincèrement, même Shailene Woodley, plus que convaincante en Tris depuis le début, semble s’ennuyer. Les effets spéciaux, utilisés à outrance, sont mal faits, laissant à l’ensemble un air artificiel qui nous distrait. Les dialogues sont tout sauf efficaces, alors… Vraiment pas de quoi se réjouir ici.

Qui gagne? Le roman

Malgré tout, le roman sort vainqueur de cette confrontation, d’abord parce qu’il tient en une partie, et aussi parce qu’il est sans doute plus intéressant que le film -dont la suite, Ascendance, sortira le printemps prochain -en téléfilm, s’il vous plaît, tant les recettes ont été décevantes.

Bref, si vous étiez fan de la série, vous pouvez regarder Allégeance, sans avoir trop d’attentes, parce qu’elles risquent fort d’être déçues. Sinon, franchement, je ne vous le conseille pas. Lisez-le donc pour commencer. 😉

Anne-Sophie
xx

Pour le lire

Allégeance, Veronica Roth, éditions Ada

Allegiant, Veronica Roth, HarperCollins

Pour le voir

Allégeance / Allegiant, avec Shailene Woodley et Theo James, en DVD, Blu-ray et numérique

 

Des Oscars à la page

12 Fév

Les Oscars, c’est pour les films. Mais oui, je sais. Toutefois, si la littérature n’était pas là pour fournir une bonne dose d’inspiration aux réalisateurs de ce monde, la cérémonie aurait une toute autre allure cette année. Tour d’horizon des finalistes aux racines littéraires.

Room, Emma Donoghue

Nominations : Meilleur Film, Meilleure Actrice (Brie Larson), Meilleur Réalisateur (Lenny Abrahamson), Meilleur scénario adapté

En bref : Jack, 5 ans, habite seul avec sa mère. Dans une seule pièce. Depuis toujours. Sa mère lui fait croire que le monde se résume à cette pièce, jusqu’à ce qu’elle décide de lui donner sa chance et de l’aider à s’échapper.

Brooklyn, Colm Toibin

Nominations : Meilleur film, Meilleure actrice (Saoirse Ronan)

En bref : Une jeune Irlandaise se retrouve à New York en quête de travail, rencontre un Italien dont elle tombe amoureuse, s’habitue tranquillement à sa nouvelle vie, jusqu’à ce qu’elle soit rappelée au pays à cause de la mort de sa sœur. Choix déchirants en vue.

The Revenant / Le Revenant, Michael Punke

Nominations : Meilleur film, Meilleur acteur (Leonardo DiCaprio), Meilleur réalisateur (Alejandro G. Inàrritu), Meilleure photographie, Meilleur acteur de soutien (Tom Hardy)

En bref : 1832, Missouri. Hugh Grass, trappeur, est blessé par un ours lors d’une expédition plus que périlleuse. Abandonné par les deux hommes qui avaient promis de veiller sur lui, le trappeur doit se débrouiller seul pour survivre, avec sa soif de vengeance pour alliée.

Steve Jobs, Walter Isaacson

Nominations : Meilleur acteur (Michael Fassbender)

En bref : La biographie du fondateur d’Apple. Faut-il que j’explique davantage? 😉

Danish Girl, David Ebershoff

Nominations : Meilleur acteur (Eddie Redmayne), Meilleure direction artistique, Meilleure actrice de soutien (Alicia Vikander)

En bref : Pour aider sa femme à terminer le tableau d’une cantatrice, Einar accepte de se vêtir comme une femme pendant quelques heures –quelques heures qui vont changer sa vie. Lentement, Einar se transforme en Lily, mettant en péril son mariage et remettant en question son identité même. Inspiré d’une histoire vraie.

The Price of Salt / Carol, Patricia Highsmith

Nominations : Meilleure actrice (Cate Blanchet), Meilleure bande originale (Carter Burwell), Meilleure photographie, Meilleure actrice de soutien (Rooney Mara)

En bref : Therese, employée de magasin, rencontre Carol, une femme mariée en instance de divorce, dans le magasin où elle travaille. Elles ne devraient rien ressentir l’un pour l’autre, et pourtant des sentiments forts se développent entre elles. Mais, avec Carol qui craint de perdre la garde sa fille si on venait à découvrir leur relation, les choses ne sont pas simples.

