Témoignage camping glamour.

20 Juil

C’est dans un esprit assez bûcheron que nous avons l’habitude de partir camper. Dormir à même le sol sans pensées princesse-au-petit-pois, se réveiller les yeux dans la graisse de bine et cuisiner son déjeuner dans un gras assez similaire qui grésille au fond d’une casserole noire et cabossée de vécu. Faire un feu le matin, le midi et le soir avec trois allumettes, ranger sa bouffe sur le très haut d’une branche d’épinette et, néanmoins, se faire dévorer les pains à hot-dog donc ne manger que les saucisses au bout d’un bâton sec. Suer, puer et ne pas se raser.

 

Il y a également de ces petites natures qui s’aventureront dans le vaste monde du sauvage avec cinq bouteilles de chasse-moustique, un sac de couchage -30° en plein été parce qu’au mois d’août -leur a-t-on dit- les nuits sont plus fraîches et que le froid ce n’est pas l’idéal déjà qu’il y a les orignaux, les ours, les loups, les ratons-laveurs, les écureuils, les terribles fleurs et les affreux papillons. Et puis, est-ce qu’il y a du réseau dans la forêt pour que j’instagram mon bonheur d’être coureur des bois?

 

J’ai toujours été davantage aventurière dans mes méthodes de campement: se laver avec du sable, utiliser la fumée comme citronnelle et ne même pas dire lapin-lapin quand la boucane s’en prend à ma face et mes yeux. Méga fan de la brume sur le lac au matin et d’une bonne saucette dans l’eau frette pour remplacer un café. Envoyer le canot dans les rapides puis prendre une gorgée d’air frais quand le courant s’est calmé.

Il m’a donc fallu vivre un deuil quand mon père m’a confirmé la location d’une yourte près de laquelle seraient stationnées les deux voitures, contenant quatre glacières, trois bombonnes de propane, deux barbecues et une seule lampe de poche. En résumé, pas besoin de monter une tente… alors qu’on va faire du camping! 

Puis, le mot a résonné dans la tête des mes trois frères et moi. Cette récente et (ô combien) actuelle mode dans le monde du campement, nous allions y goûter. Mordre la poussière du fameux glamping. Tragédie s’abattant sur nous, malheur et désespoir.

 

Quatre jours plus tard, redéfinition complète de mon idée du camping. Tout était différent, donc tout a changé. Rien ne sera plus jamais pareil. Car, je suis maintenant persuadée que ce n’est pas l’isolation de la tente, l’utilisation d’essence ou tout autre gaz à émissions polluantes, la quantité de nourriture achetée, cueillie, pêchée ou chassée, le transport du point A au point B à jus de bras, de pédale ou de volant, enfermer son matériel dans des barils hermétiques ou dans une voiture qui s’hermétise en appuyant sur le cadenas du démarreur à distance et toutes les autres modernités qui s’opposent au primitif de ce qu’a toujours été le camping jusqu’à ce jour. Ce n’est pas ça qui change profondément la signification du séjour.

Ce sont les gens, leur présence.

 

Se taire en même temps pour écouter la faune et la flore pendant très longtemps et laisser le courant nous porter. Se plaire dans ce silence d’être bien accompagné. L’entente naturelle de la répartition des tâches qui, honnêtement, ne se fait pas aussi bien à la maison. Choisir avec le sourire qui pagaie et qui navigue parce qu’on se fait mille fois confiance. Ramer pendant cinq heures sous la pluie et ne jamais se plaindre parce qu’un feu nous attend, aussi réconfortant que toute la fierté du monde qu’on ressent à garder le cap malgré le mauvais temps.

Chanter autour du feu notre traditionnel hymne familial qui, je-sais, vient du radio portatif où est branché un IPod. Pis ça? Sourire en vous écoutant ronfler d’épuisement sur de la literie et des matelas fournis oui-oui-ouiii, sous un toit en bois au centre duquel il y a un foyer. Pis ça? Se raconter nos vies et trouver qu’on est une fraternité qui vieillit très bien autour des bières qu’on est allé, je me confesse, s’acheter au dépanneur en rentrant de la descente. Pis ça?

 

Ça, c’est le bonheur! Du bonheur réchauffé par les flammes. Et, croyez-moi, ce n’est pas le plus-ou-moins, le pas-pantoute, le surtout-beaucoup ou le rien-que glam de votre séjour de camping qui en est le bois de chauffage. Alors n’ayez pas peur de tenter le coup, de sauter sur l’occasion ou de toujours refuser de vous abaisser à cette mondanité. Vous ferez, de votre expérience, un témoignage. Point final.

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Crédit photo: Papa Neault

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Une Réponse to “Témoignage camping glamour.”

Trackbacks/Pingbacks

  1. 8 choses qui me font aimer le camping. | Les Rockalouves - 11 août 2014

    […] plaisirs d’une nouvelle adepte du camping style. Pour les moins aventureux, on vous parlait du glamping il n’y a pas si […]

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