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Big Little Lies: Succès mérité

19 Oct

Si vous avez vécu sous une roche toute l’année, vous avez peut-être raté la magnifique minisérie Big Little Lies/Petits secrets, grands mensonges, réalisée par le Québécois Jean-Marc Vallée. Avant d’être une production télévisuelle saluée par de nombreux prix Emmys, c’était un roman de l’Australienne Liane Moriarty. Alors, puisque la série m’a fascinée, j’ai dévoré le roman d’une seule traite… pour mieux vous en parler, bien sûr!

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Fuck l’amour compliqué

20 Sep

À force de regarder des films et des séries télé, de lire des romans, bref, de consommer de la culture, on finit par penser que l’amour, c’est forcément compliqué, difficile, désespérant, douloureux à vous tordre les entrailles (quoi de mieux qu’une histoire d’amour qui finit mal?). Hé bien, non, ce n’est pas obligé de se passer comme ça. Maintenant que j’ai passé la mi-vingtaine, je dis : fuck le drama. Fuck l’amour compliqué.

Des fois, c’est le fun quand c’est simple.

Je ne dis pas de se « contenter » du voisin d’à côté qui n’est pas nécessairement fantastique mais juste assez cute pour que vous ayez envie de lui dire bonjour tous les matins. On n’est pas obligée de se jeter sur le premier venu simplement parce qu’on est « en mal d’amour », pour se rendre compte un mois plus tard que c’est la pire erreur de sa vie.

Donc, fuck l’amour compliqué.

Envoyons promener les gars qui ne répondent pas quand on les texte, quand on leur parle sur Facebook. Tu ne me réponds pas? Tant pis pour toi. J’arrête de me casser la tête, de me déchirer les tripes à essayer de comprendre pourquoi. Je te supprime de mes contacts, de mon Facebook si je le pense nécessaire, et je passe à autre chose. Si tu veux niaiser, on va niaiser à deux. Comme dirait Trudeau : Just watch me.

Tant qu’à y être, envoyons aussi promener les gars qui font des crises de jalousie aux cinq minutes quand ça fait un an, deux ans, qu’on sort avec eux. Si tu es incertain dans ta relation, si tu penses que tu n’es pas assez bien pour moi, ce n’est pas mon problème. Va travailler ton estime de toi, dude, et fiche-moi la paix. J’irai chiller avec mes amies pendant ce temps-là, et ne me rappelle pas quand tu auras réglé tes affaires. Ta chance est passée.

Célébrons plutôt les hommes qui respectent nos opinions, qui encouragent nos ambitions, qui nous répondent quand on les texte, quand on leur écrit, quand on les appelle. Bref, qui nous considèrent comme des êtres humains à part entière, comme leurs égales. Qui nous rendent la vie facile, et qui donnent vraiment l’impression que l’amour, c’est le fun. Ces gars qui nous font à souper, qui nous amènent des doudous quand on a froid, qui cherchent exactement le bon format de Pepsi pour qu’on en ait juste assez (allô, P.).

Être avec quelqu’un, ça ne devrait pas être aussi compliqué que Les Feux de l’amour. Ça devrait faire du bien. Ça devrait être rassurant, réconfortant, et en même temps juste assez déstabilisant pour garder les papillons au ventre.

Choisissons quelqu’un qui nous fait sentir bien, qui nous respecte. Qui nous présente à sa famille, à ses amis tout à fait relax parce qu’il a confiance qu’on ne lui fasse pas honte.

Bref, laissons tomber les histoires compliquées.

La vie est assez compliquée comme ça, on n’a pas besoin d’en rajouter.

Anne-Sophie

P.S. Je parle des hommes, mais c’est simplement parce que mon expérience personnelle inclut seulement des relations hétérosexuelles. Je suis bien consciente qu’il existe des situations où c’est la personne s’identifiant comme femme qui adopte les comportements que je dénonce ci-haut. Bref, peu importe votre orientation et vos expériences, j’espère que vous pourrez vous reconnaître dans ce texte. 

P.P.S.: Je suis aussi consciente qu’il peut être difficile de se sortir d’une relation malsaine. Loin de moi l’idée de culpabiliser celles et ceux qui sont aux prises avec ce type de relation! Simplement, lorsqu’on commence une nouvelle fréquentation, on peut essayer de faire mieux… et plus simple!

Des desserts de chef… devant vous!

29 Août

Vous aimez les desserts? Votre chaîne de télé préférée, c’est Zeste, avec ses millions d’émissions de cuisine en tout genre? Hé bien, j’ai une suggestion pour vous: assistez donc à un cours de Patrice Demers, pâtissier hors pair, dans sa pâtisserie-boulangerie-bistro de Montréal.

J’ai assisté en juillet au cours de desserts aux petits fruits. Au programme: trois desserts mettant en valeur fraises, bleuets et framboises préparés devant notre petit groupe de douze personnes par Patrice Demers lui-même. Durant trois heures, on regarde cuisiner le chef, on prend des notes au cas où on voudrait reproduire une recette, et surtout… on goûte! Après chaque préparation, le bras droit de Patrice nous sert une portion du dessert, que l’on finit de déguster pendant que le chef commence la recette suivante.

Quoi de mieux, honnêtement, que de regarder faire de la bouffe délicieuse et de la manger après? Ça me semble l’idée la plus géniale du monde.

Le concept, convivial et efficace, donne à voir toute l’expertise de Demers et permet aux apprentis-pâtissiers de poser toutes les questions qui leur passent par la tête, ce qui enrichit souvent notre compréhension des recettes et permet de mieux saisir la délicate chimie derrière la richesse et l’équilibre des saveurs et des textures. Je ne pensais sincèrement pas qu’une tartelette pouvait demander autant de soin pour être parfaitement croquante! C’est de là que vient mon maigre talent en cuisine, j’imagine! 😉

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Cette tartelette à la crème de yuzu et aux bleuets était tout simplement fantastique!

En plus, Patrice Demers lui-même est accessible, humble, et il n’hésite pas à nous montrer les dessous de son commerce. Nombre de desserts préparés par jour, temps de préparation, de cuisson, de re-cuisson… Si on pose les bonnes questions, on apprend beaucoup de choses sur la charmante boulangerie-bistro du chef.

La formule ultra-simple permet de bien assimiler les détails des recettes et de mieux comprendre toute l’expertise derrière chaque petit gâteau ou tartelette. En plus, on a même droit à une pause-café au milieu du cours, comme à l’université. De quoi laisser le temps de digérer toutes les complexités de la chose… et aussi les desserts eux-mêmes!

