BLA BLA BLA MUSIQUE

Les trois Richard de ma mère

(Il a longtemps que je n’ai pas écrit, je ne m’excuserai pas, c’est comme ça! La vie.)

Dans notre maison de la rue de l’Église, il y avait toujours de la musique. Dès le matin, la radio s’ouvrait en même temps que la maisonnée sur une radio musicale de Québec, comme trame de fond de notre train-train quotidien.

Mais, les soirs de weekend, les CD s’alternaient dans la chaîne stéreo, tous choisis avec soin par ma mère.

 

Les vendredis soirs d’été, à l’heure du 5 à 7 (en passant, j’ai connu ça assez jeune merci, moi, les 5 à 7. Des moments festifs où la pression de la semaine se relâchait, où on mangeait de la nourriture de 5 à 7 et qu’on avait des permissions spéciales. J’adore toujours.), il y avait ce disque d’une compilation de musiques africaines que j’adorais. Des rythmes que je n’entendais nulle part ailleurs et qui invariablement, sonnaient comme le bonheur estival, les soirées chaudes et les baignades jusqu’à tard. S’en suivait parfois du AC/DC selon l’enchaînement de la soirée ou de la visite, parfois on passait en mode lounge avec France D’Amours ou les Sœurs McCarrigle. Ma mère, appelons-la Monique, était à ce point variée dans ses goûts et ses ambiances.

Souvent, en faisant le ménage du samedi, c’était sur un fond de Kenny Rogers ou de Johnny Cash (mon père les adore) qu’on se dandinait avec la balayeuse. J’avais le droit de mettre mes préférés (souvent du Kevin Parent, alterné avec Robbie Williams, va savoir) en fin d’après-midi.

Mais invariablement, quelque part dans le weekend, il y avait un des trois Richard qui faisait son entrée sur la piste de danse. Richard Séguin (le plus beau), Richard Desjardins (le poète) et Zachary Richard (le charmeur avec accent). Et ma sœur et moi nous faisions un plaisir démesuré à les détester, à chialer ‘’pas encore Richard Séguin, il est même pas beau!’’ du haut de notre dizaine d’années. Ma mère me faisait même lire les paroles de Il va toujours y avoir de Desjardins, dans le livret, pour que je comprenne le sens de son écriture, de sa poésie. À quel point c’est vintage, faire lire les paroles de chansons québécoises à son ado, dans LE LIVRET du CD!? On chantait l’album ‘’Abitibi’’ au complet en famille, autour du feu à la Fête du Travail.

Mais moi, j’aimais Dido pis les Backstreet Boys à l’époque, je peux-tu te dire que je n’avais pas grand intérêt?

Le bôôôô Richrd – Source : Le Voir
https://images.app.goo.gl/JGJZE3zaB8sC88hx7

 

Mais y’avait toujours une voix profonde, francophone, qui revenait pour nous réchauffer l’hiver. Et ces voix-là m’ont marqué pour toujours, se sont transformées en souvenir impérissables. De l’album de Noël de Johanne Blouin (mon préféré), aux pieds dans l’eau à Châteauguay de Beau Dommage, en passant par Les Trois Accords, Harmonium, Paul Piché (que j’aime comme un père) et Céline Dion, y’avait de tout dans la discographie de Monique.

Elle a continué à s’enrichir musicalement, a eu une grosse bibliothèque iTunes, lorsqu’elle s’est modernisée (assez avant-gardiste pour vrai) et elle s’est aussi mise à ICI Musique. Elle m’a fait découvrir CBC Radio 2, pour de la très bonne musique canadienne aussi. Dans son iPhone, on y trouve maintenant Patrice Michaud, Les Soeurs Boulay, Coeur de Pirate, Jason Bajada et plus encore.

Ma mère, c’est celle qui ne jouait pas de musique (elle en joue maintenant!), mais qui avait l’oreille pour reconnaître le bon, le talent d’ici, le diamant brut. Qui sait faire confiance à une tonalité, à une chanson qui l’accroche. Si j’ai une culture et une curiosité musicales que j’estime variées, je les lui dois. Y’a eu de tout dans mes jeunes oreilles, mais surtout, beaucoup de musique de chez nous.

Et j’ai envie de vous inviter vous aussi à vous laisser tenter pour le beau qu’on concocte ici, musicalement. En cette St-Jean-Baptiste (ou Fête Nationale, pour les néo-québécois (je blague)), offrez-vous le cadeau de la musique québécoise. Chérissez-la, rencontrez-la, confrontez-la. Elle est si grande, si variée, si riche.

Soyez comme Monique, des porteurs de la culture d’ici, la nôtre.

Bonne St-Jean!

Laurie

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