Du théâtre qui parle de politique et d’écologie

25 Nov

 

« Sommes-nous capables de relever nos têtes, pendant une seule seconde, au-dessus du cours effréné de nos vies actuelles afin de penser au futur ? »

– Annabel Soutar, artiste en résidence à l’Usine C pour trois saisons

 

Titre : Le partage des eaux

Par qui : Annabel Soutar + Chris Abraham

Où/Quand : Pièce présentée à l’Usine C du 17 au 28 novembre 2015

Durée : 3 heures avec entracte

Partager. On achète des bonbons à notre petit frère, on accepte de prêter notre robe préférée à notre amie. On sourit aux gens dans la rue (même si on a peur que ce soit mal reçu). On fait une grosse quantité de soupe végé aux arachides  (vraiment bonne soit dit en passant) et on en offre à nos colocs. On donne de notre temps à des œuvres de charité. On partage nos vêtements, nos livres, nos idées, notre bonne humeur, notre temps, oui on est généreuses les filles (et belles, et attentionnées et plein d’autres qualités, mais ça, c’est une autre histoire) ! Bon, j’avoue que mon intro est cheesy et je suis certaine que vous savez très bien où je veux en venir, mais tant pis.

Prendre ses responsabilités

L’eau ? Devons-nous nous pencher sur la question de son partage ? On nous a dit, quand on était en sixième année, que l’eau était une ressource naturelle inépuisable. Mais cette affirmation était vraie seulement dans la mesure où l’eau douce n’était pas gaspillée, usée, consommée, employée, exploitée à un rythme effréné et sans la moindre considération pour cet or liquide, sans réflexion ni recherche par rapport à son état de pollution et par rapport aux conditions environnementales imposées par un mode de vie capitaliste.

C’est un peu ce que le titre de la pièce écrite par Annabel Soutar et mise en scène par Chris Abraham m’évoque. Cependant, l’expression partage des eaux n’est pas qu’un titre poétique donné au hasard à une œuvre. Comme on nous l’explique durant la représentation, la ligne de partage des eaux désigne une limite géographique qui divise un territoire en un ou plusieurs bassins versants. De chaque côté de cette ligne, les eaux s’écoulent dans des directions différentes.

Plonger la tête première

Le partage des eaux est une pièce de théâtre-documentaire magnifiquement structurée. Après trois denses heures, je suis sortie de la salle à la fois renseignée et intéressée par la Région des Lacs Expérimentaux (RLE) – dont l’historique et les débats qui lui sont liés sont les principaux sujets abordés –, à la fois touchée par le récit de l’acharnement d’Annabel Soutar et de sa famille qui l’a suivie. J’ai, entre autre, pu constater à quel point l’information n’est pas toujours aussi transparente et accessible qu’on nous le laisse croire ; percer des zones très opaques en ce qui a trait aux recherches sur l’eau douce et les conflits secrets impénétrables entre les scientifiques et le gouvernement a semblé, pour l’auteure, une tâche nébuleuse et délicate.

Oser s’informer

Ce récit autobiographique documenté qui s’étale sur deux ans est poignant et, comme on dit en bon français, très eye-opening. Cette semaine, je vous suggère une sortie qui conjugue remarquablement la magie du théâtre et l’information du documentaire.

«De quel pays nos enfants hériteront-ils, et pouvons-nous en discuter ?»

  • Annabel Soutar

 

Bon théâtre!

Odile

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