Bref, cette activité semble tout indiquée pour les amateurs de desserts. Pour ma part, je n’ai pas le talent pour m’essayer de faire un des magnifiques desserts auxquels on a goûté, mais ma mère, elle, s’est lancée à pieds joints, heureuse de mettre ses talents à l’épreuve. Finalement, ça a donné ces fantastique petits gâteaux (des financiers, si vous voulez le terme exact) accompagnés d’un pot-de-crème au chocolat:

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Miam!

En plus d’être beau, c’était délicieux!

Pour information: http://www.patricepatissier.ca/#

L’horaire des cours est annoncé via Facebook et Twitter en janvier, avril, juillet et octobre.

Bon appétit! 😉

Anne-Sophie

Footloose: Dynamique et efficace

3 Août

J’ai assisté samedi dernier à la comédie musicale Footloose, mise en scène par Serge Postigo et mettant en vedette Philippe Touzel (anciennes fans de Phénomia, vous le reconnaîtrez sans doute…) et Éléonore Lagacé. Je m’attendais à du mouvement, de l’énergie, et je n’ai pas été déçue.

Avouons-le dès le départ, je suis une fan de Footloose. J’adore le film, j’aime la trame sonore (que j’écoute souvent à fond avec mon meilleur ami en voiture), alors j’étais plus qu’excitée à l’idée de voir les personnages s’animer devant moi sur la scène du Théâtre Saint-Denis.

L’histoire du citadin Ren McCormack, condamné à emménager dans la petite ville de Beaumont, a quelque chose d’universel: alors que toutes les portes devraient s’ouvrir devant lui à l’approche de l’âge adulte, il voit se rétrécir le monde qui lui était promis. Incapable de se résigner aux règles strictes de Beaumont, dont l’interdiction de danser, il essaie de changer les lois de la ville, se heurtant au révérend et à l’étroitesse d’esprit des habitants mais comptant sur l’amitié du maladroit Willard et de l’impulsive Ariel.

Les chansons de la comédie musicale, pour la plupart traduites, sont rendues avec énergie et de façon efficace: la mise en scène de Serge Postigo permet de bien faire avancer l’histoire au fil des chansons. Notamment, Somebody’s Eyes était parfaitement réussie à ce chapitre: les danseurs et personnages surgissaient des casiers d’école pour invectiver Ren ou le punir, rendant l’atmosphère oppressante, quasi insupportable.

Les interprètes font tous un travail formidable. Éléonore Lagacé, particulièrement, est incroyable dans le rôle d’Ariel, énergique et rebelle, parfaitement à l’aise avec sa voix et son corps. D’ailleurs, elle aurait mérité un plus grand rôle que simplement celui de potentielle blonde de Ren: après tout, elle vit aussi un grand bouleversement avec la fracturation de sa famille après la mort de son frère. J’aurais aimé qu’on plonge davantage dans la psychologie de son personnage, mais bon, on a préféré s’intéresser à la crise existentielle de son père révérend.

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Photo Huffington Post Québec

Quelques bémols

Je me permets aussi de souligner deux éléments qui m’ont agacée. D’abord, les chansons ne sont pas toutes traduites en français, sans que l’on comprenne pourquoi. À la limite, ne pas traduire Footloose peut se justifier: après tout, c’est la chanson-titre. Mais pourquoi ne pas faire l’effort de traduire I Need A Hero, Almost Paradise ou Somebody’s Eyes? Il y a sans doute une raison, mais quand on regarde le spectacle, elle n’est pas évidente.

Par ailleurs, la quantité de dialogues parlés m’a souvent fait un peu décrocher : une comédie musicale, c’est fait pour chanter, non? Ça me paraissait tout à fait illogique de briser le rythme des chansons, qui nous donnaient envie de chanter, de danser, et surtout d’en entendre d’autres, avec de longs dialogues qui pourraient fort bien être chantés -après tout, si Frollo peut condamner Esmeralda à mort dans Notre-Dame-de-Paris en chantant, je suis sûre que le révérend Moore peut envoyer promener Ren de la même manière.

Malgré ces deux bémols, Footloose vaut la peine d’être vu, si ce n’est que pour la scène finale du party de Beaumont: les chorégraphies étaient magnifiques et l’énergie palpable. Une belle fin, comme un point d’exclamation géant ponctué de confettis et d’un rappel génial.

Si vous voulez le voir, il y a deux représentations par jour jusqu’au 5 août au théâtre Saint-Denis à Montréal.

Pour information: http://www.hahaha.com/fr/show/footloose

Anne-Sophie

Parce que les vacances, c’est pas optionnel

20 Juil

Comme l’a fait remarquer ma collègue et amie Jenny dans son plus récent billet, on a parfois l’impression que les vacances, c’est juste une option. Quelque chose qui pour ceux qui ont le temps de se la couler douce. Ce n’est pas pour les travailleurs autonomes ni pour les étudiants, oh que non! Depuis cinq ans, je n’ai pas pris de vacances d’université. Cette année, j’ai décidé de prendre deux mois off, parce que prendre de vacances, ça ne devrait pas être optionnel.

Il y a quelques mois à peine, je vous aurais dit que les vacances, ce n’est pas obligatoire. Mais ce printemps, ma psy m’a dit que j’étais « au bord de l’épuisement professionnel ». Probablement le résultat de mes cinq ans de suite sans vacances d’été… ou vacances tout court. Donc, avant que mon quasi-burn out en devienne un en bonne et due forme, j’ai décidé de prendre des vacances.

Prendre des vacances, ce n’est pas pour les nuls ou les faibles, contrairement à ce que tout le monde veut nous faire croire -et le milieu universitaire dont je fais partie ne fait pas exception à la règle, loin de là. Les vacances, c’est pour les nuls, ou alors, c’est un luxe pour les salariés. Étudiants et indépendants, à l’ouvrage! Pas de temps à perdre avec le repos.

Alors, je me suis obstinée à travailler tous les étés, sans arrêt depuis 2012, jusqu’à ce que je n’arrive plus à me concentrer suffisamment pour travailler plus de dix minutes à la fois. Oui, dix minutes à la fois, et ça me prenait tout mon courage.

Donc, me voilà, avec deux semaines de vacances dans le corps, et je me rends compte que les vacances, non, ce n’est pas optionnel.

Les vacances me montrent bien, maintenant, à quel point j’étais fatiguée. À trop rouler sur mes réserves, je ne m’apercevais pas de l’ampleur de mon épuisement. Je ne me rendais plus compte que je faisais en deux jours ce que j’aurais pu faire en quelques heures, il y a deux ou trois ans. Je pensais que j’étais reposée le matin en me levant, alors que j’étais toujours aussi fatiguée que la veille. Je ne m’en préoccupais pas: je serrais les dents, et je passais à travers la journée.

