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Le plongeur

20 Fév

Dans la vie, une des choses que j’aime le plus, c’est de manger…particulièrement dans les (très) bons restaurants. Tout y est parfait. Les nappes ultra blanches et la coutellerie qui scintille, le maître d’hôtel tiré à quatre épingles et son personnel aussi efficace que quasi invisible….et ça c’est sans parler de la bouffe! Or, aujourd’hui, je propose d’entrer dans l’envers du décor.

Ce qui se passe de l’autre côté des portes battantes alors que la pression est à son comble, que les clients attendent et que la seule solution, c’est d’aller toujours plus vite, de crier toujours plus fort, bref, de produire toujours plus. Je parle ici de Le plongeur de Stéphane Larue, un coup d’envoi impressionnant pour ce dernier puisque c’est son premier roman.

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Résumé

L’histoire se déroule au début des années 2000. Notre protagoniste est un jeune homme de 18-19 ans, étudiant au Cégep en graphisme dont la vie est à un point tournant. Accro au jeu (aux machines de loteries dans les bars pour être exacte), il n’a désormais plus rien: plus de coloc, plus d’argent, plus d’amis proches, plus de session. Devant l’ultimatum que la vie met devant lui, il prend une job de plongeur au restaurant La Trattoria en espérant, à quelque part, que les choses s’arrangent. On y découvre alors le rythme effréné des cuisines d’un restaurant ainsi qu’une foule de personnages qui donneront vie à ce roman où tout se déroule surtout la nuit. Le personnage principal devra désormais jongler avec sa dépendance et l’enfilade des quarts de travail et des nuits folles qui s’ensuivront.

Personnages principaux

Narrateur: L’histoire est écrite au « je » comme s’il faisait un genre de témoignage documentaire de son existence, sans jamais se nommer. Dévoré par les dettes de jeu, ses échecs et son incapacité à être tout simplement honnête avec lui-même et les autres, il s’enfonce tranquillement. Les exigences de la vie pèsent sur lui et il devra éventuellement se prendre en main et réparer les erreurs qu’il a commises.

Bébert: Cuisinier à La Trattoria, il prend de la place. Toujours à parler fort, à chialer, à dire, à qui veut bien l’entendre, tout ce qui lui passe par la tête. Il est aussi un fêtard invétéré, qui enfile les doubles shifts et les nuits blanches et qui, finalement, tient le coup en avalant du speed comme des bonbons. Personnage aussi attachant, qui prendra, à sa façon, notre protagoniste sous son aile.

Marie Lou: Amie du secondaire qui trippe également sur le métal. Elle est le lien entre la vie d’avant le jeu et celle d’après. Travaillant dans un bar, elle est la confidente, le point de focus du narrateur lorsque ça va mal, elle est peut-être finalement, sa seule véritable amie.

On aime

  • La page couverture, évidemment. Elle est cool, noire, intrigante, un peu trash et très metal. Comme le roman!
  • Le rythme des scènes qui se déroulent au restaurant. Elles sont décrites avec justesse et aplomb, en faisant des moments vifs et soutenus qui nous font lire à une vitesse incroyable.
  • Le sujet du roman, qui est peut-être moins le milieu de la restauration que les dessous de la dépendance. Il y a d’abord le personnage principal, qui est accro au jeu, mais aussi, plusieurs des cuisiniers et employés de La Trattoria ont des problèmes de consommation de drogue et d’alcool. Un phénomène beaucoup plus présent que ce qu’on pourrait croire de l’extérieur.

Bonne lecture!

Camille xxx

 

 

 

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Autour d’elle

28 Jan

Aujourd’hui je vous présente quelque chose d’un peu différent. En effet, Autour d’elle de Sophie Bienvenu n’a pas d’histoire ni de personnages principaux à proprement parler. Qu’est-ce que se passe dans ce livre alors, me direz-vous? Eh bien, beaucoup de choses! C’est un livre construit pour te faire réaliser qu’une histoire ou une vie peut être racontée par la multitude de personnes qui la composent.

 

Avez-vous déjà entendu parler du roman choral? C’est un livre dont la narration est confiée à plusieurs personnages et qui, au fil de la lecture, rend l’histoire enrichissante de par les différents points de vue que chaque témoignage apporte.

 

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Résumé

Chaque chapitre correspond donc à un personnage différent. On nous y présente une personne, un moment volé dans son existence. Or, ce moment vient  nous éclairer sur l’évolution de l’histoire et de nos protagonistes.

En effet, on est devant une histoire à « deux vitesses » où l’on suit d’abord le personnage de Florence Gaudreault. Cette dernière tombe enceinte alors qu’elle est adolescente et doit faire le choix le plus difficile de sa vie: garder le bébé ou le donner en adoption. D’un autre côté, on découvre l’histoire de son fils Adrien qui naît, grandit, s’épanouit au fil du livre. C’est, finalement, la suite de leur vie qui constitue le cœur du roman.

 

Personnages

La chose qui est vraiment étonnante ici, c’est qu’en fait, on ne rencontre vraiment les protagonistes qu’à la fin, pour le dénouement de l’histoire. Ainsi, on les découvre chapitre après chapitre à travers l’histoire de gens qui ont croisé leur vie: amoureux, vendeur dans un magasin, voisin, etc.

 

On aime :

  • L’audace d’avoir construit un roman avec un vingtaine de personnages !!
  • Que chaque chapitre nous présente un état d’esprit différent, ce qui en fait un roman rempli de découvertes.
  • La justesse de la narration qui nous donne des personnages crédibles et vivants.

 

Bonne lecture!

Camille xxx

 

Jamais assez maigre, journal d’un top model

23 Oct

Je vous présente aujourd’hui quelque chose de différent. J’ai longuement hésité pour diverses raisons avant d’acheter ce livre. Tout d’abord, parce qu’en général, je préfère les romans et les histoires. Ensuite, parce que j’avais peur que ce soit un témoignage vindicatif et dramatisé. Quelque chose de négatif qui manquerait de finesse et surtout de perspective.

Finalement, ce qui m’a convaincu de l’acheter, outre le fait que je suis mille curieuse, c’est la préface de Charlie Paillé, ex-mannequin. En voici un extrait:

Je ne dénonce aucunement le monde du mannequinat puisque c’était MON choix d’y entrer. […] J’ai l’impression que la bagarre au sujet du poids idéal ne finira jamais. J’ai pris environ 30 livres depuis que je suis partie de New York, et on me dit encore parfois que je suis trop mince. Aujourd’hui les gens trouvent normal de critiquer les autres sur leur apparence. On se cache derrière nos écrans et on se permet de juger les autres, sans pour autant montrer son vrai visage.

Dans un monde où la beauté se mesure trop souvent en kilos, voici donc, Jamais assez maigre, journal d’un top model de Victoire Maçon Dauxerre.

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Résumé

Repérée dans la rue à Paris à l’âge de 17 ans, Victoire se fait propulser dans le fabuleux monde de la mode Haute Couture où elle deviendra mannequin. Dès son premier rendez-vous chez l’agence Élite, on lui dit qu’elle devra perdre du poids. Elle qui fait une taille 36 (du petit) pour 5′ 10 pieds devra entrer dans du 32 (du très très petit) dans quelques mois pour la semaine de la mode de New York. S’en suit un régime draconien à base de fruits et une longue descente vers l’inanition, les sautes d’humeur, la fatigue et la maladie. Tout cela est tout de même ponctué de moments magiques, de triomphes et d’une gloire prochaine.

