Le Jeu de l’imitation: À la perfection

10 Avr

Le film Le Jeu de l’imitation, mettant en vedette Benedict Cumberbatch et Keira Knightley, a reçu l’Oscar du meilleur scénario adapté en février dernier. « Adapté de quoi? » me direz-vous. D’une biographie d’Alan Turing écrite par Andrew Hodges, que j’ai lue pour vous. À la fois portrait de cet être d’exception qu’était Turing et chronique de la société britannique de 1910 à 1960, Le Jeu de l’imitation et son frère littéraire valent le détour.

Image: renaud-bray.com

Image: renaud-bray.com

En bref

Alan Turing est un génial mathématicien britannique au parcours atypique. Passionné de maths dès sa plus tendre enfance, il a du mal à s’adapter aux conventions sociales qui garantiraient le succès de sa carrière. Au début de la Deuxième guerre mondiale, il est pourtant recruté par les services secrets britanniques pour « craquer » le code utilisé par les nazis pour la transmission de leurs messages militaires. Avec l’aide d’une petite équipe de scientifiques, Turing met au point la première « machine de Turing », ancêtre de l’ordinateur (au cas où ça vous rappellerait quelque chose…).

Parmi son équipe, Alan peut compter sur Joan Clarke, jeune femme douée et indépendante. Pour éviter qu’elle rentre chez ses parents, Alan va jusqu’à la demander en mariage, malgré son homosexualité. Ensemble, rien ne peut les arrêter -pas même les codes nazis, qu’ils finiront par décrypter, écourtant la guerre et préservant des milliers de vies.

Qui gagne? Le film

Pourquoi?

Parce que… on plonge directement dans la Deuxième guerre, retrouvant un Alan Turing sûr de lui et de sa valeur intellectuelle, un peu détestable. Les retours en arrière permettent peu à peu de comprendre son parcours si particulier.

Parce que… la musique est merveilleuse. Alexandre Desplats s’est surpassé. Dès les premières minutes, j’ai été surprise par l’intensité et la justesse de la trame sonore.

Parce que… les dialogues sont efficaces, transmettant l’émotion à coup sûr, sans tomber dans le stéréotype ou la facilité.

Parce que… Benedict Cumberbatch est poignant de vérité. Turing est un personnage complexe, difficile à cerner, et Cumberbatch nous le rend sympathique.

Évidemment, la biographie en soi n’est pas dénuée d’intérêt. Mais les nombreuses théories et démonstrations mathématiques rendent la lecture laborieuse –même si elles sont nécessaires pour bien comprendre tout le génie d’Alan Turing. Il faut plus de 200 pages pour en arriver à la guerre, et ces 200 pages sont assez ardues pour rebuter quiconque ne serait pas un pro des maths ou n’aurait pas vu le film au préalable. Mais une fois ces 200 pages passées, on se retrouve au coeur des opérations de décryptage, et c’est fascinant.

Pour la petite histoire, Alan Turing est décédé en 1954, à 41 ans. Le film est sorti en salles à la fin 2014, soit soixante ans après le décès de son personnage principal.

Pour le lire :

En français : Alan Turing. Le génie qui a décrypté les codes secrets nazis et inventé l’ordinateur, par Andrew Hodges, chez Michel Lafond

En anglais : Alan Turing. The Enigma, chez Vintage UK

Pour le voir:

The Imitation Game / Le Jeu de l’imitation, disponible en DVD et Blu-Ray depuis le 31 mars

Bonne lecture/écoute!

Anne-Sophie

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