The Martian / Seul sur Mars, Andy Weir

Nominations : Meilleur acteur (Matt Damon), Meilleur scénario adapté, Meilleure direction artistique

En bref : Après une violente tempête qui force ses coéquipiers à quitter la planète Mars, Mark se retrouve seul et sans ressources, coupé de tout. Il devra trouver les moyens d’affronter les problèmes apparemment insurmontables qui se posent sur son chemin dans une tentative désespérée de revenir sur Terre.

Hé bien! Maintenant, vous pourrez regarder les Oscars en sachant que, sans le génie des auteurs de romans, la cérémonie aurait une toute autre allure. 😉

Anne-Sophie

 

Star Wars VII : retour aux sources réussi

6 Jan

Vous le savez déjà, j’avais une hâte indescriptible d’enfin voir Star Wars : Le Réveil de la Force au cinéma. J’ai attendu dix jours (DIX JOURS!!) avant d’enfin m’asseoir devant l’écran géant pour me plonger dans les nouvelles aventures de cette Galaxie Très, Très Lointaine, le cœur battant comme si je venais de courir le 100 mètres contre Usain Bolt.

 

Star Wars poster

Source: screencrush.com

 

Je n’ai pas été déçue.

On retrouve la Galaxie Très, Très Lointaine presque quarante ans après la chute de l’Empire. La situation ne semble pourtant pas meilleure : le vil Premier Ordre a remplacé l’Empire à la tête de la galaxie, et la Résistance cherche à le renverser pour ramener la paix. Tout au long du film, on suit Finn, déserteur du Premier Ordre, et Rey, pilleuse d’épaves sans famille, qui cherchent à rejoindre la Résistance pour leur rendre le droïde qui contient les cartes permettant de retrouver le Jedi exilé Luke Skywalker, seul espoir de la Résistance de renverser le Premier Ordre.

L’histoire à elle seule ne justifie pas l’émerveillement que j’ai ressenti à regarder le film : en fait, elle ressemble beaucoup à celle de l’Épisode IV. Voir un nouveau Star Wars, c’est me replonger dans un univers mythique, revivre toute la magie qui faisait battre mon coeur la première fois que j’ai vu Luke saisir un sabre laser et retrouver des personnages adorés depuis mon enfance. Personnages qui, alliant nouveaux visages et vieux de la vieille, nous sont sympathiques dès le départ : on espère que les nouveaux venus s’en sortent, sans savoir qui ils sont. Le côté humain du film est très réussi : les personnages sont parfois maladroits, toujours spontanés, et ô combien intéressants.

Ce qui fait aussi la valeur de cet épisode à mes yeux, c’est la force de Rey, le personnage féminin le plus cool de tout Star Wars. Leia était pleine de sang-froid et capable d’affronter n’importe quoi, mais elle finissait toujours par être secourue par Luke ou Han; Padmé avait un sens politique incroyable, mais elle laissait son amour pour Anakin prendre le dessus sur tout le reste. Rey, elle, n’a définitivement besoin de personne. Elle est une pilote hors pair, faisant fonctionner seule le Faucon Millenium; utilisant son bâton comme une arme, elle est redoutablement efficace, mettant à terre des adversaires entraînés par le Premier Ordre. Franchement, je ne peux pas rêver mieux.

Star Wars Rey

Rey et BB-8 rappellent inévitablement Luke et R2-D2, mais… on aime ça! Source: premiere.fr

L’aspect visuel du Réveil de la Force est aussi intéressant : fidèle aux originaux, il ne fait pas appel aux effets spéciaux aussi fréquemment que la prélogie, dont les vaisseaux en 3D étaient ridiculement cleans : ici, les speeders et les vaisseaux semblent faits de vrai métal cabossé, et ça nous rappelle heureusement la facture brute des épisodes IV à VI. Il y a quelque chose de très organique dans ce film, qui retourne aux sources de Star Wars tout en actualisant la trame. Franchement, si les autres films sont aussi réussis que celui-là, ce sera un succès monstre – et un plaisir à regarder pour les fans et les non-fans, je l’espère.

Bon cinéma, et… que la Force soit avec vous! 😉

Anne-Sophie

Star Wars : revisiter un classique

8 Déc

À moins que vous viviez dans « une galaxie très, très lointaine », vous savez que, dans dix jours exactement, la folie Star Wars s’emparera des écrans pour l’épisode VII, Le Réveil de la Force. Pour célébrer le retour de Luke, Leia, Han et compagnie, je vous propose une relecture (littérale!) de l’épisode charnière de la série, celui qui a fait disparaître Anakin Skywalker pour le transformer en l’impitoyable Darth Vader : La Revanche des Sith. Alors… la Force est-elle plus forte dans le roman ou dans le film?