On aime:

  • Que ce soit tout simplement un récit des événements selon sa perspective. On ne sent pas de manipulation des faits: ce qui est beau est beau et ce qui est laid est laid.
  • Le fait que le livre parle de lui-même. Le but n’était pas fustiger ou de se plaindre, mais d’amener le lecteur à tirer des conclusions tout seul.
  • Qu’elle ait pris le temps de remercier toutes les personnes qui l’ont aidé et épaulé lors de sa carrière de mannequin: des bonnes personnes il y en a partout.

Vous l’aurez compris, mes craintes ne se sont pas réalisées. Maintenant, il faut dire qu’il s’agit d’une personne, d’une histoire, bref d’une seule perspective. N’empêche qu’il s’agit d’un témoignage bouleversant qui donne beaucoup à réfléchir sur notre perception de la norme et de la beauté en tant que société.

Bonne lecture!

Camille xxx

Six degrés de liberté

23 Sep

Je ne sais pas vous, mais personnellement j’ai trouvé cette rentrée très difficile. Probablement, parce que j’ai complètement décroché durant l’été. Relisant des vieux livres que je connais par coeur, des classiques de mon adolescence que je lis depuis que j’ai 14 ans…genre. Un été au soleil à boire du vin sur mon balcon et à me baigner dans la piscine familiale quand mon appart devenait une vraie bouilloire.

Bref, quand il a été temps de me remettre au boulot, le choc a été monumental. Et là, je me suis sérieusement demandée comment j’arriverais à lire un roman au complet. Donc, on est un après-midi et je fouille dans ma bibliothèque et je trouve un ouvrage que j’ai acheté au Salon du Livre et qui s’appelle Six degrés de liberté de Nicolas Dickner et je me dis… why not?

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Résumé

Lisa habite avec son papa, un rénovateur de maisons de banlieue. On est dans un petit bout du Québec proche des lignes américaines. Il ne s’y passe pas grand chose, mais cela n’empêche pas Lisa et son ami Éric de se distraire, d’apprendre, de faire des projets… bref, de grandir. Un jour, Éric doit partir et Lisa se retrouve seule, déroutée par la vie qui continue d’avancer, soumise aux nombreuses obligations qui pèsent sur l’adulte qu’elle devient. Jay, de son côté, purge sa peine comme agente civile au GRC. Cela fait plus de sept ans que sa vie s’est transformée. Désormais, elle ne peut même plus sortir de Montréal sans fournir un itinéraire à son agente de probation. Alors que fait une criminelle réformée lorsqu’un conteneur disparaît et que ses collègues se mettent frénétiquement à sa recherche? Facile : elle s’amuse.

Personnages

Elisabeth Routier-Savoie, dite Lisa: L’histoire commence alors qu’elle est adolescente. L’histoire se termine, elle est une femme. Une femme qui vient de faire le tour du monde! Débrouillarde, curieuse et déterminée, elle étudie l’électricité et s’occupe de son père de plus en plus malade.

Éric Le Blanc: Meilleur ami de Lisa. Il est atteint de claustrophobie et ne va même plus à l’école. Pour passer le temps, il s’essaie à hacker des appareils électroniques. Éventuellement, il quitte le Québec pour s’installer au Danemark où son beau-père travaille.

Jay, dite la Pequeña: La fin trentaine et complètement désabusée par sa situation, Jay survit. Elle compte les dodos qui la séparent de la liberté. Or, compter les dodos pendant huit ans c’est long.  Traiter des données pour la GRC dans un département oublié de tous, ça aussi c’est long.

On aime:

  • Comment les deux histoires se rejoignent. Car, au final c’est ce qui donne à ce roman toute sa direction. Il faut qu’il y ait un but à ces histoires parallèles.
  • Que les deux récits soient tout aussi intéressants et évolutifs. Dans un cas, comme dans l’autre, on est tenu en haleine.
  • Qu’on finisse par vraiment bien connaître et comprendre les personnages. On sait qui ils sont, comment ils pensent et ce qu’ils ressentent.

Un beau roman québécois qui mérite vraiment d’être lu et relu!

Bonne lecture!

Camille xxx

 

 

Qui a peur de Virginia Woolf?

15 Avr

Afin de clore sa saison 2015-2016, le Théâtre La Bordée a choisi de présenter la pièce Qui a peur de Virginia Woolf d’Edward Albee. Je l’avoue, je connaissais déjà cette œuvre ayant vu le film mettant en vedette Elizabeth Taylor et Richard Burton pour un cours à l’université il y a…quelques années. Je me souvenais de deux choses. Tout d’abord, que l’histoire est un peu tordue et que les personnages se détestent. Ensuite, du regard horrifié de ma mère quand je suis remontée du sous-sol: « Mais veux-tu ben me dire qu’est-ce que tu écoutes? Ça fait juste hurler depuis deux heures! » Heureusement, La Bordée nous offre ici une version beaucoup plus nuancée de cette pièce culte.

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Lorraine Côté – Crédit photo: Pierre-Marc Laliberté

Résumé

Georges et Martha reviennent chez eux vers les deux heures du matin après une soirée universitaire bien arrosée. Ce couple de quadragénaires est à peine rentré qu’il se livre déjà à une scène de ménage qui sera, en fait, la prémisse de ce qui se passera par la suite. C’est d’ailleurs à ce moment que Nick et Honey sonnent à la porte. Nouveaux arrivés en ville et à la faculté, Martha les a invité pour un dernier verre. Le « dernier verre » se transforme bien vite en une beuverie sans nom et la « scène de ménage » se révèle finalement être un jeu aux règles impitoyables qui dissèquera, sous les yeux des spectateurs, les deux ménages jusqu’à la moelle.

Quand: du 12 avril au 7 mai 2016 au Théâtre La Bordée

Durée: 2 h 30 avec entracte

Texte: Edward Albee | Traduction: Michel Tremblay

Mise en scène: Hugues Frenette

Distribution: Martha: Lorraine Côté | George: Normand Bissonnette | Honey: Élodie Grenier | Nick: André Robillard

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Le titre: Vous avez déjà vu le dessin animé de Disney sur l’histoire des trois petits cochons? Et bien, les cochons chantent « Who is afraid of the big bad wolf ». Je vous invite à changer les paroles pour le titre de la pièce. L’histoire ne dit pas dans quel contexte les paroles de la chanson ont été changées, mais il semblerait que ce soit un running gag au sein du groupe.

Retour sur la pièce

Ce qu’il y a de difficile dans ce genre de pièce, qui repose entièrement sur la performance des acteurs et sur les ambiances créées par les situations, c’est que bien souvent, la tension monte trop vite ou alors que les spectateurs perdent le focus. En effet, ici, il n’y a aucun changement de décor, peu d’indication sur le temps et aucun artifice qui pourrait distraire l’audience de ce qui se passe.