Prendre des vacances me montre aussi que des objectifs, ça doit être flexible. Quand bien même que mon plan de travail pour les trois prochaines années ne serait pas prêt tout de suite, qui est-ce que ça dérange? Anyway, il va changer 300 000 fois d’ici à ce que je finisse ma thèse. Alors, attendre en septembre pour faire ça, c’est tout sauf grave. Personne ne fera une crise cardiaque pour si peu -même pas moi!

Luca Bravo

Hé oui, prendre des vacances, ça fait « perdre du temps ». Mais est-ce vraiment perdre du temps que de s’amuser un peu, de profiter du soleil, de voir la mer? Je ne pense pas.

Morale de l’histoire: prenez des vacances, même si vous rongez votre frein en attendant de recommencer. Vous finirez par apprendre à vous détendre -c’est long, mais on y arrive (je commence presque à relaxer, c’est dire!).

Après tout, c’est à ça que ça sert, les vacances. Se détendre un peu les muscles. Se tranquilliser le cerveau.

Surtout, ça ne fait vraiment pas de tort.

Anne-Sophie

FEQ: Époustouflante P!nk

10 Juil

Pyrotechnie, projections, acrobaties aériennes et surtout, une voix solide et une performance efficace: tout était là pour faire du spectacle de P!nk sur les Plaines une réussite absolue. Pour une réussite, c’en était toute une!

Je ne m’attendais à rien de particulier de la part de la chanteuse américaine: je connaissais plusieurs de ses succès radio, que j’aimais bien, alors je me suis dit tout simplement « Tant qu’à avoir une passe, allons-y. »

Mais quelle idée de génie j’ai eue!

Le spectacle a démarré en trombe, avec un Get The Party Started plus qu’à propos. Je suis restée là, éblouie, à écouter la chanson en tapant des mains un peu stupidement: je n’en revenais pas d’un départ de spectacle aussi canon. Je n’avais jamais vu ça: P!nk avait l’air aussi réchauffée que si on était à la fin du spectacle, et ce n’était que la première chanson!

La chanteuse américaine de 37 ans a définitivement mis le paquet pour impressionner les dizaines de milliers de fans présents sur les Plaines: un lance-flamme, des feux d’artifices, des images d’arrière-plan parfois surréalistes, une troupe de danseurs aux chorégraphies parfaitement orchestrées… et même des bracelets lumineux, remis aux 50 000 premiers arrivés, synchronisés avec le spectacle! J’aurais tellement voulu en avoir un, je ne peux pas vous dire comment -mais je n’étais pas assez fan de P!nk avant le spectacle pour arriver parmi les premières (maintenant, probablement que oui!).

P!nk n’a pas non plus lésiné pour mettre le public dans sa poche: elle avait l’air franchement heureuse d’être là, souriant doucement entre les chansons, même entre deux couplets, saluant de la main et faisant des « Hey! » à ses fans lorsqu’elle s’approchait davantage. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi sympathique. Naturelle, à l’aise, elle a vraiment fait sienne l’énorme scène des Plaines -scène dont la taille n’a pas dû l’impressionner, elle, mais qui, à moi, semble immense.

Crédit vidéo : Nova Film | Festival d’été de Québec

Ce dont je me rappellerai, aussi, c’est l’énergie incomparable de la chanteuse, qui s’est amenée sur les planches comme si elle les possédait depuis toujours, le pas souple sur ses bottillons noirs. Elle était toute là, à nous balancer ses hits à la figure comme autant de boules d’énergie, et on répondait tous en criant, en tapant des mains ou en chantant. P!nk possède chacune de ses chansons, bouge merveilleusement bien, et est modeste en plus! Hé oui, elle s’est excusée d’oublier quelques paroles parce qu’elle était « rouillée » après presque quatre ans sans apparition sur scène.

Le spectacle était rodé à la perfection, les chansons s’enchaînant sans heurt pour créer un ensemble harmonieux et énergique, avec quelques pièces acoustiques bien équilibrées, qui donnaient toute la place à la voix puissante de P!nk -voix qu’elle sait faire fragile lorsque la chanson le demande. Tout un tour de force.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré mon spectacle. C’était une soirée mémorable, dont je me souviendrai longtemps… aussi à cause de l’envol de P!nk, qui s’est transformée en acrobate aérienne le temps de So What, voltigeant au-dessus des spectateurs, pirouettant sans rater une parole, éclatant de rire parfois. Ce segment, qui a clos le spectacle, était franchement exceptionnel, et tout le monde était renversé. Il y avait de quoi, d’ailleurs, puisque P!nk a passé plusieurs minutes dans les airs, l’air presque aussi confortable que sur terre.

De mon côté, je pense qu’une part de moi est restée plantée sur les Plaines, quelque part sous les étoiles, éblouie par une performance inoubliable, rêvant de m’envoler avec P!nk.

À défaut de m’envoler, je peux toujours réécouter les chansons. Ça devrait suffire.

Anne-Sophie

Psst : Au cas où vous vous demandez quelles chansons elle a jouées, les voilà:

Get the Party Started
U + Ur Hand
Just Like a Pill
Trouble
Leave Me Alone (I’m Lonely)
Try
Just Give Me a Reason
How Come You’re Not Here
Funhouse / Just A Girl (reprise de No Doubt)
Who Knew
F**kin’ Perfect
Me and Bobby McGee (reprise de Kris Kristofferson)
Babe, I’m Gonna Leave You (reprise de Joan Baez)
Sober
River (reprise de Bishop Briggs)
Just Like Fire
Blow Me (One Last Kiss)
Raise Your Glass
So What

Source: 99secenes.com

Scott Helman à Québec: Fantastique!

26 Juin

Vous cherchez de la musique d’été? Permettez-moi de vous suggérer la pop accrocheuse, dynamique et résolument estivale de Scott Helman. De passage à L’Anti Bar et Spectacles de Québec le 22 juin, l’Ontarien a livré tout un show. Mon verdict? Fantastique!

Scott Helman est arrivé en coup de vent, se faufilant dans la foule pour rejoindre la scène et entamer une « Hôtel de ville » plus que convaincante. Portant ses 21 ans de vie comme autant d’années d’expérience, l’Ontarien a mis la foule dans sa poche en quelques secondes à peine, modifiant les paroles de la chanson pour y glisser un « Quebec City » plus qu’apprécié.

