Il n’y a pas que les oiseaux qui chantent.

26 Sep

Et il est encore plus splendide de l’apprendre entre quatre murs et les rangées de sièges du Théâtre du Nouveau Monde. Jusqu’au 12 octobre est présentée la pièce « Le murmure du coquelicot », une production de la troupe Les 7 doigts de la main. Avec Rémy Girard et Pascale Montpetit pour rationaliser un minimum tout l’onirique discours qu’ils interprètent à merveille.

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Sur cette main, il y a réellement six doigts. Trois femmes sveltes et musclées, trois hommes souples et forts. On devine la multiculturalité du groupe à l’écoute des différents accents de Matias Plaul et Raphael Cruz. Car, les acrobates discutent avec les deux comédiens. Ils n’ont pas de réelles identités, ni de couleurs tous vêtus de blanc. Ils jouent les souvenirs brumeux de Raymond, un acteur à la carrière très peu rayonnante qui, invité à une audition mystérieuse, se met à jouer la rôle de Sa Vie. Madame B.  le guide. Cette femme, veston-cravache(!), tord le coeur du personnage pour qu’il avoue combien le départ brusque de sa mère a éclaboussé sa vie.

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Et comme Raymond n’a jamais vraiment brûler les planches d’un théâtre, il est heureux. On veut entendre parler de lui, on veut qu’il joue son passé. Les six figurants sont le décor,  les costumes, la musique ou les personnages secondaires. On ne demande à Raymond que d’être ce qu’il a toujours voulu être, de la petite école à sa soixantaine actuelle. Enfin et pourtant. Même dans sa vie, on peut  changer le texte, surtout celui qui se cache derrière la peinture de Monet que douce maman a laissé en héritage.

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Shana Carroll et Sébastien Soldevila sont cofondateurs de la troupe, metteurs en scène et auteurs de la pièce. C’est dire à quel point la construction du projet se centralise autour du cirque. À leurs yeux, chaque chorégraphie  est l’illustration poétique du sentiment, la touche métaphorique de chaque parole. Cette idée est tangible dans la pièce. Le cirque est davantage qu’un simple accessoire. Il s’agit du mode d’expression, de l’écho, du murmure.

Et mille fois le souffle est coupé par la beauté des mouvements ou la peur qu’un visage s’écrase au sol, mais jamais cela ne se produit, que le contrôle fluide des corps accrochés au vide. Le cirque, c’est toujours époustouflant. Sur une scène où l’espace est microscopique, c’est comme un oiseau qui vole dans une cage sans jamais perdre une plume, un oiseau que l’on écoute chanter de bonheur.

Mzepi

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Une Réponse to “Il n’y a pas que les oiseaux qui chantent.”

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  1. lesrockalouves. - 12 octobre 2013

    […] centième article sur le blogue, YYAHHHOOOOOO! Nous avons beaucoup de plaisir à vous partager nos passions, nos découvertes et bonnes idées mais sommes surtout flattées de votre support, chers […]

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