On déchire la vie, main dans la main

Enfermés dans une chambre, deux enfants maudits fuient la violence du monde. Ils n’ont qu’une nuit pour eux. Une nuit est courte quand il s’agit d’y vivre l’amour de sa vie…

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Crédit photo : Claudia Chan Tak

La très excellente et lamentable tragédie de Roméo et Juliette

Conception, mise en scène et chorégraphie: Catherine Gaudet + Jérémie Niel
Co-création et interprétation: Clara Furey + Francis Ducharme
À l’Usine C du 13 au 17 janvier 2016

Notre critique en un GIF :

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Notre critique en une citation :

« Une fragile peur froide frissonne dans mes veines. »
  –  Juliette, interprétée par Clara Furey

Notre critique minimaliste :

Un huis clos dansé. Tout ce qu’il y a de plus prenant.

Notre critique frénétique :

« OH MY GOD, JANI! C’était tellement beau. Clara Furey est magnifique. Wow. Tsé le moment quand ils dansent et ils s’arrêtent et se regardent!? Oui, il y avait tellement une belle chimie entre eux!! Pis tsé aussi quand il lui verse la mixture dans la bouche? Ah oui! C’était trop beau ça aussi. »
  –  Jani et Odile, incapables de quitter après la représentation

Notre critique poétique :

amour
offrir sa hargne
jouer à jouer

en      semble

 

« To be fucked in the head or not to be. »

Ce n’est pas peu dire que de parler d’abolition du quatrième mur. Les spectateurs se retrouvent sur scène, enfermés avec le couple dans leur chambre, et assistent ainsi au déroulement de leur tragique histoire. Dans cet espace fermé, les spectateurs ne sont plus de simples témoins extérieurs; ils se retrouvent emportés par un flot d’émotions, ils font partie de l’épopée. Du bout des doigts, ils peuvent effleurer l’intimité de Roméo et de Juliette, de Francis et de Clara, et ont accès à l’incroyable complicité que partagent les interprètes, à la chimie qui scintille dans leurs yeux. Dès l’arrivée du public, Francis nous présente son corps, nu sous la douche, tandis que Clara est inerte sur le lit.

« L’amour, une chose tendre? Il griffe. »

La langue est habilement maniée et les passages de notre bon Shakespeare, magnifiquement introduits. On passe du français normatif au québécois quotidien, de la douleur au plaisir, du ridicule au grandiose. Tantôt Clara, tantôt Juliette, parfois Francis, parfois Roméo, le couple se joue, se crie, se pleure, s’aime, se touche et se montre.

Où est la représentation? Cachée quelque part dans le placard. On assiste bel et bien à des événements réels. Les subterfuges, on les a laissés de côté, voulant laisser parler un théâtre de la cruauté dont Artaud serait fier. Les non-dits sont exprimés à travers des mouvements, des échanges, des contradictions, des pulsions. La trame sonore, cruelle et poignante, accompagne la quasi-totalité de l’aventure de Juliette et Roméo, elle propose souvent un vif contraste avec le jeu authentique et pas du tout pompeux. Le décor est utilisé de façon très précise, car chaque zone symbolise un lieu : le lit, c’est la crypte; le placard, le lieu des adieux. Catherine Gaudet réussit encore une fois à créer des images encore jamais vues, à amener un nouvel angle.

 

« Tu viens du Conservatoire? Non, de Sainte-Thérèse. »

Pourquoi y aller?

  • Pour voir Roméo faire un appel à Info-Santé sur le bras de sa douce
  • Pour voir un baiser langoureux qui se transforme en de tragiques cris étouffés
  • Pour voir des costumes d’époque servir des bulles modernes et éclatées
  • Pour voir des danses-batailles-amour puissantes, déchirantes, émouvantes
  • Pour vibrer au même rythme que l’histoire et avoir envie de crier

 

« Je pars avec une partie de toi que je porterai fièrement. »

 

Jani et Odile xoxo

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