Il a de l’énergie à revendre, ce Scott: il bouge tout le temps, balançant les bras au-dessus de sa tête, se promenant d’un bout à l’autre de la scène, les cheveux clairs toujours un peu dans le visage, ou se dandinant d’un air amusé avec ses musiciens, l’air désinvolte mais tout à son affaire en même temps. C’est peut-être ça qui fait la fidélité de ses fans, nombreuses à connaître les chansons par coeur: il a l’air d’avoir du fun, et il ne se prend pas au sérieux, même s’il est terriblement talentueux (en plus d’écrire toutes les paroles et la musique de ses chansons, il conçoit et dessine ses pochettes d’albums ET les T-shirts à son effigie: pas pire pareil!).

Quant aux chansons, personne n’a été déçu: Helman a joué la quasi-totalité de ses compositions (dont une inédite!), à l’exception d’une pièce ou deux (notamment Cry, Cry, Cry et You Made Her). C’est vraiment en live que l’on peut apprécier toute l’étendue du talent de Scott: énergique sur That Sweater et Kites, il se fait vulnérable pour House Key et Machine, celle-ci livrée seul à la guitare. Sa voix ne le trahit jamais, assurée et agile, toute en nuances. Il fait preuve d’une grande maturité dans l’interprétation de ses chansons qui donne l’impression d’avoir affaire à un interprète d’expérience plutôt qu’à un gars dont le premier album complet est sorti depuis à peine plus d’un mois.

Franchement, Scott et son band étaient plus qu’agréables à voir: ils étaient attentifs au public, se lançaient des blagues au beau milieu des chansons et semblaient s’amuser comme des fous -d’ailleurs, quelques rires ont secoué les cinq camarades à plusieurs reprises. En plus, ils sont reconnaissants: plusieurs fois, Scott a remercié le public pour son appui et sa fidélité, ajoutant que c’était ça qui faisait de Québec (comme province) sa « deuxième maison ». On a vraiment le goût de l’adopter!

En tout cas, moi, je l’adopte sans réserve: Scott Helman, je l’aime d’amour, et je n’ai pas fini d’aller le voir en spectacle et de faire ma groupie, même si les deux premières parties (Ryland James et Featurette) m’ont paru longues.

Au cas où vous voudriez le voir pour vous faire votre propre idée, Scott sera à l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu le 19 août prochain.

En plus, c’est de la musique d’été! Écoutez donc Kinda Complicated ci-dessous, pour serez convaincus, j’en suis sûre. 😉


Photo: Pinterest

Bonne écoute!

Anne-Sophie 

Stop ou encore

12 Mai

« Stop ou encore », c’est la question que je me pose tout le temps. Stop le travail, ou encore deux ou trois textes à lire? Stop le zieutage sur Facebook, ou encore cinq minutes au cas où j’aurais raté quelque chose? Stop la thèse pour l’été, ou non, encore une petite shot avant d’arrêter?

Stop ou encore, c’est le refrain perpétuel d’une vie qui va de plus en plus vite. D’une existence qui me semble passer toujours en fast forward, à attendre quelque chose d’autre, quelque chose de plus. C’est le bruit de fond omniprésent d’un monde qui a élu la productivité et la performance comme ses valeurs-maîtresses.

Le plus souvent, c’est le « encore » qui gagne. Envoye, t’es capable. Capable d’en prendre. Capable de travailler quatorze heures par jour. Capable de ne jamais prendre une journée off. Capable de te priver de tes amis, parce que tu n’as pas le temps, trop d’ouvrage à faire. À quoi ça sert, de toute façon, des amis, une famille? Ça te fait perdre du temps productif sur autre chose.

Bien entendu, ce n’est pas vrai. À un moment, on n’est plus capable. À un moment, le cerveau s’embrouille, même si on essaie de le pousser, de le convaincre qu’il a encore du jus. À un moment, il n’y en a plus.

Il n’y a plus de force dans le cerveau, dans le cœur, dans le corps.

À ce moment-là, il faut savoir s’arrêter.

Le « stop » est nécessaire, pour que le « encore » ait un sens.

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Je ne l’ai pas compris avant tout récemment. Je me disais que j’étais capable. Que m’arrêter, avouer que j’étais fatiguée, était une manifestation de faiblesse.

Je ne voulais pas être faible. Je ne voulais pas montrer que l’université me demandait beaucoup d’énergie. Je voulais avoir l’air solide et invulnérable. Je m’en fichais d’être blême, d’avoir les yeux cernés, de ne presque rien faire d’autre que de travailler.

Je ne suis pas faible. Je suis solide, oui, mais pas invulnérable.

Ça m’a pris longtemps à le comprendre.

Ce n’est pas d’être faible que de reconnaître qu’on a besoin de repos.

Décider de dire « stop », de prendre des vacances, c’est me choisir, moi. Ce que j’aime faire, ce que je suis, quand je ne travaille pas.

Et si je ne le savais plus?

C’est bien ça le drame du travail à tout prix : quand on arrête, on ne sait plus ce qu’on est. Ce qu’on aime vraiment faire.

Cet été, j’y réfléchirai. Qu’est-ce qui me rendait heureuse, avant que l’université s’immisce dans chaque sphère de ma vie? Qu’est-ce qui occupait mes journées, avant que mon mémoire, ma thèse ne prennent toute la place?

J’aimais jouer au tennis avec mon frère. Marcher au bord de l’eau avec mon meilleur ami ou ma mère. Rouler en voiture la nuit. M’asseoir au soleil.

C’est un bon début, n’est-ce pas?

La suite, ce sera de dire « stop » plus souvent.

Ça, c’est un bon défi.

 Anne-Sophie

* Si vous avez en tête la chanson de Plastic Bertrand, je m’en excuse. J’ai un peu (pas mal) fait exprès. 😉

« Marée montante »: À la dérive

9 Mar

Marée montante, c’est l’histoire d’un homme qui se noie de chagrin, après que sa fille, toute jeune, soit morte emportée par les flots. C’est une descente hypnotique dans les abysses du deuil, qu’on suit, bouche bée, englouti par les émotions à fleur de peau qui se dégagent de la plume limpide et douce de Charles Quimper.

 

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant ce petit bouquin, sinon à lire quelque chose d’horriblement triste -mais ça ne me faisait pas peur: les histoires tristes, c’est ce que je préfère.

Je ne m’attendais certainement pas au raz-de-marée d’émotions qui m’a submergée.