Or, la mise en scène d’Hugues Frenette est rythmée, intelligente, mais surtout adroite. Contrairement au film, ici, les gens ne crient pas continuellement. Tout est beaucoup plus acéré et subtile. Évidemment, la chicane pogne à quelques moments, mais ce sont des endroits ciblés et souvent, une plaque tournante de l’histoire.

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Distribution complète – Crédit photo: Pierre-Marc Laliberté

Les acteurs font un travail absolument magnifique. Lorraine Côté est subtile et changeante dans son rôle de Martha. Elle s’affirme de manière habile et semble insaisissable. Normand Bissonnette, en George, est calculateur et rusé.  Il sait pleinement profiter de la tension qui grimpe pour exploser au moment qu’il se doit et le temps qu’il se doit. Élodie Grenier et André Robillard, dans les rôles de Honey et Nick, sont justes drôles, mal à l’aise, joueurs, naïfs, affirmés… leurs personnages sont les esclaves de l’intrigue et ils le rendent bien.

Bref, j’ai beaucoup aimé et je vous la recommande vivement!

Camille xxx

La Bordée : une nouvelle saison et 40 ans d’histoire

31 Mar

C’est avec une myriade de bonnes nouvelles que nous avons été accueillis le 21 mars dernier au théâtre La Bordée. Il s’en passe des choses pour le théâtre de Québec! En effet, non seulement la prochaine saison sera intéressante, variée et équilibrée, mais La Bordée fête cette année son quarantième anniversaire et vient de recevoir une contribution financière de taille de la part de Québécor.

M. Jacques Leblanc, directeur artistique depuis 2004, a commencé par nous faire un résumé de l’histoire de La Bordée. Ainsi, fondée en 1976 par une « bordée » de finissants du conservatoire de musique et d’art dramatique de Québec voulant allier le théâtre et la musique, l’institution a su, au fil des ans, se créer une place de choix dans le milieu culturel au Québec. Depuis, ils ont pu accueillir 150 pièces, 290 acteurs, 179 concepteurs et 159 auteurs. Fort de la satisfaction de son public, La Bordée saura enclencher cette nouvelle saison avec force et bonne humeur!

Saison 2016/2017

Gloucester, délire Shakespearien (20 septembre au 15 octobre 2016)

Après une victoire sanglante contre les Écossais, Édouard, roi d’Angleterre, partage le royaume d’Écosse en trois parts entre ses généraux et son épouse. Or, la reine espérait devenir l’unique régente de l’Écosse. S’ensuit une suite de manigances, de quiproquos et de discordes. Les personnages se livreront aux  jeux du pouvoir et de la vengeance. 

Imaginez les plus grandes scènes de l’oeuvre de Shakespeare, mélangez-les, ajoutez une bonne dose d’humour et vous aurez devant vous la prémisse pour cette nouvelle pièce! Une véritable épopée shakespearienne où le meilleur et le pire de ce grand auteur sont réunis dans le but de vous faire sourire.

Texte: Simon Boudreault et Jean-Guy Legault | Mise en scène`: Marie-Josée Bastien | Conception: Marie-Renée Bourget Harvey, Sébastien Dionne, Michel F. Côté et André Rioux | Distribution: Emmanuel Bédard, Geneviève Bélisle, David Bouchard, Simon Boudreault, Éloi Cousineau, Érika Gagnon, Jonathan Gagnon, Jean-Guy Legault, Catherine Ruel et Alexandrine Warren.

Les marches du pouvoir (1er au 26 novembre 2016)

David Bellamy est une jeune relationniste et conseiller de campagne pour le gouverneur Morris. Ambitieux, charismatique et fonceur, Bellamy voit sa carrière toute tracée puisque le gouverneur pour lequel il travaille devient candidat à l’investiture démocrate américaine. Or, c’est à ce moment que le parti opposé le contacte. Curieux, il se rend à ce rendez-vous qui pourra changer tous ses plans.

L’auteur de la populaire série « House of Cards » connaît son sujet: les coulisses de la politique américaine. Il a frappé encore une fois avec cette pièce qui met de l’avant les gens dans l’entourage des grands hommes politiques (et oui! Il y a eu un film de fait là-dessus avec George Clooney et Ryan Gosling).

Texte: Beau Williams | Traduction: David Laurin | Mise en scène: Marie-Hélène Gendreau | Conception: Véronique Bertrand, Josué Beaucage, Keven Dubois et Julie Morel | Distrbution: Charles-Étienne Beaulne, Maxime Beauregard-Martin, Sophie Dion, Hugues Frenette, Israël Gamache, Jean-Sébastien Ouellette et Nathalie Séguin.

J’accuse (10 janvier au 4 février 2017)

Cinq femmes. Cinq monologues. Cinq histoires vibrantes et poignantes racontées par ces femmes qui représentent la jeunesse d’aujourd’hui. On y retrouve la fille qui encaisse, la fille qui agresse, la fille qui intègre, la fille qui adule et la fille qui aime. Une prise de parole féminine et actuelle qui dépeint le quotidien de cinq trentenaires qui luttent pour garder la tête haute dans cette société d’aujourd’hui qui leur en demande beaucoup.

Un texte bombe qui a su faire vibrer le public montréalais l’année dernière. Les cinq fabuleuses actrices qui se sont livrées, aux dires du metteur en scène, aux Olympiques de l’actrice. J’accuse vous est présenté avec sa distribution originale pour le plus grand des effets.

Texte: Annick Lefebvre | Mise en scène: Sylvain Bélanger | Conception: Erwann Bernard, Ulysse del Drago, Pierre-Étienne Locas, Larsen Lupin, Sylvie Rolland-Provost et Marc Sénécal | Distribution: Léane Labrèche-Dor, Ève Landry, Debbie Lynch-White, Alice Pascual et Catherine Trudeau.

Crédit photo: Nicola-Franck Vachon

À toi, pour toujours, ta Marie-Lou ( 21 février au 18 mars 2017)

En 1961, un couple  s’assoit. La femme annonce à son mari qu’elle est enceinte de leur quatrième enfant. Ensemble, ils passeront en revue leurs vies, leurs échecs et leur couple. Dix ans plus tard, leurs deux filles s’assoient. Une s’est affranchie de son éducation et est devenue chanteuse country. L’autre, prise au piège par son éducation teintée par la religion, écoute sa sœur qui tente de l’aider à se libérer de cet étau. 

Pièce phare de l’auteur québécois qui n’a pas besoin de présentation, Michel Tremblay, À toi pour toujours, ta Marie-Lou a non seulement obtenu un grand succès au Québec, mais dans le monde entier. Les sujets abordés (la famille, la quête de liberté, le manque de communication, etc.) en font une oeuvre qui dépasse les frontières puisqu’ils abordent l’humain.

Texte: Michel Tremblay | Mise en scène: Jacques Leblanc | Conception: Stéphane Caron, Denis Denoncourt, Denis Guérette et Ariane Sauvé | Distribution: Ève Daigle, Hugues Frenette, Marianne Marceau et Catherine Simard.

L’Avare ( 11 avril au 6 mai 2017)

Harpagnon est un vieil avare. Riche pour le simple raison qu’il ne dépense pas. Or, il a des projets de mariage pour ses enfants et ne les a certainement pas consultés avant de prendre des décisions. Élise est amoureuse de Valère, mais promise à Anselme et Cléante doit épouser une jeune veuve, mais est épris de Marianne. Et, comble de tout, Harpagnon souhaite que Marianne devienne sa femme.