Avant de répondre à cette question d’importance vitale, je me permets de vous faire un résumé de la tragique descente aux Enfers d’Anakin Skywalker, le très doué (et très prétentieux) apprenti du tout aussi doué mais très humble Obi-Wan Kenobi. Anakin est bourré de talent, prometteur : c’est l’Élu chargé de ramener l’équilibre dans la Force. Toutefois, il s’est déjà écarté de cette voie en épousant Padmé Amidala qui attend un enfant de lui. Poussé par une peur irrationnelle de perdre Padmé qui l’entraîne lentement vers la paranoïa, Anakin sombre dans une spirale de mensonge et de colère qui le fera basculer vers le côté Obscur –et lorsqu’on bascule dans l’Obscurité, on n’en revient pas.

Star Wars livre

amazon.fr

Match nul!

C’est simple, je n’arrive pas à me décider. Dans le roman, j’ai été automatiquement conquise par le style vivant et imagé de Matthew Stover, qui sait à merveille décrire les batailles intergalactiques tout en décrivant à la perfection les personnages, dont il saisit toutes les nuances. Sa plume est à la fois efficace et dramatique, nous donnant la chair de poule alors que l’Obscurité menace d’engloutir la Lumière. L’auteur exploite à merveille les possibilités du roman, déviant de la trame cinématographique, ajoutant des scènes… Une transposition littéraire brillante, qui complexifie son matériel-source.

Dans le film, j’ai retrouvé tous les ingrédients qui m’ont fait adorer la première trilogie: intrigues politiques, combats de sabre laser époustouflants, épiques batailles de vaisseaux spatiaux… Les effets spéciaux sont à leur meilleur : la confrontation finale entre Anakin et Obi-Wan est à couper le souffle, chargée d’une tension dramatique très forte, incluant des poursuites haletantes au milieu d’un paysage volcanique aux allures infernales. Visuellement, c’est une belle réussite: du cinéma exploité au maximum.

Bref, si vous voulez vous replonger dans l’univers de Star Wars avant la grande sortie de l’Épisode VII, je vous conseille sans hésiter une lecture (ou un visionnement) de La Revanche des Sith, un divertissement efficace, alliant drame et action avec justesse. Et si vous décidez de vous taper la série au complet, en version littéraire ou cinématographique, eh bien… que la Force soit avec vous! 😉

Anne-Sophie

 

Pour le lire

En français: Star Wars, Episode III: La Revanche des Sith, par Matthew Stover, chez Fleuve Noir.

En anglais: Star Wars, Episode III. Revenge of the Sith, chez Ballantine.

Pour le voir

En DVD et Blu-Ray.

Duo québécois

6 Oct

La semaine dernière, j’ai eu la chance de comprendre, encore une fois, l’étendue du talent artistique québécois dans deux œuvres distinctes. D’abord, dans une nouvelle mise en scène de Bousille et les justes de Gratien Gélinas, par Jean-Philippe Joubert. Puis, dans le visionnement de Paul à Québec, adaptation cinématographique de la bande dessinée éponyme de Michel Rabagliati.

J’ai eu envie de vous parler de ces deux œuvres touchantes d’une qualité incroyable.

BOUSILLE

C’est au Théâtre la Bordée que j’ai assisté à ce classique québécois. Je n’en savais que très peu de choses, mise à part l’auteur, les comédiens et le synopsis. Pour une fille qui a étudié en littérature, je n’étais pas trop fière.

La pièce raconte le passage de la famille Grenon à Montréal pour le procès du plus jeune, Aimé, accusé du meurtre d’un rival amoureux. Bien que tous soit convaincus de son innocence, les membres du clan familial sont prêts à tout pour qu’il soit acquitté et ainsi, garder sauf l’honneur de la famille. Bousille, cousin de la famille et seul témoin des événements, aura un grand rôle à jouer dans le jugement. La naïveté et droiture de celui-ci seront grandement ébranlés dans le processus.

Christian Michaud campe le rôle de Bousille si justement, si parfaitement, comme d’ailleurs tous les personnages qu’il a interprété. Je suis fan de son talent, c’est dit ! Ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé ; j’ai PLEURÉ pendant l’une des scènes les plus éprouvantes. Le jeu entre les personnages était très fort et cela venait jouer dans nos valeurs à nous, les spectateurs.