C’était si violent, si brusque, comme une vague énorme qui m’aurait percutée de plein fouet. Je restais là, avec ce livre d’apparence insignifiante entre les mains, abasourdie, incapable de faire autre chose que tourner les pages, emportée par la plume agile de Quimper, qui peint sur la page des images évocatrices et fortes.

Et puis, il y a la mer.

J’aime la mer. Le son des vagues. La couleur de l’eau qui change avec le ciel. L’odeur salée du vent lorsqu’il survole l’onde.

Mais la mer, ici, est destructrice: c’est par l’eau que la petite Béatrice meurt, échappant à la surveillance de ses parents juste assez longtemps pour se noyer; c’est par l’eau, aussi, que la vie de sa famille s’effondre; par l’eau, encore, que son père, meurtri jusqu’au fond de sa chair, tente d’échapper au drame.

Portrait de deuil, de la folie qu’il entraîne, Marée montante est l’histoire d’un homme qui, s’il ne s’est pas noyé, finira pas se perdre lui aussi. Dans toutes les gouttes d’eau, il cherche sa fille. Parce que si chaque goutte d’eau cherche la mer, l’une d’entre elles finira bien par l’emmener jusqu’à Béatrice, n’est-ce pas?

« Je te cherche dans chaque goutte, je t’espère comme on espère une ondée en pleine canicule, comme on espère un dégel au printemps. » 

Ce sont ces détails qui chavirent: le bocal rempli d’eau que conserve le narrateur, résultat de milliers de gouttes d’eau solitaires amassées pour avoir aperçu dans leurs reflets quelque chose de sa fille disparue; le bruit d’eau qu’il entend en permanence, comme si sa maison elle-même était peu à peu envahie par la marée.

Et au fil des pages, cette obsession de l’eau, cette traîtresse qui lui a volé son enfant, va s’accroissant. Elle est là, la Marée montante: dans l’obsession qui guette le personnage, cette obstination sans bornes, dénuée de sens, à retrouver sa fille. À un moment, on se demande si tout est bien réel ou plutôt le résultat d’un esprit tordu par le deuil.

Pour un premier roman, c’en est tout un: il nous arrache à notre petit confort, nous lance dans l’inconnu, nous secoue comme de vulgaires poupées oubliées dans un tsunami et nous ramène sur la berge, enfin, désorienté mais satisfait.

Longue vie à Charles Quimper et à sa plume poignante.

Et à vous, bonne lecture. 😉

Anne-Sophie

L’étudiante automate

9 Fév

On a beaucoup parlé de santé mentale dans les dernières semaines. De la difficulté (et plus encore, de la nécessité) d’en parler. À mon tour, maintenant. Je parle.

 

Je parle, parce que la santé mentale, ce n’est pas seulement les dépressions, les burn-out et tout le reste: c’est aussi une question d’équilibre, de contrôle de sa vie.

Dans le milieu académique où j’étudie, où je travaille, l’équilibre et le contrôle n’existent pas. On travaille, sans arrêt; on laisse les échéanciers contrôler sa vie; et on semble s’accommoder de cette situation insupportable.

 

Crédit : Buzzfeed

Crédit : Buzzfeed

Dans ce milieu, il est valorisé de travailler 80 heures par semaine. Régulièrement, j’entends des professeurs se vanter qu’ils sont épuisés et dorment dans leur bureau l’après-midi. Qu’ils ont sauté le dîner pour ne pas « perdre le fil » de ce qu’ils faisaient.

Comment diable le fait de sauter un repas ou de dormir en plein milieu de journée peut-il être un objet de fierté? Une raison pour se vanter?

Le milieu universitaire ne pardonne pas. Ne donne aucune chance.

Il faut performer. Tout le temps. À tout prix.

Malgré tous les efforts, toutes les nuits blanches, toutes les fins de semaine sacrifiées et les sorties entre amis manquées, ce n’est jamais suffisant. Jamais assez.

Pour être la parfaite étudiante au doctorat, je devrais être misérable, avoir le teint verdâtre et aucune vie sociale, performer au maximum, produire des articles scientifiques, participer à des colloques qui demandent des heures de préparation, et ce ne serait pas encore suffisant: il faut en plus travailler, idéalement hors de l’université, parce que les emplois académiques sont rares.

Personne ne peut réussir à faire tout ça sans perdre des plumes.

Je n’a pas réussi non plus.

La session dernière, j’ai craqué.

Je pleurais tous les jours. Souvent, plusieurs fois par jour. J’ouvrais mon ordinateur, et parfois, j’avais des nausées si fortes que je devais m’y reprendre à deux fois pour commencer à travailler.

J’étais malheureuse.

Et quand j’en parle avec mes amies au doctorat, ça semble normal d’être malheureuses, d’être misérables parce qu’on travaille trop fort.

Dans nos universités, il est normal de mettre sa santé mentale en péril simplement pour obtenir un diplôme.

Dans la vraie vie, ce n’est pas normal.

Je vais le répéter: ce n’est pas normal.

Ce n’est pas normal qu’on se brûle le corps, qu’on se brise l’esprit à faire un doctorat ou une maîtrise.

Ce n’est pas normal qu’un étudiant-chercheur sur cinq présente des symptômes dépressifs. On nous dit que les ressources existent, et oui, elles sont là: les services de psychologie sont fournis et accessibles.

Mais comment savoir qu’il faut aller voir un psychologue si on pense que c’est normal? Si on pense que tout le monde travaille plus que soi, et qu’on devrait se ressaisir pour travailler autant que les autres?

Tout ça à cause du foutu modèle de l’étudiant parfait, que j’appelle l’étudiant automate, qui travaille sept jours sur sept, beaucoup trop d’heures par jour, sans se fatiguer.

Ça n’existe pas. C’est impossible.

Ce n’est qu’un modèle. Nocif et destructeur, qu’il faut démanteler.

Lentement, c’est ce que j’essaie de faire.

À moi toute seule, je ne ferai peut-être pas une grande différence, mais j’essaie tout de même d’aider mes amies à ne pas tomber dans les mêmes pièges que moi -j’ai fait un peu de la route avant elles, je connais le chemin.

Ne plus voir la lumière au bout du tunnel, c’est une chose. Savoir qu’on n’est pas tout seul dans le tunnel, c’en est une autre.

Ça peut tout changer.

Anne-Sophie

Vulnérable

25 Jan

Je n’aime pas les bébés chats. Les films tristes ne me font pas pleurer. Les funérailles non plus. Je ne m’attache à personne. À rien.

Ou presque.

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J’ai donné mon ancien MacBook à mon frère. C’est idiot. C’est juste un ordinateur. Mon portable d’université, sur lequel j’ai fait un nombre incalculable de travaux. Mon fidèle compagnon.

