« L’Âme des Horloges »: Intrigant et captivant

23 Déc

Vous cherchez une lecture pour occuper votre temps des Fêtes? J’ai pour vous une suggestion assez volumineuse pour occuper plusieurs jours de tempête: L’Âme des Horloges, de David Mitchell, publié aux éditions Alto (bonjour, ma maison d’édition préférée!). Un roman dense, intrigant, dont les narrateurs multiples finissent toujours par se croiser de la plus étonnante des façons.

Au départ, on s’attend à lire un genre de roman mi-historique, mi-dystopique, puisque l’histoire commence en 1984 pour s’étirer jusque dans les années 2040. Hé bien non, chers amis, derrière l’histoire apparemment banale de Holly Sykes, adolescente au coeur brisé qui fuit la maison familiale, se cache une intrigue qui mêle pouvoirs psychiques, vie éternelle et meurtres de sang froid. Hé oui! Tout un programme, n’est-ce pas?

Commençons par le début: Holly s’enfuit de chez elle. Elle rencontre en chemin une vieille dame, Esther Little, qui lui demande un refuge. Sonnée, la jeune fille accepte et n’en pense rien d’autre… puisque le souvenir d’Esther disparaît de sa mémoire.

Ce premier souvenir effacé ouvre la voie à bien d’autres tours de passe-passe psychiques: au fil du roman, certains personnages, qui apparaissent à plusieurs reprises devant des narrateurs différents, se révèlent porteurs de pouvoirs particuliers, qui leur permettent d’effacer la mémoire, de prendre le contrôle des gens et bien d’autres choses encore.

Ces personnages, ce sont les Horlogers et les Anachorètes, deux antiques groupes dont la guerre s’étire depuis des millénaires. Les premiers souhaitent exterminer les seconds, qui tuent des humains pour prolonger infiniment leur vie et garder leur apparente jeunesse. Holly se retrouve mêlée à cette guerre de façon plus ou moins directe tout au long de sa vie, tout comme certaines personnes qu’elle rencontre.

À première vue, L’Âme des Horloges est un mélange un peu hétéroclite de plusieurs styles, qui peut sembler bizarre. Je me suis souvent demandé quel lien unissait le nouveau narrateur à l’ancien, jusqu’à ce que celui-ci réapparaisse au détour d’une page, mine de rien. C’est cette curiosité qui nous force à tourner chaque page, à terminer chaque chapitre, parce qu’on n’arrive pas à comprendre exactement ce qui se passe, jusqu’à ce que le dénouement arrive et que tous les personnages se retrouvent au même endroit: l’auteur sait exactement où il va, même si on a parfois l’impression du contraire.

En plus, les dernières pages du roman nous ramènent à Holly, âgée et flétrie, dans un futur proche apocalyptique où le Royaume-Uni n’est plus riche du tout, en proie à l’instabilité et à la merci de la Chine pour son ravitaillement. De quoi réfléchir à toutes les ressources que l’on utilise, toutes les technologies que l’on prend pour acquises, alors que tout pourrait s’effondrer.

Sous ses dehors de roman presque historique saupoudré de grande guerre fantastique, L’Âme des Horloges devient une critique du monde actuel, de notre génération de consommateurs à outrance et de notre désir de rester jeune à tout prix. De quoi passer le temps -intelligemment!- entre deux partys de famille.

Anne-Sophie

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