Pour sa part, la scénographie ouverte, qui donnait sur l’entièreté de l’espace de jeu de la scène de la Bordée, donnait un regard tout autre sur l’histoire, nous permettant d’y voir de la figuration et d’avoir une vue d’ensemble.

Je vous le recommande, en salle jusqu’au 10 octobre (faites vite !).

Christian Michaud en Bousille Crédit : La Bordée

Christian Michaud en Bousille
Crédit : La Bordée

 

PAUL

Les bandes dessinées de Michel Rabagliati sont populaires au Québec, par le talent de l’illustrateur mais aussi par les histoires différentes qui y sont racontées. Paul à Québec, le 6e album de l’auteur, est une véritable hymne à la vie, incarnée au cinéma par des acteurs de grand talent, pour ne nommer que François Létourneau, Gilbert Sicotte et Julie Le Breton.

J’aurais du mal à dire quel est le punch du film ou même qui est le personnage principal. La beauté réside dans le fait que c’est la vie, notre vie qui y est narrée. Dans sa beauté et sa tristesse parfois de ce qui meuble le quotidien et bâti les années.

J’ai aimé que des bouts de bandes dessinées y soient inséré, j’ai aimé la justesse du jeu des acteurs, la simplicité, les larmes qui ont confirmé que le film visait juste (OK oui, je suis une émotive).

Le générique termine sur une douce note et tous les spectateurs dans la salle sont restés assis portés par le même sentiment de réflexion, de regard sur la poésie de la vie.

J’espère vous donner envie de courir au cinéma visionner ce beau film québécois!

Crédit phtoo : Paul à Québec - Le film

Crédit photo : Paul à Québec – Le film

Appréciez-vous l’art québécois, sous toutes ses formes? Quels pièces, films, expositions avez-vous envie de voir cet automne?

Bonne écoute!

Laurie-Louve xxx

« Toujours Alice »: Briser les tabous

5 Oct

J’avais hâte d’enfin lire et voir Toujours Alice / Still Alice. Mettre au centre d’une histoire un personnage atteint d’Alzheimer précoce était un pari risqué: la démence n’est pas un sujet très à la mode. Mais le pari est réussi haut la main par l’auteure Lisa Genova avec un roman touchant que l’on lit d’une traite. Comparaison avec le film.

En bref

Alice Howland, 50 ans, mère de trois enfants, est professeure d’université. Tout semble parfait, jusqu’au jour où elle commence à oublier. Des banalités d’abord, puis des choses de plus en plus importantes. Après s’être perdue dans son propre quartier, elle consulte un neurologue et le diagnostic tombe: Alzheimer précoce. Alice tente courageusement de continuer sa carrière universitaire, mais elle est vite forcée de se concentrer sur sa santé. Elle s’accroche de son mieux à ses souvenirs, mais ils s’envolent de plus en plus et même son corps la trahit. Une histoire criante de vérité, qui met en lumière le difficile parcours de tous les malades atteints d’Alzheimer qui, comme le dit Alice dans le film, ne peuvent pas compter sur la sympathie des autres face à leur maladie mais doivent plutôt affronter leur mépris et leur incompréhension.

Source: renaud-bray.com

Source: renaud-bray.com

Qui gagne? Le roman

Pourquoi?

La narration est férocement efficace. On suit la lente dégénérescence d’Alice comme dans une course contre la montre, alors que les indices de progrès de la maladie s’accumulent et que ses souvenirs s’étiolent. Tout au long du roman, l’émotion est palpable. La détresse d’Alice nous déchire le coeur. C’est une histoire qui touche, qui prend aux tripes, parce qu’elle fait écho à la réalité de tant de gens. C’est une histoire qui m’a touchée, moi, parce que mon grand-père est décédé de l’Alzheimer très jeune. En voyant les enfants d’Alice, je pensais à ma mère, dans la jeune trentaine, quand son père est tombé malade. Et je ne suis sûrement pas la seule qui reconnaît ses proches dans cette histoire.

Le film malheureusement peine à rendre justice à son matériel source. Les problèmes d’Alice défilent, mais on n’appuie sur aucun et on a l’impression finalement que toutes ces fois où elle oublie des choses importantes, où elle ne reconnaît plus sa propre fille, n’ont pas d’importance. Peut-être est-ce un effet de style: les petits drames quotidiens se perdent comme dans la mémoire effilochée d’Alice. Le drame est tout de même là et les critiques sont unanimes à déclarer ce film comme l’un des meilleurs de l’année. Je suis mauvais public, apparemment. 😉

Encore une fois, il faut saluer l’audace de l’auteure qui réussira peut-être à briser les tabous entourant cette maladie encore stigmatisée par notre société. Et il faut saluer aussi l’humanisme de cette oeuvre qui démontre bien qu’un malade reste un être humain à part entière jusqu’au bout -même si les souvenirs et les mots lui échappent.