Je l’ai déposé sur son lit, et j’ai pleuré.

Je pense à vendre ma voiture (qui n’est rien d’autre qu’une voiture, après tout), et ma gorge se serre.

Et pourtant, je ne m’attache à personne.

C’est plus facile de s’attacher aux choses.

Les choses ne vous rejettent pas. Elles sont là quand vous en avez besoin. Elles vous attendent, fidèles, attentives, et elles font ce que vous voulez.

Avec les choses, on ne se pose pas de questions.

Surtout, on n’a pas besoin d’expliquer ce qu’on ressent.

Il n’y a pas de risque.

J’aime mon Mac, et j’ai presque l’impression qu’il m’aime aussi, parce que je suis la seule à m’en servir.

J’aime ma voiture, et on dirait qu’elle aussi m’aime tellement, parce qu’il n’y a que moi à la conduire.

C’est facile, aimer les choses.

Les choses ne vous trahissent pas, ne vous rendent pas vulnérables.

Voilà pourquoi j’aime les choses : elles m’évitent d’être vulnérable.

Les gens, eux, me mettent sans cesse dans une position de faiblesse, de danger.

Je suis sur la corde raide, tout le temps.

Comment savoir ce que pense mon meilleur ami lorsqu’il ne m’a pas textée depuis cinq jours? Et si j’avais dit quelque chose qu’il ne fallait pas? Et si notre dernière discussion l’avait blessé?

Comment savoir ce que pense le gars qui m’a invitée à une date? Comment lui dire, surtout, ce que moi, je pense, ce que moi, je ressens?

Tellement risqué. Tellement difficile.

Je ne m’attache pas aux gens, parce que c’est plus facile. Quand on ne s’attache pas, on n’est pas vulnérable. On s’en fiche, de ce que les gens pensent, de ce qu’ils font; ils peuvent partir et ça ne fait rien. À peine une ride sur l’eau, si vite effacée.

Ne pas m’attacher aux gens, c’est me protéger. M’empêcher de souffrir.

M’attacher, ce serait accepter d’être vulnérable. Risquer le vertige, le déséquilibre.

M’attacher aux gens, c’est un pas que je n’ose plus faire.

Parce que les gens sont mouvants. Changeants. Parce qu’ils n’ont pas tous la même réaction aux mots, aux gestes. Comment prévoir alors ce que je dois dire ou faire? Comment être certaine que tout ne va pas s’écrouler, par ma faute?

Je ne peux pas être certaine. Et ça me rend vulnérable.

Comment trouver le courage d’affronter l’incertitude, la vulnérabilité?

Je n’en sais rien. Mais j’essaie.

Un pas à la fois.

J’essaie de trouver les bons mots. Je les cherche souvent. Parfois, ils restent coincés dans ma gorge. Trop lourds. Trop grands pour moi, peut-être.

Ne pas prononcer les mots, ne pas dire ce que je ressens vraiment, ce serait rester invulnérable.

Mais rester invulnérable, c’est refuser de ressentir.

C’est triste.

Alors, même si ça me terrifie, j’essaie de me laisser devenir plus vulnérable. J’essaie de ressentir plus, de ressentir mieux, et de le dire.

Je suis encore loin d’admettre toutes les émotions qui me passent par le coeur. Pas à voix haute, en tout cas. Mais déjà, je les nomme, dans ma tête, en silence. Je les regarde en face, et j’essaie de les apprivoiser.

À la longue, peut-être, j’y arriverai.

À la longue, peut-être, je n’aurai plus peur.

À la longue, peut-être, je comprendrai qu’accepter d’être vulnérable, c’est devenir forte.

Anne-Sophie

Moana: Princesse des mers

12 Déc

J’ai dit « princesse »? J’aurais aussi pu dire « future cheffe de son clan. » Ou « navigatrice hors pair et rebelle dans l’âme. » Car Moana n’a rien à voir avec les fragiles princesses qu’a créées Disney au fil du temps: elle s’inscrit définitivement dans la lignée des Merida, Elsa et compagnie -pour notre plus grand bonheur.

Moana, c’est l’histoire d’une jeune fille, héritière de son clan, qui sent l’appel de l’océan depuis son plus jeune âge. Toutefois, sur l’île paradisiaque où elle habite, l’océan est vu comme un danger: au-delà du récif, il n’y a rien d’autre qu’une mort certaine. Après la mort de sa grand-mère, qui lui a confié le coeur de la déesse Te-Fiti, responsable de l’équilibre du monde, Moana quitte son île pour rejoindre le demi-dieu Maui (à prononcer Ma-o-wi) et le forcer à rendre son coeur à la déesse. Si elle échoue, le monde sera bientôt englouti par les ténèbres et son peuple mourra.

Le scénario semble assez classique: le héros part dans une quête initiatique, contre l’avis de ses parents et de sa communauté, pour une grande mission dont dépend l’équilibre du monde. Oui, on a déjà vu ça quelque part: mais de cette manière-là, non.

D’abord, Moana compte sur l’encadrement de ses deux parents -fait ô combien rare dans les films de princesse. Elle a été élevée dans le respect de la terre et de son peuple, pour répondre aux besoins de chacun sans fatiguer les ressources. Ensuite, elle est courageuse, un peu têtue, parfois totalement maladroite: on s’y reconnaît facilement. Enfin, Moana n’a pas peur non plus de montrer ses émotions: elle trouve l’équilibre entre sa force de future cheffe de clan et sa fragilité tout à fait humaine.

Ce qui fait aussi le caractère unique de Moana, c’est l’environnement dans lequel elle évolue: alors qu’on a souvent vu les princesses confinées à leur château, elle est libre, suivant les vagues là où elles l’emmènent, se guidant à l’aide des étoiles. C’est ce qui m’a le plus touchée dans ce film: la liberté absolue qu’incarne Moana, et son rapport avec l’océan, qui l’a choisie pour ramener le coeur de Te-Fiti et la protège tout au long du film.

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Une minuscule Moana salue l’océan. Quoi de plus mignon ? Image : images.m-magazine.com

Ah! J’allais oublier : un film de Disney n’en serait pas un sans une bonne trame sonore, n’est-ce pas? Les chansons sont magnifiques, inspirées de la tradition polynésienne. La chanson de Moana, How Far I’ll Go, est franchement prometteuse, et sa version française (celle que j’ai vue au cinéma) m’est longtemps restée en tête. Un nouveau Let It Go/Libérée, Délivrée, peut-être? Je ne crois pas, mais un ver d’oreille à coup sûr.

