Ce que je ne savais pas

16 Nov

Je suis entrée dans la pièce d’un pas hésitant. J’étais nerveuse car je savais que notre rencontre était imminente. À l’exception de ton (très long) nom et des quelques informations chopées sur ton (très court) profil Facebook, je ne connaissais rien de toi.

Malgré mon romantisme légendaire, cela faisait longtemps que je ne croyais plus au coup de foudre. « Pour tomber amoureux de quelqu’un, il faut absolument le connaître depuis longtemps ! », c’est ce que je répétais à qui voulait bien l’entendre.

Pourtant, ce soir-là, ces belles paroles ne résonnèrent même pas d’un décibel dans ma tête.
Ce soir-là, lorsque ton regard a croisé le mien, j’ai eu l’impression de  te voir. Toi, dans l’entièreté de ta personne. D’un seul coup d’œil, je savais qui tu étais. Tu semblais calme et tu t’es présenté en peu de mots. Mais, tes yeux, empreints d’une vive intelligence et d’une douceur infinie, avaient parlé pour toi.

J’ai souri. J’avais compris que je m’étais trompée. Mes yeux ne s’étaient posés que quelques secondes sur toi et déjà, je savais.

Je savais que je t’aimerais. Je savais que tu m’aimerais aussi.

Puis, il y a eu tout ce que je ne savais pas.

Il y a eu les longues journées sans se voir et les courtes nuits à dormir ensemble. Le cœur léger, des papillons plein le ventre, la tête remplie de toi. Ça me faisait tellement de bien. Tu m’apportais une lumière inespérée au cœur des sombres moments que je vivais depuis quelques mois.

Il y a eu les premiers accrochages et les premiers ajustements. Malgré tout l’amour que nous éprouvions déjà l’un envers l’autre, il était inévitable que nous nous y butions un jour. Nous étions complémentaires certes, mais partager sa vie avec quelqu’un d’aussi différent nécessite sans contredit un apprentissage de l’autre. On se connaissait déjà. Maintenant, c’était le temps de s’apprendre.

Il y a eu l’hiver, puis l’été, puis l’automne… Chaque saison apportant avec elle son lot de sorties entre amis, d’activités en amoureux, de fêtes en famille, de passions partagées, de moments heureux et de querelles insignifiantes.

Il y a eu les projets. Quelle belle équipe ! Moi, avec mes idées et ma fougue. Toi, avec tes plans et ta logique. Les roadtrips, les visites à ta famille, les voyages. L’appartement, le duplex, les rénovations. C’est toi le premier qui a parlé de bébés.

Il y a eu les longs mois d’attentes et les nombreuses larmes versées. Espoir et déception s’alternant dans nos vies mois après mois. On s’est tenu la main. On a continué d’avancer. Et, enfin…

Il y a eu Marguerite. Cette petite fleur qui a poussé en moi avec une assurance désarmante. Ce petit bébé que nous avions tant attendu et espéré, notre plus beau projet. J’ai eu besoin de temps pour m’adapter à notre nouvelle réalité. Tu étais patient et stoïque. Puis, un jour, c’est arrivé. J’ai posé mes yeux sur les siens. Des yeux empreints d’une vive intelligence et d’une douceur infinie… Un sentiment de déjà-vu teinté d’un amour nouveau.

Il y a eu les moments de doute et la crainte de s’être trompés. Un voyage aussi long est inexorablement parsemé de tempêtes. Certaines sont plus grosses que d’autres et c’est lorsqu’elles s’éternisent qu’on finit parfois par oublier le soleil. Il faisait noir. À la lueur de notre amour, on s’est regardés et on s’est souvenu de ce qui nous unissait. On a parlé. On a agi. Tranquillement, les nuages se sont dispersés et il nous semblait que le ciel était encore plus éclatant que dans nos souvenirs.

Il serait faux de dire qu’à travers toutes ces péripéties, notre amour est resté le même. Évidemment, il a grandi, il a évolué. La magie ne se perçoit plus de la même façon, mais elle n’en est pas moins présente.

S’il y a une chose qui n’a jamais changé, c’est l’authenticité qui nous caractérise. Dès le premier instant, nous nous sommes sentis à l’aise d’être nous, tout simplement. Tu m’as toujours dit que c’est de cette façon que tu as su que tu m’aimais. À mes côtés, tu te sentais totalement accepté. Aujourd’hui, six ans après notre rencontre, nous partageons toujours ce même sentiment. Au-delà de nous aimer tels que nous sommes, nous nous aimons POUR ce que nous sommes. J’ose espérer que ce sera toujours le cas.

Émilie xxx

 

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