On ne fait pas plus classique et réussi qu’une comédie de Molière.Ses pièces se passent de présentation et sont évidemment de grandes oeuvres qui ont su traverser le temps et conquérir le coeur de gens malgré les années.

Texte: Molière | Metteur en scène: Bertrand Alain | Conception: Vano Hotton, Élyane Martel, Laurent Routhier et Fabrice Tremblay | Distribution: Frédérique Bradet, David Bouchard, Chantal Dupuis, Paul Fruteau de Laclos, Jacques Leblanc, Nicolas Létourneau, Jocelyn Paré, Guillaume Pelletier, Mary-Lee Picknell, André Robillard et Réjean Vallée.

 

Bon théâtre et joyeux anniversaire à La Bordée!

Camille xxx

 

Quinze pour cent

18 Mar

Hier soir j’ai lu un livre. Au complet. Oui oui! J’ai soupé, pris une marche, lu un livre, écouté une série et fait dodo. Ne vous inquiétez pas, je ne me suis pas transformée en superman de la lecture. Mon livre ne faisait que 68 pages! Il s’agit d’un roman de Samuel Archibald qui s’appelle Quinze pour cent.

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Résumé

L’inspecteur-chef Leroux enquête sur une violation à domicile qui a très mal tourné dans un petit village du Lac-St-Jean. Leroux est un vieux de la vieille. Il connaît son travail, a de nombreuses connexions et malgré son air taciturne, presque désintéressé, il sait exactement mener son enquête. Véritable voyage dans les merveilleuses régions de l’Est du Québec, ce petit roman policier est un petit bijou du genre.

Personnages 

Inspecteur-chef Mario Leroux : homme divorcé de 54 ans. Il est policier depuis assez longtemps pour se permettre quelques connexions douteuses et un sens de la justice bien à lui. Bien meilleur avec les criminels qu’avec les demoiselles, il a fait de son travail le centre de sa vie depuis que sa femme l’a laissé.

Sergent-détective Dave Rathé : il fut un temps où il était le jeune protégé de Leroux. Maintenant, avec les années qui passent il est devenu « celui qui a un énorme réseau de gens dangereux et qui commet des actes plutôt limites pour un membre des forces de l’ordre. » Bref, efficace et bien connecté, mais pas trop recommandable.

Caroline : serveuse dans un steakhouse et éternelle étudiante, Caroline est celle qui occupe les nuits de l’inspecteur Leroux.

On aime

  • Que le livre ne fasse que 68 pages. Est-ce une nouvelle? Est-ce un roman? En tout cas, c’est juste assez long pour occuper une des dernières soirées d’hiver qu’il nous reste.
  • Que pour un roman aussi court, l’histoire et les personnages soient aussi bien campés.
  • Que le tout se déroule entre le Saguenay-Lac-St-Jean, la Beauce et Québec. Une petite intrigue policière bien de chez nous avec ses lieux et son accent.

Bref, je vous le recommande fortement, une superbe lecture pour ce petit week-end de mars!

Bonne lecture!

Camille xxx

L’angoisse du poisson rouge

12 Fév

Vous souvenez-vous que, le 12 août dernier, c’était la journée « j’achète un livre québécois » ? Pour l’occasion, je suis allée avec une amie à la librairie Pantoute sur la rue St-Jean afin de fouiller, fouiner et acheter une petite perle littéraire québécoise.

Après réflexion (et m’être cachée derrière une colonne pour ne pas être interviewée par Radio-Canada) j’ai arrêté mon choix sur le roman L’angoisse du poisson rouge, un roman de Mélissa Verreault paru aux Éditions La Peuplade. Bon, évidemment il s’est passé un petit laps de temps entre l’achat et l’article, mais c’est que je l’ai commencé pendant les Fêtes!

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Résumé

Manue ne voit pas vraiment le point de sa vie actuelle. Il lui arrive toujours une foule de mésaventures et elle fait souvent des choix douteux. Elle n’entretient aucune vraie relation avec personne, seul son poisson rouge semble la comprendre. Or, la journée où il disparaît, elle part en croisade pour le retrouver. À la place, elle trouvera Fabio, un jeune italien qui a immigré au Québec il y a quelques années.

Sergio n’a pas eu le choix de s’engager dans l’armée. C’est la guerre et les Italiens comme lui sont affectés en Russie. Il ne sait pas s’il reverra un jour son village. Il ne sait pas s’il survivra à l’hiver de la step soviétique. Il ne sait pas s’il résistera au goulag.

Personnages

Manue: jeune graphiste de 28 ans. Elle n’a pas vraiment d’amis et elle entretient avec sa mère une relation aseptisée. Elle pense que sa vie est « digne d’un scénario hollywoodien ».

Fabio: cinéaste italien raté de 32 ans. Il a déménagé à Montréal dans l’espoir que les grands espaces et l’air froid de l’hiver l’aideraient à se trouver.

Sergio: jeune soldat de l’armée italienne pendant la Seconde Guerre mondiale. Obligé de quitter son petit village et la cuisine de sa « mamma! », il se fait capturer par les Russes très peu de temps après s’être engagé. Sa résilience et ses qualités de meneur l’aideront-ils à s’en sortir?

On aime

  • Ces histoires humaines qui parlent des diverses relations qui composent nos vies et de la manière qu’elles évoluent
  • Les échanges de lettres entre Sergio et sa promise, Luisa. Elles sont empreintes d’optimisme et d’une franche dose de réalité
  • Le dénouement. Comme si, tout au long de la lecture, on arrivait plus ou moins à se détendre, car on cherche toujours de quelle manière l’histoire va évoluer. Puis, tout reprend sa place et on peut respirer à nouveau

Bonne lecture!

Camille xxx

Les nuits de Laitue

14 Nov

D’accord je l’avoue…j’ai acheté ce livre uniquement pour la couverture. Et oui! Je suis ce genre de personne qui, parfois, choisit son vin en fonction du design de l’étiquette et ses livres selon le titre et les couleurs de la page couverture. J’étais au Archambault en train de me demander sur quoi j’allais écrire mon billet lecture du mois quand tout à coup, j’ai vu ce petit livre coloré. Je l’ai pris, j’ai lu le premier paragraphe et hop! À la caisse!

Alors, mon coup de tête en a été un heureux et je vous présente « Les nuits de laitue » de l’auteure brésilienne Vanessa Barbara

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Résumé

L’auteure nous propulse dans une minuscule bourgade aux rues sinueuses et aux maisons colorées. On y suit les petites aventures des habitants de cette communauté unique en son genre. Le nœud de l’histoire raconte toutefois comment Otto, qui vient de perdre sa femme Ada après plus de 50 ans de mariage, doit désormais apprendre à vivre sans elle. Son quotidien rempli de reportages animaliers, de déjeuners décadents, de romans noirs et de tisanes de laitue est donc soudainement chamboulé par cet événement tragique. Vieillard un peu grincheux, il comptait sur sa défunte femme pour survivre aux suivre les péripéties du voisinage. Il se retrouve donc confronté à une nouvelle réalité: il doit désormais nouer des liens avec les habitants de son quartier. Or, plus les jours avancent, plus il est persuadé que ses voisins lui cachent quelque chose…

Personnages

Otto et Ada: ils forment le couple de petits vieux idéal. Ils ont leurs routines et continuent de s’aimer et de compter l’un sur l’autre tout en se gavant de chou-fleurs à la milanaise.