Alors, si vous cherchez un bon film familial à voir ces jours-ci, pour vous faire oublier l’hiver qui nous enveloppe tranquillement, allez donc voir Moana: le soleil et l’océan vous feront oublier le froid.

Bon cinéma! 😉

Anne-Sophie

La Fille du train : À glacer le sang

14 Nov

La Fille du train/The Girl on the Train n’est pas un film d’horreur. Et pourtant, je suis sortie du cinéma les nerfs à vif, à regarder derrière moi sur le stationnement et à verrouiller les portes de ma voiture avant de démarrer. Le film met en place une ambiance oppressante, où on ne sait plus démêler le vrai du faux, et Emily Blunt, dans le rôle principal, livre une performance qui donne froid dans le dos.

Emily Blunt donne froid dans le dos, parce que son personnage de Rachel démontre des tendances asociales, voire psychotiques. Elle est alcoolique -tellement qu’elle traîne une gourde remplie d’alcool à longueur de journée. Elle est obsédée par son ex-mari -tellement qu’elle porte toujours son alliance et l’appelle plusieurs fois par jour, en plus d’être déjà entrée chez lui sans y être invitée et d’être partie avec sa fille (sans l’emmener bien loin, précisons-le: elle l’a déposée sur la pelouse devant la maison avant de s’enfuir). À chaque scène, Blunt montre une émotion brute, souvent exacerbée par les effets de l’alcool, et c’est terriblement efficace.

Tous les jours, Rachel monte dans le train pour New York, y passe la journée et rentre.  Tous les jours, elle passe devant la maison de son ex-mari et sa nouvelle épouse, où elle habitait auparavant. Tous les jours, elle les espionne de son wagon -toujours le même.

Jusqu’au jour où, sans raison valable, elle descend du train à son ancienne station et croise une jeune femme blonde sur une route déserte -jeune femme qu’elle croit être Anna, la femme de son ex.

Le lendemain, on annonce la disparition d’une jeune femme blonde -Meghan, la gardienne de la fille de Tom, mariée à un homme violent.

Rachel ne se souvient de rien: la soirée est un trou noir total dans sa mémoire affectée par l’alcool. À partir de là, on assiste à la quête désespérée de Rachel pour retrouver ses souvenirs et aider le mari de Meghan. Une quête qui révélera beaucoup plus que la simple identité d’un meurtrier, mais pourrait bien secouer les fondations même de son existence.

Si la trame narrative est bien menée, avec des rebondissements multiples auxquels on ne s’attend pas, les personnages manquent légèrement de profondeur. On ouvre plusieurs pistes, mais on ne les explore pas à fond, sans doute par manque de temps -j’ose espérer que, dans le roman, les trois femmes ont été construites minutieusement.

Si vous cherchez un bon thriller qui vous donnera froid dans le dos, allez-y pour La Fille du train. Ce film m’a donné l’impression d’avoir brouillé la réalité, comme si je ne savais plus à quoi m’attendre de personne -la faute aux souvenirs flous de Rachel, qui se révèlent être exactement l’inverse de ce qu’elle croyait.

Et si vous aimez le film, n’oubliez pas: il y a aussi un livre, écrit par Paula Hawkins -que je vais certainement lire très bientôt. 😉

Anne-Sophie

L’espoir, la peur

9 Nov

Ce matin, en me réveillant, je ne savais pas que Donald Trump avait été élu président des États-Unis. Et puis, la réalité m’a rattrapée, comme un coup de poing en pleine face. La consternation est partout: sur les réseaux sociaux, dans les médias, dans mon propre coeur. En pensée, je recule le temps, je pense à la première élection de Barack Obama, et je ne comprends pas. Que s’est-il passé pour que l’espoir cède la place à la peur?

L'image d'espoir de Barack Obama

L’image d’espoir de Barack Obama

Je me souviens l’élection d’Obama. Je venais d’avoir 18 ans. J’étais inspirée par son discours d’espoir, qui me donnait l’impression que tout était possible. Que le monde m’était ouvert. Alors que la planète entière semblait crouler sous un marasme économique qui allait croissant, il nous parlait d’espoir, de possibilités, d’avenirs meilleurs où chacun aurait sa place.

Pour moi, il avait donné un sens au rêve américain. Le rêve américain, c’était d’entendre parler d’espoir et de projets, dans un monde où tous les politiciens se jetaient des insultes à la figure sans se soucier du peuple. Bien sûr, il y avait aussi eu des insultes à l’époque, mais ce qui m’a marquée, c’est l’espoir qui transpirait du discours d’Obama.

Ce matin, en voyant les résultats de l’élection, je ne comprends pas.

Comment les Américains ayant élu Barack Obama, ce grand humaniste aux discours inspirés et différents, ont-ils pu se tourner vers Donald Trump?

Depuis les débuts de sa campagne, Trump a tenu des propos racistes, alors même que son pays est de plus en plus diversifié. Il a tenu des propos misogynes, des femmes l’ont accusé d’agressions sexuelles. Il a détruit, un à un, les mythes du rêve américain, de l’ouverture, de la tolérance, de l’égalité des chances.

Pour moi, Trump représente la victoire de la peur. La peur de l’autre, la peur du changement, cette peur qui se faufile dans les veines et vous empêche de respirer, de réfléchir, de faire des choix éclairés. La peur qui, parfois, fait basculer le cours d’une élection, ou de l’Histoire.

La peur, ça étouffe l’espoir.

Mais l’espoir est vivace.

Et quand je vois le hashtag #Michelle2020 proposant la candidature de Michelle Obama à la présidence, je reprends courage. La peur ne gagnera pas toujours.

Il faut juste se retrousser les manches, et souffler sur les braises. Se regrouper, chercher des solutions, des alternatives.

À force d’y croire, l’espoir se rallumera.

Anne-Sophie

 

Jérémie Kisling: Vive la pop intelligente!

16 Oct

Vous cherchez une pop aux accents rétro, aux rythmes légers et aux paroles intelligentes? Écoutez donc Malhabiles, cinquième album de Jérémie Kisling, un auteur-compositeur-interprète suisse.

Malhabiles commence sur les chapeaux de roue, avec quatre pièces up-tempo aux sonorités rétro qui vous donneront envie de bouger. En termes de chanson de route, j’ai rarement vu mieux : c’est léger, efficace, et on a envie de taper rythmiquement sur le volant à chaque chanson, ou de se dandiner de son mieux (la tête, les épaules, allez-y).

