Des désirs trop rigides

9 Déc

Nos valeurs ne pourraient-elles pas s’assouplir un tantinet? Est-il vraiment possible de sortir de ce cycle infernal qui fait de nous à la fois un bourreau et sa victime? Et si nous nous en sortons, donnons-nous naissance au même dogme, maquillé différemment de l’ancien? Et les pulsions, quelle place ont-elles? Et quelle place acceptons-nous de leur donner? Et quelle place devraient-elles avoir? En fait, y a-t-il vraiment une place et un espace désigné pour chaque chose dans la vie? Pourquoi tenter de réguler notre mode de vie, d’ordonner notre temps et nos actions? Est-ce sain?

Et pourquoi autant de questions? C’est ce que provoque le spectacle d’une sensibilité géniale de la chorégraphe montréalaise Catherine Gaudet. Et peut-être que les questions, juste de les poser, c’est bien. De se les poser signifie qu’on accepte qu’il existe plusieurs voies. Et qu’on accepte aussi notre condition d’animal. Animal complexe, certes, mais animal…

 

Au sein des plus raides vertus

Catherine Gaudet + Lorganisme

Spectacle présenté à l’Usine C jusqu’au 10 décembre à 20h

Durée : 1 heure

 

Au sein des plus raides vertus dépeint l’animal social que nous sommes comme un être qui trouve un certain confort dans l’oppression. Pendant l’entrée des spectateurs, les quatre danseurs sont déjà sur scène, torses nus, prêts à briser leurs carapaces.

vertus

© Julie Artacho

« On regarde avec les yeux du cœur. »

Vacillant entre l’amnésie et l’exaltation, les corps se giflent, se dominent, se domptent, s’abandonnent, souvent avec un certain flegme, une sorte de détachement émotionnel, une froideur qui fait écho à celle d’un automate, et d’autres fois avec une furie, un bouillonnement intense qui détonne et marque le rythme. L’humain apprivoise la créature en lui, et on passe du rire, aux pleurs, aux hurlements.

 

« Qu’est-ce que ça te fait quand je fais ça? »

La voix et le dialogue, c’est l’utilisation de l’autre dans la quête interminable de l’approbation sociale. Si on partage nos insécurités, c’est peut-être seulement pour se conforter, pour obtenir du réconfort extérieur. Les mouvements, le souffle et la voix colorent la prestation. Une trame sonore accompagne les quatre interprètes tout au long de ce voyage au cœur de nos pulsions.

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photo fournie par le Festival TransAmériques

Pourquoi y aller ?

  • Pour voir un homme faire une tresse française à une femme
  • Pour assister au plus beau baiser langoureux entre deux hommes
  • Pour apprécier les prouesses physiques et théâtrales des quatre interprètes
  • Pour assister à une chorégraphie sur des notes de piano saccadées

Attendez-vous à :

  • Devoir lâcher prise de votre tête afin de pleinement savourer le spectacle

 

« Je crois que nous sommes un amalgame de pulsions innées, de conditionnements et de libre arbitre, qui en se frottant, construisent peu à peu notre édifice social. »
– Catherine Gaudet

 

Jani & Odile

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