« Toujours Alice »: Briser les tabous

5 Oct

J’avais hâte d’enfin lire et voir Toujours Alice / Still Alice. Mettre au centre d’une histoire un personnage atteint d’Alzheimer précoce était un pari risqué: la démence n’est pas un sujet très à la mode. Mais le pari est réussi haut la main par l’auteure Lisa Genova avec un roman touchant que l’on lit d’une traite. Comparaison avec le film.

En bref

Alice Howland, 50 ans, mère de trois enfants, est professeure d’université. Tout semble parfait, jusqu’au jour où elle commence à oublier. Des banalités d’abord, puis des choses de plus en plus importantes. Après s’être perdue dans son propre quartier, elle consulte un neurologue et le diagnostic tombe: Alzheimer précoce. Alice tente courageusement de continuer sa carrière universitaire, mais elle est vite forcée de se concentrer sur sa santé. Elle s’accroche de son mieux à ses souvenirs, mais ils s’envolent de plus en plus et même son corps la trahit. Une histoire criante de vérité, qui met en lumière le difficile parcours de tous les malades atteints d’Alzheimer qui, comme le dit Alice dans le film, ne peuvent pas compter sur la sympathie des autres face à leur maladie mais doivent plutôt affronter leur mépris et leur incompréhension.

Source: renaud-bray.com

Source: renaud-bray.com

Qui gagne? Le roman

Pourquoi?

La narration est férocement efficace. On suit la lente dégénérescence d’Alice comme dans une course contre la montre, alors que les indices de progrès de la maladie s’accumulent et que ses souvenirs s’étiolent. Tout au long du roman, l’émotion est palpable. La détresse d’Alice nous déchire le coeur. C’est une histoire qui touche, qui prend aux tripes, parce qu’elle fait écho à la réalité de tant de gens. C’est une histoire qui m’a touchée, moi, parce que mon grand-père est décédé de l’Alzheimer très jeune. En voyant les enfants d’Alice, je pensais à ma mère, dans la jeune trentaine, quand son père est tombé malade. Et je ne suis sûrement pas la seule qui reconnaît ses proches dans cette histoire.

Le film malheureusement peine à rendre justice à son matériel source. Les problèmes d’Alice défilent, mais on n’appuie sur aucun et on a l’impression finalement que toutes ces fois où elle oublie des choses importantes, où elle ne reconnaît plus sa propre fille, n’ont pas d’importance. Peut-être est-ce un effet de style: les petits drames quotidiens se perdent comme dans la mémoire effilochée d’Alice. Le drame est tout de même là et les critiques sont unanimes à déclarer ce film comme l’un des meilleurs de l’année. Je suis mauvais public, apparemment. 😉

Encore une fois, il faut saluer l’audace de l’auteure qui réussira peut-être à briser les tabous entourant cette maladie encore stigmatisée par notre société. Et il faut saluer aussi l’humanisme de cette oeuvre qui démontre bien qu’un malade reste un être humain à part entière jusqu’au bout -même si les souvenirs et les mots lui échappent.

Bonne lecture et/ou bon visionnement!

Anne-Sophie

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