Bonne lecture et/ou bon visionnement!

Anne-Sophie

Mon livre parfait: Du bon usage des étoiles

27 Juil

Je prends le relai de Camille Mathieu, notre LittéraLouve favorite, pour vous présenter cette semaine mon livre parfait : Du bon usage des étoiles, de Dominique Fortier. Une histoire de courage et d’amour impossible, et un fascinant voyage au bout du monde -et au bout de soi.

Image: editionsalto.com

Image: editionsalto.com

En bref

Du bon usage des étoiles, c’est un récit d’aventures et de solitude. Une histoire d’amour subtile et poignante. Tout au long du roman, deux histoires se déploient en parallèle : celle du capitaine Francis Crozier, parti en mer pour découvrir le passage du Nord-Ouest, et celle de Sophia Cracroft, dont il est éperdument amoureux –mais qui ne partage pas ses sentiments. Avec Crozier, on observe émerveillé les étendues sauvages de l’Arctique, la mer et la glace, et on assiste pétrifié à la longue agonie de l’expédition; avec Sophia, on s’oublie dans d’interminables réceptions, et on se plonge dans la vie mondaine typique de l’époque. Entre les deux, le temps de respirer quelques pages, avec un extrait du journal de bord du commandant de l’expédition, sir John Franklin, un dialogue à propos des aurores boréales ou une réflexion poétique sur le blanc insondable qui entoure les navires.

Pourquoi c’est mon livre parfait

Parce que rien n’est laissé au hasard : ce qui semble au départ un ramassis de scènes disparates prend finalement un sens si dense qu’on en a le souffle coupé, ébloui par tant de finesse. Au fil des pages, les histoires parallèles de Crozier et de Sophia se dévoilent; peu à peu, on retrouve çà et là des échos de l’un dans la vie de l’autre, subtils indices qui s’accumulent pour former un entrelacs délicat dévoilant lentement tout ce qui les lie.

C’est mon livre préféré de tous les temps aussi parce que les personnages évoluent subtilement, au gré des saisons qui se succèdent. Parce que les paysages glacés sont décrits avec poésie et originalité.

Une autre grande force de ce roman, c’est l’humour qui teinte chacune de ses pages: la plume de Fortier est habile, et l’humour parfois grinçant dont elle pare ses personnages les rend sympathiques et attachants. Certaines réflexions féministes de Sophia et de sa tante lady Jane Franklin, inhabituelles pour l’époque, nous font applaudir, et la timidité insurmontable de Crozier nous attendrit à coup sûr, particulièrement lorsqu’il tente de séduire (bien maladroitement) une Sophia sarcastique à souhait.

Partout, le style est fluide, gracieux, plein de souffle et de vie : on relirait certaines phrases encore et encore, simplement pour la poésie des mots agencés à la perfection dans une prose habile. Tout au long du roman, on sent que l’auteure s’amuse : avec les personnages, avec les mots, avec la forme (on retrouve même un poème, une recette de plum-pudding et une partition de Bach…).

Les icebergs qui dérivent lentement au large forment un décor mouvant dont on ne connaît point de semblable en Angleterre, ni d’ailleurs où que ce soit sur la terre ferme, où les montagnes ne se déplacent pas et restent sagement là où elles sont. Ce paysage arctique a ceci de particulier que c’est nous, qui le regardons, qui demeurons le plus souvent immobiles, emprisonnés par les glaces, tandis que lui avance, recule, se déploie et se resserre en une continuelle métamorphose, comme s’il était de quelque mystérieuse manière plus vivant que nous.

Comme si ce n’était pas assez, Dominique Fortier fait de ce roman une véritable fresque historique: la plupart des événements se sont passés dans la vraie vie (je le sais, parce que j’ai lu la biographie de Crozier). Alors, en lisant, dites-vous bien que Crozier a existé -ça rendra le tout encore plus dramatique. 😉

Avec Du bon usage des étoiles, Dominique Fortier réussit un véritable tour de force: entremêlant drame et humour, elle fait d’un récit tragique une histoire où l’espoir brille en filigrane, comme l’étoile Polaire au-dessus de l’Arctique. On referme le roman non pas triste, mais heureux d’avoir pu partager, ne serait-ce que quelques heures, le destin de ces hommes et de ces femmes plus grands que nature.