La plus grande force de Kisling, c’est son écriture acérée, aux images fortes et aux propos toujours pertinents. Dans les albums précédents, le Suisse se laissait souvent aller à la fantaisie, mettant en scène des personnages animaux dans différentes situations improbables, Or, ici, l’auteur-compositeur délaisse ces métaphores pour donner à fond dans la critique, parfois déstabilisante, souvent éclairante, ou pour se livrer à des performances toutes personnelles sur le thème de l’amour. On retrouve là une belle maturité par rapport à ses opus précédents, qui laissaient entrevoir le talent de critique de Kisling mais ne lui donnaient pas le plein espace qu’il méritait -même si Antimatière, à ce titre, était particulièrement intéressant.

Dans Malhabiles, le Suisse trouve enfin l’équilibre entre le forme et le fond : les textes plus lourds sont tempérés par des mélodies accrocheuses aux allures pop, et les propos plus légers sont servis dans des emballages simples, le plus souvent piano-voix, qui servent bien l’ensemble et donnent à l’album une texture agréable.

Pour ceux qui connaîtraient déjà Kisling, l’artiste nous offre deux reprises de chansons tirées de son album Antimatière, qui leur donnent un air de légèreté. Antimatière et Par-dessus la Terre, deux incontournables de son répertoire, mettent en pleine lumière tout son talent d’auteur-compositeur. Vraiment, des pièces à écouter, peu importe la version que vous préférez –originale, remixée, les deux sont excellentes.

Enfin, un bémol : sur certaines pièces de l’album, la voix de Jérémie Kisling semble hésitante, comme s’il n’arrivait pas à atteindre les notes. Mais ça n’arrive pas souvent, et on s’habitue.

Bref, Malhabiles est un retour réussi de Jérémie Kisling, un album au propos pertinent qui compte déjà parmi mes préférés de l’automne –et je l’ai écouté en entier pour la première fois, euh… mardi. Je crois qu’on pourrait appeler ça un coup de coeur. 🙂

Ma préférée: Ça ne suffit pas

Pour le texte éclairant, critique à souhait et efficace. J’ai trop, j’étouffe et ça ne suffit pas/Et tout ce vide au fond de moi/ Je vis ma vie à l’envers… Assez représentatif de notre société de consommation, où même toutes les possibilités n’arrivent pas à nous satisfaire.

Pour se donner une idée: On ne sait faire que danser

Pour le rythme enjoué, assez représentatif de l’album. Pour la plume de Kisling, évidemment agile dans cette pièce, créant de belles images. Et parce que j’ai trouvé un vidéoclip, que je vous laisse juste ici. 😉

Bonne écoute! 🙂

Anne-Sophie

« Je t’aime, Rosie »: meilleurs amis, mais…

3 Oct

Quand votre meilleur-e ami-e vous dit « Regarde ce film-là, ça me fait penser à nous! », vous faites quoi? Bien sûr, vous regardez le film en vous disant « Ça va être tellement bon! ». C’est ce que j’ai fait pour Je t’aime, Rosie, adaptation cinématographique du roman La Vie est un arc-en-ciel, de Cecelia Ahern (au cas où ça vous rappelle quelque chose, elle a aussi écrit P.S. Je t’aime). Évidemment, j’ai aussi lu le roman; inévitablement, j’ai comparé les deux, et voilà ce que ça donne.

Le préambule est assez simple: Rosie et Alex sont meilleurs amis depuis la maternelle, et ne se sont jamais lâchés d’une semelle, jusqu’au grand départ d’Alex pour Boston. Ô malheur! Enceinte, Rosie doit rester en Irlande. Commence alors une longue séparation, durant laquelle les deux amis ne se perdront jamais de vue, sans jamais se révéler les véritables sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. Les années passent, et la vie semble résignée à les éloigner, mais… qui sait ce qui pourrait se passer? 😉

C’est une histoire d’amour, vous l’aurez compris. Ce qui m’a le plus touchée dans cette histoire, c’est la conviction inébranlable d’Alex et Rosie qu’ils doivent faire ce qui est le mieux pour l’autre. Ils ne se posent pas de questions: l’important, c’est que l’autre aille bien, que sa vie soit la meilleure possible, et s’il faut pour cela qu’ils soient séparés, ils l’acceptent tous les deux. Tous les courriels qu’ils échangent, les moments qu’ils passent ensemble sont autant de traces de la force de leur amitié, qui ne se brise jamais malgré tout.

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Source: static.fnac-static.com

Au début, je dois l’avouer, la forme du roman m’a un peu prise par surprise: tout du long, on ne lit que des lettres. Entre Rosie et Alex, principalement, mais aussi entre Rosie et plusieurs membres de sa famille, Alex et son frère… Au début, c’est bizarre, mais on s’habitue.

En général, le roman m’a déçue. Les péripéties sont innombrables, tout comme les problèmes de Rosie -et ses complaintes. Ça ne sert pas nécessairement l’histoire qui, à la longue, semble franchement invraisemblable. Qui attendrait son « âme-soeur » pendant quarante ans? À la longue, on n’y croit plus, et on a hâte qu’ils se décident. Au début, toutefois, il y a plusieurs beaux moments, touchants et sincères, qui nous font continuer à lire jusqu’à la fin malgré les rebondissements parfois invraisemblables.

Le film, pour sa part, va directement à l’essentiel. On a droit à une belle histoire qui ne semble pas forcée ni exagérée, et qui laisse toute la place aux sentiments profonds entre Alex et Rosie, qui sont évidents dès le départ. En regardant le film, j’avais vraiment envie qu’ils finissent ensemble. C’était touchant et drôle à la fois, et ça sonnait vrai -comme les meilleurs passages du roman. Et la fin nous laisse le coeur léger, content. Ça fait du bien.

Vous l’aurez compris, c’est le film qui gagne, pour plusieurs raisons évidentes. Toutefois, si vous êtes vraiment une romantique dans l’âme et que les histoires d’amour qui-seraient-possibles-mais-qui-ne-fonctionnent-pas vous passionnent, ne vous gênez pas, je suis sûre que vous adorerez. Pour ma part, je vais revoir le film… plusieurs fois peut-être? 😉

Bonne lecture et/ou bon visionnement!

 

 

Anne-Sophie

Pour le lire

En français: La vie est un arc-en-ciel, ou Je t’aime, Rosie, chez J’ai lu

En anglais: Where Rainbows End, ou Love, Rosie, chez Harper Collins

Pour le voir

Je t’aime, Rosie / Love, Rosie, en DVD et Blu-Ray, avec Lily Collins (Rosie) et Sam Claflin (Alex).

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