Ensuite, il y a Nico, le préparateur de médicaments à la pharmacie qui est obsédé par la natation, Térésa qui fait de la dactylo et qui chasse les cafards, Iolanda qui est sourde comme un pot et qui a plein de chihuahuas, Anìbal, le facteur fantasque et chanteur, Mariana la jeune mariée anthropologue, M. Taniguchi un vétéran japonais de la Deuxième guerre mondiale et sa fille Mayu.

On aime

  • que ce livre soit une incursion dans un monde rempli de personnages étranges et attachants qu’on finit par adorer.
  • que l’histoire prenne une tournure quelque peu mystérieuse ce qui donne davantage de substance au roman.
  • le personnage de M. Taniguchi parce qu’il a passé 30 ans à combattre aux Philippines pour l’armée japonaise alors que la guerre était terminée depuis belle lurette!

Ce roman de 223 pages est l’équivalent littéraire d’un « feel good movie ». Le genre qui nous fait sourire et rire tout en nous émouvant sincèrement.

Bonne lecture!

Camille xxx

Trainspotting

10 Nov

Avant d’aller voir cette pièce, je l’avoue, je ne m’étais pas beaucoup renseignée. Je savais que ça parlait de drogue et que ce serait probablement trash. N’ayant jamais lu le livre ou vu le film, il était donc difficile pour moi de me faire une idée de ce qui allait m’être présentée le mercredi 27 octobre à La Bordée.

Le petit signe 16 ans et plus sur mon programme faisait pourtant office de signaux de fumée dont le but était de me révéler l’étendue de ce que j’allais voir pendant la prochaine heure et demi.

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Crédit photo: Pierre-Marc Laliberté

Trainspotting, c’est l’histoire d’une bande de jeunes dans l’Écosse très pauvre du milieu des années 1990 qui ont décidé de se réfugier dans la drogue pour trouver un sens à leur vie (ou anesthésier leur perspective face à la vie, ça dépend comment tu prends le problème). L’histoire nous est racontée par Mark. Celui-ci décrit et commente différents épisodes de sa vie qui s’enchaînent pour finalement devenir une histoire. Il est accompagné par ses amis Tommy, Sick Boy, Begbie et Allison. Certains tombent peu à peu dans l’enfer de la drogue (ou un quelconque substitut comme l’alcool ou la violence) et d’autres finissent par s’en sortir. Ils ont tous un point un commun cependant: ils cherchent tellement à échapper à la réalité que même quand celle-ci les frappe en plein visage, ils n’arrivent pas à l’accepter et préfèrent détourner le regard.

La première image qui m’est venue en tête après avoir vu la pièce, pour résumer mon sentiment sur l’histoire, est que les films Requiem for a dream et The full Monty avaient eu un bébé: pauvreté, crise économique, génération bafouée, déchéance et drogue sur fond de crise identitaire.

CRÉDITS PHOTOS : Pierre-Marc Laliberté

Crédit photo : Pierre-Marc Laliberté

Le texte est tranchant. Les histoires choquantes voire écœurantes sont entremêlées de moments touchants et vrais, de discours qui font mal et de séquences hilarantes. Entre le langage ordurier des personnages et les scènes qui donnent la nausée on finit toutefois par se demander ce qui déferle le plus: les sacres ou les déjections.

Cependant, ce qui marque le plus l’esprit dans cette pièce, malgré les milles et une péripéties dont le spectateur est témoin, est la vérité et l’innocence qui émane de la trame de fond. Comme l’a si bien résumé la metteure en scène, Marie-Hélène Gendreau: « La pièce jette intelligemment un blâme sur tous les « abandonneurs » d’enfants. J’entends par là, une société qui n’aime pas suffisamment ses enfants, qui ne leur fait pas assez de place, qui n’est pas tolérante envers leur agitation. »

Les acteurs sont tous excellents, avec à leur tête Lucien Ratio dans le rôle de Mark. On retiendra surtout de son interprétation cette capacité à rendre presque agréable des situations qui, à la base, ne le sont pas du tout. Son personnage de junkie en est un attachant voire touchant dans sa manière de narrer les événements les plus tragiques de sa vie. Il faut noter l’intensité dramatique des comédiens Jean-Pierre Cloutier (Tommy) et Claude Breton Potvin (Allison) ainsi, que l’interprétation du personnage de Begbie, un ivrogne aux sérieux problèmes de gestion de la colère, par Charles-Étienne Beauline. C’est Marco Poulin qui fait tous les autres rôles secondaires (employeur, la mère supérieure et l’ivrogne) et il faut mentionner qu’il était incroyable dans la scène de l’entrevue!

CRÉDITS PHOTOS : Pierre-Marc Laliberté

Crédit photo : Pierre-Marc Laliberté

Je suis sortie du théâtre dans un état de transe semi-nauséeux. Ne sachant que trop quoi penser de cette pièce. Certes, j’avais beaucoup aimé et la mise en scène comme les acteurs étaient excellents. Mais une grande partie de moi continuait d’être profondément mal à l’aise. Maintenant, avec le recul, je suis vraiment contente de l’avoir vu. Parfois faut que ça fasse un peu mal pour qu’on arrive à voir plus grand et entamer une réflexion sur de tels sujets.

Trainspotting, de Irvine Welsh, a été adapté pour le théâtre par Harry Gibson seulement huit mois après la parution du livre. Elle a ensuite été traduite en français par Wajdi Mouawad et présentée pour la première fois à Québec à Premier Acte en 2013. La pièce est présentée à La Bordée du 27 octobre au 21 novembre 2015.

Camille xxx

Le maître des illusions

19 Oct

Il y a un petit bout temps, je vous présentais le dernier livre de Donna Tartt, Le Chardonnet que j’avais absolument adoré. Or, aujourd’hui je vais vous parler de son grand frère: Le maître des illusions que j’ai encore plus aimé. Bon, sûrement que quelques-uns vont me dire qu’un roman sorti il y a plus de vingt ans ne consiste pas en une nouvelle en soi. Mais il faut comprendre que lorsque j’ai acheté ce livre au Archambault il y avait une promotion 2 pour 25 $ et que franchement, je ne m’attendais à rien. Donc vous voyez sûrement où je m’en vais avec ce billet: c’est un livre incroyable dont je devais absolument vous partager et si vous aimez le style mystère/suspense vous allez apprécier!

Résumé

Richard vient d’un milieu pauvre de la Californie. Ses parents sont propriétaires d’une station-service, et pour eux, la vie de leur fils est toute tracée: il doit travailler dans l’entreprise familiale et voilà! Mais Richard voit les choses différemment. Pour lui il est très important de changer de milieu social et de se démarquer. Cette volonté devient si grande qu’il décide de s’inscrire dans une université privée de la côte est. Arrivé là-bas, il compte continuer ses études en grec ancien, mais n’entre pas qui veut dans ce programme à l’université d’Hampden. Seulement six étudiants ont droit à l’enseignement de l’illustre Julian. Qu’est-ce que ce groupe élitiste et fermé peut bien avoir de si spécial? Et surtout, qu’est-ce qu’ils peuvent bien cacher à leur nouveau camarade de classe?