Anne-Sophie

 

P.S.: Au cas où vous aimez le roman autant que moi, réjouissez-vous: Jean-Marc Vallée a acheté les droits pour en faire un long métrage… ça promet! 🙂 Plus d’infos ici.

Action à l’américaine

18 Juin

Pour moi, l’été, c’est synonyme de films d’action et de lectures en série. Pour ceux et celles qui chercheraient une série de romans et/ou de films, je vous propose ce mois-ci la série Jason Bourne/Dans la peau, écrite par Robert Ludlum et Eric van Lustbader et portée à l’écran par divers réalisateurs depuis le début des années 2000.

En bref

Jason Bourne serait l’agent secret parfait: il parle couramment plusieurs langues, met K.-O. un adversaire en cinq secondes, sait passer inaperçu en toutes circonstances, ne montre aucune émotion… Or, il a perdu la mémoire. Lorsqu’on fait sa connaissance dans La Mémoire dans la peau, il n’est rien d’autre qu’un amnésique avec pour seul indice de son identité une puce intégrée sous sa peau. C’est là que s’engage une véritable course contre la montre pour comprendre qui il est, et ce qu’il doit faire, avant que ses ennemis le rattrapent. Au fil de la série, Bourne refait sa vie aux États-Unis, mais la tranquillité est toujours de courte durée: inévitablement, le passé revient le hanter, alors que ses vieux ennemis cherchent vengeance.

www.livredepoche.com

Crédi photo : livredepoche.com

Cela pourrait ressembler à n’importe quelle trame de roman d’espionnage. Or, Jason Bourne n’est pas un autre James Bond. S’ils partagent les mêmes initiales, ils n’ont pas grand-chose d’autre en commun. Bourne n’est pas le héros unidimensionnel auquel on s’attend : dans son esprit se côtoient deux personnalités distinctes, héritages d’un passé trouble. D’un côté, David Webb, diplomate, dont l’épouse et les enfants ont été tués par un raid de l’armée américaine. De l’autre, Jason Bourne, agent secret sans scrupules créé de toutes pièces par le gouvernement américain pour les opérations les plus périlleuses qui soient. Les deux personnalités se confrontent sans cesse, et le lecteur assiste, fasciné, aux dialogues intérieurs entre Bourne et Webb, alors que chaque décision peut causer sa mort ou celle d’un autre.

Les films, pour leur part, vont droit au but: Jason Bourne est un agent secret de la CIA, dangereux à souhait, et surtout, incontrôlable. Il fait un merveilleux personnage de film d’action, en effet, mais ça manque de profondeur comparé au roman. Toutefois, les amateurs de poursuites haletantes et de combats musclés ne seront pas déçus: il y en a des tonnes.

Mon verdict: Le roman, 100 fois

Voyez-vous, le problème de cette « adaptation », c’est que ce n’en est pas une. En fait, ça donne plutôt l’impression que le réalisateur a pris le personnage de Bourne -uniquement Bourne- et lui a donné son propre film. Pour le premier volet, ça passe: les divergences roman/film sont trop minces pour qu’on soit franchement outré. Mais pour la suite… Si vous avez lu les romans d’abord, attachez vos tuques, parce que vous allez vous arracher les cheveux. (Expérience vécue.)

Si vous n’avez pas lu la série et que vous voulez regarder un film d’action, par contre, allez-y sans réserve: vous ne serez pas déçu. On casse des gueules, on détruit de la carrosserie, et on fait exploser plein de choses.

Il se peut donc que vous deveniez fan de la série, que ce soit en version cinématographique ou littéraire. Sachez toutefois que les deux sont comme l’été et la pluie: ils se mélangent mal, même si, isolément, ils peuvent être agréables. 😉

Pour le lire

En français

La série Dans la peau, chez Grasset

Premier tome: La Mémoire dans la peau (Ludlum, 1980)

Dernier tome en date: La Traque dans la peau (Lustbader, 2011)

En anglais

La série Bourne chez Grand Central Publishing

Premier tome: The Bourne Identity

Dernier tome en date: The Bourne Ascendancy (Lustbader, 2014)

Pour le voir

The Bourne Supremacy / Jason Bourne: L’Héritage, dernier film en date, en DVD et Blu-Ray (et il y aura un autre film en 2016)

 

Bonne écoute/lecture!

Anne-So

%d blogueurs aiment cette page :