Le « blues » des 25 ans

5 Nov

Ça y est, j’ai 25 ans.

Dans cinq ans, j’en aurai 30.

Quand j’étais ado, 25 ans, c’était aussi lointain que la lune. Je me disais que j’aurais un chum, une maison, une voiture, que je serais mariée, peut-être mère.

 

 

Crédit image : amelieslittlesecrets.tumblr.com

Crédit image : amelieslittlesecrets.tumblr.com

Euh… Non. Désolée, ado Anne-So. Ça ne marche pas toujours comme ça.

Je n’ai pas de chum, ni de maison, je ne suis pas mariée, ni mère. Tout ce que j’ai, c’est une voiture –que je n’ai même pas fini de payer.

Alors, en ce moment apparemment charnière qui devrait vraisemblablement s’accompagner d’une crise existentielle, je me rends compte que ce qui est en crise, ce n’est pas moi, mais plutôt le modèle auquel on m’avait entraînée à aspirer.

Le modèle de maison-boulot-mari-enfants semble étriqué. Trop petit pour contenir toute la réalité. Trop étroit pour l’étendue des possibles.

J’ai toujours détesté les modèles. Ils limitent l’horizon, étouffent la pensée.

Alors, mon « blues » de 25 ans, je voudrais le jeter aux poubelles.

Oui, il y a des jours où je me sens profondément loser quand je me retrouve en pyjama à 18h, avachie devant ma télé à écouter des séries en rafale. Des jours où je désespère à l’idée de ne jamais trouver le « véritable amour » qui semble si essentiel à toute vie humaine.

Et il y a d’autres jours, beaucoup plus nombreux, où je me dis « Fuck it. »

Fuck it all.

Fuck le vieux modèle. Fuck les enfants pis le mari. Fuck le bungalow et le chien.

J’aime pas les enfants, ni les mariages, ni les bungalows, ni les chiens.

Est-ce que je suis plus malheureuse qu’une autre, toute seule? Non.

Est-ce que je suis moins heureuse dans mon petit appart de colocation que dans une maison? Non.

Est-ce que ça me manque tant que ça d’avoir un chum? Non.

J’ai 25 ans, oui. Je ne « fitte » pas dans le moule. Pis?

J’ai 25 ans, oui, et même si je n’ai pas autant de choses que si j’avais une job steady, un chum qui travaille à temps plein et pas de doctorat en cours, ça n’a pas d’importance.

Ce qui a de l’importance, ce n’est pas ce qu’on a. Ce n’est pas la maison que je ne peux pas acheter et que d’autres ont déjà, pas le mari dont je ne veux pas. Ça, c’est ce qu’on essaie de me faire voir comme le plus important.

Ce qui compte vraiment, c’est ce qu’on est. Et les gens avec qui on le partage.

Ce qui compte, c’est d’être devenue quelqu’un qui me plaît. Une fille pleine de failles et de défauts, mais qui sait ce qu’elle veut, où elle va, et quelles limites elle est prête à poser –ou à dépasser.

J’avais peur de mes 25 ans. Finalement, je pense que je suis prête.

Viens-t’en, la vie.

Je t’attends.

Anne-Sophie

 

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2 Réponses to “Le « blues » des 25 ans”

  1. Laurence 5 novembre 2015 à 23 h 26 min #

    Merci pour ce beau texte! Je suis pareille, j’imaginais ma vie dans la vingtaine tellement différente de ce qu’elle est vraiment, mais c’est loin d’être négatif! Faut bien profiter de notre jeunesse 🙂

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  2. Lunesoleil 6 novembre 2015 à 17 h 16 min #

    Oui et a 30 ans , le retour de Saturne tu te sentira encore beaucoup mieux ❤

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