Personnages 

Richard: jeune universitaire à la recherche de nouvelles expériences. Il souhaite devenir quelqu’un et tente d’y parvenir en faisant des études supérieures. Boursier, le milieu Université de Hampden le fait toutefois paraître comme un parvenu provincial.

Henri: l’étudiant le plus brillant de la classe de grec ancien. Un homme de type très cérébral qui passe des heures à lire et qui est plus intéressé par ce qui se passe dans les livres et dans la grande Histoire de l’humanité, que par les événements qui se déroulent sous yeux.

Bunny: c’est l’obligation qui a emmené Bunny à faire des études et le fait que sa famille en ait les moyens financiers. Il passe plus de temps à manger, boire et s’assurer que les autres font les choses à sa place qu’à réellement faire quelque chose de sa vie.

On aime

  • Le fait que l’auteure révèle le ton de son roman dès le début. Elle nous choque en partant et nous invite à découvrir toutes les ficelles de son histoire.
  • Le fait que Richard ne soit pas un héros typique. Il n’est jamais question de justifier ou de magnifier les événements. Il narre le tout avec détachement…ce qui rend le tout encore plus flippant!
  • La progression de l’histoire. Dans la première partie, l’auteure démystifie la situation et dans la deuxième, elle nous présente les conséquences des événements de la première partie.

Bonne lecture!

Camille xxx

 

 

Concerto à la mémoire d’un ange

18 Août

Personnellement, les recueils de nouvelles ne m’ont jamais vraiment attirés. Pourquoi? Aucune idée. Peut-être parce que je suis plus du genre « grosse brique » et que l’idée d’une petite histoire ça me rend triste puisque ça se termine trop vite. À peine on s’attache que c’est déjà terminé. Peut-être aussi que celles que j’ai lu dans le passé (bref comme lecture obligatoire à l’école) m’ont déprimé. Mais en même temps, qui ne serait pas déprimé par l’oeuvre d’un vieux russe alcoolique et suicidaire ou d’une histoire qui raconte comment un père tue son fils pour une histoire de chèvre volée (me semble que c’était ça l’histoire haha!). Bref! Tout ça pour dire que depuis peu j’ai recommencé à en lire pour mon bon plaisir. En grosse partie parce qu’une de mes amies fait sa maîtrise en littérature….et étudie la nouvelle. Alors je croule sous les recommandations! Ainsi donc, aujourd’hui je vous parle du recueil de nouvelles intitulé « Concerto à la mémoire d’une ange » écrit par Éric-Émmanuel Schmitt.

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Présentation du recueil

Bien que toutes les histoires présentées dans cet ouvrage, un total de quatre nouvelles, soient en apparence sans aucune rapport les unes avec les autres, elles font parties d’une même idée. Une sorte de continuation ou variation sur un même thème, car oui, il y a un thème. On nous présente des personnages qui ne sont si totalement bons ni totalement mauvais. Des personnages qui, le temps de quelques pages, évoluent voire se transforment. Chacune de ces petites histoires est belle à sa façon et porte le lecteur à réfléchir.

Nous avons ainsi en premier « l’empoisonneuse » (un titre assez évocateur merci!), suivi de « Le retour », puis de « Concerto à la mémoire d’un ange » et finalement « Un amour à l’Élysée ».

L’empoisonneuse 

Une vieille femme dans un petit village de province a été accusée d’avoir tué tous ses maris. Elle devient une curiosité locale et même une attraction touristique! Malgré sa réputation, elle reste une femme très pieuse, voire en paix avec elle-même…?

Le retour

C’est un homme qui travaille dur pour gagner sa vie. Un homme qui n’est que rarement à la maison. Pourtant, ce n’est pas la bonne compagnie qui manque à la maison. Pourquoi s’enfuir ainsi alors? Et surtout…pourquoi revenir?

Concerto à la mémoire d’un ange

Une rivalité adolescente peut-elle perdurer jusqu’à l’âge adulte? Est-ce que les conséquences de ce qui semblait presque innocent, de la compétitivité, peuvent changer les individus? Pourtant, dans le petit univers de la musique classique, une saine compétition entre étudiants ne fait que les stimuler…

Un amour à l’Élysée

Les relations changent avec le temps. Probablement parce que les gens changent. On grandit, on mûrit, on fait des choix et un beau matin: on ne se reconnaît plus. Que faire alors quand le miroir nous renvoie l’image de quelqu’un d’autre? Une personne pourtant importante, un personnage public, qui n’est finalement personne?

On aime

  • Tout! J’ai été complètement séduite! En fait, je dois l’avouer, je suis devenue complètement obsédée. je ne voulais pas lâcher mon livre avant d’avoir terminer ma nouvelle en cours.
  • Le journal d’écriture de l’auteur à la fin du recueil. Éric-Émmanuel Schmitt nous fait un beau cadeau en nous présentant ses notes et idées au fur et à mesure que son processus d’écriture avance.
  • Ma préférée, je l’avoue, est la première….ou serait-ce la dernière? C’est dur de choisir. Mais de toute façon les quatre sont bonnes!

Bonne lecture!

Camille xxx

Le jardin d’Éden: la tentation prend toutes sortes de formes

31 Juil

Je viens de terminer mes vacances. Dans mon cas, qui dit vacances dit «farniente» au soleil (lol…) en lisant toute la journée au bord de la piscine (ha!) en sirotant des bloody ceasars (miam! ). Or, pour cette lecture providentielle, j’avais choisi un roman que j’ai acheté au Salon du livre de Québec en avril dernier: Le jardin d’Éden d’Ernest Hemingway.

Ernest Hemingway, source inconnue

Ernest Hemingway, source inconnue

Il y a un vieil adage qui dit « un lecteur avisé en vaut deux » et bien, chers amis, considérez-vous avertis. Ce roman est à la fois complexe, déroutant, choquant et un peu étrange. Que dire sinon que c’est un plaisir de voir un génie à l’oeuvre, mais une inquiétude de se demander tout le long de sa lecture où l’auteur s’en va. Il faut savoir que Hemingway s’est suicidé avant de l’avoir terminé et que le résultat est le produit d’une édition tardive et peut-être…généreuse. Ce qui expliquerait notamment les trous dans l’histoire.

Mais c’est bon pareil là! Lisez-le jusqu’à la fin!

Crédit photo: Babelio

Crédit photo: Babelio

Résumé

Catherine et David Bourne sont en lune de miel sur la côte d’Azur et en Espagne. Un décor en chanteur pour un couple jeune et à la mode. Lui est écrivain, elle, héritière. Il vient de sortir son deuxième roman, elle rêve de devenir noire. Ils passent leurs journées à manger, à boire, à se faire bronzer et à faire l’amour. Un vrai conte de fée pour jeune couple marié. Survient alors un changement dans la dynamique de leur relation: elle veut tout changer, se changer. Peut-être s’ennuie-t-elle? Peut-être est-ce pour ça qu’elle invite la jeune Marita à rester avec eux. Ou peut-être est-ce par défi qu’elle impose cette nouvelle compagne à leur couple, ouvrant ainsi de nouveaux horizons érotiques et étouffant leur quotidien…?

