Sophie Calle au MAC

Que son nom affiché me faisait rêver. Je mourais d’envie de voir l’une de ses expositions, puisqu’au baccalauréat nous avions détaillé les méandres de son parcours artistique. Je reluquais le descriptif sur le site internet du Musée; je savais déjà que j’allais aimer.

Et pourtant. La renommée de l’artiste française n’est plus à faire, mais je n’ai pas su être charmée autant que je l’aurais souhaité. Je vous explique.

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Crédit photo: Sophie Calle

Les deux parties de l’exposition ont un potentiel incroyable.

Dans la première partie, Sophie Calle rencontre des habitants d’Istanbul, devenus aveugles, et leur demande de lui raconter la dernière image dont ils se souviennent. Leurs histoires empreintes d’une authenticité, d’une fatalité touchante, ne peuvent nous laisser indifférents. Chaque détail compte dans des récits comme ceux-ci. Une seconde de moins, de plus, peut-être auraient-ils encore la vue. Et si leurs choix de vie avaient été différents? Certains ont perdu ce sens du jour au lendemain. Les histoires m’ont accroché, peut-être même un peu écorché. Sans doute parce qu’elles représentent l’une de mes plus grandes peurs. Imaginez un instant.

Cependant, les photos m’ont laissé insensible. Leur inconstance, tant au niveau du format qu’au niveau du rendu, me déplaisaient. Sauf une. Un homme d’une soixantaine d’années dont elle a fait le portrait en deux temps. L’un de profil, la mer en arrière-plan, une force tranquille s’en dégageant. L’autre, de profil toujours, la tête vers l’arrière, les yeux fermés. Le même fond bleuté. Un état de bien-être, serein, presque parfait.

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Crédit photo: Sophie Calle

Dans la deuxième partie, Voir la mer, Sophie présente l’étendue bleue à des Istanbuliotes qui ne l’avaient jamais vue. Étonnant, puisque la ville en est entourée. Lorsque nous entrons dans la salle, sur plusieurs écrans sont projetés les vidéos de gens devant la mer, silencieux, la contemplant. Peu à peu, chacun d’eux se retourne, regard ému. Le son des vagues est parfait, il ajoute en intensité à la scène qui se déroule devant nos yeux. Le problème? D’écran en écran, les couleurs varient, certaines sont plus saturées, éclatantes, alors que d’autres frôlent le noir et blanc. L’uniformité est absente également au niveau du cadrage; parfois serré autour du sujet, parfois plus ouvert, panoramique.

MAC

Voir la mer (détails), 2011 Installation vidéographique © ADAGP, Paris 2014

La négligence des détails techniques nous saute aux yeux, si bien qu’il est difficile, à mon avis, de se concentrer uniquement sur le sujet. Le musée aurait dû prêter attention à ce que le rendu soit digne de la renommée de l’artiste et de l’institution où elle est présentée. S’il y a bien un moment où ils se doivent d’être pointilleux, c’est lors de la finition.

Je vous laisse cependant en juger par vous-même, l’exposition se termine le 10 mai!

Artistiquement vôtre,

NADIA

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