Insurgés: Adaptation libre

Insurgés, second volet de l’adaptation cinématographique de la série Divergence, est sorti en salles le 20 mars dernier. Je le dis tout de suite : j’avais très hâte, parce qu’Insurgés est mon roman préféré de cette trilogie dystopique écrite par Veronica Roth. Retour sur le roman et son adaptation cinématographique.

En bref

Après l’attaque des Altruistes, le système des factions est sur le point de s’écrouler: les Érudits ont pris le pouvoir, les Altruistes sont décimés, et les Audacieux divisés entre loyaux et traîtres à la solde de la faction dominante. Après la mort de ses parents et de son meilleur ami, Tris peine à trouver ses repères, mais devra stopper la quête de pouvoir de Jeanine Matthews, qui cherche maintenant à assurer son contrôle sur l’ensemble de la population, par n’importe quel moyen. Pour l’arrêter, Tris est prête à tout – même sacrifier sa vie.

Le roman

Insurgés peut compter sur deux éléments majeurs : la complexité de Tris, la narratrice, et la subtilité de sa trame.

Rongée par la culpabilité après la mort de ses parents et de son meilleur ami Will, qu’elle a tué d’une balle dans la tête par légitime défense, Tris est plus vulnérable que jamais, mais refuse de le faire voir. On la suit tout au long du roman alors qu’elle essaie d’y voir clair au milieu du chaos, cherchant la vérité entre trahisons et nouvelles alliances, entre ses impressions et la réalité. Comme dans Divergence, elle évolue tout au long du roman, et c’est ce qui la rend si intéressante.

La trame narrative est elle aussi complexe, entremêlant les histoires mineures qui s’influencent entre elles dans un entrelacs complexe de rebondissements et de dénouements successifs. Entre la soif de pouvoir de Jeanine, la culpabilité de Tris, les hésitations de Quatre et l’allégeance changeante des sans-faction, il y a en masse de stock pour un roman solide.

Image: renaud-bray.com

Image: renaud-bray.com

Le film

Le film perd beaucoup de la subtilité de sa source : pour qui a lu le roman, la trame semble grossière et simpliste. Toutefois, en tant que film, il se tient mieux que le précédent et présente plus d’action.

Dans les ruines du quartier des Altruistes, Jeanine (Kate Winslet) retrouve une boîte contenant un message important pour la population de la ville, laissé par ses fondateurs. Pour l’ouvrir, toutefois, elle doit trouver le Divergent ultime. Tris (Shailene Woodley) étant la plus forte Divergente de la ville, c’est d’elle dont Jeanine a besoin. S’enclenche une course contre la montre pour trouver Tris et ouvrir la boîte qui pourrait bien contenir un message complètement différent de ce que Jeanine espère.

Le film vaut la peine d’être vu, notamment pour les effets spéciaux spectaculaires. Aussi, la performance de Shailene Woodley est tout à fait remarquable, notamment dans la séquence du sérum de Vérité, où Tris est forcée d’exposer tous ses secrets.

Qui gagne? Le roman
Pourquoi?

Parce que… la trame y est plus subtile et plus complexe.

Parce que… les personnages sont denses et pleins de caractère.

Parce que… la relation entre Tris et Quatre est vraisemblable. Ils passent leur temps à se disputer, mais ils trouvent des solutions, et ils restent ensemble.

Le film est un bon divertissement en soi. Ne vous attendez pas toutefois à un reflet très fidèle du roman – c’est plutôt une adaptation libre, même si l’essence de l’intrigue et des personnages est toujours là. Il y a tout de même de quoi satisfaire un plus grand public que le premier volet.

Pour le lire: Insurgés, de Veronica Roth, publié chez Ada

Pour le voir: en salles depuis le 20 mars, en 2D et 3D

Bonne lecture/écoute!

Anne-Sophie

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