On aime

  • La langueur qu’il y a dans ces journées remplies de martinis, de caviar et de plage. Les jours se répètent mais ne se ressemblent pas. Hemingway arrive à nous faire sentir à la fois la paresse qui vient avec la chaleur et les vacances et l’urgence de vivre chaque instant pleinement.
  • La nouvelle histoire que David écrit. Ça parle de la chasse à l’éléphant avec son père en Afrique quand il était petit. Même si le sujet n’est toujours reluisant, la narration, elle, est incroyable.
  • L’intrigue qui se corse tranquillement et qui resserre son étau jusqu’au point de rupture. Après tout, le jardin d’Éden est connu pour ses péchés et ses tentations…

Qu’est-ce qui rend ce roman si intriguant?

Afin de répondre à cette question, j’ai dû faire quelque chose que je ne fais jamais, c’est-à-dire lire la préface (oui, oui…je sais!). Or, ce Michel Mohrt de l’Académie française m’a fait réaliser quelque chose: la majorité de l’action n’est pas écrite. C’est au lecteur de déduire les tenants et les aboutissants des décisions des personnages.  Dans le fond, c’est probablement ce qui rend le roman à la fois intéressant et déroutant!

Bonne lecture!

Camille xxx

Je lève mon chapeau pour « Les luminaires »

27 Juin

Comment décrire le livre parfait? Qu’est-ce qui prime sur tout le reste et accroche les lecteurs de tous âges? Serait-ce une intrigue inspirante? Des personnages fascinants? Ou la capacité de l’auteur à créer des situations et nous faire vivre une émotion? Personnellement, je pense que le succès d’un livre réside beaucoup dans la façon dont le récit est conté, c’est-à-dire dans la manière dont l’auteur fourni l’information au lecteur. Plusieurs romans incroyables en sont la preuve: l’histoire la plus simple peut donner un chef-d’oeuvre à qui sait bien raconter et surprendre.

Dans un roman de grande envergure comme « Les luminaires » de Eleanor Catton, (et par grande envergure je veux dire une histoire qui est racontée en 1000 pages!!!), tenir le lecteur intrigué et curieux…cela relève tout simplement de l’exploit!

Source: les éditions Alto

Source: les éditions Alto

Résumé

L’histoire se déroule à la fin du XIXe siècle lors de la ruée vers l’or en Nouvelle-Zélande. Une petite ville minière de l’ouest est secouée par deux événements tragiques qui arrivent simultanément et dans des circonstances plutôt louches. En effet, au beau matin, un homme décède (assassiné?) et une prostituée est retrouvée inconsciente et à deux doigts de la mort. Les habitants de la ville secoués par tant de violence et de mystère se mettent en tête de découvrir ce qui s’est réellement passé. Tout le monde y va de ses suppositions et de ses connaissances de l’intrigue, mais le temps seul saura révéler les véritables connections entre les événements.

Personnages

Ce roman contient vingt personnages, tous aussi importants les uns que les autres. L’auteure aura eu la gentillesse de les détailler au début du livre avec leur profession et l’endroit où ils travaillent. Pour plus de détails, voir la photo.

La liste des personnages

La liste des personnages

On aime

– La prose. Quelle belle écriture! Cela fait longtemps que je n’ai pas eu l’occasion de lire un roman aussi bien écrit que celui-ci.

– La psychologie derrière les personnages. L’auteure prend le temps d’expliquer qui sont ses personnages et les raisons qui les poussent à agir d’une telle façon. Rendant l’histoire d’autant plus cohérente.

– Les références aux astres. Je ne connais pas grand chose à l’astronomie et l’astrologie, mais ces références rendent le tout vraiment mystique.

– Les traductions à la fin (car mon mandarin et mon mauri sont un peu rouillés je dois l’avouer)!

– Qu’au début de chaque chapitre il y a quelques lignes indiquant ce qui va se dérouler dans les pages qui suivent.

Laissez-vous tenter! Bonne lecture!

Camille xxx

Le Concours musical international de Montréal édition 2015

8 Juin

Je fais une nouvelle incursion en dehors de mes sentiers battus pour vous parler d’une autre de mes passions: la musique classique. Dans la vie, si je pouvais vivre de littérature et de musique (qui a dit qu’il y avait juste l’amour et l’eau fraîche dans la vie hein?), je serais très très très heureuse.

Donc, du 24 mai au au 5 juin 2015 se tenait le Concours musical international de Montréal auquel j’ai été invitée afin de vous parler de cet événement sans pareil dans le monde de la musique classique au Québec. Car il faut bien le dire, des concours rassemblant des talents du monde entier, un jury hautement acclamé par le public et la critique et la plus belle musique jamais composée…il n’y en a pas des tonnes dans notre belle province.

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Les trois gagnants du CMIM Crédit photo: Antoine Saito

Mais qu’est-ce que le Concours musical international de Montréal?

Fondé en 2002 par la basse Joseph Rouleau et par André Rouleau, le Concours musical international de Montréal (CMIM) s’est donné pour but de découvrir les jeunes talents du monde entier. Il est tenu tous les ans et la discipline varie entre le piano, le violon et le chant. Le concours se déroule selon les étapes suivantes: tout d’abord, il y a les qualifications. Les artistes sont invités à envoyer cv et démo à un jury qui sélectionnera dans le lot les 24 meilleures inscriptions (les candidats ayant le plus de potentiel). Ensuite, ont lieu les quarts de finale. Les 24 participants doivent chanter l’équivalent d’un demi-récital (30 minutes de musique) qui montrera l’étendue de leurs capacités musicales tout en respectant le répertoire imposé. Suite à cela, la moitié des participants sont éliminés pour faire place à la demi-finale. Le même processus est mis en place pour cette épreuve afin que le jury décide des six finalistes. La finale a lieu à la maison symphonique et les artistes sont accompagnés par l’OSM (!!!).

Cette année, c’était au tour des chanteurs de se produire. Parmi les pays représentés il y avait, bien évidemment, le Canada avec un total de neuf concurrents, le Corée du Sud avec huit chanteurs, la France, le Royaume-Uni, la Macédoine, les États-Unis, l’Espagne, la Belgique et le Japon. Il était donc assez clair dans la salle que le combat serait entre le Canada et la Corée du sud.

Chanter dans un concours est toujours une épreuve difficile. Surtout quand le jury est composé de grands artistes dont les noms résonnent aux oreilles des connaisseurs comme étant des légendes (genre Marilyn Horne). Étant moi-même chanteuse et ayant fait des concours, je dois souligner le courage et la détermination de chacun des candidats. Cependant, dans une optique de compétition, tous ne peuvent pas gagner. En fait, pour reprendre les mots de la porte-parole du concours, la journaliste et animatrice Marie-Claude Lavallée, «c’est un peu comme l’émission La Voix : des chanteurs, des épreuves, un jury et beaucoup de talent.» De plus, on ne sait pas si on ne va pas découvrir la prochaine superstar! Imaginez si vous assistiez aux débuts du prochain Pavarotti!

