CHSLD : vaut mieux en rire

7 Nov

J’ai récemment assisté à la nouvelle production du Théâtre La Bordée, CHSLD. CHSLD comme dans centre de soins longue durée, mais aussi comme dans Centre d’Humbles Survivants Légèrement Détraqués. Eh oui, c’est aussi clown que son nom l’indique. Mais plus bouleversant de réalité, aussi.

En résumé : « Dans un foyer pour personnes âgées, cinq résidents vivent de rocambolesques aventures en accomplissant simplement leur routine quotidienne. Dans leur état, manger sa soupe, se rendre au petit coin ou avaler une pilule devient un exploit olympique ! Véronika Makdissi-Warren (la metteuse en scène) et son équipe de joyeux hurluberlus posent un regard tendre et humoristique sur la vulnérabilité de la vieillesse. »

J’avais hâte de voir cette pièce, qui me laissait présager un bon moment, drôle, comique. J’avais aussi quelques appréhensions : allais-je (encore) pleurer ? Ma grand-maman maternelle a fini ses jours dans un CHSLD, et j’en garde un drôle de souvenir, parfois un peu douloureux. Elle était atteinte d’Alzheimer, cette terrible maladie qui rend prisonnier l’esprit des gens dans un corps dont ils ignorent maintenant tout. Qui fait retomber les adultes au niveau d’enfance. Je m’attendais donc à ce que ce sujet soit touché dans cette pièce. Et ce fut bel et bien le cas ! J’ai ri, j’ai pleuré à chaudes larmes… et je vous confirme que j’ai beaucoup apprécié.

Crédit : Nicola-Frank Vachon

La réalité nous rattrape tous

L’art clownesque développé dans la pièce, qui rappelle les mimiques de Charlie Chaplin, surprend, fait beaucoup rire et accentue le ridicule, tout en occupant tellement l’espace. On ne s’attend pas à ce qu’un homme de 80 ans puisse culbuter avec sa marchette, lors de ses exercices quotidiens ! Un décor et une scénographique qui rappellent en tout point un salon commun de CHSLD.

Cinq patients d’un CHSLD, l’un avec une canne, l’autre en chaise roulante, les autres un peu mélangés. Un préposé qui tente tant bien que mal que les derniers jours de ces humains en fin de vie se déroule le mieux possible, doucement et surtout, respectueusement. Et c’est ce dernier personnage, au bout du rouleau, mais attelé à la tâche, qui m’a le plus émue.

Parce que les préposés aux bénéficiaires ont des quotidiens éreintants, difficiles, chargés en tâches, mais aussi en émotions. Travailler dans un CHSLD, c’est devoir composer avec des patients qui ne veulent pas toujours être traités. Qui ne veulent pas toujours vivre. Qui ne savent plus qui ils sont. C’est aussi devoir vivre avec la mort de certains, le deuil et les épreuves des autres.

Allez voir cette pièce, pour vous rappeler qui sont les aînés autour de vous qui méritent qu’on leur donne du temps, juste un petit peu de temps. Par respect. Par mémoire. Qu’on reconnaisse 100 fois plus le travail du personnel de ces centres.

Allez voir cette pièce, pour rire un bon coup, pour vous attacher aux personnages tendrement, pour réfléchir sur les années qui passent.

Bref, allez voir cette pièce.

***

CHSLD

Une coproduction de La Bordée et du Théâtre Niveau Parking
Mise en scène par Véronika Makdissi-Warren
1 H 20, sans entracte
PRÉSENTÉE JUSQU’AU 18 NOVEMBRE 2017, au Théâtre La Bordée, à Québec

 

Laurie

 

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