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Keonwoo Kim, ténor Crédit photo: Antoine Saito

Et comment ça a été pour les candidats?

Pour la plupart, ce fût un super succès. Évidemment, tous n’ont pas accédé au podium, ni même en finale, mais on sentait qu’ils étaient prêts. Lorsque je me suis entretenue avec la porte-parole du concours,  une des premières choses que je lui ai demandé c’est comment elle avait trouvé les candidats le jour de l’ouverture du CMIM et elle m’a répondu qu’ils étaient étonnamment calmes. Or, il était possible de le sentir tout de suite. Ils maîtrisaient leur répertoire et venaient clairement s’amuser et faire de la musique.

Les finalistes ont su offrir un concert de très haut niveau. On sentait toutefois la fatigue vocale de certains. Quand on chante, on sait que émotions, stress, respiration et soutien sont difficilement contrôlables à chaque instant. Ce qui peut donner des performances inégales, surtout dans un contexte comme celui-ci où la variété du répertoire et les épreuves rapprochées peuvent déstabiliser. Tous n’ont pas offerts non plus des performances où le jeu d’acteur et le ressenti de la musique allaient de concert. Certains nous offraient une belle musicalité, mais un jeu très faibles et d’autres surjouaient leurs personnages et en oubliaient l’importance de la ligne musicale et de la technique. Bien que tous les finalistes aient le charisme et la sensibilité nécessaires pour offrir un bon spectacle, on pouvait facilement distinguer ceux qui se hisseraient sur le podium.

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France Bellemare, soprano Crédit photo: Antoine Saito

Les gagnants!

En première position, et gagnant d’une bourse de 30 000 $, nous avons le ténor Keonwoo Kim de la Corée du Sud. En deuxième place, la soprano, également de Corée du Sud, Hyesang Park et pour terminer, en troisième position, la canadienne (et Québécoise du Saguenay-Lac-Saint-Jean) France bellemare. Chacun de ces concurrents se sont vu offrir plusieurs prix et engagements. Le secret de leur succès? Je le vois dans la constance et la sensibilité de leurs interprétations. Engagés et intéressants, ils nous emmenaient en voyage avec eux avec chacune de leurs interprétations. Afin de les écouter, je vous invite à visionner sur le chaîne Youtube du CMIM le gala qui venait clôturer le concours: https://www.youtube.com/watch?v=ZOAoxJvcreQ . (en prime, sur cette chaîne, vous avez la demi-finale et le finale! )

Je vous lève donc mon chapeau! Et bravo encore à tous!

Camille xxx

L’Opéra de Montréal présente Silent Night

18 Mai

Quand les chefs de meute m’ont demandé si j’étais intéressée à aller voir la première de Silent Night à l’Opéra de Montréal, j’ai évidemment sauté sur l’occasion. Ce n’est pas tous les jours en 2015 qu’on a l’occasion d’aller voir une œuvre opératique écrite à notre époque. En effet, plusieurs compositeurs ont déjà fait leurs preuves dans les siècles précédents (genre Mozart ou Verdi) et il est plus facile d’aller voir une série de chefs-d’œuvre qui ont déjà fait leurs preuves, qu’un opéra récent. Ainsi, samedi soir dernier, Michèle et moi on s’est fait une soirée de louves souper/opéra et on a ca-po-té. C’était vraiment magnifique.

Silent Night reprend un fait singulier qui a eu lieu durant la Première guerre Mondiale, fait qui a d’ailleurs été mis en film il y a une dizaine d’années sous le nom de « Joyeux Noël ». Donc, mise en contexte : nous sommes en Belgique un 23 décembre. Français, Écossais et Allemands se livrent bataille depuis des semaines. Chacune des nations a perdu beaucoup d’hommes et les choses ne s’en vont pas en s’améliorant. Heureusement pour eux, la venue de Noël et des festivités met un peu de lumière dans leur quotidien violent et macabre. Parallèlement à ce côté de l’histoire qu’on pourrait qualifier de « politique », nous suivons les amours d’un couple de chanteurs d’opéra allemands. Lui a dû s’engager durant la conscription et elle, tente de le sortir de cet enfer afin qu’ils puissent être ensembles. Tous ces personnages se retrouveront ensembles pour le jour de Noël, le cœur à la fête. C’est alors que quelque chose d’inattendu se produit, les hommes de toutes les nations entament des chants de leur pays pour finalement réaliser qu’ils souhaiteraient davantage s’amuser que s’entre-tuer. Une trêve s’amorce donc et on assiste à une scène humaine et touchante où des ennemis deviennent soudainement des amis, échangeant photos, anecdotes et victuailles le temps de la nuit de Noël.

Crédit : Yves Renaud

Crédit : Yves Renaud

Je lève mon chapeau au compositeur, Kevin Puts, qui a su avec brio nous faire sentir une foule d’émotions et évoquer à la fois des états d’âmes, des tensions, des situations et des lieux, parfois avec la partie orchestrale seule. Pensons notamment au début fracassant avec ce chœur d’hommes explosant soudainement en une scène de guerre sanglante où on se croirait davantage devant un film qu’à l’opéra. Également, ce moment où il enchaîne les valses viennoises avec une dispute entre nos deux amoureux où la musique regorge de dissonances, ce qui nous donne l’impression, en tant que spectateurs, de vivre deux émotions à la fois: le décorum presque ridicule qui règne au bal des officiers allemands, et les tensions et le mal-être des personnages principaux. Ceci est sans parler du travail extraordinaire du librettiste Mark Campbell qui a réussi un tour de force en écrivant un opéra en quatre langues (français, anglais, allemand et latin) tout en faisant ressortir les caractéristiques de chaque peuples. Caractéristiques davantage mises en évidence par le choix des mots et expressions de M. Campbell que par la musique, il faut l’avouer. Également, quelques blagues venaient régulièrement alléger et détendre l’atmosphère, rendant donc le sujet de l’opéra moins triste.

Il faut aussi souligner la mise en scène très efficace  d’Eric Simonson. Il faut dire que les décors et costumes empruntés à l’Opéra du Minnesota rendent le spectacle intéressant et l’histoire facile à suivre. Avec sa plateforme tournante, ses tranchées et ses trois postes de garde distincts, le tout bouge de manière fluide et les changement sont faits de manière fluide afin de rendre l’expérience cohérente pour le spectateur.

Crédit : Yves Renaud

Crédit : Yves Renaud

L’orchestre et les interprètes font un travail incroyable et unifient l’œuvre, rendant l’histoire touchante et humaine. Devant cette partition souvent difficile à chanter (parole de chanteuse!) chacun y va de ses forces et la puissance dramatique des protagonistes rend l’histoire très poignante. Je parle ici de Marianne Fiset, Joseph Keiser, Phillip Addis, Alexander Hajek et Daniel Okulitch. Ces derniers sont accompagnés par un chœur d’hommes nombreux et solide. Notons aussi que la distribution est entièrement canadienne (!).

Silent Night est le dernier opéra de la saison 2014/2015 et sera présenté pour encore trois soirs, soit les 19, 21 et 23 mai 2015 à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

Crédit : Yves Renaud

Crédit : Yves Renaud

Allez-y et profitez d’une soirée remplie d’émotions!

Camille xxx

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